est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor, en région Bretagne.

Géographie Pleumeur-Gautier fait partie de la "Presqu’île Sauvage", une appellation touristique regroupant 7 communes (Pleudaniel, Lanmodez, Trédarzec, Pleumeur-Gautier, Lézardrieux, Pleubian et Kerbors).

Communes limitrophes

vignette|gauche|220px

La commune de Pleumeur-Gautier est limitrophe de 8 communes.

Relief et géologie Le relief de Pleumeur-Gautier est constitué principalement d'un plateau (qui culmine à 86 mètres d'altitude à la Croix du Salut) aux terres fertiles en raison des dépôts de loess qui le recouvrent et qui, en plus avec le climat doux, a entraîné une riche agriculture, la commune faisant partie de la Ceinture dorée. Le bourg est vers 80 mètres d'altitude

Le sous-sol de la commune est composé principalement de roches volcaniques, de granit, d’un filon de dolérite au sud, et de roches sédimentaires, notamment du schiste au nord et à l’est..

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Bouillenou., un tout petit fleuve côtier qui forme la limite communale avec Pleubian et dont la vallée échancre le plateau, son altitude s'abaissant à une dizaine de mètres dans l'angle nord-est de la commune, proche de la Baie de Pommelin, mais la commune a perdu depuis la Révolution française son rivage maritime en raison de la création de la commune de Lézardrieux.

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Pleumeur-GautierLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de La Roche-Jaudy à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Transports La partie sud-ouest de la commune est traversée d'est en ouest par la D 786 (ancienne Route nationale 786) qui va de Paimpol à Tréguier via Lézardrieux et Trédarzec.

Le bourg, à l'écart au nord de cet axe routier, n'est desservi sur par des routes secondaires, les principales étant la D 33 qui côté sud vient de Pleudaniel et va côté nord jusqu'à Pleubian et la D 70, qui vient, côté sud-ouest, de Trédarzec.

Urbanisme Typologie Au , Pleumeur-Gautier est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Paimpol, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (96,7 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (97,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (70,3 %), zones agricoles hétérogènes (26,4 %), zones urbanisées (2,6 %), forêts (0,7 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Morphologie urbaine

La commune se compose du bourg et de deux hameaux principaux : le hameau de Saint-Adrien, au nord-est ; le hameau de Saint-Aaron, au sud-ouest.

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Magna plebs vers 1034, Plebs Magna Galterii en 1330, Ploemeurgaultier en 1399, 1427 et en 1486Bernard Tanguy : Dictionnaire des noms de communes, trêves et paroisses des Côtes-d'Armor; ArMen-Le Chasse-Marée; 1992..

Ploemeur est formé avec le vieux breton ploe (paroisse) et meur (grand), « Grande-Paroisse », par opposition à sa voisine Pleubian.

Gautier viendrait d'un saint Gauthier, prévôt de l'abbaye en Tréguier.

Le nom de la localité est attesté en breton sous les formes Pleuveur et Pleuveur-Goater.

Ses habitants sont appelés les Pleumeuriens.

Histoire Préhistoire et Antiquité

Le tumulus de Launay-Botloy (découvert en 1885) et un souterrain au nord de Kerbellec montrent une occupation humaine dès l'Âge du fer.

Une pièce de l’époque romaine à l’effigie de Néron a également été trouvée dans la commune et le tracé de la route D 786 correspondrait à celui d'une ancienne voie romaine.

Moyen-Âge

Au , les invasions barbares y ont déferlé de tous côtés sur l'Europe. L'Angleterre n'est pas épargnée et la population celte de l'île, repoussée vers le Sud par les Barbares, doit se réfugier en Armorique, préservée des invasions.

Cette population est celte et chrétienne. Elle vient avec des évêques, des moines, des chefs civils et militaires. Le partage des terres se fait alors à cette époque. Quand les paroisses se constituent, leur nom commence par « Plou ».

Dans la presqu'île de Lézardrieux se constitue une paroisse centrale de l'Armorique primitive entre le Jaudy et le Trieux. Les autres paroisses n'existent alors pas encore. La paroisse centrale est appelée . Plou-Meur est le centre de cette petite région qui s'étend jusqu'à la mer : il s'agit de la Paroisse de la Mer (Plou-Mor). PLeumeur-Gautier fait historiquement partie du Trégor.

