est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor, en région Bretagne.

Géographie Trédarzec fait partie de la "Presqu’île Sauvage", une appellation touristique regroupant 7 communes (Pleudaniel, Lanmodez, Trédarzec, Pleumeur-Gautier, Lézardrieux, Pleubian et Kerbors). Localisation La commune est située sur la rive est du Jaudy.

Communes limitrophes

Relief

Le finage communal est constitué principalement d'un plateau en pente douce vers l'ouest, atteignant un peu plus de 80 mètres d'altitude à la limite orientale de la commune avec Pleumeur-Gautier, une soixantaine de mètres dans la partie centrale du territoire communal (le bourg est vers 60 mètres d'altitude) et s'abaissant à une quarantaine de mètres aux abords du littoral de la rive droite du Jaudy.

Seul ce littoral est escarpé, formant des falaises échancrées seulement par les vallons encaissés de quelques tout petits cours d'eau (ravins de Pont Bégou à la limite nord de la commune avec Kerbors, du Carpont, de Kerdalo, de Traou Meur (juste au sud du Pont Canada) et vallée du ruisseau du Moulin de Bizien, qui forme une ria annexe de celle du Jaudy, découvrant totalement à marée basse et qui sert de limite communale avec l'ancienne commune de Pouldouran (en Hengoat désormais) et Troguéry).

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Jaudy et le Moulin de Bizien..

Le Jaudy, un fleuve côtier d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Tréglamus et se jette dans la Manche en limite de Plouguiel et de Kerbors, après avoir traversé .. Sa ria sépare notamment Trédarzec de Tréguier.

Le ruisseau du Moulin de Bizien est un petit cours d'eau, d'une longueur de qui prend sa source dans la commune de Ploëzal et se jette dans le Jaudy ; il sépare Trédarzec et Troguéry..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de TrédarzecLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de La Roche-Jaudy à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Paysages et habitat Sauf le bourg et les villages de Traou Meur et de Canada, l’habitat rural est dispersé en de nombreux écarts ; la commune compte 17 fontaines et 28 puits.. Les restes de nombreux routoirs parsèment le territoire communal, rappelant son passé linier.

La commune a conservé son caractère rural en dépit de la proximité de la ville de Tréguier ; une modeste périurbanisation existe toutefois aux alentours du bourg, traditionnellement d'importance modeste, principalement en direction de Traou Meur et de Crec'h Urustal.

Le littoral est quasi inhabité en raison des falaises d'une quarantaine de mètres de dénivelé qui dominent la rive droite du Jaudy, sauf en de rares endroits (installations piscicoles du Carpont, abords du pont Canada)/

Transports

La commune est traversée par la D 786, axe routier est-ouest venant côté est de Paimpol via Lézardrieux et se dirigeant côté ouest vers Tréguier (le Jaudy est traversé par le pont Canada) et, au-delà, Lannion. Le bourg de Trédarzec, légèrement à l'écart de cet axe routier, n'est desservi que par des routes secondaires (D 20 et D 70 principalement).

Le sentier de grande randonnée GR34 traverse la partie nord-ouest de la commune, y entrant par le pont Canada ; il longe un temps le littoral du côté de Beg Mezéven et quitte la commune au niveau du vallon de Pont Bégou.

Urbanisme Typologie Au , Trédarzec est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Tréguier, une agglomération intra-départementale dont elle est une commune de la banlieue.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Tréguier, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

La commune, bordée par l'estuaire du Jaudy, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (89,9 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (90,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (53,8 %), zones agricoles hétérogènes (36 %), zones urbanisées (5,1 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (2,5 %), forêts (2,2 %), eaux maritimes (0,3 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Tredarzec en 1330, Trederzaco en 1330, Trederzec en 1407, Tredarzec au ..

Trédarzec vient de l’ancien breton treb (village) et de tarz (« éclat, fracas, crevasse, éruption, jaillissement »)Bernard Tanguy : Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes-d'Armor; ArMen-Le Chasse-Marée; 1992..

