Saint-Thélo est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor, en région Bretagne.
En 2002, la commune a obtenu le Label « Communes du Patrimoine Rural de Bretagne » pour la richesse de son patrimoine architectural et paysager.
Géographie Localisation thumb|left|Carrte de la commune de Saint-Théko et des communes avoisinantes.
Le bourg de Saint-Thélo est situé à vol d'oiseau à au nord-ouest de Loudéac, à au sud de Saint-Brieuc, sa préfecture de rattachement et à à l'ouest de Rennes, la capitale de la Bretagne administrative. Par ses traditions, Saint-Thélo appartient au Pays gallo.
Géographie physique
Le relief de Saint-Thélo est très bosselé : les points les plus hauts sont à la limite nord-est du finage communal (227 mètres à la Lande-au-Loup) et s'abaissent progressivement vers ses autres périphéries, en raison des vallées des cours d'eau qui forment les autres limites communales : celle de l'Oust à l'ouest (qui forme la limite avec Le Quillio et Saint-Caradec), et des ses affluents de rive droite, un au nord, le Ruisseau de Malher, qui forme partiellement la limite avec Saint-Hervé, et un au sud, qui sépare Saint-Thélo de Trévé. L'Oust entre dans la commune à sa confluence avec le Ruisseau de Malher à 122 mètres d'altitude et en sort à 97 mètres d'altitude, dans l'angle sud-ouest du territoire communal. Le bourg, excentré dans la partie sud-ouest de la commune, mais proche de la vallée de l'Oust, est vers 110 mètres d'altitude.
Le sous-sol de la commune est constitué de schiste briovérien.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Oust et un autre petit cours d'eau..
L'Oust, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de La Harmoye et se jette dans la Vilaine à Rieux, après avoir traversé ..
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Saint-ThéloLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Kerpert à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020. Transports Les transports sont restés longtemps extrêmement difficiles dans toute la région ; Paul Féval écrit dans son roman Chateaupauvre publié en 1877, parlant de la région de Saint-Thélo (qu'il nomme Saint-Juhel) : « Il nous restait à faire cinq lieues dans cette contrée hereuse et voisine de l'état de nature où les chemins sont des obstacles, parce qu'on appelle ainsi des tranchées raboteuses et boueuses, dont le creux est marqué par deux lignes ininterrompues de fondrières »..
Saint-Thélo est éloigné des grands axes modernes de circulation : la commune n'est desservie que par des routes secondaires : la principale, la D 7, est un axe nord-sud qui, côté nord, vient d'Uzel via Saint-Hervé et, côté sud, se dirige vers Saint-Caradec, mais cet axe routier ne passe pas par le bourg, desservi seulement par la D 69, qui vient côté est-sud-est de Trévé et se dirige en direction de l'ouest-nord-ouest vers Le Quillio.
Urbanisme Typologie Au , Saint-Thélo est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Loudéac, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (98 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (98,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (75,7 %), prairies (17,3 %), zones agricoles hétérogènes (4,9 %), zones urbanisées (2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la localité sous les formes San Theliaut en 1182, Parochia de Sancto Eleio en 1271, Parochia de Sancto Teleo en 1279, Sancti Teleii en 1283., Seint Teleu en 1298, Saint-Telou en 1426 et en 1427, Saint Thelou en 1428, 1438 et en 1514, Saint Thelo en 1516, Sainct-Elo en 1480 et Sainct-Helo en 1569., S. Eloy en 1630, Saint Ehelo en 1709.
Le nom Saint-Thélo est officialisé par un arrêté du .
La commune doit son nom à saint Thélo ou saint Théleau, saint breton plus ou moins mythique de l'Armorique, comme saint Edern associé à un cerf, peut-être une forme christianisée de l'ancien dieu celte Cernunnos.
En breton, la forme normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne est .
Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 22,5 % des toponymes de la commune sont bretons..
Traditionnellement les habitants parlaient le gallo comme en témoigne au Paul Féval qui en fournit plusieurs exemples dans son roman Chateaupauvre. Il est encore usité.
Histoire Moyen-Âge Saint-Thélo est issu du démembrement de la paroisse de l'Armorique primitive de CadélacLa paroisse de Cadélac, devenue commune en 1790, fut supprimée le et son territoire rattaché à Loudéac., née d'un défrichement au sein de la forêt de Loudéac. Le nom de Saint-Thélo, écrit "San Theliaut", apparaît dans un acte de 1182 énumérant les biens des Templiers en Bretagne..