Pleumeur est le centre d'activités des missionnaires qui évangélisent le pays en remontant les rivières : saint DouronCe saint est totalement inconnu, saint Maudez (après avoir débarqué à Port-Béni en Pleubian, il aurait vécu un temps avec ses compagnons à Pleumeur-Gautier ; le comte Daeg leur aurait fait alors bâtir un monastère à Lesvanalec, avant qu'il aille s'installer à l'Île MaudezBernard Tanguy, Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes-d'Armor, ArMen-Le Chasse-Marée, 1992.), saint RiomSaint Riom est un saint breton quasi inconnu qui a peut-être été un disciple de saint Maudez. et saint Iltud. Saint Douron (chapelle Saint-Aaron) et saint Riom (chapelle Saint-Adrien) ont leur chapelle sur le territoire de la paroisse tandis que saint Maudez a un oratoire.

Une motte féodale a existé près du Launay..

Temps modernes En 1589 la ville de Tréguier est prise par des Ligueurs : « un grand nombre d'hommes que l'on disoit estre de l' Isle de Bréhat et des parouesses de Tredarzou, Ploermur (Pleumeur-Gautier), Pleudaniel, Pleubihan, Lanmodez et autres parouesses » écrit un témoin oculaire..

Selon une ordonnance de Louis XV datant de 1759 la trève de Lézardrieux doit fournir 25 hommes et payer 164 livres pour la défense des côtes de Bretagne, sa paroisse-mère Pleumeur-Gautier devant fournir 35 hommes et payer 229 livres.. thumb|Carte de Cassini de la paroisse de Pleumeur [Pleumeur-Gautier] et de ses environs (1790). Lézardrieux n'est alors qu'un lieu-dit au sein de la paroisse de Pleumeur. Avec le temps, les autres paroisses se constituent : Pleubian est alors la grande paroisse de la Presqu'île. Lézardrieux, aujourd'hui chef-lieu du canton, dépendait de Pleumeur jusqu'à la Révolution française. Ainsi s'explique que Pleumeur soit resté le doyenné de la presqu'île, c'est-à-dire le centre religieux, alors que Lézardrieux en est devenu le centre administratif civil.

Commune essentiellement rurale, Pleumeur a vécu les siècles avec la vie rurale et paisible d'un bourg longtemps sans changement, de fermes isolées transmises de père en fils.

Au la famille de Romilley (originaire de Normandie, région d'Avranches) est seigneur du Pontglo., la famille Le Saint de Kerambellec et Traonvoaz., la famille du Merdy de Goazellou et Kermainguy..

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Pleumeur-Gautier en 1778 :

À la veille de la Révolution française Pleumeur-Gautier rayonnait sur toute la région allant même jusqu'à porter ombrage à Tréguier, la capitale du Trégor : les deux paroisses comptaient alors à peu près le même nombre d'habitants..

Révolution française Le cahier de doléances de la paroisse de Pleumeur-Gautier en vue de la préparation des États généraux de 1789 est rédigé le en présence de 12 paroissiens..

La création de la commune de Lézardrieux en 1790 par la réunion de la trève de Lézardrieux (évêché de Tréguier), du prieuré de la Madeleine de Lézardré (le Prioly, évêché de Dol) et de la frairie de Kermouster (jusqu'alors en Pleubian), fit perdre à Pleumeur-Gautier sa façade littorale, privant du coup les habitants de cette commune de ses droits traditionnels de coupe du goémon sur la rive gauche du Trieux..

Le district de Pontrieux choisit Lézardrieux comme chef-lieu de canton, évinçant, malgré son importance alors plus grande ( habitants contre pour Lézardrieux en 1793), Pleumeur-Gautier de ce rôle, car cette commune se montrait trop nostalgique de l'Ancien Régime et avait élu comme premier maire l'abbé Gralon, son curé, devenu en 1790 recteur constitutionnel ; celui-ci montra pourtant sous l'Assemblée législative un zèle révolutionnaire, allant jusqu'à conduire lui-même à Pontrieux des recrues qu'il avait faites dans sa paroisse..

Le thumb|Pleumeur-Gautier ː plan cadastral (1828, tableau d'assemblage).