vignette|redresse=1.1|Jack the Ripper; Or, The Whitechapel Fiend in America, un (« roman à deux sous ») publié en 1889.
Le tueur en série Jack l'Éventreur, qui terrorise le district londonien de Whitechapel en 1888, a inspiré une multitude d'œuvres de fiction. Il est en effet mentionné dans des romans, des nouvelles, des bandes dessinées, des jeux vidéo, des chansons, des pièces de théâtre, des opéras, des séries télévisées, des films et des jeux de société. Les descriptions les mieux connues se trouvent dans le roman (1913) de Marie Belloc Lowndes, repris et adapté au théâtre et au cinéma, et dans l'ouvrage (1976) de Stephen Knight. Celui-ci décrit une hypothétique conspiration impliquant des membres de la franc-maçonnerie, la royauté britannique et la profession médicale. Cette thèse sera reprise dans plusieurs œuvres dramatiques.
Les ouvrages de la fin de l'époque victorienne, dont les premières enquêtes de Sherlock Holmes et L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde, ont largement inspiré les auteurs subséquents, lesquels ont mêlé plusieurs genres où apparaît le tueur en série. Les ouvrages de science-fiction et d'horreur ont aussi recours à ce personnage parce qu'il est internationalement reconnu comme l'incarnation du Mal. Jack l'Éventreur est régulièrement mentionné dans les chansons heavy metal et rock qui parlent de mort et de sexe.
Littérature vignette|gauche|alt=Texte écrit sur une page.|Page titre du roman paru en 1888. À la fin des années 1880, des œuvres de fiction s'inspirant des meurtres de Whitechapel paraissent à la suite de la diffusion de détails sordides sur les assassinats. Par exemple, John Francis Brewer publie en la nouvelle gothique (« La Malédiction sur Mitre Square »)., dont l'intrigue centrale tourne autour du meurtre de Catherine Eddowes, l'une des victimes de Jack l'Éventreur.. Également, Margaret Harkness, qui signe sous le pseudonyme « John Law » (« Jean Loi »), publie en 1889. Elle dépeint Jack l'Éventreur comme un boucher qui se cache parmi les juifs de l'East End londonien. Les récits mentionnant le tueur en série trouvent un lectorat international.. Par exemple, Adolf Paul publie en 1892 (« L'Éventreur »), une anthologie de nouvelles en suédois d'un , interdites de diffusion par les autorités russes..
vignette|alt=Illustration d'un homme tenant un couteau, maîtrisé par un homme déguisé en femme.|Couverture illustrée d'un fascicule populaire consacré à un pastiche des aventures de Sherlock Holmes (Éditions Eichler, 1907). Le personnage de Sherlock Holmes apparaît régulièrement aux côtés de Jack l'Éventreur dans les ouvrages de fiction. Par exemple, l' (Jack l'Éventreur), écrit en espagnol, paraît peu de temps après les meurtres. Les deux personnages sont présents dans (1978) de Michael Dibdin, (1966) d'Ellery Queen, (1974) de John T. Sladek et (1998) de Barrie Roberts.
Le McClure's Magazine publie la nouvelle de Marie Belloc Lowndes en 1911 ; elle sera adaptée pour un roman du même titre publié en 1913. Elle raconte l'histoire de M. et Bunting, un couple londonien qui soupçonne leur pensionnaire M. Sleuth (« M. Limier ») d'être le mystérieux tueur surnommé (« Le Vengeur »), personnage largement inspiré de Jack l'Éventreur.. Le récit décrit la terreur psychologique qu'il induit chez le couple, même si les Bunting n'ont pas été témoins des hypothétiques crimes de M. Sleuth. Cinq films s'inspireront de ce roman.
