La peinture tribale en Inde est la peinture des tribus adivasis de l'Inde.
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thumb|400px vignette|Femme peignant son visage avec des motifs floraux par des techniques traditionnelles indiennes, sans doute accompagnées de Khôl. Juin 2022. Vocabulaire Les Adivasis sont les Aborigènes de l'Inde. Le droit indien les nomme collectivement ().
La question du nom à donner à l'art des Adivasis se pose notamment dans le contexte de l'art contemporain. En Inde, il est fréquent de considérer les œuvres contemporaines des Adivasis comme de l'artisanat (). Plus récemment, commissaires et galeristes ont privilégié un terme générique , un terme qui .
Origines vignette|Peinture de Bhimbetka, abri no 8. Depuis les temps anciens les Hommes ont dessiné dans les abris sous-roche Riddles of Indian Rockshelter Paintings - S K Tiwari - Sarup and Sons - 1999 -
Jean Clottes et Meenakshi Dubey-Pathak, Des images pour les Dieux, Éditions errance, 2013, , sur les murs et sur les sols, pour parler de leur vie et laisser leur trace. En Inde plus qu’ailleurs, nous pouvons retrouver ces traces. Les plus anciennes peintures indiennes sont des pétroglyphes âgés entre et selon les sources, comme certains que l'on a trouvés à Bhimbetka au nord de Bhopal.
La plupart des peintures sous-roche ont été exécutées en utilisant des pigments rouges et blancs, plus rarement verts et jaunes. Les belles peintures rupestres dans les abris de Bhimbetka étaient probablement les origines des œuvres des tribus Warli et Saura ou des peintures Pithora peints par des tribus Bhil et Rathwa.
Tribu Baiga du Madhya Pradesh... thumb|gauche|Femmes Baigna.
La tribu Baiga Verrier Elwin, The Baiga, Gian Publishing House, 2009 (édition reprint), Rajesh K. Gautam, Baigas: The Hunter Gatherers of Central India, 2011, est une tribu de langue dravidienne avec qui vit dans les États de Madhya Pradesh (district de Mandla et Balaghat ), Uttar Pradesh, Chhattisgarh et Jharkhand. Les Baigas sont animistes.
Les femmes Baiga de la région de Bundelkhand font des peintures et des reliefs muraux à thème religieux et décoratif. Elles peignent également des miniatures et de l’art naïf sur papier.
Tatouage par les Badna Gond vignette|redresse|Baiga tatouage. Les Baigas accordent aux tatouages une place centrale dans leur mode de vie. Le tatouage est la seule chose qui subsiste après la mort.
C’est la seule tribu où le corps des femmes est entièrement tatoué.
Cet art tribal est désormais couché sur le papier. Il étonne et renvoie à des âges ancestraux où le corps et les esprits étaient liés. Les femmes Baiga ont aussi tatoué leur visage (le « gudna »). Ces tatouages ont une relation avec leur religion, leurs dieux et déesses, mais les tatouages sont aussi considérés comme des bijoux peints, trop chers à acquérir pour les Baiga. Leurs tatouages ont une forme ovale avec des nombreux petits points sur le front, mais aussi sur d’autres parties du corps.
Le tatouage est souvent réalisé chez les Baiga par les femmes Gond, des sous-tribus Badna (Badnin) et Ojha, qui vivent dans les mêmes régions que les Baiga. Elles se déplacent dans les villages des Baiga pour faire des tatouages sur les bras, les jambes et le corps des femmes Baiga. Les jeunes filles Baiga commencent à être tatouées, pour la première fois à l’âge de sept ans ; la deuxième partie de leur corps est tatouée à la puberté.
Voir aussi : Tatouage en Inde
Tribus Bhil et Rathwa du Madhya Pradesh, du Gujarat... : la peinture Pithora
La tribu Bhil Wilhelm Koppers, Die Bhil in Zentralindien, Verlag Ferdinand Berger, Horn-Wien, 1948 Bhananushanker Gahlot and Pare, Bhil Devlok, Adivasi Lok Kalam Evam Boli Vikas Academy, 2013 est une tribu de langue indo-aryenne de d'habitants ; la première tribu en Inde. Ils vivent dans le Madhya Pradesh (, soit 6,3 % de la population), le Gujarat (, 5,8 % de la population), l’Andhra Pradesh, le Rajasthan, le Chhattisgarh, le Maharashtra, le Karnataka, le Tripura et le Bangladesh. Les Bhils sont animistes.
