L'église Saint-Brice est une église catholique paroissiale située à Saint-Brice-sous-Forêt, dans le Val-d'Oise. La fondation de la paroisse remonte au début du , et c'est dans la seconde moitié du même siècle que commence la construction de l'église actuelle, par le clocher central qui subsiste à ce jour. Il est de style gothique primitif. Au second quart du , l'église est complétée par les bras du transept et des chapelles latérales, qui annoncent le style gothique rayonnant. Seul le croisillon nord a été préservé. L'église gothique étant devenue trop petite au début du , sa nef et son chœur sont dédoublés par un long vaisseau de style gothique flamboyant, accompagné d'un collatéral au sud. Ce vaste complexe, dédicacé en 1525, a entièrement disparu. En effet, le chœur empiète sur le tracé rectifié de la route royale de Paris à Amiens, et sa démolition est pour les habitants l'occasion de décider la construction d'une nouvelle église. Elle se fait dans un bref délai de septembre 1778 à mai 1780, qui explique sans doute la facture rustique de l'édifice, dont seule la façade néo-classique donnant sur la rue a été soignée. Tout ce qui reste de l'ancienne église est démoli au plus tard au , à l'exception du clocher et de l'ancien croisillon nord, qui sont classés aux monuments historiques bien plus tard, en 1964. À l'occasion d'une grande campagne de rénovation entre 1886 et 1889, l'intérieur subit une transformation néo-gothique pour lui donner un caractère plus solennelÉglise de Sarcelles, St Brice, photographie d'Eugène Atget. Moins d'un siècle plus tard, ce décor ne donne plus satisfaction, et toute trace en est effacé lors de la restauration des années 1980. Depuis, l'église Saint-Brice se présente comme une grande salle rectangulaire sans marque particulière d'architecture religieuse. La vocation de l'édifice n'est soulignée que par le mobilier liturgique et les vitraux hagiographiques. Saint-Brice-sous-Forêt demeure une paroisse indépendante, et l'église Saint-Brice est le seul lieu de culte catholique de la commune. Les messes y sont célébrées tous les jours sauf le lundi.

Localisation

L'église est située en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, sur la commune de Saint-Brice-sous-Forêt, 89 rue de Paris (RD 11) / place de l'abbé Salati. La façade orientale donne sur la rue ; l'élévation méridionale donne sur la place. Il n'y a pas de façade occidentale ; l'orientation de l'église est inversé, et le chevet se situe à l'ouest. C'est un mur aveugle. L'élévation septentrionale est enclavée dans une propriété privée. Les deux élévations du croisillon nord restées indemnes et reflétant à peu près l'état du ne sont donc pas visibles depuis le domaine public. Mais à droite de la façade de la fin de l'Ancien Régime, l'on voit encore les arrachements du chœur gothique et de l'ancienne chapelle latérale nord du chœur.

Histoire Histoire de la paroisse thumb|left|Plaque commémorative pour l'abbé Louis Salati.

Le village de Saint-Brice n'est pas attesté avant le début du . L'abbé Lebeuf pense que c'est à l'origine une dépendance de Groslay. La fondation de la paroisse est également susceptible de remonter aux environs de 1100. Quelques années après, le seigneur laïc du lieu, Radulfe le Bel, donne l'église à l'évêque de Paris, Étienne de Senlis (1123-1142), avec l'intention de la confier aux chanoines réguliers de saint Augustin de l'abbaye Saint-Victor de Paris. C'est ce que fait l'évêque. L'abbé de Saint-Victor devient ainsi le collateur. À aucun moment, les chanoines ne fondent un prieuré à Saint-Brice ou assurent le service paroissial. Le curé est tenu de verser une rente à l'abbaye. À partir de 1148, les trois quarts, voire la totalité de la dîme selon les sources, est détenue par le prieuré Saint-Martin-des-Champs de Paris. Le saint patron de la paroisse est Brice de Tours, successeur de saint Martin au siège épiscopal de Tours. La fête paroissiale est au début fixée au . En 1528, les curés et les habitants obtiennent la permission de la reporter au dimanche suivant le , si ce jour n'est pas un dimanche..

Sous la Révolution française, le nouveau diocèse de Versailles est érigé pour regrouper l'ensemble des paroisses du département de Seine-et-Oise, dont Saint-Brice. Le diocèse de Paris se limite désormais au département de la Seine. — Pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871, la commune, abandonnée par ses édiles, doit sa survie au dévouement sans faille et à la sagesse de son curé, l'abbé Louis Salati (1828-1880), qui, au péril de sa vie, assume les fonctions de maire sans en avoir le titre. En raison de sa santé fragile, il meurt prématurément le , à l'âge de cinquante-deux ans. L'abbé Salati repose au cimetière de Saint-Brice. En son souvenir, le parvis de l'église a été baptisée place Louis-Salati en 1984.. — Au début du , la chute subite du battant de l'une des quatre grosses cloches tue sur le coup le curé de Saint-Brice. En 1966, le redécoupage des départements d'Île-de-France apporte la création du diocèse de Pontoise pour le territoire correspondant au nouveau département du Val-d'Oise. Saint-Brice demeure une paroisse indépendante, mais forme un regroupement paroissial avec Piscop. Les messes dominicales sont célébrées en l'église Saint-Brice le samedi à 18 h 00 et le dimanche à 11 h 00. Il y a également des messes en semaine, du mardi au vendredi..

