L'Édition rémo-cambraisienne est un graduel en grégorien, sorti en 1851 par la Commission ecclésiastique de Reims et de Cambrai et publié chez Librairie Jacques Lecoffre. Il s'agit du premier livre de chant en grégorien, restauré au en France.
La commission fit sortir également un antiphonaire.
Histoire Découvert du manuscrit de Montpellier
Dès la Renaissance, le chant grégorien subissait une modification considérable et devint plain-chant. En dépit de cette période désastreuse, quelques musicologues commencèrent au début du à restaurer le chant grégorien authentique. Toutefois, les neumes anciens sans ligne demeuraient indéchiffrables..
Après avoir effectué un voyage en Italie afin de chercher des manuscrits, Félix Danjou visita en retour, le , la bibliothèque de la faculté de médecine de Montpellier dans laquelle fut découverte une véritable pierre de Rosette musicale. Il s'agissait d'un livre de chant en grégorien, composé de doubles notations, neumatiques et alphabétiquesp. 24 - 25.
Ce précieux manuscrit, Tonaire de Saint-Bénigne de Dijon, conservait la totalité des chants propres de la messe, groupés par genres et dans l'ordre des tons ecclésiastiques. Celui-ci, composé de notation française, est attribué au .
Commission À la suite de cette découverte, une commission fut nommée en 1849Ou en 1848 https://books.google.fr/books?id=J4LrsYpCPQUC&pg=PA203 par les archevêques de Reims Thomas Gousset, futur cardinal, ainsi que de Cambrai cardinal Pierre Giraud, afin d'éditer un graduel et un antiphonaire en grégorienhttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62338236/f111.image p. 96.
Alors que les membres de la commission restent inconnus, sa direction fut confiée à l'abbé Jean Tesson.Celui-ci assista en 1860 au Congrès pour la restauration du plain-chant et de la musique de l'Église, exactement en faveur de ce sujet : https://books.google.fr/books?id=j6ZBAAAAcAAJ&pg=PA158, spécialiste du chant liturgique ancien. En raison des variantes, il aurait consulté d'autres manuscrits dans les archives de Reims, de Cambrai, de Paris, en Suisse, au Portugalhttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62338236/f112.image p. 97.
Publications La première publication remonte en 1851. La commission avait choisi Jacques Lecoffre, en tant que maison d'édition. À peine la publication effectua-t-elle, Edmond Duval, musicologue belge, sortit ses études dans la même année : Études sur le « Graduale Romanum », publié à Paris, chez M. Lecoffre, en 1851..
D'ailleurs, parfois apparaît un antiphonaire publié chez Lecoffre en 1854 dans le marché du livre ancien et d'occasion. Il est sans aucun doute que l'antiphonaire rémo-cambraisienne aussi fut sorti en 1854 ou avant. Cependant, encore ignore-t-on son détail :
Ce chant était exécuté non seulement auprès de la paroisse de Reims mais également dans celles de Sens et de Soissons..
Cette édition était encore en usage, en 1890, auprès du Séminaire français de Rome. En effet, Dom André Mocquereau de Solesmes écrivit que, lors de la célébration du deuxième dimanche de Carême, le chœur du séminaire répondait selon cette version à une petite schola grégorienne provisoire chantant la version de Solesmes, formée par ce moine pour une session grégorienne..
Caractéristique D'une part, la source principale, manuscrit de Montpellier, n'était pas capable d'assurer la qualité de rédaction. Car, cette double notation fut conçue comme document pédagogique..
D'autre part, à cette époque-là, ni la commission ni le Vatican ne connaissait le chant grégorien authentique avant la modification considérable à la suite de la Renaissance. Tout comme l'Édition médicéenne, l'éditeur effectua parfois la modification de la valeur rythmique de la mélodie selon la quantité syllabique ou abrégea quelques mélisme, sans respecter les manuscrits originauxhttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62338236/f113.image p. 98. En 1857, afin de défendre cette édition, l'abbé Jules Bonhomme soulignait dans son œuvre « une remarquable similitudé (sic) » avec des manuscrits de Rome, de Paris, d'Arras, de Marseille, d'Autun, de Metzhttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62338236/f114.image p. 99.
