Choi Yong-sul (en ; – ) est le fondateur du hapkido. Il est honoré des titres doju (, ) et changsija (, ), mot signifiant « fondateur »hapkiyusul.com. Le hapkido, le Hwa Rang Do moderne, le Kuk Sool Won, et d'autres arts moins connus comme le Han Pul ont été fortement influencés par l'enseignement de maître Choi Kim, He-young. Hapkido (alternately The Hapkido Bible). Andrew Jackson Press, Baton Rouge, Louisiana 1991..
Enfance et apprentissage
Enfance (1904 - 1913)
L'année communément acceptée pour la naissance de Choi Yong-sul est 1904Tedeschi, Marc (2000). Hapkido: Traditions, Philosophy, Technique. Boston, Massachusetts: Weatherhill. . ., mais certaines sources datent sa naissance en 1899Kimm, He-young (2008). History of Korea and Hapkido. Baton Rouge, Louisiana: Hando Press. .. Cette confusion peut être attribuée à plusieurs facteurs comme le fait que Choi ait perdu ses parents à l'âge de deux ans, l'état civil peu organisé de la Corée des années 1900, et la manière de calculer l'âge en Corée.
Né dans le village de Yeongdong (영동, province du Chungcheongbuk-do, non loin de la ville de Taegu) en Corée du Sud, Choi Yong-sul (최 용술, 崔龍述, 1904-1986) est orphelin à l'âge de deux ans, et élevé par sa tante. Il est ensuite enlevé par le Japon en 1912 pendant l'occupation de la Corée. La pratique était alors courante chez les militaires japonais d'enlever des enfants coréens et de les assigner aux travaux forcés. Choi Yong-sul, quant à lui, a raconté avoir été enlevé par un certain Morimoto, marchand de bonbons sans enfants qui voulait l'adopter. Cependant, à l'époque, les japonais étaient très nationalistes et se considéraient comme une race supérieure, c'est pourquoi il est plus probable que les projets de Morimoto aient été de faire de Choi un servant ou un esclave. Il est fort possible que Choi, qui n'avait que sept ans à l'époque, ait mal compris les intentions de son ravisseur. En effet, à cause de son tempérament très fort, Choi Yong-sul parvint rapidement à fausser compagnie à Morimoto dans la ville de Moji, au Japon, et ne put donc pas vérifier ce que ce dernier voulait faire de lui.http://www.hwarangwarrior.com/YONG_MU_KWAN_HAPKIDO_CURRICULUM_2012.pdf. Après cela, Choi voyagea jusqu'à Osaka, où il commença à mendier. Rapidement arrêté pour vagabondage par la police qui ne trouva pas de parents à qui le ramener, Choi fut alors envoyé dans un temple bouddhiste qui recueillait les orphelins à Kyoto, sous la direction du moine Wantanabe Kintaro..
Choi passa deux années à étudier au temple, pendant lesquelles il éprouva de grandes difficultés à l'école et avec les autres enfants, à cause de son japonais approximatif et de ses origines coréennes. Son tempérament hargneux et ses difficultés à s'intégrer firent de lui un enfant bagarreur. Interrogé sur la façon dont il s'était orienté vers les arts martiaux, Choi raconta qu'un jour le moine Wantanabe l'interrogea sur ce qu'il voulait faire de sa vie, à quoi Choi répondit : « apprendre à me battre » en désignant les fresques murales du temple, qui représentaient des scènes de combat et qui l'avaient toujours fasciné Hentz, Eric (editor), Taekwondo Times Vol. 16, No. 8. Tri-Mount Publications, Iowa 1996. "The Beginning of Hapkido; An Interview with Hapkido Master Seo, Bok-Seob" by Mike Wollmershauser..
Daitoryu Aikijujutsu (1913 - 1943)
En 1913, Wantanabe présenta Choi à Takeda Sōkaku, descendant d'une longue lignée de Samouraïs et d'une forme de jujutsu connue sous le nom de Daitōryū aikijūjutsu (大東流合気柔術) 허인욱의 무인이야기 장보고와 정년 그리고 송징].. Le Daitōryū Aikijūjutsu est un système de combat à mains nues basé sur les techniques de sabre et le jujutsu des Samouraïs, notamment étudié par Morihei Ueshiba, fondateur de l'Aïkido, sous la direction de Takeda.
Il existe une controverse quant à l'enseignement reçu par Choi Yong-sul chez la famille Takeda.
