William Adams ( – ), aussi connu au Japon sous les noms de et , est un navigateur anglais qui a vécu au Japon où il est devenu samouraï. que c'est le premier Anglais qui soit jamais allé au Japon.

Vie Jeunesse William Adams naît le à Gillingham, dans le Kent, en Angleterre. Après la mort de son père alors qu'il n'a que 12 ans, il devient apprenti de maître Nicholas Diggins, propriétaire des chantiers navals de Limehouse. Il passe les douze années suivantes à apprendre la construction navale, l'astronomie et la navigation après être entré dans la marine anglaise.

Après avoir servi dans la Royal Navy sous les ordres de Sir Francis Drake, Adams devient pilote pour la compagnie Barbary Merchants. Durant son service, il prend part à une expédition de deux ans dans l'Arctique à la recherche d'un passage du Nord-Est le long de la côte de Sibérie vers l'Extrême-Orient.

Il épouse Mary Hyn en 1588 à l'église de Saint-Dunstan dans la paroisse de Stepney, près de la Tour de Londres. Elle lui donnera une fille, Deliverance.

Expédition en Extrême-Orient Départ thumb|350px|Blijde Boodschap, Trouw, Geloof, Liefde et Hoop. Gravure du . Attiré par le commerce des Pays-Bas avec l'Inde, Adams rejoint à 34 ans la Rotterdamse Compagnie (une voorcompagnie antérieure à la création de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales) et devient maître-pilote d'une flotte de cinq navires envoyés depuis le Texel vers l'Extrême-Orient en 1598.

Adams part de Rotterdam en juin 1598 sur le Hoop et rejoint le reste de la flotte (les navires Liefde, Geloof, Trouw et Blijde Boodschap) le .

Les commanditaires de l'expédition, en lui faisant suivre la voie de l'ouest, celle passant par le détroit de Magellan et l'Océan Pacifique, ont donné corps aux rumeurs prétendant que le véritable but de l'expédition était le pillage des richesses des Espagnols en Amérique.

Le commandant en second de la flotte, Simon de Cordes, avait attiré les marins en leur promettant qu'ils seraient « pourvus de toutes les provisions nécessaires. » Il ne tient parole qu'au début du voyage, si bien que moins de deux mois après le départ, les côtes de l'Afrique en vue, et malgré une politique de restriction appliquée au bout de quelques semaines, les provisions restant dans la cale sont devenues très insuffisantes.

Adams, passé entretemps sur le Liefde (nommé à l'origine Erasmus à cause de sa figure de proue représentant Erasmus de Formiae), veut s'arrêter quelque part au long des côtes africaines afin de se procurer l'eau, les fruits et le sel nécessaires au reste du voyage, mais les forts tenus par les Portugais rendent l'opération très dangereuse.

La côte africaine Les navires, des bateaux allant de 150 à 500 tonneaux et chargés d'hommes, sont conduits d'abord au Cap-Vert, tenu par les Portugais, qui refusent de leur fournir de l'eau et des vivres tant que le gouverneur, absent à ce moment, ne leur en donne pas l'ordre.

Van Beuningen, le capitaine du Liefde, furieux, décide de prendre d'assaut l'île de Praia. Avec l'assentiment de ses collègues, il fait débarquer 150 soldats pour s'emparer du fort. Celui-ci, situé sur un piton rocheux, est très difficile d'accès, et quelques hommes pourraient le défendre contre un millier. Pourtant, les Portugais s'enfuient après seulement une dizaine de tirs de mousquets de la part des Hollandais. Ceux-ci, après être entrés triomphalement dans le château, se retrouvent barricadés au sommet du piton rocheux, mais toujours sans vivres, et doivent démonter leurs barricades et leur canon et rentrer dépités au navire. Le gouverneur portugais, mis au courant de l'assaut, ordonne aux Hollandais de quitter le Cap-Vert sur-le-champ.

Le , Jacques Mahu, le commandant de la flotte, décède à cause de la fièvre, ce qui porte un terrible coup aux capitaines comme aux marins. Le vice-commandant Simon de Cordes lui succède, et Gerrit van Beuningen est nommé vice-commandant à la place de celui-ci.

