BAE Systems est une entreprise britannique travaillant dans les secteurs de la défense et de l'aérospatial, dont le siège social se trouve à Frimley (Surrey). L'entreprise a également des intérêts en Amérique du Nord via sa filiale BAE Systems Inc. L'entreprise est née le par le rapprochement de l'ancienne British Aerospace (BAe) et de (MES).
BAE Systems est l'héritier de nombreuses entreprises de la défense et de l'aéronautique, dont The Marconi Company, A. V. Roe Company, ou encore de Havilland, et British Aircraft Corporation, coréalisateur du Concorde. Depuis sa création BAE Systems s'est désengagé de certaines activités européennes en se retirant notamment d'Airbus, EADS Astrium, , Atlas Elektronik.
BAE Systems participe à différents projets comme le F-35 Lightning II et l'Eurofighter Typhoon.
BAE Systems se classe en 2025 au sixième rang mondial pour la production d'armementD'après Defense News Top 100 Liste pour 2025.
Historique Héritage vignette|Supermarine, constructeur du Spitfire, rachetée par Vickers-Armstrongs, qui fusionna avec British Aircraft Corporation en 1960. BAE Systems a été fondé le , produit de la fusion de British Aerospace (BAe) et de Marconi Electronic Systems (MES). BAE Systems est ainsi l'héritier de célèbres entreprises britanniques de l'aéronautique et de la défense. Ces entreprises produisirent le Comet, premier jet commercial ; l'Harrier dit le « jump jet », le premier appareil opérationnel à décollage vertical (Vertical/Short Take-Off and Landing); le radar « groundbreaking » Blue Vixen équipant le AV-8B Harrier II et qui est la base du programme radar de l'Eurofighter CAPTOR ; et coréalisa, avec l'Aérospatiale, le Concorde, avion supersonique.
British Aerospace était un fabricant d'avions civils et militaires, mais il produisait également des systèmes d'armes terrestres. Cette société était le fruit de la consolidation par l'état britannique, le , des sociétés British Aircraft Corporation (BAC), de Hawker Siddeley Group et de Scottish Aviation . BAC et Hawker Siddeley étaient elles-mêmes le fruit de diverses fusions.
Marconi Electronic Systems était la filiale britannique de The General Electric Company (GEC), opérant essentiellement dans le domaine de la défense (intégration de systèmes d'armes tant navales que terrestres). Marconi a pour ancêtre la Wireless Telegraph & Signal Company de Guglielmo Marconi, société fondée en 1897. GEC racheta English Electric (y compris Marconi) en 1968 et reprit la marque Marconi sous le nom de GEC-Marconi, puis Marconi Electronic Systems. GEC's acquit ainsi un établissement dont les activités dans le domaine militaire et dans le domaine radiophonique furent initiées durant la première Guerre Mondiale. La seconde guerre mondiale consolida ce positionnement, et la compagnie conçut le magnetron pour radar.. Entre 1945 et 1999, GEC-Marconi/Marconi Electronic Systems devint l'un des plus grands acteurs du secteur de la défense. GEC's fit également l'acquisition de en 1967 , de Yarrow Shipbuilders en 1985, de en 1989, d'une partie du groupe de défense Ferranti en 1990, de Vickers Shipbuilding and Engineering en 1995 et de en 1999. En , MES acquit , acteur américain.
Origine du groupe En 1997, la fusion des américains Boeing et McDonnell Douglas, ayant suivi la création de Lockheed Martin, plus important groupe de défense, en 1995, encouragea les Européens à entrer dans la voie des restructurations dans le domaine de la défense. En , le directeur général de British Aerospace Defence déclara « L'Europe... a trois fois plus d'acteurs et dispose d'un budget moitié inférieur à celui des États-Unis ». Les gouvernements européens favorisèrent le rapprochement de leurs industries de défense.