Certains de ses élèves les plus récents soutiennent que Choi a été adopté par Takeda Sokaku qui en aurait fait son élève puis son assistant direct pendant les entraînements de Daitoryu, que Choi aurait été chef de l'équipe de démonstration de Daitoryu à Hawaï (vers 1932), et qu'il serait le seul à avoir maîtrisé l'ensemble des techniques du Daitoryu.
Cependant, ses anciens élèves et les historiens défendent la thèse selon laquelle Choi n'aurait été qu'un serviteur de la famille Takeda et aurait appris le Daitoryu de manière bien plus informelle. En effet, les coréens étaient purement et simplement méprisés par les japonais, ce qui rend peu probable l'hypothèse de l'adoption (de plus, les enfants de Takeda affirment n'avoir jamais connu Choi). Par ailleurs, Choi Yong-sul, renommé Yoshida Asao (?田 朝男) par les Japonais, ne figure nulle-part sur les registres de la Daitoryu, ni sous son nom coréen, ni sous son nom japonais. Toutefois, Kisshomaru Ueshiba, le fils de Morihei Ueshiba, confirme que son père aurait été le senior d'un jeune Coréen à certains séminaires de Daito-ryu (il ne nomme pas Choi expressément dans sa réponse)Pranin, S. (1988). Aikido Journal, AikiNews, 77. Interview with Kisshomaru Ueshiba: The Early Days of Aikido, ce qui laisse penser que s'il s'agit de Choi, il aurait tout de même été autorisé à participer à certains entraînements.
Quoi qu'il en soit, toutes les versions s'accordent sur le fait que Choi Yong-sul a passé plus de dans l'entourage plus ou moins proche de Takeda Sokaku, et qu'il y a appris les techniques du Daitoryu Aikijujutsu, jusqu’à la mort du maître japonais en 1943.
Durant sa vie au Japon, Choi Yong-sul se maria et en 1942 il eut un fils qu'il appela Choi Bok-yeul.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la Corée étant libérée de la domination japonaise, Choi Yond-sul regagne son pays d'origine. Il arriva à Busan, puis continua jusqu’à Yeongdong, son village natal. Comme personne ne l’y attendait plus, il repartit vers Daegu et s'y installa.
Développement du hapkido
Les débuts (1948)
En , il rencontra Su Bok-sup (), alors âgé de , qui deviendrait son premier étudiant. Celui-ci était le fils du directeur d’une fabrique de (une sorte d’alcool). Choi était vendeur ambulant de gâteaux de riz dans la rue pour subvenir aux besoins de sa famille et il venait à la fabrique pour récupérer des grains résidus de la fermentation pour nourrir son cochon. Un jour, une bagarre impliquant Choi éclata et Su descendit pour la stopper. C’est alors qu’il remarqua les techniques utilisées par celui-ci : elles lui étaient inconnues, même s'il était à l’époque dan de yudo (adaptation coréenne du judo, héritée de la domination japonaise). Il le fit venir dans son bureau afin que celui-ci lui démontre ses techniques. Choi lui demanda alors de lui faire une prise de Yudo, mais lorsque Su s'exécuta, Choi contra aisément sa technique. Choi appelait alors sa technique yawara (, en coréen ) et Su prit sa première leçon dès le jour suivant. Quelques années après, Choi devint le garde du corps du père de Su. Su Bok-Sup est reconnu comme le tout premier ceinture noire de l'art connu aujourd'hui sous le nom de hapkido, sous la direction de Choi Yong-sul.
Au fur et à mesure de son développement, le yu Sul devint yu kwon sool (), afin de se différencier du yudo, puis hap ki yu kwon sool (), en référence à l d'origine (le terme japonais se traduisant en en coréen).
Premiers élèves (1949 - 1956)
Le , Choi et Su ouvrirent le (). Choi choisit le nom de pour son art parce qu’il pensait que le terme pouvait se confondre aisément avec le judo (en coréen : ). Cette même année, ils firent leur première démonstration publique de à l’université de Daegu. Parmi les élèves les plus importants du Dojang à cette époque figuraient Kim Moo-hong () et Moon Jong-won ().
