Lohuec est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor, en région Bretagne.

Géographie

Situation vignette|gauche|Carte de Lohuec et des communes avoisinantes.

Relief et hydrographie

Les points culminants de la commune sont situés d'une part à l'extrémité de la pointe nord-ouest du territoire communal (314 mètres, dans le prolongement de Roc'h C'hlas (situé en Plougras), d'autre part à la limite nord de la commune (305 mètres au nord du hameau de Coz Castel) et enfin à la limite orientale du finage communal, entre Gollot et Kerdudal, où l'altitude est généralement supérieure à 280 mètres, allant jusqu'à 288 mètres, le long de l'ancienne voie romaine, à la limite avec Calanhel, au niveau du parc éolien. Les altitudes vont en s'abaissant vers le sud-ouest, le point le plus bas étant dans la vallée de l'Aulne, à l'endroit où ce fleuve côtier quitte le territoire communal. Le bourg, en position assez centrale au sein du finage communal, est vers 240 mètres d'altitude. vignette|left|Carte du réseau hydrographique de Lohuec. La source de l'Aulne se situe sur le territoire de la commune. Le Fouessigou, affluent de rive droite de l'Aulne, sépare Lohuec de Bolazec et marque aussi la limite départementale entre les Côtes-d'Armor et le Finistère.

Géologie

Le gisement ferrifère de Belle-Isle-en-Terre s'étend du nord de Lohuec à l'ouest jusqu'à Gurunhuel à l'est en passant par Loc-EnvelLouis Chauris, "Minéraux de Bretagne", éditions du Piat, 2014, ..

Cette zone ferrifère se trouve dans la partie orientale du synclinal des Monts d'Arrée ; le minerai de fer est interstratifié dans des couches dévoniennes. Il a été exploité par le passé, à des dates indéterminées, entre Lohuec et Plougras, dans des lieux-dits comme Pengalet, le Rocher, Landeven, ainsi que dans la forêt de Beffou et à La Chapelle-Neuve. C'est ce minerai qui a alimenté les anciennes forges situées à l'entrée de la forêt de Coat-an-Noz, au sud de Belle-Isle-en-Terre..

Des émissions volcaniques datant du dévonien inférieur ont été identifiées à Bolazec et Lohuec.. Le front de taille de l'ancienne carrière de Milin ar Stang montre l'architecture en coussins (pillow lava) d'une coulée volcanique qui s'est produite en milieu aquatique (sous la mer) et qui est probablement d'époque briovérienne (environ 630 millions d'années) https://www.bretagne.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/bre_0041_carriere_du_milin_ar_stang.pdf..

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Aulne, le fleuve l'aulne., le ruisseau le Fouessigou. et un autre petit cours d'eau..

L'Aulne, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans la rade de Brest en limite de Landévennec et de Rosnoen, après avoir traversé ..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de LohuecLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Pleyber-Christ à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Transports

Lohuec n'est desservi que par une seule route départementale, la D 42, axe routier venant côté nord de Plougras et se dirigeant côté sud-est vers Calanhel.

Urbanisme Typologie Au , Lohuec est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (98,6 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (99,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (62,2 %), terres arables (21,8 %), prairies (14,6 %), forêts (1,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Locuzer en 1330., Locuzec en 1458 et en 1477., Locyuzec en 1482Archives des Côtes d’Armor, 1E 1752, Louezec en 1543, Lojuzec en 1622Archives des Côtes d’Armor, 1E 1750, Louzec en 1630, Lohuzec en 1649 et en 1654..

Lohuec vient du breton lok (lieu consacré) et de Saint-Juek ou Saint-Judoce ou Saint-Judec (saint breton), son nom signifiant « ermitage et de saint Judoc ». « Les moines de Saint-Maelmont de Gaël, autrement dit de Saint-Méen, avaient une succursale au Loc (Loc signifie "ermitage" en breton) en Lohuec, dès lors il est facile d'expliquer le choix de saint Judoce comme patron » écrit le bulletin paroissial de Lohuec du , mais l'auteur malheureusement n'indique pas ses sources..

En breton, Bernard Tanguy transcrit la forme bretonne parlée sous la graphie Lo(h)ueg et présente la forme Lohueg comme un possible nom breton officiel normalisé.

Histoire

Préhistoire et Antiquité Une allée couverte datant du néolithique se trouve à Kernerscop. Vers 1875, elle était composée de six pierres, dont trois encore debout (les trois autres étant renversées à l'intérieur de la chambre) supportant une table de 3,10 mètres de longueur sur 1,95 m de large, selon Gaultier du Mottay..

