Allan Simonsen, né le à Vejle, est un footballeur international danois reconverti entraîneur.

Formé dans sa ville natale, au Vejle BK, Allan Simonsen rejoint l'Allemagne et le Borussia Mönchengladbach en 1972. En sept saisons, le Danois participe à deux victoires en Coupe de l'UEFA (en 1975 et 1979) et remporte trois éditions consécutives de la Bundesliga en 1975, 1976 et 1977.

En 1977, il reçoit le Ballon d'or dont il est l’unique joueur nordique lauréat. Simonsen est aussi le seul joueur à avoir marqué des buts en trois finales européennes : Coupe de l'UEFA, Coupe des vainqueurs de coupe et Coupe des champions. Son talent pour les passes décisives et son sens aigu du but lui permettent d'évoluer aussi bien en attaque que sur l'aile.

Il honore, entre 1972 et 1986, 55 sélections en équipe du Danemark, avec laquelle il inscrit vingt buts.

Biographie Formation et débuts à Vejle Né à Vejle en , Allan Simonsen commence le football à l'âge de six ans dans un club de la ville, le Vejle FC. Il se souvient : .

En 1963, il rejoint le club phare de la ville, Vejle BK, club où son père évolue vingt-cinq ans auparavant. À 17 ans, il participe à un tournoi international à Düsseldorf dont il termine meilleur buteur et est élu meilleur joueur du tournoi. Hennes Weisweiler, entraîneur du Borussia Mönchengladbach, le repère alors.

En , Simonsen fait ses débuts avec l’équipe première par une victoire (3-1) à domicile contre Karlskoga FF.  Et pour sa première saison, il remporte le championnat du Danemark. Il s'agit seulement du deuxième titre de champion de l'histoire du club, et le premier depuis 1958. L’année suivante, le BK conserve sa couronne et réalise le doublé avec la coupe du Danemark. Le , il dispute son premier match de Coupe d'Europe contre le RSC Anderlecht.

Après quarante deux apparitions et seize buts, à vingt ans, Simonsen rejoint Hennes Weisweiler et Die Fohlen (les Poulains) en Allemagne.

Ballon d'or avec Mönchenglabach thumb|left|Le Danois Allan Simonsen en 1976, au Borussia. Allan Simonsen arrive au Borussia Mönchengladbach en même temps que son compatriote et attaquant Henning Jensen, à l'origine de sa venue. Allan joue peu et peine à se faire à l'exigence de l'entraîneur Hennes Weisweiler. Après seulement six mois, Simonsen demande à être transféré, le Hambourg SV est intéressé mais Weisweiler s'y oppose. Au terme de sa première saison, il voit ses coéquipiers remporter la Coupe d'Allemagne et perdre en finale de la Coupe de l'UEFA face à Liverpool (3-0). Allan ne dispute que huit rencontres la première saison et se souvient : .

Pour sa deuxième année, la saison 1973-74, Allan Simonsen ne prend part qu'à neuf rencontres, soit 17 en deux ans.

À partir de la saison 1974-75, il décroche une place de titulaire au poste d’ailier droit et dans un rôle de soliste dribbleur. Mönchengladbach réalise le doublé Coupe UEFA-Bundesliga. La première Coupe d'Europe du club est remportée au match retour de la finale face à Twente, où Simonsen inscrit un doublé (0-0, 1-5). En championnat, le Danois inscrit 18 buts en 34 matchs.

L'équipe remporte aussi les deux championnats suivants (1976, 1977) avec maintenant Udo Lattek comme entraîneur qui replace Simonsen en meneur du jeu orpheline de Netzer et Jensen. En , il s'incline en finale de Coupe d'Europe des clubs champions, face à Liverpool (3-1), il égalise et marque le seul but de son équipe, mais doit laisser filer le trophée à son rival de l'époque Kevin Keegan.

En , le Ballon d'or est attribué à Allan Simonsen devant Kevin Keegan et Michel Platini. En fin de saison 1977-78, le Borussia perd son titre de champion à la différence de but. Éliminé en demi-finale de Coupe des champions, Simonsen termine tout de même meilleur buteur de la coupe d'Europe. L'année suivante, l'équipe finit huitième. Simonsen totalise 28 buts en 59 matchs sur ces deux années.