Sur la côte de Guinée, les aventuriers, obligés de se ravitailler d'une façon ou d'une autre, décident de faire halte sur l'île d'Annobón. Ils choisissent pour l'atteindre de prendre la voie la plus longue, longeant la côte africaine jusqu'au cap Lopez, dans l'espoir de pouvoir se ravitailler en eau douce quelque part sur la côte. Malheureusement, le mauvais temps empêche de mettre pied à terre avant le cap Lopez. À cet endroit, ils débarquent, et le capitaine du Geloof, Sebald de Veert, est envoyé prendre contact avec le chef de la tribu locale, qui a pour réputation d'être accueillante. Les négociations n'aboutiront pas - la région ne possédait pas les quantités de vivres nécessaires au ravitaillement des cinq navires, et de plus le climat insalubre tue 16 marins. La flotte repart pour Annobón, qui grouille de soldats portugais, et où les quelques raids nocturnes effectués ne permettent pas de ramener la quantité de nourriture nécessaire.

Le , la flotte repart, mais un fort coup de vent casse en trois le grand mât du Geloof, qui est pris en remorque par le Liefde le temps qu'un nouveau mât soit fabriqué par les charpentiers. Malheureusement, à ce moment la flotte arrive dans le pot au noir, cette zone où il n'y a pas un souffle de vent, et doit encore restreindre les rations.

Vers la fin mars 1599, les navires arrivent en vue de la côte de ce qui est aujourd'hui l'Argentine.

La Patagonie et le détroit de Magellan Poussés par un fort vent du nord, les navires continuent vers le sud sans toucher terre, les capitaines voulant en effet se mettre au plus tôt à l'abri du détroit de Magellan. Si la traversée de celui-ci, constellé de hauts-fonds et de récifs est un vrai défi pour des navigateurs de l'époque élisabéthaine, le détroit fournit à la flotte un havre les abritant temporairement des neiges hivernales.

Adams, à qui incombe en tant que pilote la tâche de guider les navires au travers du détroit, veut franchir immédiatement celui-ci, avant que le froid ne le bloque en solidifiant les eaux. Cependant, les vivres manquent toujours et la présence de colonies de manchots constitue une tentation irrésistible pour les marins affamés, qui en assomment plus de 1400 en l'espace de quelques minutes seulement. Le temps est très mauvais, et la flotte est prise dans le brouillard, et plusieurs bateaux perdent des ancres. La flotte progressait lentement et les vivres manquent à nouveau, ainsi que le bois de chauffage.

En mai, les marins font leur première rencontre avec les habitants de Patagonie, notant avec ahurissement qu'ils mesurent « dix ou douze pieds de haut ». Au cours des semaines suivantes ont lieu plusieurs affrontements entre les explorateurs bloqués par le froid et les autochtones. Les navires peuvent enfin reprendre leur route au début de septembre et atteignent l'océan Pacifique quelques jours plus tard. À peine arrivés sur l'océan, une grande tempête disperse la flotte. Adams mène le Liefde aux abords de l'île de Santa Maria, au large du Chili, où il rejoint le navire amiral (le Hoop) qui les y attendait.

Les autres navires ne les rejoindront jamais. En effet, le Blijde Boodschap a le beaupré et le mât de misaine brisés par la tempête et dérive pendant des semaines, tombant finalement aux mains des Espagnols, qui jettent les membres survivants de l'équipage en prison pour avoir navigué dans des eaux appartenant à l'Espagne. De la même manière, les hommes du Trouw, qui part vers l'ouest, arrivent finalement à Tidore, en Indonésie, où l'équipage sera massacré ou jeté aux fers par les Portugais en janvier 1601. Seuls quelques membres de ces deux équipages parviendront à rentrer chez eux après plusieurs années de captivité.

Le Geloof choisit quant à lui de rebrousser chemin à travers le détroit et arrive à Rotterdam en juillet 1600, avec 36 survivants seulement.

