Émile André Poillot, né le à Dijon et mort le à Dijon, est un organiste et pianiste français.
Repères biographiques Émile Poillot est le troisième fils de Jules Poillot (1852-1938), qui a tenu l'orgue de chœur de l'église Saint-Michel de Dijon durant 54 ans., et qui l'initia à la musique dès l'âge de 5 ans. En 1894, à 8 ans, il débute au conservatoire de Dijon dans la classe de solfège., où il obtient une avec la note Très Bien.. En il entre à la maîtrise de la cathédrale de Dijon, que dirige l'abbé René Moissenet., dont le frère et assistant, l'abbé Joseph Moissenet, lui donne des leçons de piano, l'initie au jeu de l'orgue et à l'accompagnement du plain chant.. Dès l'âge de 10 ans, Émile Poillot partage avec son maître le service de l'orgue de chœur aux offices de la cathédrale, et à 11 ans il fait ses débuts sur le grand orgue.
En 1900, au conservatoire de Dijon, il entre dans les classes de piano et d'harmonie d'Adolphe Dietrich. Dès la fin de sa première année d'études, à 15 ans, il y remporte le de piano et le d'harmonie, l'un comme l'autre à l'unanimité. Puis ce sont l'année suivante, au concours d'excellence, le prix du ministre de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts, et le d'harmonie à l'unanimité.
Le , il est admis dans la classe de piano d’Isidor Philipp au Conservatoire de musique et de déclamation à Paris. Il remporte un en 1906... En Joseph Edouard Risler succède à Isidor Philipp. Le jeudi , dans la classe de Risler, Émile Poillot remporte un de piano, sur 6....
De 1904 à 1907, à la basilique Sainte-Clotilde de Paris, il est l’assistant de Maurice Emmanuel, maître de chapelle, et le suppléant de Léon Cazajus, organiste accompagnateur, Charles Tournemire étant alors titulaire des grandes orgues....
En 1907, il entre dans la classe d'orgue d’Alexandre Guilmant., avec Louis Vierne pour répétiteur. Le , il remporte un ., puis le , le .. Fin , Guilmant abandonne la classe d’orgue, Louis Vierne le supplée. Eugène Gigout est nommé à la succession de Guilmant le , et le , dans sa classe, Émile Poillot remporte brillamment le d'orgue et d’improvisation, à l'unanimité. Il n’y eut pas de cette année là..
Entré dans la classe de composition de Charles-Marie Widor en , il est admis en pour le concours de fin d’année de la classe de fugue., mais il ne sera pas primé. Au Conservatoire, il suit également les cours de Maurice Emmanuel, qui a été nommé professeur d’histoire de la musique le .
Il revient dans sa ville natale, Dijon, et le , il est nommé sans concours titulaire du grand orgue Riepp de Saint-Bénigne qui était vacant depuis plus de deux ans, succédant ainsi à Nicolas-Joseph Wackenthaler. Il tiendra l’orgue pendant 36 ans, jusqu’à sa mort en 1948.
En 1913, il figure parmi les grégorianistes de Saint-Germain-en-Laye, aux côtés de René Moissenet, de Maurice Emmanuel et d'Albert Alain.
Réformé de l’armée, il est incorporé pendant la guerre dans l'aviation.. En 1915, il cantonne à Auxonne, près de Dijon. En , il suit une formation en mécanique au d’aviation à Bron, près de Lyon, puis en , il devient dactylo au bureau du Groupe de Bombardement , à Malzéville, tout près de Nancy. Il en est réduit à pratiquer une musique de café-concert pour distraire ses chefs, et recherche une situation pour l'après-guerre. La Gazette des Classes de Composition du Conservatoire, fondée par Nadia et Lili Boulanger en , permet aux musiciens engagés dans la guerre d'échanger des nouvelles réciproques. Émile Poillot y contribuera en 1917 et 1918.... En il est secrétaire au bureau du Groupe de Bombardement , et quitte Nancy pour Epiez-sur-Meuse, près de Vaucouleurs, où il restera jusqu’à sa démobilisation fin .
Le , sur la proposition d'André Gedalge, Inspecteur de l'Enseignement musical, et de Louis-Charles Dumas, Directeur du Conservatoire de Dijon, une classe de perfectionnement pour le piano est ouverte pour lui au Conservatoire de Dijon, où il sera professeur pendant 25 ans.
Le , il épouse Anne Marie Ernestine Huot à Dijon. Le le mariage religieux est célébré en l'église de Selongey, avec la participation de la maîtrise de la cathédrale de Dijon. De cette union naîtront 5 enfants.
En 1921, il est nommé membre du Comité d’Examen de la Classe d’Orgue au Conservatoire de Paris..
En 1923, il est appelé à faire partie du jury pour les concours publics de fin d'année du conservatoire de Lyon.. En 1929, il est membre du jury du concours de piano supérieur..
En 1939, il est élu membre associé de l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon..
Le , il est membre du jury du concours d'interprétation et d'improvisation des Amis de l'Orgue, au temple protestant de l'Étoile, à Paris..
En 1940, on lui confie la classe supérieure de piano du Conservatoire de Dijon. La classe d'orgue dont il rêvait ne sera créée qu’après sa mort, en 1949, et confiée à André Fleury.
Malade depuis 1946, Émile Poillot est remplacé la plupart du temps par l'abbé Maurice Lefèvre, organiste de la maîtrise. Il joue ses derniers offices à Saint-Bénigne pour Pâques, le , il faut alors le porter jusqu'à ses claviers. Il meurt le à l'âge de 62 ans.....
Pendant quelques mois, l’abbé Labbé, organiste du Sacré-Cœur, assure l’intérim et André Fleury lui succède en à la tribune de la cathédrale Saint-Bénigne.