Le , il remporte sa seconde Coupe de l'UEFA, aux dépens de l'Étoile rouge de Belgrade (1-1 et 1-0). Il inscrit le seul but du match retour, sur penalty et termine meilleur buteur. En fin de contrat, il quitte Mönchenglabach après 178 matches et 76 buts.

Poursuite au Barça puis Charlton En fin de contrat, Simonsen s'engage en au FC Barcelone, qui l'approche déjà un an auparavant. Il devient le premier danois à porter le maillot du Barça et est censé succéder au légendaire Johan Neeskens. Il y est alors en concurrence avec Schuster et Krankl.

En 1981, après deux années sans titres, le FCB remporte la Coupe du Roi, face au Sporting Gijon (3-1).

Qualifié pour la Coupe des vainqueurs de coupes, l'équipe d'Udo Lattek se qualifie pour la finale grâce au seul but d'Allan Simonsen lors du match retour contre Tottenham Hotspur FC (1-1 puis 1-0). Simonsen et son homologue ailier Lobo Carrasco alimentent alors leur attaquant Quini. Le , le Barça remporte la compétition face au Standard de Liège (2-1). Buteur puis passeur décisif sur coup franc, Simonsen devient le premier joueur à marquer dans les finales de toutes les Coupes d’Europe (C1, C2 et C3). En raison du plafond de deux joueurs étrangers imposé dans les titulaires par la ligue espagnole et l’arrivée de Diego Maradona au Barça, Simonsen refuse une place de remplaçant et préfère continuer de jouer régulièrement dans un autre club.

Simonsen refuse le Real Madrid et Tottenham pour jouer au Charlton AFC, un club de D2 anglaise car il . Le club anglais investi fortement pour recruter le Danois et remonter en première division. Mais l'expérience tourne court et, malgré neuf buts en seize matches, il est libéré de son contrat en par le club qui ne peut plus le payer.

Retour et fin au Vejle BK Sans équipe début 1983, Allan Simonsen retourne au club de ses débuts, le Vejle BK et délivre une bonne saison avec treize buts en vingt-huit rencontres. Vejle termine à la huitième position du championnat. En , il termine troisième du Ballon d'or largement remporté par Michel Platini (110).

Lors de l’exercice 1984, le VBK remporte son cinquième titre de champion du Danemark. Simonsen manque la moitié de la saison à la suite de la fracture du tibia contractée à l’Euro 1984.

Revenu sur les terrains et toujours aussi efficace devant le but, il ne parvient néanmoins pas à retrouver l’intégralité de ses moyens physiques.

En 1989, à 37 ans, Allan Simonse prend sa retraite des terrains après dix huit ans de carrière professionnelle.

Carrière en équipe nationale Peu après ses débuts au Vejle BK, Allan Simonsen est convoqué en Équipe du Danemark des moins de 21 ans et participe à six rencontres. Dès 1972, il connaît sa première cape avec la sélection A dirigée par Rudi Strittich pour un match amical contre l’Islande. Auteur d’un doublé, Simonsen participe à la victoire 5-2 du Danemark.

Le jeune homme de 20 ans est ensuite retenu dans l'équipe olympique pour participer aux JO de Munich. Il marque trois buts en autant de matchs au premier tour et participe à qualifier l'équipe éliminée lors de la seconde manche.

Il faut ensuite attendre une douzaine d’années avant de retrouver le Danemark dans une compétition internationale.

Sous la direction de Sepp Piontek, Simonsen joue un rôle crucial pendant les qualifications pour l'Euro 1964. Dans une rencontre décisive à Wembley en Angleterre, Simonsen inscrit le seul but de la rencontre sur penalty (victoire 0-1) et assure la qualification au premier tournoi international depuis les JO de 1972 et la première participation au Championnat d'Europe depuis 1964.

Le Championnat d'Europe de 1984 est une courte expérience pour Simonsen. Le , lors du match d'ouverture contre la France, il se fracture le tibia dans un choc avec Yvon Le Roux. Malgré la perte de son joueur clef, le Danemark atteint les demi-finales de l'Euro, éliminé par Espagne (1-1 5-4). Simonsen admet que, à la suite de cet incident, il « n'a jamais vraiment retrouvé [s]on meilleur niveau ».

