Le château de Saint-Vidal est une forteresse médiévale située dans la commune de Saint-Vidal, dans l'ancien Velay, à environ 7,5 km au Nord-Ouest du centre-ville du Puy-en-Velay, dans le département de la Haute-Loire.

Construit avant le il est devenu une imposante forteresse au avec Antoine II de La Tour Saint-Vidal, c'est l'un des fleurons de l'architecture militaire de l'Auvergne et l'une des forteresses les mieux conservées de la région. C'est aujourd'hui une propriété privée, abritant un hôtel de luxe depuis 2022.

Situation thumb|right|Gravure représentant le château de Saint-Vidal, vers le milieu du . Situé à 10 km au nord-ouest du Puy, le château fort de Saint-Vidal est une imposante forteresse dans la vallée de la Borne (altitude : ). La forteresse compense par l'importance de ses défenses la faiblesse de sa position.

Histoire La forteresse de Saint-Vidal fait partie des castra (sing. castrum) fortifiés avant le dans le Velay médiéval.

La seigneurie de Saint-Vidal est attestée dès la fin . En 1300, Guigon de Goudet est seigneur de Saint-Vidal Jean Theillière, Armorial des barons diocésains du Velay, J.-M. Freydier, 1880, page 80..

Un acte du XIVe siècle relate l'odyssée d'un Hugues de Saint-Vidal, capitaine des bailliages de Velay, Vivarais et Valentinois, fait prisonnier en 1383 par les Anglais durant la guerre de cent-ans, pour lequel une importante rançon fut demandée en échange de sa libérationAdrien Lascombe Documents sur l’ancienne famille de Saint-Vidal, Tablettes historiques de la Haute-Loire, 1876, page 536..

La seigneurie de Saint-Vidal passe ensuite à la famille de La Tour, qui avant de s'installer au dans les lieux était fixée à BargesMémoires de Jean Burel bourgeois du Puy, Volume 3, 1875, page 34..

Antoine II de La Tour Saint-Vidal (†1591), modernisa le château. « Âme de la ligue dans le Velay », il fut nommé gouverneur militaire du Velay et Haut-Vivarais en 1562 par Anne de Montmorency, connétable de France et lieutenant du roi en Languedoc. Plus tard, Henri III le nomme gouverneur et sénéchal du Gévaudan, gouverneur du VelayTablettes historiques du Velay, 1876, pages 534-535..

Pendant les guerres de Religion Pendant les guerres de Religion le château est renforcé pour l'adapter contre les tirs d'artillerie : de 1563 à 1578 les communs sont fortifiés, les murailles renforcées par des talus, le donjon surélevé, la forteresse parfaitement équipée pour l'utilisation de pièces d'artillerie.

En janvier 1591, Antoine II de La Tour Saint-Vidal est assassiné (ainsi qu'Antoine son lieutenant, et plusieurs de leurs hommes) par Pierre de la Rodde Histoire de Velay jusqu'à la fin du régime de Louis XV, Jean-Arnaud-Michel Arnaud, Ed. La Couche, 1816, page 77, sur le pont d'Estroulhas à Espaly. Il laisse de son mariage avec Claire de Saint-Point deux filles, dont Claire de Saint-Vidal, mariée le à Claude de Rochefort d'Ailly Florentin Benoît d'Entrevaux, Armorial du Vivarais, 1908, page 302., qui devient ainsi nouveau seigneur de Saint-Vidal.

Le , une armée d'Henri IV, commandée par Chambaud (chef des Protestants du Vivarais) et le sénéchal de Chaste, vint assiéger la forteresse. Pierre Portal commande la garnison. Se croyant trop faible pour résister, il offre de capituler à la condition toutefois d'avoir l'assentiment du vicomte de Lestrange, chef des ligueurs au Puy. Pour toute réponse, ce dernier jure de faire pendre Portal et ses soldats s'ils mettent bas les armes. Cette menace donne du cœur aux défenseurs de Saint-Vidal, qui repoussent les assaillants. Ceux-ci lèvent le siège au bout de huit jours sans avoir pu exécuter la sentence donnée à Tours par le roi de Navarre : que la maison de Sainct-Vidal seroict desmollye et abbattue pour en perdre toute mémoireMémoires de Jean Burel, bourgeois du Puy, publiés au nom de la Société Académique du Puy-en-Velay et de la Haute-Loire par Augustin Chassaing, Editeur, Le Puy-en-Velay, M.-P. Marchessou, 1875, p.278. Toujours en 1591, les ligueurs du Puy obtiennent de Claire de Saint-Point, sa veuve, l’autorisation d’en retirer "les 118 charges de poudre ou de boulets qu’il y avait déposées"Jean-Léandre-Romain Truchard Du Molin, Les Baronnies du Velay, éd. J. B. Dumoulin, 1870, ca 110 pages, p 75.

Guillaume de Rochefort d'Ally, baron de La Tour Saint Vidal, page de la grande écurie du roi, lègue en 1742 Saint-Vidal à Pierre de Dienne, seigneur de Chavagnac, son cousin germainMémoires de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Clermont-Ferrand, 1909, page 454..

Pierre-Joseph, marquis de Rochefort d'Ally, achète le château en 1748 et le vend vers 1765 à Louis-Augustin Porral, conseiller en la sénéchaussée et siège présidial du PuyJean Theillière, Armorial des barons diocésains du Velay, J.-M. Freydier, 1880, page 83.. Le château devint ensuite la propriété de l'évêché du Puy-en-Velay.

