La région méditerranéenne est une phytorégion, définie par Armen Takhtajan dans son ouvrage Floristicheskie oblasti Zemli (en français, « Les régions floristiques du monde »), en 1986. Elle englobe les aires littorales du bassin méditerranéen. Elle appartient au royaume holarctique ou boréal et au sous-royaume du Tethyan.
Frontières géographiques La région méditerranéenne s'étend de l'Italie au Maroc (du nord au sud) et du Portugal à la Jordanie (d'ouest en est). Elle couvre l'Europe, le Proche-Orient et l'Afrique du nord et comprend : le Portugal, l'Espagne, la France, l'Italie, la Grèce, le Maroc, l’Égypte, la Libye, la Tunisie, l’Algérie, la Jordanie, les pays des Balkans, le Liban, la Syrie et Israël. Elle couvre une surface de .
Cette région possède des montagnes dont l'altitude peut dépasser , des péninsules et des archipels.
La phytorégion méditerranéenne peut être subdivisée en 9 sous-régions : Le nord du Maroc ; le sud ouest méditerranéen ; le sud méditerranéen ; la péninsule ibérique ; les Baléares ; la Ligurie-tyrrhénienne ; l'Adriatique ; l'est méditerranéen ; la Crimée-Novorossiïsk. La phytorégion méditerranéenne voit ses frontières coïncider avec celles du biomes Fôrets, terres boisées et broussailles méditerranéennes.
La phytorégion méditerranéenne est généralement délimitée par le périmètre au sein duquel la culture de l'olivier est possible.
La zone de l'olivier Le botaniste Charles Flahault, un des pères fondateurs de la phytosociologie et de la phytogéographie, a proposé une délimitation de la région méditerranéenne définie par le périmètre à l’intérieur duquel la culture de l’olivier est réalisable. En effet, de nombreuses espèces animales et végétales suivent une aire de répartition similaire à l’olivier. Nous considérerons donc la zone où l'olivier peut pousser comme limite de la région phytogéographique méditerranéenne.
La culture de l’olivier et la présence d’espèces de « type » méditerranéen dépendent de différents facteurs, notamment : l’influence maritime ; les précipitations ; les vents ; le taux d’ensoleillement
Le climat méditerranéen
Le climat méditerranéen est un type de climat tempéré.
Les saisons y sont bien marquées : Les étés sont chauds et secs Les hivers sont doux et humides Les précipitations en milieu méditerranéen ont une faible fréquence mais une forte intensité due à la chaleur qui provoque de violents orages. Il pleut entre 300 et par an, moins de 100 jours par an. Les températures estivales maximales peuvent se rapprocher facilement des et sont en moyenne supérieures à . L’hiver, les températures sont généralement comprises entre et mais sont en moyenne de . Il peut y avoir des périodes très venteuses dues au Sirocco et au Mistral. Ces conditions climatiques influencent de manière considérable la végétation de la région.
En été, la quantité d’eau qui tombe sous forme de précipitations est inférieure à la consommation totale des êtres vivants et à l’évaporation du sol. Ainsi, les espèces animales et végétales doivent faire preuve d’adaptations face au manque d’eau durant la saison chaude. Les seules réserves disponibles sont alors constituées par l’eau accumulée dans la nappe phréatique durant l’hiver. L’irrigation est ainsi nécessaire pour un meilleur rendement agricole.
Géologie et pédologie Durant l’ère secondaire, la mer a déposé d’épaisses couches de calcaires. Ces couches apparaissent aujourd’hui en surface et recueillent la végétation typique des garrigues. Quand la roche est nue, elle reflète un blanc éclatant qui fait la beauté de certaines régions comme la Provence, la Grèce, la Turquie ou l’Algérie.
Plus tard, la collision des plaques tectoniques africaine et européenne a formé les alpes et est responsable de l’apparence abrupte des côtes méditerranéennes, constituées de montagnes généralement escarpées se jetant dans la mer. On retrouve ce paysage typique sur la Côte d’Azur, en Corse, en Crète, au nord algérien ou encore au sud-est espagnol.