Valeur historique Le , le pape Pie IX adressa ses deux brefs, l'une à l'évêque d'Arras Pierre-Louis Parisis ainsi que l'autre à Jacques Lecoffre.
Congrès d'Arezzo En 1882, le Congrès européen d'Arezzo pour l'étude et l'amélioration du chant liturgique fut tenu dans cette ville italienne. Le , Dom Joseph Pothier de Solesmes y présenta l'édition rémo-cambraisienne en tant qu'édition ayant contribué plus que toute autre version selon les méthodes de plain-chant. Également, il remarqua sa caractéristique en expliquant que dans cette édition, la note carée et a note caudée servent à marquer la différence de rythme, et que les suites de notes y sont plus longues dans les groupes neumatiqueshttp://bibnum.enc.sorbonne.fr/omeka/tires-a-part/08940484X p. 18 et 15.
Liste de publication Graduel 1851 : chez Jaques Lecoffre. 1857 : édition révisée. 1858 : Graduel romain comprenant les messes et les petites heures des dimanches et de toutes les fêtes de l'année ainsi que l'office de la nuit de Noël et les principales processions — Chant restauré par la Commission de Reims et de Cambrai d'après les anciens manuscrits, Librairie Jacques Lecoffre, Lecoffre fils et Cie, successeurs, Paris - Lyon (édition avec les brefs du pape Pie IX, chez Victor Lecoffre, son fils)Éditions_Gabalda Antiphonaire vraisemblablement 1854Selon un document en ligne, en 1851 : http://www.domgueranger.net/abbe-maurice-blanc-lenseignement-musical-de-solesmes-et-la-priere-chretienne-conclusion-et-appendices. Cependant, encore manque-t-il de justificatif définitif.
Voir aussi Chant grégorien Pierre-Louis Parisis Edmond Duval
Liens externes Texte et notation originaux Commission de Reims et de Cambrai, Graduel romain comprenant les messes et les petites heures des dimanches et de toutes les fêtes de l'année ainsi que l'office de la nuit de Noël, Librairie Jacques Lecoffre, Paris et Lyon 1858
Commentaire Jules Bonhomme, Principes d'une véritable restauration du chant grégorien et examen de quelques éditions modernes de plain-chant, Jacques Lecoffre et , Paris 1857, p. 95 - 132 : Du chant restauré par la Commission de Reims et Cambrai. — Réponse à quelques objections Félix Clément, Des diverses réformes du chant grégorien, Librairie d'Adrien Le Clere, Paris 1860, p. 24 - 30 : Édition Rémo-Cambraisienne Manuscrit de Montpellier Manuscrit H 159, Bibliothèque universitaire de Montpellier : fac-similés 011v, 013v, 014r, 016r, 017r, 023r, 025v, 026r, 037v, 053r, 057v, 073v, 074r, 075r, 075v, 086r, 105r, 106r, 111v, 112r, 112v, 122v, 127v, 136r, 147v, 151v, 156r, 161r, 162v, 163r et 163v Antiphonaire de Montpellier découvert par M. F. Danjou le et transcrit par Théodore Nisard en 1851, Sous les auspices de M. le Ministre de l'instruction publique, Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Latin 8881
Références bibliographiques Eugène Cardine, Vue d'ensemble sur le chant grégorien, Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 2002 31 p.
Jacques Hourlier, La notation musicale des chants liturgiques latins, Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 72 p.
Pierre Combe, Histoire de la restauration du chant grégorien d'après des documents inédits, Solesmes et l'Édition Vaticane, Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 1969, 488 p.
Notes et références
Catégorie:Graduel Catégorie:Musicologie Catégorie:Livre paru en 1851