Marie Justine Benoîte Favart, née Duronceray le à Avignon et morte le à Paris, est une danseuse, actrice, artiste lyrique et dramaturge française.
Dite à ses débuts sur scène, elle est appelée, après son mariage, Justine Favart ou tout simplement .
Biographie Marie Justine Benoîte Duronceray est la fille de Perrette Claudine Bied. et d'André René Duronceray, tous deux musiciens du roi de Pologne Stanislas Leszczynski. Justine Duronceray reçut une éducation soignée sous la protection de ce prince, apprenant la danse, la musique et la littérature.
En 1744, à la suite de sa mère qui avait obtenu un congé du roi Stanislas pour aller à Paris, elle parut à la foire Saint-Laurent de Paris sous le nom de , première danseuse du roi de Pologne, débutant dans le rôle de Laurence dans une pièce intitulée Les Fêtes publiques, à l'occasion du premier mariage du dauphin, dans lequel elle remporta beaucoup de succès..
C'est là qu'elle rencontra Charles-Simon Favart, alors directeur de l'Opéra-Comique. Ce théâtre avait été supprimé en , car son succès inquiétait la Comédie-Française. Pour remplir les engagements pris à l'égard des acteurs, Favart obtint en compensation la permission de jouer un spectacle pantomime à la foire Saint-Laurent. et dansèrent à cette occasion une pantomime en un acte, Les Vendanges de Tempé, dont elles assurèrent le succès..
Favart et se marièrent le . Favart fut chargé, de 1746 à 1748, de constituer une nouvelle troupe au théâtre de la Monnaie de Bruxelles. Sa femme y connut un vif succès, dansant dans plusieurs opéras-comiques composés par son mari, notamment Les Nymphes de Diane (1747), Cythère assiégée et Acajou (1748).
Remarquée au théâtre par le maréchal Maurice de Saxe, âgé de 49 ans, Justine, âgée d’à peine 18 ans, devient la cible d’une passion obsessionnelle de la part de l’un des hommes les plus puissants de France sous . Celui-ci commence par attirer son mari, au printemps 1746, pour diriger le théâtre de la Monnaie à Bruxelles. Justine ne l’ayant pas suivi, Saxe multiplie les incitations à rejoindre son mari, avec des avantages en nature. Lorsqu’elle se rend enfin à Bruxelles, elle comprend rapidement qu’elle est tombée dans un piège. Fidèle à son mari, elle se refuse à son prédateur, qui passe du harcèlement aux intimidations et au chantage pour parvenir à ses fins : , menace-t-il.
Se sentant en danger, elle tente de fuir, mais le maréchal lance des lettres de cachet contre le couple, forçant le mari à aller se cacher dans un village des environs de Strasbourg, où il subsiste en peignant des éventails. Justine est, quant à elle, enlevée et enfermée successivement dans plusieurs couvents sous de faux prétextes et soumise à un chantage : la liberté et le retour de son mari si elle accepte de devenir sa maitresse. De guerre lasse, brisée par plusieurs années de persécution et d’enfermement, Justine finit par céder aux avances du maréchal pour sauver son mari.. Elle est libérée et amenée en toute discrétion au château de Chambord, que le maréchal avait reçu en cadeau de pour ses bons et loyaux services, et les lettres de cachet révoquées.
La mort de son prédateur, survenue fin , met fin à sa servitude sexuelle, permettant enfin aux Favart de retourner à Paris. Elle abandonne la danse et débute alors comme actrice à la Comédie-Italienne le . Sa carrière théâtrale fut une suite de succès, non seulement dans les œuvres de son mari, mais aussi dans tout le répertoire des opéras-comiques de l'époque. Elle interrompt sa carrière, en 1764..
Dans l'édition en dix volumes des œuvres du couple Favart, paru en 1763-1772 chez Duchesne (Paris), le est consacré de façon exclusive aux œuvres dramatiques de Marie Justine Favart. Il s’agit des pièces suivantes : Les Amours de Bastien et Bastienne, parodie du Devin de village (1753) ; La Feste d’amour, ou Lucas et Colinette, petite pièce en vers et en un acte (1754) ; Les Ensorcelés, ou Jeannot et Jeannette, parodie des Surprises de l’amour (1757) ; La Fille mal gardée, ou Le pédant amoureux, parodie de la Provençale (1758) ; La Fortune au village, parodie d’Églée (1760) ; Annette et Lubin, comédie en un acte et en vers (1762)Édition critique (avec préface en français, anglais et allemand): Justine Favart, Adolphe Blaise, Annette et Lubin. Comédie en un acte en vers, mêlée d’ariettes et de vaudevilles, edited by Andreas Münzmay in cooperation with OPERA, supervising editor Janine Droese, Cassel, Bärenreiter, 2016 (= OPERA – Spektrum des europäischen Musiktheaters in Einzeleditionen. Historisch-kritische Hybridausgaben 2).. Selon son mari : Elle fut la première à adapter son costume aux personnages qu’elle interprétait.
Tombée malade en , elle mourut le , âgée de . Son mari, de dix-sept ans son aîné, lui survécut vingt ans.
Hommages Les époux Favart ont donné leur nom à la seconde dénomination du théâtre national de l'Opéra-Comique à Paris, également nommé « salle Favart » mais aussi à une pièce du château de Chambord.
Notes et références Notes
Références
Bibliographie . . Raphaëlle Legrand, Les Sabots de Justine Favart, 2015, en ligne.
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