Époque contemporaine Délaissé par le diocèse du Puy-en-Velay, le château est acheté en 1930 par la famille Sahy. Bernard Sahy, qui restaure cet ensemble unique en Auvergne et l'ouvre aux associations, contribue à lui redonner vieLeprogrès.fr du 27 janvier 2019 : Bernard Sahy, l’homme qui a sauvé le château de Saint-Vidal.

En 2016, le château est racheté à Bernard Sahy par Vianney d'Alançon, qui déclare envisager d'en faire la principale attraction touristique d'Auvergne., sur la base de spectacles historiqueszoomdici.fr du 20 février 2018..

Les aménagements intérieurs du château ont été confiés à Didier Repellin, architecte en chef des Monuments historiques et les aménagements extérieurs, le jardin à François d’Orléans..

À cet effet, il fonde l’association pour la valorisation du Velay, Auvergne et Gévaudan en vue de porter le projet, selon un plan de financement composé de 300 000 euros de subventions octroyées par l'agglomération du Puy, 600 000 euros octroyés par la région Auvergne-Rhône-Alpes et de 300 000 euros octroyés par le département de la Haute-Loire, soit 1,2 million d'euroswww.zoomdici du 11 octobre 2017.. Cette association a annoncé une inauguration au mois de valeursactuelles.com du 6 août 2017.. La question de la subvention régionale suscite une polémique en 2019. Par la suite, la région Auvergne-Rhône-Alpes, refuse de payer le reste de la subvention accordée, suite à des désaccords sur l'usage des fonds. En 2026, le tribunal administratif de Lyon tranche le litige en faveur de la région.

D'autres institutions soutiennent ce projet, comme la famille Dassault à travers le fonds de dotation Jeune et Innovanthttp://www.zoomdici.fr/actualite/La-famille-Dassault-en-soutien-de-la-forteresse-de-Saint-Vidal-id163463.html zoomdici.fr du 27 février 2018. ou encore la Fondation Michelin.. Diverses personnalités comme Stéphane Bern, Lorànt Deutsch et Bernard de La Villardière ont également apporté leur soutien public au projetleprogrès.fr du 4 novembre 2017.leprogrès.fr du 19 janvier 2018.

Au printemps , une partie du château est transformée en hôtel de luxe classé cinq étoiles par Atout France.

Description thumb|right|Vue de la forteresse de Saint-Vidal.

Le bâtiment principal, un quadrilatère d'apparence austère, s'organise autour d'une cour intérieure. Trois tours rondes, dont deux couronnées de parapets, remontent au . de La Tour de Saint Vidal fit rajouter au à l'angle sud-ouest une tour donjon d'habitation dont l'étage supérieur, prévu pour la défense, présente un grand nombre de canonnières. Partout des bouches à feu percent des murailles que renforcent d'épais talus. Les différents points de défense utilisent tous les procédés recommandés à l'époque par les traités d'architecture, notamment par l'utilisation de meurtrières adaptées aux différentes armes à feu. Il fit également renforcer les murailles d'un glacis destiné à les rendre résistantes aux tirs de canon, et construire des communs prolongés par une courtine sud. Les travaux furent réalisés de 1563 à 1578.

« Quatre logis, disposés sur plan carré autour d'une cour, sont fortement talutés vers l'extérieur et flanqués aux angles de quatre tours rondes. L'une d'elles, qui est plus grosse, fait fonction de donjon ; elle est munie de bretèches de couronnement et accostée d'un appendice rectangulaire. Des canonnières largement évasées battent l'approche au ras du sol et à divers niveaux. La cour est bordée sur trois côtés d'une galerie de cloîtres voûtés d'ogives. Des braies, également flanquées, clôturent une basse-cour, dans laquelle est bâtie, au haut du château et devant l'accès, l'ancienne chapelle castrale devenue église paroissiale »Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications au Moyen Âge, Strasbourg, Publitotal, 1979.. La tour maîtresse qui commande l'accès au château possède en partie haute une salle d'artillerie sur plancher souple..

Personnalités liées au château Antoine II de La Tour Saint-Vidal Jean-Joseph d'Apchier Famille de Rochefort d'Ailly Famille de La Tour de Saint-Vidal Vianney d'Alançon, propriétaire du château depuis 2016.

Classement La forteresse est entièrement classée au titre des Monuments historiques depuis 1958 ; l'enceinte est inscrite depuis 1991.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie Rocher Archaud, Le Baron de Saint Vidal, Édition du Roure, 2004. Gaston de Jourda de Vaux, Les Châteaux historiques de la Haute-Loire (castels, maisons-fortes, manoirs), Éditions de la Société Académique du Puy-en-Velay et de la Haute-Loire, le Puy-en-Velay, 1911. . Jean Leandre Truchard du Molin, La Baronnie de Saint-Vidal, Régis Marchessou, 1897. Abbé Jean Theillière, Armorial des Barons Diocésains du Velay, J-M Freydier, 1880. Régis Thomas, Jacques Barrot, Châteaux de Haute-Loire, Watel, Brioude, 1993, 467 p. .

Articles connexes Saint-Vidal Liste des monuments historiques de la Haute-Loire

Liens externes

Saint-Vidal Catégorie:Monument historique classé en 1958 Catégorie:Monument historique inscrit en 1991