Plévin (Plevin en breton) est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor en région Bretagne.

Géographie Localisation et communes limitrophes La commune est située dans le centre de la Bretagne, dans une région appelée communément le Kreiz Breizh. Elle fait partie du territoire breton traditionnel du pays Fisel. Le bourg est situé à vol d'oiseau à au sud-est de Carhaix-Plouguer, la ville la plus proche.

La commune est limitée au nord par le ruisseau de Kerjean qui a pour l'essentiel disparu lors de la construction du canal de Nantes à Brest qui a utilisé son cours ; c'est la limite nord de la commune, qu'il sépare du Moustoir ; à l'ouest son affluent le ruisseau de Sterlenn sert de limite avec Motreff et c'est aussi lalimite départementale entre les Côtes-d'Armor et le Finistère) ; un affluent de ce cours d'eau, le ruisseau de Kervern parcourt la partie ouest du finage communal. À l'est un petit ruisseau, également affluent de l'ancien ruisseau de Kerjean, sert partiellement de limite avec Paule.

Paysages et relief vignette|left|La vue vers le nord en direction des Monts d'Arrée à partir du sommet du Minez Gliguéric. Le territoire communal présente un important dénivelé puisqu'il s'étage entre 90 mètres et 304 mètres d'altitude. Il compte dans sa partie méridionale plusieurs sommets appartenant à l'extrémité orientale de la chaîne des Montagnes Noires : le Minez Gliguéric, d'altitude, et le Minez Zant Yann, d'altitude. Le Minez Gliguéric constitue le point culminant de la commune. Il s'agit d'une colline aux formes arrondies constituée de grès armoricain, une roche très dure qui résiste à l'érosion. Des landes sèches et mésophiles à ajoncs de Le Gall et bruyères en occupent le sommet..

À l'extrême sud de la commune le Ménez Crao atteint 247 mètres d'altitude.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le canal de Nantes à Brest, le Goaranvec, le ruisseau du Moulin de kervern. et le Sterlenn...

Le canal de Nantes à Brest est un canal, chenal et un estuaire et un cours d'eau naturel navigable, d'une longueur de . Il prend sa source dans la commune de Nort-sur-Erdre et se jette dans la Loire à Nantes, après avoir traversé ..

Le Goaranvec, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans le canal de Nantes à Brest au niveau de la commune de Motreff, après avoir traversé ..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de PlévinLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Rostrenen à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Transports Le Canal de Nantes à Brest, désormais désaffecté pour la navigation, est à la limite nord de la commune.

Le bourg de Plévin est desservi par la RD 83 dans le sens nord-sud (en direction de Carhaix côté nord et de Langonnet vers le sud), laquelle croise dans le bourg la RD 85 qui est de direction est-ouest, venant côté est de Glomel et Paule et allant, vers l'ouest, en direction de Spézet. Mais la route principale traversant la commune passe dans sa partie sud, presque au niveau de la ligne de crête ; c'est la RD 3 venant côté ouest de Gourin et allant côté est en direction de Glomel et Rostrenen. Urbanisme Typologie Au , Plévin est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Carhaix-Plouguer, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).

+Occupation des sols en 2018 Type d’occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu1,8 %51Terres arables hors périmètres d'irrigation46,2 %1289Prairies et autres surfaces toujours en herbe4,1 %114Systèmes culturaux et parcellaires complexes31,5 %880Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants2,9 %80Forêts de feuillus4,0 %114Forêts de conifères1,6 %44Forêts mélangées3,7 %103Landes et broussailles3,4 %96Forêt et végétation arbustive en mutation0,7 %19Source : Corine Land Cover.

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous les formes Pleguin vers 1330 et en 1368, Plezvin en 1371, Ploeizvin en 1394, Ploeguin en 1535 et en 1536, Ploevin en 1536 et en 1599..

Le nom provient du breton « ploe » (paroisse) et Saint-Ewin., un disciple de saint Samson.

Histoire

Moyen-Âge

Plévin fut une paroisse de l'Armorique primitive, dont le vaste territoire englobait alors les paroisses de Motreff, Tréogan et Paule, ainsi peut-être que Glomel.

Un prieuré, situé probablemt près du hameau actuel de Kervern, dépendant de la commanderie templière de Quimper, a existé près de la chapelle Saint-Jean. Un pont de pierre, sans doute romain à l'origine, aurait appartenu à ce prieuré, qui en assurait l'entretien moyennant péage, près de la chapelle disparue de Saint-Jean-Pontmen ("Saint-Jean-Pont-de-Pierre" en français. Une autre chapelle disparue était celle de Saint-Thuriau..