Début 1995, British Aerospace et l'allemand DaimlerChrysler Aerospace (DASA) se disaient prêts à la création d'une société de défense transnationale. Les deux sociétés envisagèrent d'inclure le français Aérospatiale, mais seulement après privatisation. La première étape de la constitution de ce nouveau groupe aurait pu être la transformation d'Airbus en un consortium liant British Aerospace, DASA, Aérospatiale et Construcciones Aeronáuticas SA ; mais British Aerospace et DASA marquèrent un différend avec Aérospatiale. Partenaires dans Airbus, British Aerospace et DASA l'étaient également dans le programme Panavia Tornado et l'Eurofighter Typhoon. Les discussions débutèrent entre British Aerospace et DASA en , peu avant l'annonce de la fusion entre Aérospatiale et Matra, faisant, de fait, baisser la part de l'état français dans la nouvelle société. L'accord de fusion fut établi entre les présidents de British Aerospace () et de DASA (Jürgen Schrempp) en .
Par ailleurs GEC souhaitait également participer à la consolidation de l'industrie de la défense. Dès 1996 George Simpson, directeur général de GEC, indiqua dans The Independent « les analystes pensent que M. Simpson, de par ses connaissances de BAE, pourrait favoriser un accord avec GEC. Et bien, GEC souhaite créer un 'champion' national de la défense avec BAE afin d'être compétitifs en face des géants américains ». Lorsque GEC mit en vente MES le , British Aerospace abandonna son projet de fusion avec DASA pour fusionner avec son rival britannique. La fusion de British Aerospace et de MES fut annoncée le BAE Systems Annual Report 1999 22. BAE Systems plc (2000). Retrieved on 2006-10-27.. Evans expliqua en 2004 ses craintes, à l'époque, que le secteur de la défense américain ne mette la main sur MES et ne soit alors en concurrence avec British Aerospace et DASA. Ce regroupement constitue une société d'intégration verticale que The Scotsman décrit comme « association complémentaire entre la force de British Aerospace et les compétences en systèmes électroniques de Marconi », avec par exemple le rôle de fabricant de l'Eurofighter pour BAE et le rôle de fournisseur de l'électronique embarquée de MES. En réponse à l'abandon du projet de fusion avec BAE, DASA entama des discussions pour une fusion avec Aérospatiale, qui conduisit à la création de European Aeronautic Defence and Space Company (EADS). EADS songea dès lors à la fusion avec Thales afin de créer une société totalement intégrée.
BAE dispose d'une action « spéciale » mise en place chez British Aerospace à sa privatisation. Cette action dépend du secrétariat d'État au commerce et donne un droit de veto sur certaines ventes.
Évolutions et restructurations Le premier rapport annuel de BAE Systems établit les cœurs de métier suivants : Airbus, les services aux armées l'intégration de systèmes d'armes pour les armées de l'air, de terre et la marine. Ce rapport indiqua également que la compagnie souhaitait se développer aux États-Unis et participer à la consolidation de l'industrie en Europe.
Pour BAE, 2001 était une année de restructuration pour ses activités en Europe. Par ailleurs, BAE explique sa stratégie de développement aux États-Unis: « il s'agit de loin du plus grand marché de la défense, en effet, le budget y est deux fois supérieur à celui de l'ensemble des États d'Europe de l'Ouest. Et surtout, l'investissement américain en recherche et développement est beaucoup plus important qu'en Europe ». À la nomination de en , un audit fut ordonné. Celui-ci exclut de nouveaux développements en Europe et confirme la stratégie d'expansion en Amérique. De plus, le secteur des systèmes d'armes pour la terre est privilégié ; avec deux acquisitions en 2004 et 2005, BAE devient le deuxième acteur mondial du secteur. Ce nouveau positionnement a été qualifié de « remarquable » par le Financial Times.
