vignette|Le pape (1487-1555), accusé d'avoir eu des relations sexuelles avec le cardinal Innocenzo Ciocchi del Monte par l'ambassadeur de Venise.

La sexualité des papes est un sujet d'étude pour les historiens - bien que le célibat sacerdotal soit la règle dans l’Église catholique.

Plusieurs papes de l’Église catholique (romaine) auraient eu des activités sexuelles avant ou après leur élection au pontificat, et d'autres étaient formellement mariés. Hormis dans ce dernier cas, de telles relations étaient réalisées sans le sacrement du mariage et contrevenaient à la règle du célibat sacerdotal.

Sur les , vingt auraient eu des activités sexuelles, et quelques-uns d'entre eux ont même eu des enfants illégitimes. Certains furent également décrits comme ayant eu des relations homosexuelles ou incestueuses, notamment par des adversaires ou opposants politiques.

D'après les documents néo testamentaires et les conciles Durant plusieurs siècles, le célibat des prêtres n'était pas une règle stricte. En vertu des mœurs de l'époque, il ne fait aucun doute que la plupart des Apôtres de Jésus étaient mariés et avaient une famille. Dans le Nouveau Testament (Mc 1:29–31; Mt 8:14–15; Lc 4:38–39; 1 Tim 3:2, 12; Tit 1:6), il apparaît clairement que Pierre était marié, et que les évêques, les prêtres et les diacres de l'Église des premiers siècles l'étaient également.

Par ailleurs, le fait que la majeure partie des membres du clergé étaient alors mariés est également mentionné dans l'épigraphie, dans les déclarations des Pères de l'Église, dans la législation issue des synodes et dans les décrets de la papauté. Le célibat n'était pas exigé des candidats à l'ordination, mais il existait toutefois dans le christianisme primitif, pratiqué notamment par les premiers moines et les ermites.

Bien que certains conciles locaux aient exigé le célibat du clergé dans certaines régions, c'est seulement après le deuxième concile du Latran (1139) que l'Église latine décide de n'accepter comme candidat à l'ordination que les hommes ayant fait vœu de célibat. Les raisons de cette décision ne sont pas claires : d'ordinaire, le célibat était considéré comme un état plus précaire que le mariage, gage de stabilité, mais le mariage des prêtres a parfois posé le problème du legs de biens d'Église à l'épouse ou aux enfants. Par conséquent, bien qu'il s'agisse d'une tradition multi-séculaire, le célibat consacré n'a pas de fondement doctrinal et relève uniquement de la discipline (canonique) de l’Église catholique latine : les Églises catholiques de droit oriental admettent encore aujourd’hui les hommes mariés à l’ordination sacerdotale, mais interdisent à un prêtre célibataire de se marier. Si ce n’était pas un point de discipline, ni les prêtres orientaux, ni les diacres ne pourraient officier mariés.

En somme, l'Église catholique considère comme célibataire une personne non mariée. Le célibat ne signifie cependant pas abstinence sexuelle, mais il l’entraîne néanmoins, dans la mesure où les relations sexuelles hors mariage sont proscrites.

Papes mariés avant leur ordination vignette|150px|Le pape (1265-1268), marié et père de deux filles avant d'entrer dans les ordres. Hormisdas (514-523) était marié et veuf avant de devenir prêtre. Il est en outre le père du pape Silvère, dont le pontificat ne dura qu'un an (536-537). (867-872) était marié à une femme nommée Stéphanie avant de devenir prêtre, et avait une fille. Sa famille résidait avec lui dans le palais du Latran. Sa femme et sa fille furent assassinées par Eleuthérius, frère d'Anastase le Bibliothécaire, responsable de la bibliothèque du Saint-Siège. (1003) était marié avant son élection au pontificat et avait trois fils, qui devinrent tous prêtres. (1265-1268) était également marié avant de devenir prêtre. Il eut plusieurs enfants et petits-enfants dont la descendance se perpétue à ce jourLes informations généalogiques sur la descendance du pape proviennent des pièces du procès qui a été instruit pour son héritage, commencé vers 1272 et terminé seulement en 1339. Une grande partie de ces pièces sont reproduites dans le cartulaire de l'évêché de Maguelone.