Certaines espèces poussent uniquement sur roche calcaire et dolomitique, d’autres seulement sur terrain siliceux acide (roches cristallines et métamorphiques). Il existe également des zones recouvertes par un dépôt récent et de nature diverse qui a alors une influence moins forte sur la végétation. L'intensité des précipitations et le relief de la région méditerranéenne favorisent l'érosion. Ainsi à de nombreux endroit, le sol a disparu, la roche est donc à fleur et privée de végétation. Pour finir, certaines espèces de plantes sont peu influencées par la nature de la roche.
Les sols les plus fréquemment rencontrés dans la région méditerranéenne sont les brunisols et les sols isohumiques.
Flore
La phytorégion méditerranéenne abrite environ 22 500 espèces de plantes dont 11 700 (52 %) sont endémiques. Elle est donc considérée comme l'un des plus hauts lieux de diversité dans le monde.
On retrouve, dans cette phytorégion, une certaine diversité de formations végétales. En effet, la disponibilité des ressources en eau, la salinité du milieu et le type de roche mère varient énormément d’un endroit à l’autre permettant à certains types d'espèces de s'établir dans un lieu, en empêchant l'accès à d'autres.
Les quatre principaux types de formations végétales sont : La garrigue : elle pousse sur les sols calcaires (basique). Les espèces y dominant sont le Chêne kermès et le Chêne vert. Cette végétation est basse et résulte d'une dégradation de la forêt méditerranéenne qui l'a précédée. Le maquis : il pousse sur les sols siliceux (acides). On y retrouve des espèces typiques comme l'Arbousier, le Lentisque et le Chêne-liège. La pinède : elle est en général constituée de Pins d'Alep ou de Pins parasols. La chênaie : elle peut être constituée de chênes à feuilles persistantes: principalement le Chêne vert ou le Chêne-liège ou de chênes à feuilles caduques: principalement le Chêne pubescent. 5 étages de végétation fondamentaux, définis par Pierre Quezel, sont distinguables en suivant des altitudes croissantes: L'étage thermoméditerranéen (forêts à conifères thermophiles et à formations à Olivier, Caroubier et Lentisque) L'étage mésoméditerranéen (forêts de Chênes sclérophylles) L'étage supraméditerranéen (chênaies caducifoliées) L'étage montagnard méditerranéen (forêts à conifères montagnards, Cèdre, Pin noir, etc.) L'étage oroméditerranéen (forêts à Génévrier)
Autrefois, la majeure partie du territoire de la phytorégion méditerranéenne était recouverte de forêts à feuillage persistant, caduc ou de conifères. Les activités humaines, durant plus de 8000 ans, ont remodelé la végétation. De nos jours, les matorrals à Juniperus, Myrtus, Olea, Phillyrea, Pistacia et Quercus (des genres typiques de la phytorégion méditerranéenne) ont remplacé les forêts. On retrouve toutefois toujours les genres importants qui peuplaient les anciennes forêts qui dominaient la région avant l'intervention de l'homme comme Arbutus, Calluna, Ceratonia, et Chamaerops. La végétation méditerranéenne forme une mosaïque nomade et éphémère qui subit des cycles réguliers de dégénérescence et de régénération. Cette complexité spatio-temporelle explique pourquoi cette phytorégion possède une telle richesse floristique.
La zone de l'olivier est, comme son nom l'indique, une région propice pour la culture des olives mais également de la vigne, du citron, des figues, des noix et de beaucoup d'herbes aromatiques comme le romarin, la sauge ou le thym.
Les arbres de la forêt méditerranéenne cadre|Carte de la végétation méditerranéenne Les chênaies à feuilles persistantes Le Chêne vert et le Chêne-liège sont les deux principales espèces de chênes à feuilles persistantes de la région méditerranéenne. Ils sont considérés comme la végétation méditerranéenne pure.
