Ras l'front (en abrégé : RLF) est un réseau associatif français antifasciste créé en 1990 à la suite de « l'appel des 250 » (personnalités) dans le but de lutter contre le Front national et ses idées.

Objet du réseau Cette organisation avait pour vocation de créer et de stimuler un « mouvement de résistance et de vigilance » contre le fascisme. Elle s'adresse aux citoyens, aux associations, aux syndicats et aux partis politiques pour combattre le Front national, ses alliés et les partis considérés comme défendant les mêmes idées. Ce réseau se veut indépendant, politiquement . Il est composé de collectifs autonomes, et agit ainsi de façon locale..

Ras l'Front utilise plusieurs moyens d'action : Les actions « fortes » et médiatiques contre le Front national ou ce qu'il perçoit comme ses idées. L'une des plus connues a consisté à dérouler une banderole depuis le toit de l'Opéra le , alors que Jean-Marie Le Pen prononçait son discours devant ses militantsComment Ras l'Front a banderolé Le Pen - Libération, 3 mai 1995. La communication vers le public par la distribution de tracts, la vente d'un bimensuel publié par l'association (à la criée et sur abonnement), le collage d'affiches et l'animation des différents collectifs. La directrice de publication a été pendant plusieurs années la journaliste Anne Tristan, militante de la Ligue communiste révolutionnaire (trotskiste) comme un certain nombre d'animateurs de l'association.

L'association publie également des ouvrages pour dénoncer les idées et les actions du Front national, ainsi que pour participer à la réflexion sur les idéologies qu'il considère comme fascisantes.

Histoire vignette|273x273px|Logo R'lf, vers 1995 Ras l'front (RLF) est créé en 1990 à la suite de « l'appel des 250 »L'appel des 250 dans le but de lutter contre le Front national et ses idées et paru notamment dans l'hebdomadaire Politis du . Il s'inspire de précédentes organisations antifascistes ayant émergé dans divers pays européens depuis les années 1930 et adopte comme logo le triangle rouge pointe en bas, repris comme symbole antifasciste après le marquage des prisonniers politiques dans les camps nazis.

À sa création RLF apparaît également comme une organisation plus intellectuelle, plus politisée que SOS Racisme, proche du parti socialiste, mais plus pacifique que les SCALP issus de la mouvance autonome et partisans de l'action physique directe. Le réseau revendique également une organisation décentralisée composée de comités locaux autonomes. En juillet 1991, le « Manifeste contre le FN » lancé par le socialiste Jean-Christophe Cambadélis tente de reprendre pied dans la lutte anti-FN, sans atteindre le degré de mobilisation de RLF.

Le , Ras l’Front déploie deux banderoles géantes lors du meeting de Jean-Marie Le Pen, place de l’Opéra à Paris, portant les slogans « Non au racisme » et « Non au fascisme », ce qui provoque la colère des militants présents.

Le , un stand du Salon du Livre tenu par National-Hebdo, journal apparenté au Front national, et abritant également l'éditeur révisionniste Pierre Guillaume est mis à sac par des personnes se réclamant de l'association. L'incident se déroule après une manifestation de Ras l'front devant le salon, dénonçant les censures dans les bibliothèques municipales des villes gérées par le FN, notamment Orange, Marignane et Toulon. Le 29 mars suivant, le mouvement connaît un temps fort de mobilisation, avec la contre-manifestation nationale organisée à Strasbourg où se tient le Xe congrès du Front national, qui démontre la puissance mobilisatrice de RLF, en tête des autres organisations anti-FN. vignette|300x300px|Stand de Rl'f Voiron en 2025 Depuis la fin des années 1990, l'association semble avoir perdu la plupart de ses militantsRas l'front: les hérauts sont fatigués, Anne Orenstein, Libération, 28 décembre 2000 notamment avec la scission entre le FN et le MNR de Bruno Mégret, qui a conduit à l'éparpillement des voix d'extrême-droite aux élections européennes de 1999. La tendance s'est encore accentuée malgré l'élection présidentielle de 2002 qui a vu Jean-Marie le Pen parvenir au second tour. Certains collectifs locaux se sont maintenus, par exemple à Rouen, mais avec une perte de la coordination globale.