Leur tradition picturale est ancestrale, elle existe depuis des milliers d'années. Les Bhils peignent les murs et les plafonds de leurs maisons d’images qui racontent leurs légendes, leurs traditions, leurs dieux protecteurs, la nature.
Certains artistes Bhil comme Ladoo Bai, son mari Teru Tahad et Bhuri Bai ont quitté leurs terres originelles de Jabhua au début des années 1980 (à la demande de Swaminathan) pour exercer leur art à Bhopal. Pema Fatya, le dernier Maitre Bhil vivant, a choisi de rester vivre sur la terre ancestrale.
La tribu Rathwa ou Rathawa est une tribu de langue indo-aryenne avec situé surtout dans le Gujarat (). Les Rathwas sont animistes. Les Rathwas vénèrent le dieu Pithora et ont les mêmes origines et traditions que les Bhilala, les Nayak (ou Naikda : dans le Gujarat ; en Inde) et les Dhanak (ou Dhanuk).
La peinture Pithora vignette|Pithora chez un paysan à Gujarat. Artiste Paresh Rathwa. RF Anders Laustsen. Les peintures Pithora Jyotindra Jain, , Lalit Kala Akademi, ASIN: B000OJOIUA Haku Shah, , 1984 , peints par des artistes des tribus Rathwa et Bhil (Bhilala) sur les deux côtés de la frontière entre Gujarat et Madhya Pradesh, sont des performances rituelles réalisées à la demande d’une famille quand un vœu a été exaucé (mariage, naissance, prospérité…).
Ce sont des rituels avant d’être des œuvres d’art, et sont exécutés par le Maitre (le baba) souvent assisté d’un prêtre. Les peintures sacrées recouvrent trois murs de la pièce et correspondent à des rituels holistiques. Cette peinture sacrée issue de la tradition Pithora a été découverte et valorisée par Swaminathan dans le cadre du travail du musée d’art contemporain Bharat Bhavan à Bhopal.
L’essence du rituel Pithora réside dans la proximité avec la terre. Les thèmes en témoignent, les matériaux également : pigments, lait et liqueur de fleurs de Mahua (l’arbre sacré), couches de boue, de bouses et de chaux préparées par une jeune fille. Les fresques Pithoras, pratiquées exclusivement par les hommes, représentent le soleil et la lune, les animaux et les insectes, le mythe de la création et les dieux. Tout ce qui touche à la vie des tribus Rathwa, Bhilala, Nayak et Dhanak.
Les fresques illustrent surtout des chevaux, toujours des chevaux, et encore des chevaux, sur les trois murs d’une pièce dans la maison. Les chevaux dans une procession de mariage de leurs dieux Babo Pithora et Pithori Devi. Souvent il y a cinq chevaux dans une peinture Pithora qui représentent les cinq dieux : Ganesha, Babo Pithora, Pithora Devi, Indra (le dieu des dieux) et Hudol (qui représente l’esprit féminin). Une autre explication sur des sept chevaux dans certains peintures Pithora : ils représentent les sept collines qui entourent le « pays » des Rathwa. Les frontières: Dans l’ouest « la mer », dans le sud « Bharuch » et dans le nord-est Indore.
Tribu Deewaru du Karnataka : la peinture Chittara
Au sud-ouest de Karnataka (région de Malnad), dans les forêts de montagne, autour des villes de Sagara et Shimoga (Shivamogga), vit la tribu Deewaru, une tribu matriarcale. Ses membres sont animistes et illettrées.
Les femmes Deewaru font des Chittara, mélange de peinture, de musique, décrivant leur vie animiste. La peinture Chittara sur les murs des maisons est très géométrique avec des carrées et des lignes. Elle est pleine de symboles propres à l'artiste et valorisant la vie de la femme Deewaru.