En 2000, Matra Marconi Space, associant BAE et Matra, et les activités Espace de DASA ont fusionné pour créer Astrium. En , BAE vend les 25 % qu'il possédait dans cette nouvelle société à EADS. En , Airbus Industrie passa du statut de consortium à celui d'une société anonyme. En , BAE annonça l'arrêt de la production de l'Avro Regional Jet (Avro RJ) à et l'arrêt du programme Avro RJX, l'activité n'étant plus jugée « viable ». En , et la division missiles de Alenia Marconi Systems (AMS) ont fusionné pour former MBDA, second fabricant mondial de missiles. Bien qu'EADS se soit dit intéressé à prendre le contrôle de MBDA, BAE indiqua qu'à l'instar d'Airbus, MBDA faisait partie de son « cœur de métier ».
vignette|gauche|redresse|Sous-Marin Classe Astute a été la cause d'un profit warning de BAE en 2002.
En , BAE confirma être en discussion avec TRW, un acteur américain de l'équipement automobile, de l'espace et de la défense. Alors que Northrop Grumman a lancé une OPA hostile sur ce groupe en . La bataille entre BAE, Northrop and General Dynamics prit fin le quand l'offre améliorée de Northrop fut acceptée par le conseil d'administration de TRW. Le , BAE réalisa un profit warning en raison du dépassement de coût du Nimrod MRA4 ; un avion de reconnaissance et d'attaque navale et du sous-marin Classe Astute.
Le gouvernement britannique commanda 20 avions d'entraînement BAe Hawk avec 24 options en . Ce contrat est significatif car il permit, en , la vente de 66 appareils à l'Inde. En BAE Systems and Finmeccanica ont annoncé la création de trois coentreprises, dont l'ensemble se nomme , dans le domaine de l'avionique (C4ISTAR) et de la télécommunication. L'intégration est difficile et l'accord a été reconsidéré ; le rapport annuel de BAE en 2004 « reconnaît la complexité de la constitution de Eurosystems avec Finmeccanica et souhaite en simplifier le modèle d'intégration ». BAE a vendu ses parts de 25 % de l'ensemble à Finmeccanica en .
En , la presse indiqua que BAE souhaitait vendre ses divisions navales, et BAE Systems Submarines. General Dynamics souhaitait acquérir les installations de construction de sous-marins de Barrow-in-Furness, alors que VT Group était intéressé par le chantier de River Clyde . En 2008, BAE Systems fusionna ses chantiers navals avec ceux de VT Group pour constituer .
vignette|BAE acheta, pour 2,5 milliards de livres sterling, United Defense en 2005. Les M2/M3 Bradley ont rejoint le catalogue de BAE.
Le , BAE Systems évinça General Dynamics dans le rachat de , fabricant britannique de véhicules blindés. Pour se renforcer par rapport à son concurrent General Dynamics, les dirigeants de BAE ont ciblé l'achat de (UDI). Le , BAE annonça cette acquisition pour 2,25 milliards de livres sterling. UDI, devenu depuis , fabrique des véhicules de combat, des systèmes d'artillerie, des canons navals, des lance-missiles et des munitions guidées.
En , BAE annonça la vente de sa filiale allemande, Atlas Elektronik, à ThyssenKrupp et EADS. Le , BAE annonce la vente de BAE Systems Aerostructures à . BAE a indiqué dès 2002 que cette société ne faisait pas partie de son « cœur de métier. ».
Le , l'Arabie saoudite fit l'acquisition de 72 Eurofighter Typhoons, livrés par BAE.. Le , BAE obtint le contrat de mise à niveau de 80 Tornado IDS des forces aériennes saoudiennes. L'un des objectifs principaux de BAE, en 2005, est de permettre d'accroître le transfert de technologie entre le Royaume-Uni et les États-Unis. Le programme F-35 (JSF) devint l'emblème de cette politique, avec l'aide de membres du gouvernement britannique Lord Drayson, ministre de la défense, en indiquant que le Royaume-Uni pourrait être exclu du projet sans transfert de technologie. Cependant, le , Lord Drayson signa un décret permettant « une chaîne de commande britannique intégrée » pour la réalisation de cet appareil. Le , BAE signa un contrat avec la Royal Air Force (RAF) pour la mise à niveau de ses Tornados.