Avant que le Liefde et le Hoop se rejoignent, leurs capitaines meurent tous deux, tués dans des embuscades des Amérindiens alors qu'ils tentaient de négocier avec ceux-ci pour obtenir des vivres. De nombreux marins perdent également la vie dans ces affrontements, dont le propre frère de William, Thomas Adams (voir l'article Liefde pour des détails à ce sujet). Le réapprovisionnement ne sera effectué qu'une fois que les deux navires se soient retrouvés, les aventuriers ayant pris en otage les officiels espagnols venus visiter le Liefde et ne les ayant relâchés qu'après avoir reçu une grande quantité de vivres.

Craignant les Espagnols, l'équipage survivant choisit de traverser l'Océan Pacifique. Les navires repartent en direction du Japon en novembre 1599, mais le Hoop ne l'atteindra jamais. Il disparaît en effet corps et biens dans un typhon survenant peu après avoir dépassé un groupe d'îles, où huit hommes désertent en volant une chaloupe. Ce groupe d'îles est probablement Hawaii. En effet, lorsque le missionnaire anglais William Ellis visite cette île en 1822, les indigènes lui disent qu'un groupe de marins s'y est installé et ont épousé des Hawaiiennes bien avant l'arrivée de James Cook en 1778.

Lorsque le le navire arrive enfin en vue de l'île de Kyūshū, au Japon, aucun des 24 marins survivants n'est capable de mettre une chaloupe à l'eau.

Arrivée au Japon right|thumb|250px|William Adams Rencontre Ieyasu Tokugawa, dans une description idéalisée datée de 1707.

Quand le Liefde accoste le au large de Bungo (aujourd'hui Usuki, dans la préfecture d'Ōita), seuls neuf des vingt-quatre membres restants de l'équipage sont en état de se lever. Les prêtres jésuites portugais présents au Japon prétendent alors que le navire d'Adams est un vaisseau pirate, et que l'équipage doit à ce titre être crucifié. Le navire est saisi, et l'équipage malade est emprisonné au château d'Osaka sur ordre de Ieyasu Tokugawa, daimyō de Mikawa qui deviendra shogun en 1603.

Adams rencontre Ieyasu à Osaka trois fois entre mai et juin 1600. Il est interrogé par Ieyasu, devenu protecteur du jeune fils du taikō Hideyoshi Toyotomi, qui vient alors de mourir. La connaissance d'Adams en navires et construction navale, et sa notion nautique des mathématiques plaisent à Ieyasu.

Adams expliquera plus tard qu'Ieyasu refusera finalement la requête de punition des Jésuites sur la base que :

Les premiers navires japonais de style occidental En 1604, Ieyasu ordonne à Adams et à ses compagnons de construire un navire de style occidental à Itō, sur la côte est de la péninsule d'Izu. Après qu'un premier vaisseau de 80 tonneaux a été construit, le Shogun ordonne la construction pour l'année d'après d'un plus gros, de 120 tonneaux (l'un comme l'autre étaient nettement plus petits que le Liefde, qui faisait 150 tonneaux). Selon Adams, Ieyasu « est à bord pour le voir, et sa vue lui a donné grand contentement. » Le navire, le San Buena Ventura, sera prêté à des marins espagnols naufragés pour leur retour en Nouvelle-Espagne en 1610.

À la suite de la construction, Ieyasu invite Adams à visiter le palais quand il le voudra, et « que toujours je devais venir en sa présence » (lettres).

D'autres survivants du Liefde furent aussi récompensés avec des faveurs et même autorisés à poursuivre le commerce étranger. Bien qu'Adams ne puisse pas recevoir la permission pour lui-même de quitter le Japon, il obtient que le capitaine du Liefde, Jacob Quaeckernaeck, et le trésorier Melchior van Santvoort puissent repartir en 1604 sur un Shuinsen (navire portant le sceau du shogun) pour se rendre à Pattani en Asie du Sud-Est. Plus tard, van Santvoort et Jan Joosten van Lodensteijn, un autre membre de l'équipage du Liefde, feront fortune dans le commerce entre le Japon et l'Asie du Sud-Est. Tous deux sont signalés par les commerçants hollandais d'Ayutthaya, à bord de jonques richement chargées, au début de 1613. William Adams est également signalé comme ayant affrété des Shuinsen durant ses voyages ultérieurs en Asie du Sud-Est.

Le premier samouraï européen