Constance d'Aragon (née en 1318, morte en 1346 à Montpellier) fut une princesse aragonaise, reine consort de Majorque et princesse consort d'Achaïe. Elle est également connue pour ses talents de trouveresse (trobairitz).
Origines Constance était la deuxième fille du roi d'Aragon, de Valence et de Sardaigne, comte de Barcelone, d'Urgell, d'Empúries et des autres comtés catalans, Alphonse le Débonnaire et de sa première épouse, la comtesse d'Urgell, Thérèse d'Entença (vers 1300 † Saragosse, 1327), fille de Gombaud, baron d'Entença et de Constance d'Antillón, héritière du comté d'Urgell.
Biographie Constance apparaît pour la première fois lorsqu'à l'âge de sept ans, fille de l'héritier du trône d'Aragon, elle est promise le à son cousin de dix ans, le roi de Majorque, , fils de Ferdinand d'Aragon et de l'héritière de la principauté d'Achaïe, Isabelle de SabranIsabelle de Sabran était la fille d'Isnard de Sabran et de Marguerite de Villehardouin (1266-1315), prétendante au titre de princesse d'Achaïe. Marguerite était la sœur d'Isabelle de Villehardouin, fille aînée de Guillaume, prince d'Achaïe, vassal du roi de Naples. Isabelle avait épousé et obtenu de la restitution de la principauté. Le comportement de Philippe de Savoie déplut toutefois à Charles d'Anjou, qui leur imposa à sa femme et lui de renoncer à la principauté, l'annexant à ses propres domaines. Marguerite ne reconnut jamais cette annexion et continua d'affirmer ses prétentions au titre après la renonciation de sa sœur.. Cette union a pour but de renforcer les liens entre les deux branches de la même maison, les Aragon et les Aragon de Majorque. En 1335, devient majeur et épouse Constance le , à Perpignan.
La même année, à la mort de son père, le roi , le frère de Constance, monte sur le trône. Il n'a guère de sympathie pour son cousin et beau-frère et décide immédiatement de rétablir le rapport de vassalité qui les unit, comme prévu par le traité d'Anagni de 1295, signé entre le grand-père de Constance et , et le grand-père de , .
Après plusieurs années de conflits et de rétorsion, ouvre un procès pour trahison contre son cousin et beau-frère. Le procès, conduit par le roi lui-même, se conclut en 1343 sur la condamnation du roi de Majorque, qui voit l'ensemble de ses biens confisqués et confiés à la couronne d'Aragon.
Face au refus de d'obtempérer, envahit Majorque et remporte la bataille de Santa Ponça, qui marque la fin de Jacques et le début de l'occupation de Majorque. se retire dans ses comtés des Pyrénées mais dans le courant de l'année 1344, ceux-ci sont également attaqués et occupés par les troupes catalano-aragonaises.
Jacques ne conservera in fine que la principauté d'Achaïe et la seigneurie de Montpellier, dont la souveraineté lui était contestée par le roi et d'où il tentera inutilement de reconquérir le Roussillon. Il s'y retire avec Constance et leurs deux enfants, Constance y meurt en 1346.
En 1347, se remarie avec Violante de Vilaragut († 1372), fille de Bérenger de Vilaragut et de sa seconde femme, Saura de Majorque. Deux ans plus tard, il vend la seigneurie de Montpellier à pour 12 000 thalers d'or et tente de repartir à l'assaut de Majorque mais le , il est battu et perd la vie à la bataille de Llucmajor, au cours de laquelle son fils, sa fille et sa dernière épouse sont faits prisonniers. Violante de Vilaragut se remariera en 1352 avec Otto de Brunswick-Grubenhagen.
Constance et Jacques auront deux enfants :
Jacques le Prétendant, roi titulaire de Majorque et prince d'Achaïe ; Isabelle, reine titulaire de Majorque.
Œuvre De sa plume, on connaît Ez yeu am tal que's bo e belh (« J'aime ce qui est bel et bon ») Lire en ligneNote, bas de pageI. Persée.
Ce texte est notamment préservé dans le Chansonnier Vega-Aguilo (Espagne, Barcelone, Biblioteca de Catalunya, ms. 7-8, f. 49r-v), avec pour nom d'autrice "La Reyna de Mallorques". Cette appellation non nominale conduit certains à penser que l'autrice est peut-être plutôt la seconde femme de Jacques III, Violante de Vilaragut.
Quoi qu'il en soit, la première strophe de ce poème est également présente, de manière anonyme, dans la traduction catalane du Decaméron, ce qui témoigne de son succès. Ladite traduction nous est transmise par le biais d'un autre manuscrit conservé à Barcelone (Espagne, Barcelone, Biblioteca de Catalunya, ms. 1716, f. 43v-44r)Le début du texte de la Reine de Majorque se situe en bas du folio 43v, à partir de la dernière marque rouge..
Notes et références
Catégorie:Écrivain de langue d'oc Catégorie:Écrivain médiéval de langue d'oc Catégorie:Personnalité féminine du Moyen Âge Catégorie:Trobairitz du XIVe siècle Catégorie:Article dont des informations diffèrent sur Wikidata Catégorie:Infante d'Aragon du XIVe siècle Catégorie:Reine consort de Majorque