Son petit-fils, Michel Poillot, est l'actuel titulaire de l'orgue de la basilique Notre-Dame-de-Bonne-Garde de Longpont-sur-Orge, depuis 1997..
Pour le de sa mort, un concert en Hommage à Émile Poillot fut donné le à la cathédrale Saint-Bénigne, par André Fleury à l'orgue et la maîtrise de la cathédrale, dirigée par l'abbé Jean-Marie Rolland..
Un square et une rue portent son nom à Dijon.
Le musicien L'organiste Comme organiste, Poillot s'inscrit dans la tradition des interprètes et improvisateurs de l'école française du début du . Il était particulièrement connu pour ses brillantes improvisations. : En ce temps-là, il était rare d'entendre l'orgue en dehors des offices ou manifestations religieuses. Les prestations musicales d'Émile Poillot à Saint-Bénigne trouvaient leur place dans ce contexte, l'orgue étant accompagné la plupart du temps par la Maîtrise, dirigée par René Moissenet jusqu'en 1939, puis par Joseph Samson :
Quelques concerts jalonnent cependant sa carrière d'organiste : En , à Saint-Bénigne, à l'occasion d'une conférence du chanoine Clément Besse Dieu est le musicien, l'âme est la symphonie, il interprète des pièces de Bach, Vierne, Franck et Widor. En 1921, il inaugure les nouvelles orgues de la basilique Saint-Martin d'Ainay à Lyon.. En 1930, il inaugure le grand orgue restauré de Saint Eusèbe à Auxerre.. Le samedi , à , à la Salle Pleyel à Paris, il joue pour les Amis de l'Orgue. Le concert est radiodiffusé en direct sur Radio Tour Eiffel... Le , la messe Assumpta Est de Palestrina et le Credo de Vittoria, chantés par la maîtrise de Saint Bénigne et accompagnés à l’orgue à la cathédrale de Dijon, sont radiodiffusés par Lyon La Doua, relayée par Paris PTT.. Le , la Missa Sine Nomine à 6 voix de Philippus de Monte et le Cantabile de César Franck, chantés par la maîtrise de Saint Bénigne et accompagnés à l’orgue à la cathédrale de Dijon, sont radiodiffusés par Lyon La Doua.. Le dimanche , il donne une audition d’orgue à l'église Saint-Augustin, à Paris, dans le cadre d’un congrès international de musique sacrée.. Le dimanche , il accompagne à l’orgue la messe de l'association des Salins de Bregille, en l'église Saint-Pierre de Besançon. Le eut lieu l'inauguration du nouvel orgue Merklin de l'église du Sacré-Cœur à Dijon : Georges Ibos, organiste de l'église Saint-Honoré d'Eylau à Paris, devait donner ce concert conjointement avec Émile Poillot, mais la grève des chemins de fer l'ayant empêché de venir à Dijon, c'est Émile Poillot qui assura seul le programme musical, malgré sa maladie.
Le pianiste Émile Poillot a donné de nombreux concerts de piano, en soliste ou en accompagnement. À Dijon, il se produisait en soliste à l'occasion des concerts de la Société du Conservatoire. Il a accompagné son ami le violoncelliste Maurice Maréchal lors de plusieurs tournées : France et Wiesbaden (1921), Espagne, Maroc espagnol et Portugal (1925.. et 1926.), France (1928), Singapour (lundi ). et Indes Néerlandaises (août et ).
Dédicaces Maurice Emmanuel, Trois pièces pour orgue ou harmonium (1892-1911), à Émile Poillot..: Andante sur deux thèmes liturgiques (O salutaris Hostia - Adoro Te devote)., Sortie., Andantino (1892)... Charles Tournemire, L'Orgue mystique, 51 offices de l'année liturgique inspirés du chant grégorien et librement paraphrasés, cycle après la Pentecôte, (1927-1932), 40. Dominica post Pentecosten, à son ami Poillot, organiste de la cathédrale de Dijon... Louis Vierne, Vingt-quatre pièces en style libre, , Livre II (1913), 24. Postlude, Quasi fantasia à Émile Poillot....
Compositions Fugue à 4 voix en mi bémol (1906), inédite. Allegretto en mi (), révisé par Yves Cuenot, qui l’interpréta le au grand orgue de la cathédrale Saint-Bénigne de Dijon (Côte-d'Or).. Ave Maria (1918), Lyon, Janin Frères, Éditeurs, J.F. 1023, A mon cher et vénéré maître le Chanoine René Moissenet, Maître de Chapelle de la cathédrale de Dijon. Largo, inédit. Adagio, inachevé.
Créations Trois Odelettes anacréontiques, (1911), de Maurice Emmanuel, le à Paris... Première sonatine pour piano, dite bourguignonne, (1893), de Maurice Emmanuel, le à Dole. Seconde sonatine pour piano, dite pastorale, (1897), de Maurice Emmanuel, le à Beaune.
Élèves Émile Poillot a eu beaucoup d'élèves de piano et d’orgue à Dijon, parmi eux : Ralph L. Grosvenor, organiste et compositeur américain, après la mondiale... Michel Chapuis, pendant 1 an, en 1943.. Jean Bouvard, organiste, compositeur et professeur lyonnais.. Claude Bèche, professeur de piano au Conservatoire à rayonnement départemental du Mans. Jean Mathieu, organiste de l'église du Sacré-Cœur de Dijon. Christian Blaise, organiste de l'église Saint-Michel de Dijon. Odette Vinard, organiste du temple protestant de Dole. Isabelle Manieux, pianiste accompagnatrice au Théâtre de Dijon durant 35 ans. Joseph Magloire, personnage principal du roman et récit historique Le jardin d’Orléans., de Catherine Saulieu.
Notes et références Notes
Références
Bibliographie
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Liens externes
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