La théorie de l'évanouissement est l'hypothèse selon laquelle Jésus de Nazareth ne serait pas mort sur la Croix mais aurait survécu à sa crucifixion. Il serait tombé dans un coma profond qui aurait fait croire à tous les témoins qu'il était mort.

Les sources orientales persanes L'historien persan Mir Muhammad ben Khawand est l'auteur, en 1417 du livreRauza-tus-Safa fi Sirat-ul-Ambia wal Muluk wal Khulafa (en anglais : The Gardens of Purity concerning the biography of the Prophets and Kings and Caliphs) de Muhammad ibn Khawand Shah ibn Mahmud, un historian aussi connu sous le nom de Khawand bin Badshah, l'original a été publié en langue persane en 1417 (836 A.H.), OCLC 11220401 Rauza-tus-Safa fi Sirat-ul-Ambia wal Muluk wal Khulafa (« Jardins de la pureté sur la biographie des prophètes, des rois et des califes »). Il y mentionne une tradition concernant une visite de Jésus et Marie à Nasibain (actuelle Nusaybin)Nasibain anciennement située entre Mosul et la Syrie autrefois nommée Nasibus, actuelle Nusaybin. « This Nasibain is a place between Mosul and Syria which, in English maps, has been called Nasibus. If one travels from Syria towards Persia, one would pass through Nasibain, which is at a distance of 450 miles from Jerusalem: Mosul is nearly 48 miles from Nasibain and 500 miles from Jerusalem. The frontier of Persia is only at a distance of 100 miles from Mosul. This means that Nasibain is 150 miles from the frontier of Persia. The eastern frontier of Persia touches the town of Herat in Afghanistan, i.e., Herat lies on the western frontier of Afghanistan in the direction of the Persian territory and is about 900 miles from the western boundary of Persia » (Hadhrat Mirza Ghulam Ahmad, Jesus in India, chapitre 4, section 1.) : Jésus (la paix soit sur lui) a été appelé « le Messie » parce qu'il était un grand voyageur. Il portait une écharpe de laine sur sa tête et un manteau de laine sur son corps. Il avait un bâton dans sa main ; il avait l'habitude d'errer d'un pays à l'autre et de ville en ville. À la tombée de la nuit il restait où il était arrivé. Il mangeait des plantes des forêts, buvait l'eau des forêts, et voyageait à pied. Ses compagnons, dans un de ses voyages, lui avaient une fois acheté un cheval ; il a monté ce cheval pendant un jour, mais comme il ne pouvait pas le nourrir, il l'a renvoyé. Voyageant dans son pays, il est arrivé à Nasibain. Avec lui étaient quelques-uns de ses disciples qu'il avait envoyé dans la ville pour prêcher. Dans la ville, cependant, il courait des rumeurs fausses et infondées au sujet de Jésus (que la paix soit sur lui) et de sa mère. Le gouverneur de la ville a donc arrêté les disciples et a appelé Jésus. Celui-ci a miraculeusement guéri quelques personnes et a exhibé d'autres miracles. Le roi du territoire de Nasibain, avec toutes ses armées et ses personnes, est devenu alors un sectateur de Jésus. La légende de la descente de la nourriture, contenue dans le saint Coran, appartient aux jours de ses voyages.

Le perse Faquir Muhammad dit que, Jésus aurait envoyé de Damas Thomas (apôtre) à Nisibis (aujourd'hui Nusaybin près d'Édesse (chrétienne) pour en guérir le roi et ce avant de s'y rendre lui-même avec Marie Paul Constantine Pappas, Jesus' Tomb in India: The Debate on His Death and Resurrection, pages 77-78. Jésus quitta Nisibis sans Thomas en se faisant appeler Yuz Assaf et gagne la Perse puis l'Afghanistan avant de se rendre au CachemireAgha Mustafai, Ahwali Ahalian-i-Paras, page 219. Les traditions iraniennes au sujet de Jésus ou d'Îsâ sont similaires.Plusieurs écrivains perses, comme Faquir Muhammad ou l'historien Mir Muhammad ben Khawand racontent qu'après la guérison d'Abgar V, Jésus, sa mère Marie et des disciples dont le nom n'est pas cité où figure parfois le nom de l'apôtre Thomas, se sont rendus à « Nisibis près d'Édesse ». Après des problèmes avec le roi local, Jésus le guérit, puis Thomas et lui-même repartent pour des prédications dans deux régions différentes.