En 2006, « Ras l'Front » rencontre toutefois un écho particulier dans l'extrême gauche, et particulièrement à la Ligue communiste révolutionnaire, d'où viendraient un certain nombre de ses militants. Le réseau est parfois classé à l'extrême gaucheVoir le Dictionnaire de l'extrême gauche.

En 2008, le réseau Ras l'front est en partie dissousHistoire de réseaux (1) Ras l’front?: « Si nous devons être battus, c’est que nous n’aurons pas eu le courage de nous battre ? » Nouveau Parti anticapitaliste 27/11/2010. "C’est ce trop-plein qui explique l’épuisement du réseau jusqu’à sa dissolution en 2008.".

En 2012, Ras l’front ou l’expérience d’un réseau efficace Que faire ? avril/mai 2012.

Actions en justice En , Jean-Marie Le Pen est condamné à verser un franc symbolique à l'association pour l'avoir qualifiée de « mouvement de tueurs de flics ».

En mai 2007, Ras l'front est condamné pour diffamation publique après avoir appelé en 2005 à manifester contre une conférence donnée par la Fondation Jérôme-Lejeune« Jeunesses communistes révolutionnaires - Ras l’front, attaqué en justice par la Fondation Lejeune, est lourdement condamné ! ».

Publications de Ras l'front

Journal Ras l'front vignette|250x250px|Logotype du journal : Contre le fascisme, Ras l'front La principale publication de Ras l'front a été son journal de même titre, publié à un rythme variable, généralement mensuel. Il était diffusé par abonnement, et par le réseau militant lors des réunions des collectifs locaux et lors des manifestations, avec un tirage national moyen de 20 000 exemplaires, hors numéros exceptionnels gratuits. Le journal était imprimé en bichromie, noir et rose, en format compact et surtitré "Contre le fascisme".

La plupart des éditoriaux étaient signés par des personnalités extérieures au collectif, dont Gilles Perrault, Alain Bihr, Anne Tristan, Lucie Aubrac, Jacques Gaillot, Maurice Rajfus, Joëlle Kauffmann, Kofi Yamgnane, Jacques Testard, Madjiguène Cissé, Dan Franck, Léon Schwarzenberg, Lofofora, Roger Meï, Maurice Kriegel-Valrimont, Jean-Claude Izzo, Thierry Jonquet, René Monzat, Jean-Yves Camus, Jean-Bernard Pouy, Emmanuel Terray, Raymond Aubrac, Pierre Fugain. Le journal était régulièrement illustré par le dessinateur Tignous.

Livres Le collectif a également signé deux livres. La Résistible ascension du F. Haine, Éditions Syllepse, avril 1996, 255 pages Petit manuel de combat contre le Front National, Flammarion, février 2004, 304 pages, rédigé principalement par René Monzat et Anne Tristan