En 1926, l'Australien Leonard Matters, un vétéran de la guerre des Boers qui a travaillé à Buenos Aires avant de s'établir au Royaume-Uni, suggère dans un article de magazine que Jack l'Éventreur est un éminent médecin dont le fils est mort de la syphilis, maladie transmise par une prostituée. Selon Matters, le « » a commis les meurtres par vengeance puis s'est enfui en Argentine. Il reprend et prolonge ses idées dans un ouvrage, , publié en 1929. Le livre est présenté comme le fruit d'une recherche approfondie, mais il contient des erreurs factuelles et les sources prétendument utilisées n'existent pas. Néanmoins, il inspire des œuvres de fiction, tels que la pièce de théâtre et le film (1959). Jonathan Goodman publie en 1984 Who He? (« Qui [est-] il ? ») comme une étude sur le tueur, mais le suspect « Peter J Harpick », anagramme de « Jack the Ripper », n'a jamais existé.
vignette|gauche|Votre dévoué Jack l'éventreur (), nouvelle de Robert Bloch parue dans le pulp Weird Tales, (illustration de Boris Dolgov). Dans la nouvelle de Robert Bloch, parue dans le magazine Weird Tales en 1943, Jack l'Éventreur sacrifie des êtres humains pour assurer son immortalité. Le récit a été adapté pour la radio sous le titre Stay Tuned for Terror (« Soyez à l'écoute pour la terreur ») et pour la télévision (dans un épisode de Thriller diffusé en 1961 selon un scénario de Barré Lyndon).. L'anthologie de science-fiction Dangereuses Visions (publiée en anglais en 1967) comprend Un jouet pour Juliette, une nouvelle de Robert Bloch où apparaît Jack l'Éventreur, ainsi qu'une suite par Harlan Ellison, Le Rôdeur dans la ville au bord du monde, écrite avec la permission de Bloch. Ce dernier a aussi publié en 1954 (« La Volonté de tuer ») et en 1984 (« Nuit de l'Éventreur »).
La nouvelle Jack the Ripper, écrite par Shirley Jackson et publiée de façon posthume en 1996, fait référence à Jack l'Éventreur..
Plusieurs romans s'inspirent de Jack l'Éventreur, dont (1947) d'Edgar Lustgarten, (1949) de Fredric Brown, (1957) de Gardner Fox, Ritual in the Dark (1960) et (1970) de Colin Wilson, (1962) de Ray Russell, (1969) de Philip José Farmer, (1972) d'Anthony Boucher, (1973) de T. E. Huff, The Michaelmas Girls (1975) de John Brooks Barry, (1975) de Ramsey Campbell, (1976) de Patrice Chaplin, (1980) de Richard Gordon, (1981) de Gyula Hernádi, (1987) d'Iain Sinclair, (1991) de Jack Yeovil, (1992) de Kim Newman, A Night in the Lonesome October (1993) de Roger Zelazny, (1993) de Martina Cole, (1993) de Richard Laymon, (1993) de Neil Penswick, (1994) de Peter Ackroyd, (1996) de Anne Perry et (1998) de Mike Tucker et Robert Perry. D'autres romans paraissent dans les années 2000, que ce soit de Lyndsay Faye (2009)., de Michael Generali (2011). ou de Stefan Petrucha (2012)..
Des ouvrages en français ont aussi été publiés. Robert Desnos a écrit Jack l'Éventreur, un récit/enquête paru dans le journal Paris matinal en 1928.. Bob Garcia publie Duel en enfer : Sherlock Holmes contre Jack l'Éventreur en 2008.. Michel Moatti publie Retour à Whitechapel. La véritable histoire de Jack l'Éventreur en 2013.. En 2014, Pierre Dubois transpose le mythe d’Éros et Thanatos dans l'histoire de Jack L’Éventreur, pour le roman érotique God save the crime...
Cinéma vignette|gauche|Affiche du film Les Cheveux d'or réalisé par Alfred Hitchcock et sorti au cinéma en 1927. Le roman (1913) de Marie Belloc Lowndes inspire cinq films : Les Cheveux d'or () d'Alfred Hitchcock (1927)., (1932), (1944), (1953) et (2009). Pour son film, Hitchcock met en vedette Ivor Novello dans un rôle romantique, toutefois la société de production Gainsborough Pictures exige une réécriture du scénario pour rendre le personnage plus sympathique. Contrairement à l'intrigue du roman, le pensionnaire () traque le tueur en série, ce qui explique son comportement étrange.. Novello produit un remake en 1932 mais avec une finale plus dramatique, pendant laquelle il étrangle le tueur, son frère dément. Novello joue les deux rôles sous la direction de Maurice Elvey. Le film sortira dans une version abrégée sous le titre en 1935.. Le remake de 1944 n'entretient pas l'ambivalence du roman et identifie Slade, joué par Laird Cregar, comme le tueur en série Jack l'Éventreur. Au contraire des versions précédentes qui se déroulent à l'époque où le film est tourné, le récit se situe en 1888. La version de 1953, (L'Étrange Mr. Slade en français) avec Jack Palance dans le rôle de Slade, reprend les mêmes thèmes. Dans le film de 2009, Simon Baker joue le rôle de Malcolm Slaight..