Les sources issues de l'hindouisme Une section datant selon certaines sources du , mais plus probablement apocryphe, et créée au du Bhavishya Purana (l'un des 18 Puranas hindous écrits en sanskrit) raconte une rencontre entre le roi Shalivahana et Jésus (Îsâ) près de Srinagar en Inde bien longtemps après la crucifixionTraduction du texte sur Jésus contenu dans le Bhavishya Purana.. D'autres passages de ce Purana parlent de Jésus sous le nom d'Îsâ. L'un d'entre eux utilise le mot Masiha (Messie) sans que le nom d'Îsâ lui soit associé. Selon Swami Parmeshwaranand, ce passage (sl. 29 cd-30ab) semble suggérer que Jésus était appelé le Masiha, parce que, étant le Seigneur immuable (acala) lui-même, il a fait disparaître les éléments transitoires (cala) Swami Parmeshwaranand, Encyclopaedic Dictionary of Purāṇas, Sarup, 2001, § , ..

En se fondant sur le travail de F. E. Pargiter qui détecte des sujets bibliques introduits bien après le en rapport avec la diffusion du christianisme et bien que Pargiter ne mentionne pas ce passage, Swami Parmeshwaranand estime logique de lui appliquer la même conclusion. L'introduction du christianisme en Inde est probablement antérieure au , comme le montrent les travaux sur les Nasrani ou Nasrani MappilaŽupanov, Ines G. (2005). Missionary Tropics: The Catholic Frontier in India (16th–17th centuries), p. 99 and note. University of Michigan Press. Bindu Malieckal (2005) Muslims, Matriliny, and A Midsummer Night's Dream: European Encounters with the Mappilas of Malabar, India; The Muslim World Volume 95 Issue 2 page 300 découverts par Vasco de Gama et appelés aujourd'hui Chrétiens de saint Thomas, qui existent au Kérala avant cette date. Leurs Traditions indiquent que leurs communautés auraient été fondées par l'apôtre Thomas vers 55 Eric Frykenberg, Christianity in India: from Beginnings to the Present, 2008, Oxford University Press, , ., après que celui-ci a quitté le royaume indo-parthe du TaxilaEncyclopedia Britannica, article Gondophernes, voisin du Ladakh où le Bhavishya Purana situe la rencontre entre Jésus et Shalivahana. Shalivahan, qui était le petit-fils de Bikrama Jit, prit les rênes du gouvernement. Il vainquit les hordes des Chinois, des Parthes, des Scythes et des Bactriens. Il tira une frontière entre les Aryas et les Mlecchas et ordonna à ces derniers de se retirer de l'autre côté de l'Inde. Un jour, Shalivahan, le chef des Sakyas, vint dans les Himalayas. Là, dans le pays du Hunle Ladakh, partie de l'Empire Kushan, le puissant roi vit un homme assis sur une montagne qui semblait promettre de bons auspices. Sa peau était belle et il portait des vêtements blancs. Le roi demanda au saint homme qui il était. L'autre répondit : « Je suis appelé un fils de Dieu, né d'une vierge, ministre des non-croyants, sans relâche à la recherche de la vérité. » Le roi lui demanda alors : « Quelle est ta religion ? » L'autre répondit : « Ô grand roi, je viens d'un pays étranger où il n'y a plus de vérité et où le mal ne connaît pas de limites. Dans le pays des non-croyants, je suis apparu comme le Messie. Mais la démone Ihamasi des barbares (dasyu) s'est manifestée sous une forme terrible ; on m'a livré à elle à la manière des non-croyants et j'ai fini dans le royaume d'Ihamasi. Ô roi, prête ton oreille à la religion que j'ai apporté aux non-croyants ; après la purification de l'essence et du corps impur et après avoir cherché refuge dans les prières du Naigama, l'homme priera l'Éternel. Au travers de la justice, de la vérité, de la méditation et de l'unité de l'esprit, l'homme trouvera son chemin vers Îsâ dans le centre de la lumière. Dieu, aussi ferme que le soleil, unira finalement en lui-même l'esprit de tous les êtres qui errent. Ainsi, ô roi, Ihamasi sera détruite ; et la bienheureuse image d'Îsâ, le donneur de bonheur, restera à jamais dans le cœur ; et j'étais appelé Îsâ-Masih. » Après que le roi eut écouté ces paroles, il prit l'enseignant des non-croyants et l'envoya dans leur pays impitoyable.

