Le château de Lamothe est un château situé dans la commune française de Lamothe (Haute-Loire), construit essentiellement aux à partir des vestiges d'un château fort du .

Histoire Située face à Brioude, sur l'autre rive de l'Allier, La Mothe était un important fief, ayant droits de justice sur neuf paroisses et ne rendant hommage qu'au Roi, tout en recevant celui d'une quarantaine de vassaux.

Un château fort est construit au sur un promontoire dominant l'entrée du bourg. Il sert de base à la construction de l'actuel édifice, aux . Au moyen-âge, il a successivement appartenu aux comtes d'Auvergne, puis aux Dauphins d'Auvergne. en 1198, le Dauphin d'Auvergne en fit donation à de Polignac, son neveu, fils de sa sœur Bélisende, en paiement de la dot de celle-ci. Leur fils, de Polignac, assit en 1223 le douaire de son épouse, Alix du Trainel, sur La Mothe.

En 1344, Armand de Roquefeuil, tuteur de son neveu, Randonnet de Polignac, vend La Mothe à , seigneur de Beaufort, frère du Pape (Pierre Roger) et père du pape . De , La Mothe passa à son fils, Marquis de Beaufort, marié en 1369 avec Catherine, Dauphine d'Auvergne. Marquis de Beaufort se remaria en 1394 avec Éléonore d'Anduze, dont il eut Louis de Beaufort, seigneur de Canillac, vicomte de La Mothe.

Le fils de ce dernier, Jacques de Beaufort, marquis de Canillac, n'eut pas d'enfant de son mariage avec Jacqueline de Créquy et donna ses biens en 1511 à son neveu, Jacques de Montboissier.

Ce dernier épousa en secondes noces, en 1526, Charlotte de Vienne et en eut pour fils, Jean de Montboissier Beaufort Canillac, vicomte de La Mothe, alors nommée La Mothe Canillac, marié en 1562 avec Jeanne de Maumont. Leur fils, Jean-Claude de Montboissier Beaufort Canillac, vicomte de La Mothe, épousa en 1592 Gilberte de Dienne et en eut pour fils Gilbert de Montboissier Beaufort Canillac, aussi vicomte de La Mothe, marié en 1618 avec Claude d'Alègre.

Leur fils, Gilbert de Montboissier Beaufort Canillac, marié en 1651 avec Anne de Laubespin, fut décapité à Clermont en 1665, par arrêt des Grands Jours d'Auvergne, pour son rôle pendant la Fronde. La Mothe Canillac lui fut confisqué, les tours du château furent découronnées de leurs créneaux. Le domaine fut ensuite restitué à sa fille, Catherine Françoise de Montboissier Beaufort Canillac, qui mourut en 1669 sans s'être mariée. Catherine Françoise laissa pour héritière sa mère, Anne de Laubespin, décédée sans descendance en 1680. Son héritière fut la fille de sa sœur Françoise de Laubespin, sa nièce Madeleine Perrot de La Malmaison.

Madeleine Perrot de La Malmaison († 1713) épousa en premières noces en 1670, Jacques Honoré Barentin, seigneur des Belles Ruries (en Touraine), Hardivillers (en Picardie), président au Grand Conseil, intendant de la généralité de Limoges, puis de la généralité de Poitiers, mort en 1689 en siégeant au Grand Conseil.

Leur fils Charles Honoré Barentin, vicomte de La Mothe Barentin, seigneur des Belles Ruries, Hardivillers, fut intendant de la Flandre maritime et mourut en 1705.

Son fils, Charles Jean Pierre Barentin de Montchal, vicomte de La Mothe, seigneur de Noyen, servit dans les armées du Roi, fut capitaine des gendarmes de Flandres, brigadier des armées du Roi, et mourut à La Mothe en 1763. vignette|Charles Jean Pierre Barentin de Montchal († La Mothe le 16 avril 1763), vicomte de La Mothe, brigadier des armées du roi - Nicolas de Largillière (Cambridge, Fitzwilliam Museum) Son fils, Charles Paul Nicolas Barentin de Montchal, lui succéda comme vicomte de La Mothe Barentin. Marié à Lamothe en 1756 avec Jeanne Marie Dorothée de Combres de Bressolles, il fit aussi une carrière militaire. Il fut nommé en 1787 président de l'assemblée de l'Élection de Brioude, puis fut élu en 1789 député suppléant de la Noblesse aux États généraux, mais n'eut pas à siéger.

Les violences révolutionnaires le conduisirent à émigrer en 1790, il servit dans l'armée des princes, puis dans la garde de , qu'il commanda pendant l'exil à Mittau. Ses biens en Auvergne furent saisis, puis vendus comme bien national. Le château fut divisé alors en quatre lots, séparés par des cloisons.

Charles Paul Nicolas Barentin de Montchal regagna la France en 1805. Une partie du château de La Mothe, vendue comme bien national en 1799 sans avoir été payée, fut remise en vente et achetée par lui en 1807. Cette partie du château fut revendue pour y fonder un couvent, qui fut fermé en 1841.

Passé entre diverses mains, l'édifice est ensuite devenu propriété de la commune ; une partie fut transformée en école et en presbytère.

Le château de La Mothe a été restauré au , c'est désormais une propriété privéeMartine Briat, Jean-Paul Grimaud, Haute-Loire, Éditions de Borée, 1994, 127 pages , 36.

Protections

Le château, y compris la poterne, est inscrit aux Monuments historiques depuis un arrêté du Les abords du château sont un site inscrit depuis un arrêté du

Architecture Le château de La Mothe consiste en deux corps de logis juxtaposés à plusieurs tours autour d'une cour. L'une de ces tours abrite la chapelle. Une seconde cour est entourée de dépendances. Les souterrains abritent l'entrée de l'ancienne forteresse médiévale.

Ses aménagements furent plusieurs fois repris, notamment aux , par les Barentin.

On remarque à l'intérieur du château, à l'étage de la plus grosse tour, la « chambre du pape », dont l'alcôve est pourvue d'un plafond à caissons abondamment orné, paraissant avoir été exécuté dans le premier tiers du .

Le château jouxte un village pittoresque, composé de rues étroites bordées de maisons anciennes, autrefois entourées de remparts.

Notes et références

Annexes

Bibliographie

Articles connexes

Liste des comtes d'Auvergne Liste des Dauphins d'Auvergne Maison de Polignac Famille Roger de Beaufort Famille de Montboissier Liste des monuments historiques de la Haute-Loire (ouest)

Liens externes

Lamothe Catégorie:Monument historique inscrit en 1988