Papes ayant eu une activité sexuelle hors mariage avant leur ordination vignette|Innocentius VIII (1458-1464) avait au moins deux enfants illégitimes (nés hors mariage), un à Strasbourg et un autre en Écosse, tous deux nés avant son entrée dans les ordres. Pie a tardé à devenir prêtre en raison de la nécessité de faire vœu de chasteté. (1484-1492) a eu deux enfants illégitimes durant sa jeunesse, tous deux nés avant son entrée dans le clergé. Le népotisme dont il faisait preuve envers eux a été jugé . Il maria son fils aîné Franceschetto Cybo à la fille de Laurent de Médicis, qui en échange usa de ses relations pour créer cardinal son fils Giovanni, alors âgé de treize ans. Ce dernier deviendra pape en 1513 sous le nom de . Son frère Maurizio Cibo est gouverneur de Pérouse, et père du cardinal Lorenzo Cibo. Le prédicateur Jérôme Savonarole fustigea ses ambitions mondaines. (1523-1534) avait un fils illégitime d'une esclave de Nubie avant d'entrer dans les ordres. Selon toute vraisemblance, il s'agirait d'Alexandre de Médicis, duc de Florence : "Clément fit de son fils Alexandre de Médicis (son fils illégitime avec une esclave nubienne) le Premier duc de Florence.".

Papes ayant eu une activité sexuelle après leur ordination vignette|Pope Julius II d'après Raphaël (1503-1513) eut trois filles illégitimes, dont l'une était Felice della Rovere, née en 1483, soit vingt ans avant son élection au pontificat, mais vingt ans après sa consécration épiscopale comme évêque de Lausanne. (1534-1549) eut quatre enfants illégitimes (trois fils et une fille) avec sa maîtresse Silvia Ruffini, après sa nomination comme cardinal-diacre de Santi Cosma e Damiano. Il cessa toute relation avec elle aux alentours de 1513, et aucune source ne fait mention de relations sexuelles durant son pontificat. Selon certaines sources, aurait souhaité entrer dans les ordres afin de pouvoir continuer à mener un train de vie fastueux. Il fit de son fils Pierre-Louis Farnèse le premier duc de Parme et Plaisance. Ce dernier participa au sac de Rome de 1527. (1572-1585) reçut la tonsure ecclésiastique à Bologne en , mais eut peu après une relation amoureuse avec Maddalena Fulchini. Un fils, Giacomo Boncompagni, naquit de cette union en 1548, soit neuf ans après son ordination sacerdotale. Giacomo demeura illégitime mais son père le fit néanmoins gonfalonier de l'Église, et gouverneur du château Saint-Ange à Rome ainsi que de la ville de Fermo (dans les Marches).

Papes ayant eu des relations sexuelles pendant leur pontificat

(1492-1503) eut une longue relation amoureuse avec Vannozza Cattanei alors qu'il était prêtre. Membre de la famille Borgia, il eut quatre enfants avec elle : les princes César, Giovanni, Geoffroi, et la mécène Lucrèce Borgia. Quelques années plus tard, il fréquente Giulia Farnese, la sœur du pape , qui donne naissance à une fille nommée Laura alors qu'Alexandre a plus de soixante ans et est déjà pape. Il eut au moins sept enfants, et peut-être jusqu'à dix en tout. Habile stratège, il protégea les intérêts de sa famille en utilisant sa descendance pour créer des alliances avec d'autres familles influentes. Il accorda à Giovanni le titre de Capitaine général de l'Église, et fit de César un cardinal. Enfin, il les plaça chacun à la tête d'un duché indépendant composé d'une portion du territoire des États pontificaux.

