Thérèse Klipffel, née à Strasbourg le et morte dans la même ville le « Thérèse Klipffel, ancienne présidente du conseil synodal de l'Église réformée d'Alsace et de Lorraine », in Le Monde, 22 août 2006, p. 24, est une pasteure protestante. Elle est nommée présidente du conseil synodal de l'Église réformée d'Alsace et de Lorraine en 1982, devenant ainsi la première femme à occuper une telle fonction en France. Elle exerça également d'importantes responsabilités dans le scoutisme féminin et la catéchèse.

Biographie

Issue d'une ancienne famille alsacienne originaire de Haguenau, dont plusieurs membres, depuis la Révolution française, ont été officiers, notaire ou encore historiens, Thérèse Klipffel est la fille de Lucien Henri Ernest Klipffel, officier et historien, et d'Alice Jeanne Kiener. Son père était d'origine catholique, mais libre penseur, et sa mère luthérienne. Elle demandera elle-même le baptême en 1943.

Elle est élève aux lycées de Metz puis de Strasbourg où la famille s'installe en 1936. Elle obtient en 1943 une licence de physique-chimie à l'université de Strasbourg, repliée à Clermont-Ferrand durant la seconde guerre mondiale, et dirige l'été des camps scouts au sein de la Fédération française des Eclaireuses (FFE), où elle accueille de plus en plus de fillettes juives. En , elle échappe à la rafle opérée à l'université par les autorités allemandes. Elle s'engage alors pleinement dans le scoutisme, devenant commissaire provinciale de la Fédération française des éclaireuses (FFE). Ce mouvement scout féminin rassemble trois sections, protestante, neutre et israélite.

À son retour à Strasbourg, en , elle travaille au ministère de la Jeunesse et des Sports pendant cinq mois, puis elle est nommée commissaire provinciale scoute pour l'Alsace, et enfin commissaire nationale de la FFE. Elle se consacre à ce poste, depuis Paris, à relancer les mouvements de jeunesse après les troubles de la guerre et réalise la fusion des trois sections de la Fédération d'éclaireuses.

En 1954, Thérèse Klipffel, bénéficie d'une bourse et entreprend des études de théologie, à la faculté de théologie protestante de Strasbourg. Elle obtient une maîtrise en théologie puis elle assure la formation religieuse des futures institutrices à l'École normale protestante de Strasbourg, sous régime concordataire, de 1957 à 1969 et des cours de religion dans les écoles primaires publiques.

Elle est ordonnée pasteure de l'Église réformée d'Alsace et de Lorraine en 1965 et est nommée secrétaire générale de la Commission de l'enseignement religieux, devenue en 1969 Commission régionale de catéchèse, service commun des Églises protestantes d'Alsace et de Lorraine. Elle est notamment chargée de la formation des catéchètes et des professeurs de religion qui devaient assurer les programmes de catéchèse paroissiale et les parcours d'enseignement religieux dans les écoles publiques. Elle crée également un centre de documentation et collabore aux travaux de la Société des écoles du dimanche à Paris.

Elle devient membre du conseil synodal de l'ERAL en 1977 puis, en 1982, elle est élue présidente de ce conseil, succédant au pasteur Christian Schmidt, devenant ainsi la première femme en France à exercer une telle fonction« Pour la première fois une femme à la tête de l'Église réformée d'Alsace et de Lorraine », in Le Monde, 8 juin 1982. Elle réalise un second mandat en 1985 et devient également vice-présidente de la Fédération protestante de France. Le , elle accueille, en compagnie de son collègue le pasteur Michel Hoeffel, président de l'ECAAL, le pape Jean-Paul II, en l'église luthérienne Saint-Thomas de StrasbourgJean-Luc Mouton, « Jean-Paul II et la pasteure », in Réforme, 2005, , p. 16. . Elle prend sa retraite en 1988. Antoine Pfeiffer lui succède à la tête de l'ERAL.

Elle consacre alors une partie de son temps à faire connaître l’œuvre de la musicienne alsacienne Marie Jaëll-Trautmann, sa parente, ainsi que les travaux de la bibliste et théologienne luthérienne, Suzanne de Dietrich. Elle travaille aussi à la sauvegarde, au tri et à la conservation des archives de la Fédération française des éclaireuses« Les archives de la Fédération Française des Éclaireuses », in Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme, Tome 143, 3 juillet-septembre 1997, et de celles de la communauté de Pomeyrol. Elle décède à Strasbourg en 2006, à l'âge de 86 ans.

Distinctions 1979 : chevalier des Palmes académiques 2002 : officier de la Légion d'honneur

Publications Ouvrages Lumière du monde (en collaboration) Le sel de la terre (idem) Articles et chapitres de livres « Biographie », in Laurent Hurpeau (coord.), Marie Jaëll, un cerveau de philosophe et des doigts d'artiste, Symétrie, 2004, . « Marie Jaëll-Trautmann, une artiste alsacienne », L'Outre-Forêt, 73, 1991, 16-23. « Les archives de la Fédération française des éclaireuses », Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, 143, -, p.545-551, .

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Alice Bodi-Duport, « In memoriam : Thérèse Klipffel », in Almanach évangélique luthérien d'Alsace et de Lorraine, 2007, Marie-Joseph Bopp, , Degener, Neustadt a. d. Aisch, 1959, , . Gabrielle Cadier-Rey, « Thérèse Klipffel », in Réforme, 2006, , Théodore Rieger (et al.), « Thérèse Klipffel. Une vie au service de tous : du scoutisme à l'Église », in Destins de femmes : 100 portraits d’Alsaciennes célèbres, Le Verger Éditeur, Strasbourg, 1996, Christian Wolff, « Thérèse Jacqueline Klipffel », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, , .

Articles connexes Protestantisme en Alsace

Liens externes

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