vignette|296px|Couverture de I Prefer Girls par Jessie Dumont, illustration de Robert Maguire, 1963 La notion de Lesbian pulp fiction fait référence à tout roman au format de poche du milieu du dont le contenu et les thèmes sont ouvertement lesbiens.

La notion de Lesbian pulp fiction est fréquemment confondue avec le pulp, abréviation de pulp magazine dont les thèmes abordés allaient de la romance au récit fantastique, en passant par les histoires de détective et la science-fiction. Le Lesbian pulp fiction est lui-même un des thèmes abordés par les pulps, ce qui apporte une confusion de nom dans le langage populaire.

De nombreux éditeurs des années 1950 et 1960 publiant des romances, des westerns, des récits fantastiques, des histoires de détectives publiaient également des romans lesbiens. À cette époque, très peu d'ouvrages de littérature traitaient du lesbianisme. Les pulps étaient considérés fréquemment comme la seule référence en la matière et apportaient une vision de ce qu'est être lesbienne.

Stephanie Foote, professeur à l'Université de l'Illinois, a souligné le rôle important de ces romans dans la construction d'une identité lesbienne juste avant la deuxième vague du féminisme : Stéphanie Foote - "Deviant Classics : Pulps and the Making of Lesbian Print Culture." Signs: Journal of Women in Culture and Society 2005, vol. 31, no. 1..

Les pulp fiction ou romans de poche (paperback fiction) ont été appelés ainsi en raison de leur ressemblance dans la présentation (ou même dans le contenu) avec les magazines imprimés sur du papier bon marché. Les livres étaient vendus dans les drugstores, les kiosques à journaux, les terminaux de bus et autres lieux d'achats à bas prix.

Le format du livre était suffisamment petit pour tenir dans un sac à main ou dans la poche arrière, d'où la combinaison du nom et du format livre de poche. C'étaient des ouvrages populaires et non des ouvrages dits de collection.

Histoire Au début du , seule une poignée de livres présentant des relations entre femmes furent publiés Lori L. Lake - After The Well of Loneliness. Ces romans étaient cartonnés et parmi ceux-ci figurent : We Too Are Drifting - 1935, Gale Wilhelm publié chez Random House ; Pity for Women - 1937, Helen Anderson publié chez Doubleday ; - 1938 Gale Wilhelm publié chez Random House, ressorti en 1953 sous le format pulp fiction sous le titre de The Strange Path ; We Too Are Drifting et Pity for Women ne connaissent pas une fin heureuse, image stéréotype de la relation lesbienne. Torchligt to Valhalla est le premier ouvrage de ce type à connaitre une fin heureuse. L'ouvrage The Price of Salt de Patricia Highsmith, (écrit sous le nom de plume de Claire Morgan) paru en 1952 est généralement référencé être le premier ouvrage lesbien à connaître une fin positive, mais Tochlight for Valhalla, paru en 1938 lui est antérieur.

Après la Seconde Guerre mondiale Après la Seconde Guerre mondiale est apparu un nouveau genre de littérature édité sur des supports à bas prix, adoptant le même concept peu coûteux du pulp magazine qui existait déjà au début du Scot McCracken (1998). Pulp : Reading Popular Fiction Ed. Manchester University Press. - . Ces livres au format de poche et sur papier bon marché furent appelés les pulp fictions. Ils abordaient des thèmes précédemment considérés comme inconvenants, comme le crime, la drogue, les gangs, l'homosexualité. La forme de littérature habituelle n'était pas respectée et la censure ne pouvait intervenir dans tous les points de vente. Les éditeurs cependant craignaient la censure postale et certains prenaient soin de ne pas publier des histoires trop favorables à un mode de vie « déviant ». Les lesbian pulp fictions étaient vendus en de nombreux points accessibles à un public qui, d'ordinaire, n'avait pas accès à ce genre de fictionKatherine V. Forrest, 2005, Lesbian Pulp Fiction : The Sexually Intrepid World of Lesbian Paperback Novels 1950-1965. Ed. Cleis Press. - .

Des centaines de titres furent publiés entre 1950 et 1969 dans le thème Lesbian pulp fiction et des millions d'exemplaires de chaque titre furent vendusJoke Hermes, 1993)Sexuality in Lesbian Romance Fiction. Feminist Review, .. L'achat et la lecture de ces livres ne furent toutefois pas aisés pour les femmes. Chaque achat équivalait à un coming out pour la femme face au caissier du magasin. L'écrivain Joan Nestle les a surnommés « livres de survie » et en décrit l'achat : Nestle, Joan A Restricted Country Cleis Press, 2003.

Women's Barracks

Le premier pulp abordant une relation lesbienne et publié dès 1950 fut Women's Barracks de Tereska Torres aux éditions Gold Medal Books. L'histoire est une version romancée du journal qu'elle a tenu durant son service dans les Forces françaises libres durant la guerre. Le livre devient rapidement un bestseller, vendu à plus de deux millions d'exemplaires durant les cinq premières annéesSalon - 9 août 2005 - Christine Smallwood - Sapphic soldiers - interview de Tereska Torres et la première publication pulp à évoquer franchement les conditions des mères célibataires et des relations lesbiennes. Au total, 4 millions d'exemplaires de ce livre ont été vendus aux États-Unis, et il a été traduit en treize langues. En 1952, Women's Barracks est présenté par le comme un exemple de livre de poche promouvant un relâchement moralTeresa Theophano - Pulp Paperbacks and Their Covers. Quand l'a réédité à New York en 2003, la presse l'a présenté comme l'un des livres ayant inspiré un nouveau genre d'écriture lesbienne et féministe aux États-Unis.. Tereska a publié en 2011 une adaptation française sous le titre Jeunes femmes en uniforme. Son journal de guerre est paru en 2000 sous le titre Une Française Libre.

