Le Crucifix de Lorenzo di Bicci est un crucifix peint sur fond d'or, attribué au peintre florentin et conservé au musée du Petit Palais d'Avignon, où l'a déposé le musée du Louvre.

Issu de la collection Campana et acquis par l'État en 1861, il a reçu plusieurs attributions, à Buffalmacco, à l'école florentine du , à l'école d'Orcagna, à l'atelier de Gerini et au . Il est aujourd'hui attribué à Lorenzo di Bicci .

Le décor géométrique du fond comporte les sept Vertus ; sainte Madeleine figure en bas, à droite. Les sources divergent sur sa datation, située dans le dernier quart du ou au .

Elisabeth Mognetti lui a consacré une étude publiée en 2002.

Historique

Collection Campana

Le crucifix provient de la collection réunie à Rome par le marquis Giampietro Campana. Il figure sous le numéro 42 dans les catalogues du musée Campana publiés à Rome en 1857-1858.

L'œuvre est acquise par achat en 1861. Elle entre au musée Napoléon III à Paris en 1862 et figure sous le numéro 42 dans le catalogue de ce musée rédigé la même année par Sébastien Cornu ; elle rejoint le musée du Louvre en 1863. Une étiquette imprimée collée au revers du panneau porte la mention « […] MUSÉES IMPÉRIAUX / 406 ».

Dépôts

Le Louvre dépose l'œuvre au musée d'Angers de 1872 à 1970, puis au musée du Petit Palais d'Avignon en 1976.

Restauration et exposition

Le crucifix est restauré en 1976 ; les parties refaites ont été conservées. Le Dizionario biografico degli italiani le qualifie d'œuvre remaniée.

L'œuvre figure dans le catalogue de l'exposition Au-delà du visible, 10 tableaux Campana aux rayons X, présentée au musée du Petit Palais d'avril à octobre 1980.

Attribution

L'attribution du crucifix a varié. Les catalogues du musée Campana et le catalogue de Sébastien Cornu le donnent à Buffalmacco ; Reiset le range dans l'école florentine du et Bernard Berenson dans l'école d'Orcagna. Michel Laclotte l'attribue à l'atelier de Gerini, et Miklós Boskovits au . L'inventaire du Louvre l'enregistre comme œuvre d'un anonyme florentin.

Il est aujourd'hui attribué à Lorenzo di Bicci. Le le compte parmi la vaste production qui peut être rattachée au peintre et le tient pour une œuvre qui, bien que remaniée, lui revient sans aucun doute, en se référant à Michel Laclotte et Elisabeth Mognetti.

Elisabeth Mognetti lui a consacré une étude, , publiée dans le volume 61 des , intitulé .

Description

Iconographie Le crucifix peint est conforme aux représentations monumentales du Christ en croix de l'époque post-giottesque, à savoir le Christ mort sur la croix en position dolens (souffrant) : le corps tombant, le ventre proéminent débordant sur le haut du périzonium, la tête aux yeux clos penchée touchant l'épaule, les côtes saillantes, les plaies sanguinolentes, les pieds superposés. Dans le décor géométrique du fond sont figurées les sept Vertus : à droite du Christ, la Foi, l'Espérance et la Charité ; à gauche, la Prudence, la Force, la Justice et la Tempérance, l'identification de la première et de la dernière étant accompagnée d'un point d'interrogation dans la notice du Louvre. En bas, à droite, figure sainte Madeleine.

La notice de la base Joconde recense, parmi les sujets représentés, les vertus théologales et les vertus cardinales.

Matériaux et forme

L'œuvre est peinte sur fond d'or, sur un support de bois de peuplier ; elle mesure de hauteur et de largeur. La base Joconde la décrit comme étant de forme complexe et la rattache à la pratique votive.

Datation

La notice du Louvre date l'œuvre du , entre 1400 et 1500. La base Joconde la situe dans le dernier quart du .

Contexte

Lorenzo di Bicci naît vraisemblablement vers le milieu du et meurt en 1427. Inscrit à l'Arte dei Medici e Speziali entre 1353 et 1386, il est documenté comme peintre dès 1370. Selon le Dizionario biografico, ses œuvres les plus anciennes témoignent d'une formation dans l'entourage de Jacopo di Cione ; les musées d'Empoli le disent formé dans le sillage de la culture d'Andrea Orcagna.

Selon les musées d'Empoli, il se distingue par les qualités techniques de ses ornements et le travail de ses fonds d'or, qui lui valent de nombreuses commandes publiques et privées. Il travaille pour le chantier de l'Opera del Duomo de Florence dans les dernières décennies du et exécute vers 1380, pour l'Arte dei Vinattieri à Orsanmichele, un Saint Martin en trône, aujourd'hui à la Galleria dell'Accademia.

Les musées d'Empoli conservent de lui une Crucifixion, panneau central d'un polyptyque destiné à la chapelle de la Compagnia della Croce, dédiée à sainte Hélène ; un document de 1399 en permet la datation et l'attribution.

Le Dizionario biografico le décrit comme un exemple emblématique du courant le plus traditionaliste de la peinture florentine de son temps, dont l'exécution technique est presque toujours très soignée.

Notes et références

Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie

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Articles connexes

Lorenzo di Bicci Collection Campana Représentation du Christ en croix

Liens externes

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