Saint-Thélo devient une paroisse vers 1428. La seigneurie de la Motte-d'Ornon possédait la quasi-totalité de la paroisse (sauf le Pavillon et la Ville-Blanche qui appartenaient à partir de 1505 à la famille BonamourPar exemple François Visdelou, né le à Hénon, est sieur de Bonamour en 1669., qui habitait le manoir du Pavillon) et disposait du droit de haute justice. Françoise de Malestroit est la propriétaire de la seigneurie de La Motte-d'Ornon en 1543 ; ses successeurs prirent par la suite le nom de Des Mottes. Le manoir de la Motte-d'Ornon est abandonné dès le deuxième quart du , et celui du Pavillon a aussi disparu..
Temps modernes thumb|Carte de Cassini de Saint-Thélo et de ses environs (1790). Dès le , Saint-Thélo est au cœur de la production toilière qui regroupe une soixantaine de oaroisses du centre de la Bretagne. Dans la paroisse la oroduction s'organise autour de quelques gros écarts : La Ville-au-Galle, L'Abbaye, Botidou, Le Gouézo, La Ville-au-Breil notamment. L'évolution du nombre des baptêmes selon les registres paroissiaux illustre la croissance démographique de la paroisse : une cinquantaine en moyenne annuelle entre 1602 et 1625, 80 en moyenne les années du quart de siècle suivant, 126 en 1691, 155 en 1735.
Des manoirs sont construits dans le courant du : Botifoux en 1729 (alors habité par la famille Le Deist de Botidoux) ; La Ville-au-Breil et enfin en 1762 le manoir de l'Abbaye, dit aussi Châteaupauvre (Paul Féval y résida un temps dans la première moitié du ).
Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Saint-Thélo en 1778 :
Révolution française thumb|Le cahier de doléances de Saint-Thélo (page 1). Le cahier de doléances de Saint-Thélo, qui contient 30 articles, est rédigé le lors de la réunion de l'assemblée des paroissiens imposables âgés d'au moins 25 ans (leur liste est fournie) en vue de la préparation des États généraux de 1789, tenue sous la présidence de François Raffray, avocat à la cour, juge du dit lieu, résidant à Loudéac ; Joseph François Guérin (négociant à la Ville-au-Breil)Joseph François Guérin, né le à Saint-Thélo, décédé le à Saint-Thélo. et Ollivier LatimierOllivier Latimier, né le à Saint-Thélo, décédé le 19 vendémiaire an III () à Saint-Thélo. furent élus pour représenter la paroisse à l'assemblée du tiers-état de la sénéchaussée..
En 1790 un recensement effectué par le premier maire de la commune indique 124 tisserands dont 17 sont mendiants, 41 considérés comme très pauvres et 47 seulement comme ayant une certaine aisance..
Le recteur Tardivel, né en 1731 à Allineuc, refusa de prêter le serment de fidélité à la Constitution civile du clergé, devenant donc prêtre réfractaire; il émigra en 1792 à Jersey où il mourut l'année suivante. Guillaume Lecovec, né en 1755 à Saint-Thélo, vicaire, émigra également ; après le Concordat de 1801 il devint curé, puis recteur de Saint-Thélo jusqu'à sa mort le .
Au cours de la Révolution française, la commune porta provisoirement le nom de Thélo-sur-Oust.
Le En 1825 on recensait encore à Saint-Thélo 150 tisserands et 250 paysans-tisserands. Jean MartinJean Martin, Toiles de Bretagne, La manufacture de Quintin, Uzel et Loudéac, 1670-1830, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 1998. dénombre 21 blanchisseries (pour blanchir les toiles) actives entre 1730 et 1840 à Saint-Thélo et de nombreux doués, dénommés aussi étendoirs. Mais la crise de l'activité toilière entraîne un fort déclin démographique qui s'est poursuivi jusqu'à nos jours : le nombre des naissances n'est plus que de 70 en moyenne annuelle entre 1800 et 1833, la population totale de la commune passant de habitants en 1793 à ¥ en 1836 (il n'est plus que de 372 habitants en 2023). thumb|Saint-Thélo ː plan cadastral datant de 1828 (tableau d'assemblage).