Spring Fire et le début d'un genre Tenant compte du succès du pulp Women's Barracks, Gold Medal Books publia un autre livre de poche ayant pour thème le lesbianisme, et finalement publia les livres les moins homophobes du genreYvonne Keller, "Was it Right to Love Her Brother's Wife So Passionately? Lesbian Pulp Novels and U.S. Lesbian Identity, 1950–1965." American Quarterly, 2005.

Le pulp écrit par Marijane Meaker sous le pseudonyme de Vin Packer est généralement considéré comme le premier livre de poche lesbien. La relation entre les deux personnages principaux est l'objet de l'histoire, alors que les relations décrites dans Women's Barracks englobaient plusieurs types de situations vécues par les femmes. Spring Fire est également le premier roman moderne écrit par une lesbienne. L'ouvrage fut édité par Gold Medal Books en 1952 et vendu à plus d'un million et demi d'exemplaires. Il s'agit d'une histoire d'amour entre deux étudiantes, Mitch et Leda.

Les fins tragiques de Women's Barracks et Spring Fire (suicide et folie) sont typiques des romans pulps. L'éditeur de Marijane Meaker lui confia que les pulps circulaient par la voie postale et que tous les envois qui transitaient par les US postal étaient soumis à un contrôle de censure imposé par le gouvernement. Les éditeurs devaient faire en sorte que les livres ne puissent être une incitation à l'homosexualitéVin Packer, Sring Fire - commentaire dans l'introduction lors de la réédition du livre en 2004 aux éditions Cleis Press. Les personnages ne pouvaient être simultanément homosexuels et heureux en fin de livre. Les personnages du livre devaient soit renoncer à leur relation et se mettre en couple avec un homme, soit si la relation homosexuelle perdurait, mourir, être atteint de folie, ou subir un sort tout aussi effrayant.

Bien que publié à l'origine sous un format broché (mais rapidement édité en pulp), le roman The Price of Salt écrit par Patricia Highsmith sous le pseudonyme de Claire Morgan est le premier à faire exception dans l'aboutissement de l'histoire.

Odd Girl et The Third Sex écrits par Artemis SmithThe Third Sex par Artemis Smith, , le nom de plume d'Annselm Morpurgo, philosophe et militante féministe du début des années 1950, furent finalement publiés par Beacon Books en 1959, après avoir essuyé de multiples refus de la part de la plupart des éditeurs. Contrairement aux romans pulps du début, ces romans comportaient des positions politiques fortes influençant la formation de mouvements réclamant des droits aux homosexuels à la fin des années 1950. Le roman Odd Girls, dont le titre original est Anne Loves Beth a été imprimé à l'encre bleue par les éditeurs de pulps.

Déclin En 1964, écrit par Jane Rule (éd. Macmillan of Canada) et en 1965 Mrs. Stevens Hears the Mermaids Singing écrit par May Sarton furent publiés tous deux par des éditeurs grand public avec un certain succès. Le livre (originellement auto-publié par l'auteur Alma Routsong en 1969) fut considéré comme le premier roman d'un éditeur féministe. En 1973, Barbara Grier fonda les éditions Naiad Press comportant principalement des livres dont le thème est le lesbianisme. La croissance de l'industrie pornographique après une série de décisions de la Cour suprême des États-Unis contre la censure sur le matériel pornographique mit en évidence que les livres devaient être plus illustrés. Cela mena au déclin du Lesbian pulp fiction. Des auteurs, tels que March Hastings et Paula Christian déclarèrent toutes deux que leurs éditeurs perdurent un intérêt pour leur sujet au cours des années 1960. D'autre part, l'opinion publique se désintéressa des romans où étaient relatées des relations de lesbiennes qui connaissaient un aboutissement heureux dans un monde où cela ne leur était pas permis.

Réémergence des fictions populaires lesbiennes De la même manière que pour les Lesbian pulp fiction au cours des années 1950/1960, les nouvelles technologies ont permis l'arrivée d'une nouvelle vague de littérature de poche lesbienne depuis les années 1980 jusqu'à ce jour. Au cours des années 1980 et 1990 les fanfictions firent leur apparition et ont permis la mise en avant de centaines d'auteurs de romans, d'histoires, de nouvelles et de séries les mettant à disposition du public sur Internet. Ces publications online sont restées populairesHeather Hogan, Why smart lesbians read (and write) fan fiction sur Afterellen. De nombreux auteurs de fanfiction quittèrent le concept et ont écrit leurs propres romans. Avec la multiplication de petites imprimeries, l'apparition de la publication assistée par ordinateur et la possibilité de publier sur demande, de nouveaux romans lesbiens ont vu le jour. L'arrivée du a vu la naissance d'une douzaine d'éditeurs de romans lesbiens et autres thèmes, assurant la sortie annuelle de centaines de nouveaux titresKregloe Karman - Behind the Scenes in Lesbian Fiction - sur Afterellen. Les trois plus grands éditeurs à l'aube de ce nouveau millénium sont Bella Books, et . Les dernières techniques d'innovation, les livres numériques (E-books), donnant une lecture sans impression, ont permis la réédition d'anciens romans pulp au format numérique. La plupart des nouvelles publications actuelles sont également rééditées au format numériqueJohn Ottinger : David Mark Brown on the Rise of Ebook Micro-niche sur Grasping for the Wind.

Depuis le début des années 2000, de nouvelles histoires de Lesbian Pulp Fiction sont écrites par Monica Nolan et publiées chez Kensington. , auteure californienne, relance également le genre avec ses séries Nancy Clue et Jane Bond.

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