Trémargat est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor, en région Bretagne.
Géographie Trémargat se trouvait historiquement en Cornouaille, dans le Pays Fañch.
Situation Située à de Rostrenen, au cœur du Kreiz Breizh, Trémargat est une commune qui connaît aujourd'hui un développement original basé sur des dynamiques écologiques.
Géologie et relief
De Duault à Corlay en passant par Trémargat et Saint-Nicolas-du-Pélem, sur plus de , un massif granitique correspondant à la partie ouest du batholite de Quintin, domine, atteignant , les collines schisteuses de la partie orientale du bassin de Châteaulin situées à son sud.
Les altitudes sont comprises entre 282 mètres pour le point le plus élevé (près de Quinquis-Auffret, dans la partie sud du finage communal) et 178 mètres pour les points les plus bas (à la fois dans la vallée du ruisseau de Belle Chasse et à la confluence du Blavet et du ruisseau de Saint-Georges, aux endroits où ces cours d'eau quittent le territoire communal). Le bourg, en position relativement centrale dans la commune, est à 267 mètres d'altitude.
Hydrographie et végétation
La commune est arrosée par le Blavet, dont le cours matérialise à l'est la limite avec Lanrivain. Le Blavet s'enfonce dans de profondes gorges dont les versants sont couverts de bruyères et d'ajoncs touffus et disparait complètement sur quelques centaines de mètres sous un amoncellement de roches granitiques formant un chaos, les gorges de Toul-Goulic. La commune est arrosée par des cours d'eau de taille plus modeste : le ruisseau de Belle Chasse, qui marque la limite avec Kergrist-Moëlou à l'ouest, et le ruisseau Saint-Georges. Ce sont des affluents de rive droite du Blavet.
Le barrage de Kerne-Uhel, sur la partie amont du Blavet, est à cheval sur les communes de Trémargat et Lanrivain. Construit par le département des Côtes-d'Armor à partir de 1979, il a été mis en eau en 1981, dans le but principal de produite de l'eau potable grâce à l'usine du "Syndicat Mixte Kerne Uhel" située juste en aval du barrage ; celui-ci, haut de et long de ,a créé un lac de retenue de , entouré d'un périmètre de protection de , en bonne partie reboisé d'espèces feuillues.. Le lac de retenue de Kerné-Uhel est à cheval sur les trois communes de Trémargat, Lanrivain et Peumerit-Quintin.
Le site abrite de nombreuses espèces sauvages comme la poule d'eau, le ragondin, le grèbe huppé, le héron cendré, le martin-pêcheur, la libellule déprimée, etc.. Réputé pour la pêche (classé en catégorie), le lac, est peuplé de gardons, carpes et de carnassiers (brochets, sandres et perches). ; son annexe l'Anse du Rocleu, est dédiée à la pêche au brochet.. La navigation sur le lac est autorisée pour les bateaux à voile, à rames ou à moteur électrique (interdite pour les moteur thermiques). Une base de loisirs, aménagée pour la pratique de la voile et du canoë-kayak, est située en amont du barrage, côté Trémargat-Peumerit-Quintin dans l'anse de Pen-ar-C'hoat. Un sentier de randonnée pour piétons et VTT, long de , fait le tour du lac ; un autre, long de , fait le tour de l'Anse du Rocleu.
La forêt départementale de Kerne-Uhel est une forêt plantée dans la décennie 1980 ; le site est parsemé de chaos de granit en boules et de talus boisés portant de vieux arbres aux formes torturées qui préexistaient. Cette forêt est incluse dans le périmètre du site Natura 2000 "Tête de bassin versant du Blavet et de l'Hyères"., créé en 2007, et présente une diversité d'habitats naturels remarquables et des espèces à forte valeur patrimoniale comme la loutre d'Europe ou la mulette perlière, deux espèces d'intérêt communautaireD'après un panneau d'information touristique situé sur place.
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de TrémargatLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Kerpert à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Trémargat est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).
+Occupation des sols en 2018 Type d’occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Terres arables hors périmètres d'irrigation4,1 %57Prairies et autres surfaces toujours en herbe23,3 %323Systèmes culturaux et parcellaires complexes29,2 %405Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants14,3 %198Forêts de feuillus26,3 %366Forêts de conifères0,5 %6,5Forêts mélangées2,4 %33,5Source : Corine Land Cover.
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Tremargat en 1306 ., Treffve de Tremelgat en 1535 et en 1536.. Tremargad en breton.
Histoire
Préhistoire et Antiquité Trémargat possède des traces d’occupation humaine ancienne : des menhirs, une enceinte fortifiée (le camp protohistorique de Toul-Goulic), près de Porsporel, et des monnaies romaines de Constantin le Grand. La voie romaine de Vorgium à Corseul passait par Trémargat.