Dans sa première époque en Inde, Jésus, selon ce texte, aurait été connu comme Îsâ. Selon Parmeshwaranand, un spécialiste de l'hindouismeSwami Parmeshwaranand, Christ in the Bhavisya Purana, Encyclopaedic Dictionary of Purānas, Sarup, 2001, pp.278ff il aurait été connu au Cachemire sous le nom de Yuz Asaf. La thèse est contestée par une majorité d'experts, par exemple par la spécialiste de l'hindouisme et philologue, Wendy DonigerWendy DonigerPurāna Perennis : Reciprocity and Transformation in Hindu and Jaina Texts, SUNY Press, 1993, p.105.ici.

Les réponses de l'ahmadisme thumb|Roza Bal, le tombeau supposé de Jésus à Srinagar

Les Ahmadis sont une communauté fondée dans les Indes britanniques à la fin du par Mirza Ghulam AhmadFondée dans les Indes britanniques par Mirza Ghulam Ahmad, mort en 1908, originaire d'un milieu soufi sunnite ; cf. Reem A. Meshal et M. Reza Pirbhai, « Islamic Perspectives on Jesus »in Delbert Burkett (dir.), The Blackwell Companion to Jesus, éd. John Wiley and Sons, 2010, qui a composé une tradition nouvellePer Besko, « Jesus in Kashmir », in Delbert Burkett (dir.), The Blackwell Companion to Jesus, éd. John Wiley and Sons, 2010, en reprenant diverses traditions et récits, notamment autour de Yuz Asaf, existants chez certains musulmans et aussi chez des hindouiste du Pakistan et du CachemireJ. Gordon Melton, The Encyclopedia of Religious Phenomena, 2007. Mirza Ghulam Ahmad, Jésus en Inde, notamment le chapitre , mais aussi le chapitre , que l'on retrouve dans des textes en sanskrit Swami Parmeshwaranand, Encyclopaedic Dictionary of Purāṇas, Sarup, 2001, § , .. Ils vouent à Yuz Asaf qui pour eux est Jésus un culte tout comme aux saints de l'islam autour du Roza Bal, le tombeau de Yuz Asaf situé à SrinagarSiegfried Obermeier, Starb Jesus in Kaschmir. Das Geheimnis seines Lebens und Wirkens in Indien, Econ ; Holger Kersten, Jesus lebte in Indien – Sein geheimes Leben vor und nach der Kreuzigung, Ullstein-Verlag, Berlin 1998, , (1. Auflage: Droemer Knaur, München 1983, ) ; Mark Bothe, Die "Jesus in Indien' Legende, eine alternative Jesus Erzählung, Grin-Verlag für akademische Texte, 2010 ; Rachid Ahmad Chaudry, La vie cachée de Jésus, Islam International Publication, version française, 2007.. Selon eux, Jésus est un prophète de Dieu qui aurait été déposé de la croix en état de coma avancé ce qui aurait fait croire à sa mort Mirza Ghulam Ahmad, Jesus in India, chapitre , Mouvement musulman Ahmadiyya, 1965 - 103 pages, réédité en français en 1987 chez « Regent Press ».. Après quelques apparitions à ses disciples pour mettre en place sa prédication, il serait venu vivre la plupart du temps de l'autre côté de l'Euphrate qui n'était pas sous le contrôle des Romains. Il se serait beaucoup déplacé cherchant à rassembler les Tribus perdues d'Israël, ce qui l'aurait conduit à Srinagar, via Nisibe, Herat, PeshawarMirza Ghulam Ahmad, Jesus in India, chapitre .La carte du voyage de Jésus selon les Ahmadis.. Selon Ghulam Ahmad, toutes ces régions auraient conservé dans leurs traditions le souvenir de son passage et il juge cet itinéraire logique si Jésus recherchait les Tribus perdues d'Israël. Dans les sources indiennes, Îsâ (Jésus) est décrit aussi comme . Il serait venu finir sa vie au Cachemire à l'âge symbolique de 120 ansVoir Per Besko, « Jesus in Kashmir », in Delbert Burkett (dir.), The Blackwell Companion to Jesus, éd. John Wiley and Sons, 2010, , extraits en ligne.

Selon les Ahmadis, on retrouve partiellement ces éléments dans la tradition Hindoue, notamment dans le Bhavishya Purana, dont ils se servent aussi pour appuyer leur conviction, qui contient un passage qui raconte une rencontre entre Shalivahana et Îsâ-masiha près de Srinagar quelques années après sa crucifixion.