Signataires de l'« appel des 250 » Parmi les signataires de l'« appel des 250 » figurent<ref>Emmanuel Ratier, Ras l'Front, Facta, 1998</ref> : nom profession Roland Agret écrivain Josianne Alarcon secrétaire Jean-Pierre Alaux journaliste Yannick Alvarez avocat Michel Amirda avocat Henry Amzalla psychiatre Christiane André militante associative Pierre Arditi comédien Ana Maria Assunçao avocate Jean-Louis Aubert artiste Raymond Aubrac ancien résistant Lucie Aubrac ancienne résistante Étienne Balibar philosophe Françoise Balibar universitaire Richard Baquié artiste Michel Barak universitaire Marie-Christine Barrault comédienne Christian Barrère universitaire Maurice Barth prêtre Raymond Barthe écrivain Claude Barthélemy musicien Alain Bashung artiste Jean-Claude Bastos metteur en scène Mama Bea artiste Alain Bellet écrivain Souad Benami militant associatif Jean Benetiere journaliste Jean Benguigui comédien Jean-Luc Bennahmias journaliste Christian Bensimon médecin Denis Berger universitaire Catherine Berra journaliste Jean-Paul Besset journaliste Olivier Bétourné journaliste Jacques Bidet universitaire Blachon dessinateur Paul Blanquart prêtre Étienne Bloch magistrat Docteur Blum ancien résistant Marcel Bluwal réalisateur Jacques de Bonis journaliste Lucien Bonnafé médecin Bettisz Boob groupe musical Isabelle Borde avocate Paul Bouaziz avocat Pierre Bouaziz avocat Simone Bouaziz avocate François Bouillon peintre Claude Bourdet ancien résistant Pierre Bourdieu universitaire Pierre Bouteiller journaliste Pauline Boutron militante associative Carlos Bravo militant associatif Émile Breton journaliste Marie-France Brive universitaire Pierre Broue historien Paule Bruneau militante associative Patrick Bruel artiste Suzanne de Brunhoff universitaire Michel Butel journaliste Cabu dessinateur Jean-François Canape musicien de jazz Claude Carasso universitaire Jean Cardonnel dominicain Michel Cardoze journaliste Philippe Carles journaliste Laurent Carniol journaliste Maria Casares artiste Sylvie Caster journaliste Roland Castro architecte André Cellier comédien Gérard Chaouat chercheur Jacques Charby comédien François Chaumette comédien Jean-Louis Chautemps musicien Henri Chrétien ancien résistant François Cheval conservateur du musée Jean Chesneaux universitaire Denis Clair journaliste Claude Clavel peintre Jérôme Clément directeur de chaîne TV Gérard Cléry journaliste Marc Cohen journaliste Alice Colanis militante associative Claude Confortès réalisateur Robin Cook écrivain Fanny Cottençon comédienne Annick Coupé syndicaliste Marc Coutty journaliste Monique Crinon militante associative René Cruse pasteur Gabriel Cullioli écrivain Philippe Cyroulnik critique Didier Daeninckx écrivain Christine Daure-Serfaty écrivaine Yvan Dautin artiste Jean-Paul Dekiss réalisateur Víctor de la Fuente journaliste Hélène Delavault artiste Jean-Louis Delbes artiste Christian Delorme journaliste Hervé Delouche journaliste Gérard Delteil écrivain Jean-Claude Demari critique René Denizot critique Jean Deroche architecte Maria Deroche architecte Jérôme Deschamps comédien Henri-Sacha Dillot ancien résistant Ana de Staal journaliste Gilles de Staal graphiste Jean-Paul Dollé écrivain Maurice Dugowson réalisateur Alain Dugrand réalisateur Anny Duperey comédienne Daniel Edinger réalisateur Jean Elleinstein historien Claire Etcherelli écrivaine Christian Etelin avocat Marie-Christine Etelin avocate Rémi Fauvernier psychologue Gaston Ferdière médecin Jean Ferrat artiste Max de Fleurmont publicitaire Jean-Yves Follezou cancérologue Jeanne Folly journaliste Rémi Fontaine journaliste Patrice Fontanarosa soliste Jeanne Fouet universitaire Jean-Louis Foulquier journaliste Laurence Fortin avocate Sami Frey comédien Bernard Frize artiste Jacques Gaillot évêque Pierre Garcette plasticien Nicole Garcia comédienne Sylvain Garel critique Gérard Gatinot journaliste Claude Gault journaliste Gébé dessinateur Alain Gerber écrivain Gertman dessinateur François Gèze éditeur Bernard Giraudeau comédien André Gisselbrecht universitaire Marc Giuliani journaliste Maurice Godelier universitaire Romain Goupil réalisateur Jean-Loup Graton journaliste André Grimaldi médecin Félix Guattari psychanalyste Catherine Guigon journaliste Gisèle Halimi avocate Noudia Hamdache-Galvez avocate Cherifa Hamdoune secrétaire Mohammed Harbi écrivain Jacques Hassoun médecin Martine Hassoun journaliste Nina Heissler ancienne déportée Simone Iff militante associative Indochine groupe musical Francis Jacob avocat Albert Jacquard généticien Raymond Jean écrivain Francis Jeanson philosophe Christiane Jeanson philosophe Daniel Gentot journaliste Frank Johannes journaliste Marc Jolivet comédien Marcel-Francis Kahn professeur de médecine Liliane Kandel sociologue Daniel Karlin réalisateur Antoinette Karlinsky journaliste Basile Karlinsky journaliste K.S. Karol journaliste Stéphanie Katz journaliste Kent (groupe musical) groupe musical Nacer Kettane écrivain Ladislas Kijno peintre Jean-Claude Klein musicologue Guy Konopnicki