La Balle magique du Docteur Ehrlich () est un film biographique américain réalisé par William Dieterle et interprété par Edward G. Robinson, sorti en 1940. Sa trame s'inspire de l'histoire authentique d'un médecin allemand, le . Le film, produit par la Warner Bros., a fait l'objet d'une controverse parce qu'il traitait d'un tabou au cinéma, la syphilis. Sélectionné pour les Oscar pour l'originalité et la qualité du scénario (rédigé par Norman Burnstine, Heinz Herald et John Huston), ce film a été surclassé par Gouverneur malgré lui.

Intrigue Paul Ehrlich (Edward G. Robinson) est médecin dans un hôpital allemand. Il est mis à la porte pour son mépris systématique de la bureaucratie, qui résulte de sa curiosité exclusive pour les produits traçants, leur application aux cellules et aux microorganismes qui en sont les vecteurs exclusifs. Un collègue du , Emil von Behring (Otto Kruger), se fait le promoteur de l'idée, qu'il baptise « traceurs spécifiques », et qu'il vante comme une avancée majeure dans le diagnostic au microscope. Au terme de la conférence d'un certain (Albert Basserman), expliquant que la tuberculose est d'origine bactérienne, Ehrlich parvient à se procurer un échantillon contaminé avec ces bacilles. Au prix de longues recherches et d'expériences décourageantes, il découvre par hasard un colorant spécifique du bacille de Koch. La communauté scientifique célèbre cette invention comme une contribution majeure à la pathologie.

Pourtant, au cours de ses recherches, le a été infecté par la tuberculose, qui à l'époque est encore mortelle. Il part en cure en Égypte avec sa femme Hedwig (Ruth Gordon). Là, il découvre les ressources d'immunité du corps humain : fort de ce constat, il parvient avec son collègue von Behring à éteindre une épidémie de diphtérie, et les deux médecins sont fêtés en héros.

Ehrlich se concentre désormais sur la conception d'un antidote miracle, consistant à injecter un cocktail chimique affectant un large spectre de microbes pathogènes, démarche qui annonce la chimiothérapie antibiotique. Son laboratoire, malgré l'appui de plusieurs savants influents, au nombre desquels Sahachiro Hata, est délaissé par le directeur de l'hôpital, le (Sig Ruman), au moment même où Ehrlich pense avoir trouvé un moyen de combattre la syphilis. Ce dernier obtient finalement un financement de la veuve d'un banquier, Franziska Speyer (Maria Ouspenskaya) ; au terme de , il découvre un antibiotique qu'il baptise symboliquement « 606 » (et qui est aujourd’hui commercialisé sous les noms d'Arsphénamine ou Salvarsan). Mais la joie de la découverte est de courte durée : traités avec cet antibiotique meurent peu après.

Fiche technique Titre original : Titre français : La Balle magique du Docteur Ehrlich Réalisation : William Dieterle, assisté d'Irving Rapper (non crédité) Scénario : John Huston, Heinz Herald et Norman Burnstine Photographie : James Wong Howe Musique : Max Steiner Costumes : Howard Shoup Montage : Warren Low Pays de production : Format : Noir et blanc - 1,37:1 - Mono Genre : biographie Date de sortie : 1940

Distribution Edward G. Robinson : Paul Ehrlich Ruth Gordon : Ehrlich Otto Kruger : Emil Adolf von Behring Donald Crisp : Friedrich Althoff, ministre de la recherche Maria Ouspenskaya : Franziska Speyer, veuve d'un banquier Montagu Love : Professeur Hartmann Sig Ruman : Hans Wolfert Donald Meek : Mittelmeyer Henry O'Neill : Lentz Albert Bassermann : Robert Koch Edward Norris : Morgenroth Harry Davenport : le juge Louis Calhern : Brockdorf Louis Jean Heydt : Kunze Charles Halton : Sensenbrenner Irving Bacon : Becker Theodore von Eltz : Kraus Douglas Wood : Speidler Acteurs non crédités Herbert Anderson : Assistant médical Louis V. Arco : Bertheim John Hamilton : Hirsch Wolfgang Zilzer : Kellner

Politique et autocensure La production du film a valu quelques démêlés à la Warner Bros. , à la fois en raison du contexte politique et de la nature de la maladie. finalement vaincue par Ehrlich (une maladie vénérienne).

Ehrlich était alors déjà considéré comme l'un des plus grands savants juifs de l'histoire : ses travaux sur l'immunité lui avaient valu le Prix Nobel en 1908Le Prix Nobel de Physiologie et de Médecine 1908 sur nobelprize.org. ; mais le régime Nazi avait systématiquement effacé tout hommage à sa mémoire dans le monde germanophone. La Seconde guerre mondiale venait d'éclater mais les États-Unis étaient encore loin de s'y impliquer. Jack Warner, comme les autres magnats de Hollywood, était las des procès et des critiques idéologiques lui prêtant des visées sionistes. Un manifeste diffusé par les producteurs signalait à propos du film sur Ehrlich : : c'est ainsi que toute mention de l'adjectif « juif » fut supprimée du film. En outre,les dernières paroles d'Ehrlich dans le film furent remaniées pour supprimer toute référence au Pentateuque.

Les cadres de la Warner, soumis au Code Hays, envisagèrent pour de bon de supprimer le mot « syphilis » du film ; mais Hal B. Wallis, président de l'Association des Producteurs Américains, tout en militant pour la prudence, répondit à Warner Bros. que ..

Notes

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