Le Chêne vert a une aire de répartition très large qui couvre tout le bassin méditerranéen. C'est une espèce peu exigeante mais qui nécessite suffisamment de lumière. Elle pousse aussi bien dans les zones humides que dans les zones arides. Cette espèce peut supporter le gel et des températures allant jusqu'à . On le trouve jusqu'à 2 900 m d'altitude dans le Haut-Atlas. C'est une espèce relativement généraliste en matière de sol. En effet, elle serait présente partout sans la concurrence d'espèces plus compétitives sur des types de sol auxquels ces dernières sont mieux adaptées. Cet arbre peut atteindre de haut, mais, en général, les bois de Chênes verts sont constitués de petits arbres. Cette espèce peut même servir de sous-bois arbustif pour d'autres espèces d'arbres; il sera alors accompagné de conifères comme le Pin d'Alep ou le Cèdre. Le sous-bois des forêts de Chênes verts sont constitués principalement d'espèces ligneuses comme le Chêne kermès, le Lentisque, le Genévrier oxycèdre, le Laurier tin et le Térébinthe.
L'aire de répartition du Chêne liège est beaucoup plus restreinte (Méditerranée occidentale et côte atlantique du Maroc à l'Aquitaine). Cette espèce est plus sélective au niveau des sols; elle ne tolère pas les sols calcaires et nécessite impérativement des sols siliceux. Elle tolère mal le froid et a donc besoin d'hivers doux durant lesquels les précipitations sont abondantes. Sa crainte des gelées printanières ne lui permet pas de monter aussi haut que le chêne vert. On la trouve ainsi jusqu'à 1 600m d'altitude maximum au Maroc. Les espèces qui constituent son sous-bois sont soit silicicoles soit généralistes comme le Lentisque, le Genévrier oxycèdre, l'Arbousier ou les bruyères.
Les arbres à feuilles caduques Les arbres à feuilles caduques poussent principalement dans les zones où la sécheresse estivale est moins drastique, comme les montagnes plus humides et moins chaudes ou les zones de transition avec le climat océanique ou continental. Ils peuvent être associés aux chênaies à feuilles persistantes et former une forêt mixte subméditerranéenne ou alors s'attribuer les zones plus humides, laissant aux chênes à feuilles persistantes les pentes plus sèches. Les arbres à feuilles caduques peuvent être soit des espèces courantes en climat tempéré, comme le Chêne pubescent, soit des espèces propres aux climats de transition cités précédemment, comme le Chêne macédonien, le Chêne lusitanien et le Chêne zéen (qui gardent souvent leurs feuilles, bien que fanées, jusqu'à la fin de l'hiver) ou le Chêne du Mont Thabor (qui perd ses feuilles durant une courte période). En plus des chênes, on trouve également d'autres arbres à feuilles caduques comme le Peuplier, le Platane, le Frêne ormeau et le Châtaignier.
Les conifères Dans la région floristique méditerranéenne, les conifères occupent une place importante. Le Pin d'Alep est l'espèce la plus courante. Son aire de répartition est comparable à celle du Chêne vert. Cette espèce nécessite beaucoup de lumière et de chaleur et craint le froid et l'excès d'humidité. C'est donc l'espèce la plus représentative des régions sèches et ensoleillées. Le Pin d'Alep a comme particularité d'être une espèce pyrophile. En cas d'incendie, ses cônes sont capables de protéger leurs graines avant d'éclater sous l'effet de la chaleur, les graines sont ainsi répandues autour de l'arbre. De cette façon, cette espèce remplace les forêts de Chênes verts qui ont brûlé et forme une forêt secondaire. Le retour vers une forêt de Chêne vert est alors presque impossible car les incendies sont relativement fréquents. Dans les conifères méditerranéens on retrouve également le Pin maritime (calcifuge et amateur de terrains pauvres et sableux) et le Pin parasol, qui sont des espèces moins répandues. Certaines espèces de conifères sont principalement des arbres qui poussent en altitude comme le Cèdre, le Pin laricio et le Sapin d'Andalousie. Les Genévriers comme le Genévrier oxycèdre, le Genévrier commun et le Genévrier thurifère poussent dans les milieux les plus difficiles.
Endémisme