Allan Simonsen est sélectionné dans l'équipe du Danemark pour de la Coupe du monde 1986. À la suite de l'émergence d'une nouvelle génération de joueur, il ne participe qu’à une seule rencontre, la troisième du premier tour contre l'équipe d'Allemagne de l'Ouest (victoire 2-0). Le Danemark est de nouveau éliminé par l'Espagne, en huitièmes de finale (5-1).

En , Simonsen met un terme à sa carrière internationale après un dernier match contre la RFA.

Selon la Fédération danoise de football, Simonsen joue 55 matchs pour l'équipe nationale danoise et marque vingt buts. Cependant, certaines sources choisissent d'inclure l'apparition de Simonsen dans un match de charité, joué le au stade olympique de Rome, au profit des victimes du tremblement de terre d'Irpinia, portant respectivement à 56 et 21, son nombre de matchs et de buts internationaux.

Reconversion comme entraîneur

Échec au Velje BK Seulement deux ans après sa retraite des terrains, Allan Simonsen devient entraîneur de son club formateur devenu centenaire, le Vejle Boldklub. Mais après le départ de plusieurs joueurs majeurs conjugué à celui des quatre associés dirigeant, Allan ne peut empêcher la première relégation du BK depuis 1956. En poste jusqu’en 1994, il ne parvient pas à faire remonter le club en Superligaen.

Sept ans à la tête des îles Féroé En février 1994, Allan Simonsen est nommé sélectionneur de l'équipe des îles Féroé. Ce dernier va faire considérablement évoluer le football féroïen, passant d'un niveau de jeu amateur à un niveau de jeu plus professionnel. À sa demande, le FSF rallongea le championnat local pour augmenter le niveau de ses joueurs. Pour les éliminatoires à l'Euro 1996, l'équipe féroïenne tombe dans le groupe 8 comportant notamment Saint-Marin, adversaire du même acabit que la sélection féroïenne. Après cinq défaites, les Féroïens battent Saint-Marin, trois buts à zéro, remportant son premier match depuis le « Miracle de Landskrona » en 1990. C'est la première fois que les Féroïens gagnent sur un autre score qu'un but à zéro et, jusqu'en 2021, la plus grande victoire féroïenne depuis son affiliation à la FIFA. Lors de l'avant-dernière journée, l'équipe remporte son second match contre Saint-Marin à l'extérieur, sur le score de trois buts à un. C'est la première fois que les Féroïens remportent un match à l'extérieur.

Pour les qualifications à la Coupe du monde 1998, l'équipe termine sur 6 avec deux victoires consécutives contre Malte, deux fois deux buts à un. C'est la première fois que les Féroïens remportent deux matchs consécutifs. Durant l'année 1997, l'équipe s'impose en Estonie face à la sélection locale, deux buts à zéro lors d'un match amical.

Pour les qualifications à l'Euro 2000, la Landsliðið obtient quelques bons résultats, faisant trois matchs nuls (0-0 en Lituanie, 2-1 et 1-1 contre l'Écosse puis 2-2 face à la Bosnie-Herzégovine). Finalement, l'équipe termine dernière de son groupe, avec trois points en dix matchs (3 matchs nuls pour 7 défaites) encaissant 17 buts, son plus faible nombre de buts encaissés.

Lors des qualifications à la Coupe du monde 2002, l'équipe obtient son meilleur total de points après un match nul en ouverture face à la Slovénie (2-2) et deux victoires sur le Luxembourg. L'équipe termine sur six avec sept points, un record. Il quitte son poste en .

Allan Simonsen qualifie ce rôle de « meilleur job que j'aie jamais eu. Il y avait tout à construire et je n'avais pas la pression du résultat. Je n'avais aucun joueur professionnel, et j'ai dû partir de zéro. Certains jouaient même à d'autres sports. J'ai dû négocier avec les fédérations pour leur dire qu'ils devaient se concentrer sur le foot. C'était très marrant. Et à force de travail, on a fini par avoir quelques résultats. On a même fait 1-1 en Écosse. »

Sélectionneur du Luxembourg puis dirigeant De à , Allan Simonsen est sélectionneur du Luxembourg.

En , le Luxembourg s'incline 2-0 contre la Bosnie pour la troisième journée des éliminatoires de l'Euro 2004, où Simonsen retrouve notamment le Danemark.