Révolution française Pierre Caërou fut curé de Trémargat entre 1782 et 1792, date à partir de laquelle, prêtre réfractaire il dut se cacher, changeant d'asile toutes les nuits, pour continuer à exercer clandestinement son ministère ; il fut pris un jour, alors qu'il se trouvait dans le village de Boisjoly, par des soldats républicains et fusillé dans la forêt de Lorge. Son corps fut retrouvé par sa nièce et inhumé dans le cimetière de Plounévez-Quintin..
Le
De la paroisse à la commune vignette|170px|Loi concernant la création de la commune de Trémargat (, Collection complète des lois, décrets, ordonnances, réglements, et avis du Conseil d'Etat ). Trémargat était initialement une trève de la paroisse de Plounévez-Quintin et dépendait jadis de l'évêché de Quimper, de la subdélégation de Quimper et du siège royal de Carhaix. Trémargat devient paroisse par l'ordonnance royale du et commune indépendante, séparée de Plounévez-Quintin, par un décret en date du ..
Trémargat décrit en 1862
Joachim Gaultier du Mottay a décrit ainsi Trémargat en 1862 : « Territoire élevé, très accidenté, peu boisé, mais couvert d'un certain nombre de pommiers. Les terres sont assez bonnes. Les prés sont productifs, mais les landes qui composent le tiers environ de la commune sont de médiocre qualité ». L'auteur précise aussi que Trémargat est sans école, qu'on y parle le breton et que le sous-sol est granitique..
Le
La Première Guerre mondiale
Le monument aux morts de Trémargat porte les noms de morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale dont un, Louis Le FellLouis Le Fell, décédé le à Salonique (Grèce), en Grèce alors qu'il était membre de l'Armée française d'OrientMemorialgenweb.org - Trémargat : monument aux morts.
Pierre Guégan, né en 1886 à Trémargat, soldat au d'infanterie, fut fusillé pour l'exemple le à Méharicourt (Somme)..
L'avocat Louis Turmel (1866-1919), député-maire de Loudéac, impliqué en 1917 dans une célèbre affaire d'espionnage, est né à Trémargat.
L'Entre-deux-guerres
Des carrières de granit ont été exploitées pour l'empierrement des routes, mais aussi pour la construction de maisons.
La Seconde Guerre mondiale
Le monument aux morts de Trémargat porte les noms de trois personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale.
Le maquis Tito se développa à partir du printemps 1943 dans le quadrilatère Trémargat, Lanrivain, Peumerit-Quintin, Saint-Nicolas-du-Pélem, sous le commandement de Louis Pichouron, alias « commandant Alain »Louis Pichouron, né le à Minihy-Tréguier, voir Louis Pichouron, "Mémoire d'un partisan breton Louis Pichouron Commandant Alain", Presses universitaires de Bretagne, 1970.
Fin du Territoire aux terres pauvres et pendant longtemps en forte déprise démographique (690 habitants en 1935, 243 habitants en 1968, 152 en 1990) la commune a vu progressivement s'installer des néo-ruraux - parfois initialement qualifiés de « hippies » - motivés dès les années 1960 par la terre et les logements à bon marché, puis peu à peu intéressés aux enjeux écologiques, aussi disponible sur ..
Alors que les campagnes du Centre-Bretagne se vidaient, une poignée de jeunes couples inspirés par une idéologie soixante-huitarde décident de s'y installer, alors que la commune était considérée dans la décennie 1970 comme « pauvre et incultivable ».. « On nous disait: "Malheureux que vous êtes, vous allez crever de faim, la terre est mauvaise, en pente avec des cailloux". On a pris ça comme un défi » dit François Salliou, futur maire de Trémargat. Ce fut le début du renouveau de la commune..
Le
Une commune singulière
La commune au début du se caractérise surtout par des dynamiques dites durables assez remarquables : réseau des chemins, souci environnemental (la commune a échappé au remembrement), forte présence de l'agriculture biologique, entretien paysager, etc..
Le , l'église paroissiale Saint-Gildas rouvre après avoir été fermée pendant douze ans ; les travaux de restauration ont coûté http://www.patrimoine-religieux.fr/rubriques/gauche/presse/actualites-mediatiques/reouverture-de-leglise-notre-dame-a-tremargat-cotes-darmor et https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/eglise-notre-dame-de-tremargat..
Dans cette commune de moins de 200 habitants, on ne compte pas moins de 16 associations et 33 entreprises d'agriculteurs, potier, ébéniste, fleuriste, infirmiers, coutelier,