Histoire de l'église thumb|upright|Croisillon nord, arcade bouchée vers le bas-côté. thumb|upright|Base et ancien chapiteau de la nef flamboyante. thumb|upright|Une plaque commémorative est le seul vestige de la transformation néogothique de 1886-89.

On ne dispose pas de renseignements sur la première église, qui est peut-être une chapelle antérieure à l'érection de la paroisse. Ce sanctuaire est remplacé entre la seconde moitié du et les années 1220 par une petite église de style gothique, dont subsistent le clocher central se dressant au-dessus de l'ancienne croisée du transept et le croisillon nord. Après la Guerre de Cent Ans, la population de Saint-Brice augmente, et l'église est agrandie pendant le premier quart du . Une nouvelle nef est bâtie à l'emplacement de l'ancien bas-côté sud et de l'ancien croisillon sud. Elle est complétée par un bas-côté au sud, et par un nouveau chœur à l'est, (abbé Lebeuf). La dédicace et la consécration de cinq autels est faite en 1525. Étant donné cette datation, les nouvelles parties doivent être de style gothique flamboyant. Il n'est pas clair pour quelle raison Mathieu Lours écrit que . En effet, ce n'est qu'une dizaine d'années plus tard que l'architecture Renaissance fait son apparition au nord de Paris, avec le château d'Écouen, puis le portail de Belloy-en-France. L'abbé Lebeuf remarque que l'. Au nord, l'ancienne église, amputée du bas-côté et du croisillon sud, est maintenue : , ...

Au troisième quart du , la rectification du tracé de la route royale de Paris à Amiens (la future RN 16, déclassée en RD 11) à travers Saint-Brice nécessite la démolition de plusieurs maisons, et du chœur flamboyant de l'église. Selon Mathon et al., l'ouverture est d'abord fermée par un mur provisoire, et l'orientation liturgique est inversée pour la commodité, car l'extrémité occidentale de l'église n'est pas concernée par les travaux. Les habitants décident à l'occasion de construire une nouvelle église, qui a façade sur la rue, ce qui pérennise la situation du sanctuaire à l'ouest. Selon le baron Ferdinand de Guilhermy, les plans sont d'un architecte nommé Christophle. La première pierre est posée le par le comte de Vienne, seigneur de Saint-Brice. La bénédiction est célébrée le par l'archevêque de Lyon, Antoine de Malvin de Montazet, qui est en même temps abbé commendataire de l'abbaye Saint-Victor. Bâtie dans un bref délai, la nouvelle église est d'une grande simplicité. Elle se situe à l'emplacement de la nef et du bas-côté dédicacés en 1525, qui sont donc démolis, sans doute successivement en fonction du progrès du chantier. Le sol est exhaussé, ce qui a permis plus tard de mettre au jour une base flamboyante au nord de l'ancienne nef (un chapiteau flamboyant retrouvé est posé sur cette base). La vieille nef gothique et son bas-côté nord sont probablement conservés en attendant l'achèvement de la nouvelle église. La date de leur démolition n'est pas connue. Après le milieu du , de Guilhermy écrit que . La travée abandonnée ne peut être que l'ancien croisillon nord. Les parties du conservées en l'état sont donc les mêmes qu'aujourd'hui, et le reste a déjà été démoli. Mathieu Lours écrit toutefois que . Il convient d'ajouter que le croisillon nord est également nécessaire pour contrebuter le clocher. L'ancienne abside aurait . Pour ne pas avoir été signalée par de Guilhermy et pour ne pas avoir empiété sur la rue, il ne peut s'agir que d'une demi-travée ne dépassant pas trois mètres de profondeur... La Révolution française apporte sans doute une transformation en temple de la Raison (en automne 1793), comme le donnent à penser les deux médaillons avec les couleurs et les initiales R.F. de la République française, à gauche et à droite du portail sur la rue.

Pendant les années 1885 et 1886, le conseil de fabrique demande aux fidèles des offrandes en vue de rénover l'église. Avec les fonds recueillis, l'église n'est pas seulement réparée, mais subit en même temps une transformation néogothique. Elle concerne l'espace intérieur de l'édifice de la fin de l'Ancien Régime, qui est badigeonné et peint en faux-appareil, et muni de fausses voûtes d'ogives très plates en anse de panier, qui sont réceptionnées sur des colonnettes à chapiteaux. Les colonnettes butent sur des consoles à mi-distance entre les chapiteaux et le sol, ce qui est une faute de goût, tout comme la forme invraisemblable des voûtes imputable à la largeur importante de la salle, qui aurait requise une subdivision en deux ou trois vaisseaux pour rester cohérent avec l'architecture gothique que l'on cherche à imiter. En plus, comme l'observe Mathieu Lours, la transformation rend l'église plus obscure et plus terne. — Le clocher s'élevant sur l'ancienne croisée du transept et l'ancien croisillon nord sont classés aux monuments historiques par arrêté du . — Le décor néogothique vieillit mal et est de moins en moins appréciée. Pendant les années 1970, la municipalité décide donc de le supprimer. En 1980, elle lance une importante restauration, qui révolutionne une fois de plus l'aspect intérieur. L'inconvénient est que l'architecture néoclassique de la fin du ne peut être restituée. La charpente est laissée apparente, et par ses dimensions et son style, l'église évoque désormais un hangar industriel du . Une nouvelle entrée est aménagée au sud. L'orgue Suret de 1889 disparaît, et est remplacé par un instrument Gonzalez de quatorze jeux en 1889.

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.