Papes accusés d'avoir eu des relations sexuelles par leurs opposants

Relations hétérosexuelles

vignette|Sergius III (904–911) fut accusé par ses détracteurs d'être le père du pape (931-936), fils qu'il aurait eu de , une noble romaine. L'évêque lombard Liutprand de Crémone formule ces accusations dans son Antapodosis, qui figurent également dans le . Toutefois, le chroniqueur Flodoard de Reims (vers 894-966) estime que était le frère d', fils de Marozia et son mari , duc de Spolète. Par conséquent, le pape serait également leur fils, et non celui de . L'historien Bertrand Fauvarque accrédite cette deuxième hypothèse, rappelant que les sources contemporaines sont peu fiables, Liutprand étant et les autres mentions de cette paternité provenant de textes satiriques écrits par les partisans du pape Formose. (914–928) est accusé par Liutprand de Crémone d'avoir eu une liaison amoureuse avec l'aristocrate romaine , que Liutprand qualifie de , ainsi qu'avec sa fille Marozie. vignette|Le pape , accusé de luxure et d'inceste. Selon Liutprand de Crémone, il aurait « transformé le palais sacré en bordel » et serait mort en pleine débauche. (955-963) : en lutte avec l'empereur Otton, celui-ci convoque un synode qui accuse Jean XII de luxure et d'inceste. Un moine, Benoît de l'abbaye de Saint André du mont Soracte, indique dans le de ses Annales qu'. Liutprand de Crémone, dans son Histoire d'Otton, s'exprime sur le pape en ces termes . Certaines sources affirment qu'il serait mort huit jours après avoir connu une soudaine crise de paralysie en pleine débauche. D'autres chroniqueurs affirment qu'il fut tué par un mari jaloux alors qu'il était en plein acte sexuel.

Relations homosexuelles vignette|Benedictus nonus (Liber Chronicarum) (1032-1044, puis en 1045, et de 1047 à 1048) fut accusé d'immoralité et de luxure par de nombreux témoignages. Benno, évêque de Plaisance, l'accusa de . Dans le troisième tome de ses Dialogues, le pape (1086-1087) le peint comme l'un des pires souverains pontifes ayant existé : il déclare qu'il et fait allusion au fait qu'il a commis . Saint Bonizône, évêque de Sutri, dit qu'il avait l’habitude de commettre de . La Catholic Encyclopedia le décrit par exemple comme , et Ferdinand Gregorovius écrit que c’est avec que la papauté atteint le sommet de la décadence morale : . Enfin, sa vie dissolue inspira à Saint Pierre Damien (1007-1072) un ouvrage sur la sexualité hors mariage et l'homosexualité, le . Ce dernier l'accuse de pratiquer la sodomie, la bestialité et d'organiser des orgies : . En , s'est démis de ses fonctions pour se marier. (1464–1471) serait mort d'une indigestion due à des excès de melon, mais une rumeur propagée par ses détracteurs veut qu'il mourût en pleine débauche avec des hommes. vignette|Le pape (1471–1484), accusé de pédérastie. Il aurait distribué des offices en échange de faveurs sexuelles et nommé cardinaux plusieurs jeunes hommes réputés pour leur beauté. Il aurait également autorisé la sodomie durant les mois d'été. (1471–1484) aurait été connu pour être un pédéraste. Selon l'historien italien Stefano Infessura, dans son ouvrage Journal de la ville de Rome, Sixte . Il accordait des largesses et nommait des évêques en échange de faveurs sexuelles. Ainsi, il créa cardinaux de nombreux jeunes hommes, célébrés alors pour leur beauté. Parmi eux, son neveu Raphaël Riario, nommé cardinal à l'âge de dix-sept ans et accusé d'être son amant. Toutefois, Infessura était proche de la famille Colonna et ne peut donc être considéré comme une source impartiale. En outre, l'historien et inquisiteur espagnol Juan Antonio Llorente rapporte qu'il autorisa la sodomie durant les mois d'été à cause . (1503-1513). En plus d'avoir eu trois filles illégitimes alors qu'il était évêque, le pape fut également accusé d'homosexualité par ses détracteurs. Le Cinquième concile du Latran (1511), où des cardinaux conspirèrent pour tenter de le déposer, l'accusa d'être .