Malgré la proximité de la voie romaine allant de Vorgium (Carhaix) au Yaudet, aucun vestige romain n'a été découvert dans la commune ; cette voie romaine (dénommée de nos jours "Chemin du Pavé"), qui suit à cet endroit une ligne de crête, sert de limite communale entre Lohuec et Calanhel.

Époque moderne

Au , du minerai de fer a été exploité au village du Gouélou. vignette|Carte de Cassini de la trève de Lohuec et de ses environs. Lohuec était une trève de Plougras sous l'Ancien Régime et faisait partie du TrégorLe patrimoine des communes des Côtes-d'Armor, Flohic Editions, pages 114-115.. La présence de famille nobles à Lohuec se termine à la fin du avec noble François Le Hardy et son épouse Françoise Le Clec'h au manoir de Kernescop appartenant à demoiselle Marguerite Françoise Thepault et noble Rolland Gueguen au manoir de Traouenes.

Lohuec comptait alors 7 frairies : Quenecoulou, Gollot, Cludon, Kerlavezan, Kervran, Kergoat et Pengalet.

Révolution française L'assemblée électorale de la paroisse de Plougras et de ses trèves destinée à la préparation des États généraux de 1789 se tint à Loguivy le sous la présidence de François Le Foll, sénéchal des juridictions de Guerlesquin et du MenezLa châtellenie du Menez était en Plougras. en présence d'une trentaine de paroissiens. Deux députés (Yves Le Boëc et René Le Gall) furent élus pour la trève de Loguivy, un (Guillaume-Gabriel Le Coz) pour la paroisse de Plougras et un (Pierre Péron) pour la trève de Lohuec, qui représentèrent la paroisse à l'assemblée du tiers-état de la sénéchaussée. Un cahier de doléances fut rédigé, s'inspirant beaucoup de celui écrit par les paroisses de Rennes et demandent notamment la suppression des banalités, des corvées seigneuriales, des domaines congéables et des droits de francs-fiefs..

Le curé de Lohuec, Yves Julien Le Moign, signe la pétition Le Mintier et refuse le serment à la Constitution civile du clergé, devenant donc prêtre réfractaire. Il fait l'objet d'un ordre d'arrestation du . Il s'exile à Jersey puis à Oviedo en Espagne.

Le , le sieur Plusquellec, prêtre de Lohuec, renonce à ses fonctions et rend ses lettres de prêtrise. L'église Saint-Judoce sert d'atelier de salpêtre lorsque le un incendie la détruit en grande partie. Il faudra près de dix ans pour que la restauration commence. En 1805, elle est couverte et définitivement restaurée en 1826.

Succédant à Claude Guinement comme agent municipal de Lohuec, Pierre Péron, ancien notaire et priseur fiscal, est mis en cause pour complicité avec les chouans de Gabriel Vincent de Kergariou du Cosquer et Charles Guillaume Poens de Kerilly. Il fut suspendu de ses fonctions par le conseil départemental à la fin de l'année 1797. Pierre Péron est de nouveau élu agent municipal de Lohuec en et de nouveau suspendu en . Les fonctions d'agent municipal sont alors exercés provisoirement par son adjoint François Rolland, puis toujours provisoirement par Louis Fercoq au début du mois d'.

Le , Louis Fercoq, agent municipal provisoire de Lohuec a le courage de poursuivre avec ses soixante hommes en armes, 200 chouans commandés par Jean François Edme Le Paige de Bar. Vers midi, à Plourac'h, ceux-ci mangent dans une auberge. Ils ont enfermé le curé constitutionnel Conan dans la sacristie après lui avoir promis de l'exécuter quand ils auraient fini leur déjeuner. Fercoq sonne le tocsin. Les chouans se réfugient dans les rochers du Roc'h Hellou tout proches. Ils tirent longtemps sur les bleus qui finissent pas les déloger à la baïonnette. Les chouans emportent leurs blessés mais laissent sur le terrain 9 ou 17 morts selon les auteurs. Un grand nombre de chouans sont blessés, dont Guillaume Jean Joseph de Keranflech, dit Jupiter, qui sera opéré par le chirurgien Paradis de Rostrenen. Démoralisés certains chouans demandent l'amnistie. Il n'en restera plus que 200 dans la contrée. En représailles, Louis Fercoq sera capturé et fusillé le par Charles Guillaume Poëns de Kerilly.

Le