Hervé de Kerlouët participa en 1248 à la septième croisade. En 1370 le château de Kerlouët appartenait à Yves Canabert, sieur de Kerlouët..

Temps modernes

Un aveu d'Anne de Laval concernant la seigneurie de KergorlayLa seigneurie de Kergorlay ou Guergorlay, une juveigneurie du Poher, dépendait au de la maison de Montfort-Gaël et s'étendait au sur la totalité des paroisses de Motreff, Spézet, Laz et Trégourez, ainsi que sur des parties de celles de Saint-Goazec, Châteauneuf-du-Faou, Saint-Hernin et Plévin, voir https://www.motreff.fr/accueil_motreff/la_commune/historique date de 1543Selon Bertrand de Boussillon, " La Maison de Laval, 1020-1605 : étude historique, accompagnée du cartulaire de Laval et de Vitré", tome 4, 1895-1904, le document se trouve aux archives du département de Loire-Atlantique, voir https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5535136j/f214.image.r=Sp%C3%A9zet?rk=42918;4. vignette|150px|Le tombeau de Julien Maunoir dans l'église paroissiale de Plévin (carte postale). En 1670 le château de Kerlouët appartenait à René Canabert, chevalier, seigneur de Kerlouet et gouverneur de Carhaix. Celui-ci et son épouse Anne Gourmil se lièrent d'amitié avec le prédicateur Julien Maunoir et proposèrent de l'accueillir lorsqu'il fut très malade dans leur château qui était proche du bourg, mais celui-ci préféra mourir au presbytère de Plévin (en 1683).

Cette paroisse est connue pour des faits liés à la Révolte des Bonnets rouges en 1675 : ceux-ci incendièrent en partie le château de Kerlouët.

René Canabert et son épouse Anne Gourmil se lièrent d'amitié avec le prédicateur Julien Maunoir et proposèrent de l'accueillir lorsqu'il fut très malade dans leur château qui était proche du bourg, mais celui-ci préféra mourir au presbytère de Plévin (le ). Les paroissiens de Plévin s'opposèrent à ce que le corps du prédicateur, selon les ordres de l'évêque, soit transférë à Quimper et montèrent la garde, après avoir placé une grosse pierre sur sa tombe, pour la garder. Seul le cœur de Julien Maunoir fut emporté à Quimper.

En 1714 Mauricette-Vincente de Canabert vendit le château de Kerlouët à Pierre de Brilhac , premier président au Parlement de Bretagne. vignette| Carte de Cassini de Plévin et ses environs (1778). Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Plévin en 1778 :

En 1789 le château de Kerlouët était la propriété de Marie Gabrielle de KergusMarie Gabrielle de Kergus, décédée après 1792 à Plévin., épouse de l'amiral de Roquefeuil. Il existait aussi les maisons nobles de Penhoët et de Crachqueta.

Le

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Plévin en 1843 :

En 1844 la commune de Tréogan est créée, par l'ordonnance du , aux dépens de celle de Plévin, dont elle faisait partie jusque-là.

En 1862 Plévin disposait d'une école de garçons accueillant 21 élèves et d'une école de filles ayant 10 élèves..

Le

La Belle Époque

En 1905 le château de Kerlouët était abandonné et à moitié ruiné, mais appartenait toujours aux descendants de l'amiral et de la comtesse de Roquefeuil.

En 1908, la commune de Chantenay (depuis annexée par Nantes), comptait plus de 400 personnes originaires de Plévin ou ses environs, travaillant dans les usines locales de sucre, de phosphate ou de cimentMarcel Le Moal, "L'émigration bretonne", Skol Vreizh, 2013, .. vignette|Le monument aux morts de Plévin

La Première Guerre mondiale Le monument aux morts de Plévin porte les noms de 90 soldats morts pour la Patrie pendant la Première Guerre mondiale ; parmi eux 6 (Louis Le Meler, Jean Le Cloarec et Joseph Huruguen dès 1914 ; Jean Auffret et Joseph Chauvin en 1915 ; Jean Coléon en 1918) sont morts sur le front belge ; Jean Lozach, quartier-maître, est mort lors du naufrage de l'Amiral Charner en 1916 ; Joseph Le Borgne est mort en captivité en Allemagne ; tous les autres sont morts sur le sol français..

L'Entre-deux-guerres

La Seconde Guerre mondiale

Le monument aux morts de Plévin porte les noms de 22 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale. Le maquis du bois de Conveau et ses environs

vignette|Le monument aux résistants des Montagnes Noires à Gourin.