Histoire

Antiquité Des débris de tuiles et de briques au village du Cosquer témoignent d'une occupation romaine du territoire.

Moyen Âge La paroisse de Trédarzec est issue du démembrement de la paroisse de l'Armorique primitive de Pleumeur-Gautier.. Trédarzec fait historiquement partie du Trégor.

Saint Autrom (ou Vautrom), abbé d'origine irlandaise, se fixa à Trédarzec au haut Moyen Âge, on ignore quel siècle précisément.. La chapelle Saint-Votrom lui est dédiée.

Trédarzec est mentionné comme paroisse dès 1330 dans le procès en canonisation de saint Yves sous les noms de Trederzacum, Tredarzacum ou Trédarzec.

La famille de Kerdérien fut une famille noble de TrédarzecNobiliaire et Armorial de Bretagne par Pol Potier de Courcy.

L'histoire de Kerhir remonte au début du . Les premiers habitants identifiés sont les Trolong; ils étaient considérés comme fondateurs de l'église de Trédarzec, avec les privilèges afférents.

Les Templiers et les Hospitaliers Les Templiers vécurent au village du Cosquer et les Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem y créèrent une léproserie.

Temps modernes En 1589, la ville de Tréguier est prise par des Ligueurs : « un grand nombre d'hommes que l'on disoit estre de l'Isle de Bréhat et des parouesses de Tredarzou (Trédarzec), Ploermur, Pleudaniel, Pleubihan, Lanmodez et autres parouesses » écrit un témoin oculaire..

thumb|left|150px|Meuble de sacristie du provenant de l'église de Trédarzec (revue L'Art pour tous). Selon une ordonnance de Louis XV datant de 1759, la paroisse de Trédarzec doit fournir 15 hommes et payer 98 livres pour la défense des côtes de Bretagne,.. thumb|Carte de Cassini de la paroisse de Trédarzec et de ses environs (1790). Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Trédarzec en 1778 :

Dieuleveut, médecin à Tréguier, écrit en 1787 : «J'ai vu dans la paroisse de Trédarzec de pauvres malades traînant leurs corps desséchés, empreints des stigmates de la maladie à laquelle ils venaient d'échapper et du cachet de la misère, pire peut-être que le mal lui-même, demander le pain qu'ils n'ont pas. Quelques-uns m'ont dit: «Laissez-nous mourir par le mal, s'il faut mourir par la faim ; la mort sera plus courte ». La paroisse, jusqu'à ce moment, faisait un fonds annuel de 40 écus pour une aumône en pain qu'elle vient de faire cesser, la fabrique, épuisée, ne pouvant plus la continuer »..

L'oratoire de Saint-Yves-de-Vérité En raison du saccage de la cathédrale Saint-Tugdual de Tréguier en 1793, le culte de Saint-Yves-de-Vérité se déplaça dans la commune voisine de Trédarzec, au lieu-dit Pors-Bihan, où se trouvait un petit oratoire, dédié initialement à saint Sul (un saint inconnu, dont le nom provient sans doute d'un ancien culte solaire), patron de la paroisse. thumb|L'oratoire de Saint-Yves-de-Vérité à Trédarzec en 1879 (dessin de Louis-Marie Faudacq publié en 1909 dans Le Fureteur breton). « Lorsque l'on s'estimait victime d'une injustice, on allait trouver dans cet oratoire celui que l'on nommait Saint-Yves-de-Vérité ("Sant-Erwan-ar-Wirionez"), représentée ce lieu par sa statue. L'objectif était de vouer à la mort celui que l'on accusait d'un tort dont on n'avait pu obtenir réparation. (...) On faisait Saint-Yves-de-Vérité juge de la querelle., mais il fallait être sur de son bon droit. Si l'accusation était fausse, le sort se retournait contre l'accusateur qui séchait sur pied au bout de neuf mois »Daniel Giraudon, cité par Annick Le Douguet, "Crime et justice en Bretagne", Coop Breizh, 2011, ..