vignette|alt=Dessin en noir et blanc.|Portrait d'Eric Porter, qui joue le personnage du John Pritchard dans La Fille de Jack l'Éventreur. Le docteur adopte la fille du tueur en série, elle-même une meurtrière.
L'intrigue de (1950) ressemble à celle du roman ., mais s'inspire plutôt d'une dramatique radiophonique de 1948 conçue par Margery Allingham. C'est l'un des premiers films d'horreur produit par Hammer Film Productions. Valentine Dyall joue le pensionnaire, le Dr. Fell, qui s'est échappé d'un asile où il a été enfermé pendant après avoir commis les meurtres de Whitechapel. La société Hammer sort deux films inspirés de l'histoire du tueur en série en 1971. Dans La Fille de Jack l'Éventreur, jouée par , la vedette voit son père tuer sa mère et devient à son tour meurtrière. Dans Dr Jekyll et Sister Hyde, le Henry Jekyll se transforme en une femme diabolique, Sister Hyde, responsable des meurtres imputés à Jack l'Éventreur. Dans (1973), un meurtrier se déguise en une poupée de cire ressemblant à Jack l'Éventreur.
Jack the Ripper (1958) est un téléfilm de la série mettant en vedette Boris Karloff dans le rôle d'un clairvoyant qui identifie le tueur en série comme un chirurgien respecté dont la mort a été maquillée pour cacher son internement dans un asile. L'intrigue s'inspire d'un article de 1895 qui rapporte que Robert James Lees a utilisé de prétendus pouvoirs de voyance pour traquer Jack l'Éventreur jusqu'à la maison d'un médecin londonien. Jack l'Éventreur (1959), produit par Monty Berman et Robert S. Baker sur un scénario de Jimmy Sangster, s'inspire librement de la thèse de Leonard Matters selon laquelle le tueur en série est un docteur vindicatif. Il reprend des icônes de films d'horreur à succès, que ce soit Dracula (1958) ou Frankenstein s'est échappé (1957), en faisant porter à Jack l'Éventreur une cape et un haut-de-forme. L'intrigue est un whodunit sans originalité qui mène sur de fausses pistes et dont la finale révèle un improbable coupable, Sir David Rogers. Comme dans , ouvrage de Leonard Matters, Rogers assassine des prostituées pour venger la mort de son fils. Cependant, dans le livre, le fils meurt de la syphilis, alors que dans le film, il se suicide en apprenant que son amoureuse est une prostituée. Le film allemand (1964, Le Monstre de la Cité de Londres en français), sorti en anglais sous le titre en 1967, raconte l'histoire d'un fils meurtrier dont le père est atteint de la syphilis.
vignette|gauche|Louise Brooks (Loulou) et Gustav Diessl (Jack l'Éventreur) dans Loulou (1929), film de Georg Wilhelm Pabst.
(Loulou en français) est un film muet allemand sorti en 1929 qui raconte l'histoire de Loulou, jouée par Louise Brooks sous la direction de Georg Wilhelm Pabst selon un scénario inspiré de la pièce de théâtre créée par Frank Wedekind. La vie débridée de la femme l'amène, vers la fin du film, à se rendre à Londres, où elle est poignardée à mort par Jack l'Éventreur, joué par Gustav Diessl. Un film allemand antérieur, de Paul Leni (Le Cabinet des figures de cire en français) sorti en 1924, fait apparaître Jack l'Éventreur dans l'une des histoires. Le personnage est incarné par Werner Krauss, qui a connu un succès dans le rôle-titre du film d'horreur Le Cabinet du docteur Caligari.