Choi était un instructeur exigeant et dur, blessant parfois ses élèves. Il y avait des cours collectifs le matin et le soir, et des cours particuliers durant la journée. Il enseignait souvent à une seule personne à la fois. C’est ce dernier point qui est important car il explique qu’il y ait tant de courants de Hapkido alors que tous les Maîtres de ces courants avaient eu un même professeur. Choi donnait un enseignement personnalisé qui dépendait du physique et du degré d’avancement de chaque élève. Chacun avait donc acquis une part plus ou moins importante de ses connaissances et bien peu peuvent se prévaloir d’avoir reçu un enseignement complet.
Choi donnait également des cours privés chez lui, au cours desquels il forma notamment un certain Ji Han-jae dès 1949 (bien qu'il fût très jeune à l'époque, il obtint bientôt le quatorzième diplôme de premier dan), ainsi que Seo In-Sun (élève de Moon Jong-won), Han Bong-soo (élève de Ji Han-jae) et les frères Lee Joo-bang (Hangul: 이주방, fondateur du Hwa Rang Do) et Joo-Sang. Ce noyau dur d'élèves de "première génération" est connu pour s'être beaucoup entraînés ensemble pendant une certaine période qui a suivi, tantôt au Dojang de Kim Moo-hong, tantôt à celui de Ji Han-jae. Le frère de Seo In-sun, Suh In-hyuk (Hangul: 서인혁, fondateur du Kuk Sool Won), est également supposé avoir pris part à ces séances d'entraînement.
Développement (1956 - 1961)
En 1956, Ji Han-jae obtint son troisième dan de Yu Kwon Sul, ouvrit son propre Dojang à Andong, sa ville natale, et le nomma An Moo Kwan. Il y enseigna notamment à Yu Yong-wu (son assistant), Kwon Tae-man et Oh Se-lim.
Autour de 1958, Choi et Su ouvrirent chacun leur propre dojang à Daegu. Choi appela son école Soo Duk KwanGabrielle et Roland Habersetzer, Encyclopédie des arts martiaux de l'Extrême Orient, amphora sports, et Su nomma la sienne Joong Ang Kwan, et fit de Kim Moo-hong son assistant (il lui décerna un quatrième dan). C'est dans cette école que s'entraîna Kim Yong-man (Moo Moo Kwan). C’est aussi en 1958 que Ji Han-jae déménagea à Séoul et établit la célèbre école Sung Moo Kwan dont sont issus de nombreux Grands Maîtres de Hapkido comme Kim Duk-in (Duk Moo Kwan), Kim Myung-yong (Jin Jung Kwan) et Myung Jae-nam (fondateur du Hankido). À cette époque, le style prit provisoirement le nom de Hapkido.
En 1961, Ji Han-jae et Kim Moo-hong incorporèrent officiellement les techniques de pieds issues du Taekkyon au Hapkido. Avec le soutien de Ji Han-jae, Kim Moo-hong ouvrit également sa propre école, le Sin Moo Kwan. En parallèle, Seo In-sun, alors troisième dan de Hapkido, fonda le Kuk Sool Kwan.
En 1965, le très prometteur Lim Hyun-su commença à étudier le Hapkido au Dojang de Maître Choi Yong-sul, qu'il fréquenterait continuellement jusqu'à sa fermeture.
Préservation du hapkido traditionnel
L'Association coréenne de kido (1963 - 1973)
En 1963, Choi devint le premier président d'honneur de l'Association coréenne de kido (), et nomma l'un de ses élèves, Kim Jung-yun (), secrétaire général de l'association. Le nom Kido (気道) avait temporairement été choisi à la place de hapkido () à cause de la confusion avec l'aïkido de Morihei Ueshiba, qui s'écrivait avec les mêmes caractères (), () et (). En 1968, les élèves les plus hauts gradés de Choi Yong-sul étaient Ji Han-jae, Lee Joo-bang et Kim Moo-hong, tous trois huitième dan..
Cependant, des dissensions politiques éloignèrent les différents leaders du hapkido, qui se désolidarisèrent de l'association les uns après les autres. En 1965, Ji Han-jae quitta l'association et créa l'Association de hapkido de Corée, revenant au nom hapkido sous la pression de ses élèves. En 1968, Lee Joo-bang fonda son propre art martial, le Hwa Rang Do. En 1971, Kim Moo-hong, après avoir enseigné aux États-Unis pendant un an à la demande du Kido, fonda l'Association coréenne de hapkido (). En 1972, Kim Jung-yun fonda le Han Pul, mais il resta malgré tout très proche de Choi..