Tribu Garasia du Rajasthan et du Gujarat
La tribu Garasia vit dans les montagnes au Rajasthan et au Gujarat. Les Garasia ont une approche hindouiste.
Les Garasia peignent les murs et les sols de leurs maisons avec des motifs géométriques et graphiques pour leurs fêtes rituelles et surtout pour des raisons décoratives. Des tatouages sont souvent présents sur le corps des femmes : les mains, les épaules, le cou et le visage sont habituellement tatoués à l'aide d'un instrument électrique..
Tribu Gond du Madhya Pradesh...
La tribu Gond (la deuxième tribu en Inde) est une tribu de langue dravidienne (Gondi) d'à peu près d'individus en 2014 (la moitié de la population Gond parle maintenant Hindi) dispersés sur les territoires de Madhya Pradesh (, 6,2 % de la population), Chhattisgarh, Bihar, Bengale-Occidental (West Bengal), Jharkhand, Orissa, Gujarat, Andhra Pradesh, Telangana et Karnataka. Les Gonds vivent également en Uttar Pradesh, mais dans quelques régions de l'Uttar Pradesh, ils sont considérés comme une « » (). Les Gonds sont animistes.
La mémoire collective du Royaume des Gond Il y a très longtemps le royaume des Gonds s’étendait largement sur le centre de l’Inde. Pendant une période prospère qui dura près de , les Pardhans furent leurs musiciens et leurs prêtres influents. Mémoire de ce peuple, les Pardhans racontaient l’histoire de leurs dieux en s’accompagnant du Bana, un instrument sacré en forme de violon. Mais le peuple Gond s’appauvrit et il n’y eut bientôt plus assez de familles riches pour soutenir les Pardhans. La tradition disparait en même temps que ses artistes.
L'école « Jangarh Kalam » des Pardhan Gond
En 1982, le musée d’art contemporain du Bharat Bhavan s’ouvre à Bhopal. Le peintre Swaminathan, son nouveau directeur, choisit de montrer l’art vivant tel qu’il est pratiqué dans les communautés tribales et de l’exposer. Il organise alors des expéditions dans l’état du Madhya Pradesh, pour rechercher cet art tribal.
Mais l’art de ces tribus anciennes, naguére florissant, a presque disparu. Pourtant, on découvre dans le village de Patangarh une maison dont les murs sont couverts de dessins aux couleurs et aux motifs merveilleux. C’est l’œuvre du jeune Jangarh Singh Shyam, issu d’une lignée de Pardhans. On le fait venir à Bhopal avec sa jeune épouse Nankusia.
Il fait venir sa famille et entretient neveux, nièces et cousins, en leur enseignant son art. L’école du Jangarh Kalam est en train de naître.
La qualité et l’originalité de ses dessins rendent le jeune homme vite célèbre. Il est sollicité en Inde et à l’étranger. Il travaille pour l’exposition Bharat Mahot-sav au Japon et à Londres en 1988, à Paris pour l’exposition Magiciens de la Terre en 1989 (Halle de la Villette), puis aux Pays-Bas en 1992 et en Australie en 1993. Jangarh se suicidera au Japon en 2001 dans des circonstances qui restent encore débattues.
Le Jangarh Kalam est le mouvement artistique contemporain des Pardhan Gond, né en 1982 à Bhopal. Un mouvement inspiré par l’art de Jangarh Shyam et par la musique des Pardhan, le Bana transformée en couleurs et en dessinsBowles, John, 2011, Painted Songs and Stories: The Hybrid Flowerings of Contemporary Pardhan Gond Art, Indian National Trust, . Chacun des artistes du mouvement est inspiré par la mythologie éclatante de la tribu.
Jangarh développe également un style propre, symbolisé par une signature pictographique Gita Wolf, Bhajju Shyam et Jonathan yamakami, Signature - patterns of Gond Art, Tara Books, 2010, , logotype formé de points et de traits, qui s’inspire souvent des tatouages et des masques rituels.
Aujourd’hui grâce à ce mouvement artistique, la mémoire collective et les traditions Gond renaissent. Cet élan sert un mouvement plus global de reconnaissance des formes artistiques tribales en Inde et des populations souvent opprimées ou spoliées.