Le chant grégorien est un chant monodique qui se caractérise fortement de sa composition liturgique. En dépit de son ancienneté, le répertoire de celui-ci aussi adapte rigoureusement au rite romain.

Chant grégorien en tant que sommet de la musique liturgique

Traditionnellement, on considérait que l'histoire du chant liturgique de l'Église est celle de progrès, à partir du plain-chant primitif jusqu'à la polyphonie sophistiquée. Une fois que Dom Eugène Cardine de Solesmes avait constaté au milieu du que les neumes anciens du chant grégorien cachent énormes renseignements en tant qu'enregistrement écrit, la sémiologie grégorienne, nouvelle science, bouleversa ce point de vue. En revanche, il s'agit d'un chant vraiment développé :

Chant toujours sous le contrôle du texte sacré Caractéristique selon

Dans la neuvième année du pontificat du pape soit en 1323 ou 1324, le mouvement de l'Ars Nova fut formellement condamné et interdit par la décrétale Docta Sanctorum Patrum. Car, les exécutants de celui-ci « chantent les mélodies de l'Église avec des semi-brèves et des minimes, et brisent ces mélodies à coup de notes courtes. »

Au regard du chant grégorien, le pape français déterminait sa caractéristique en citant le livre de Siracide 47,9 :

Cette façon de chanter fut expliquée par Cardine :

Redécouverte aux C'était surtout les moines essayant de restaurer scientifiquement ce chant de l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes qui distinguaient la sacrée du chant grégorien. Dom Joseph Gajard y fut le maître de chœur entre 1914 et 1971 ; il précisait cette valeur spécifique en disant qu'un musicien, chef d'orchestre, lui déclara :

Et Gajard écrivit aussi :

Enfin, Johannes Overath, musicologue grégorien, résumait théologiquement ainsi que théoriquement ce sujet :

Répertoire grégorien adapté au rite romain Avec le motu proprio Inter pastoralis officii sollicitudes (1903), le pape soulignait que dans la liturgie de l'Église, il faut que chaque élément musical du chant respecte le modère, plus précisément celui-du chant grégorien. Ainsi, il ne faut pas que le célébrant attente à l'autel la fin de l'exécution trop longue de la musique (article 22).

Structure traditionnelle depuis le Durant les premiers trois siècles, la célébration de l'Église d'Occident fut effectuée sous influence de celle du judaïsme. C'était le soliste qui chantait le psaume à la suite de la lecturehttp://palmus.free.fr/session_2005 Daniel Saulnier, Session de chant grégorien III, septembre 2005, - 6.

Les documents établirent avec certitude cet événement. Il s'agissait d'Ambroise de Milan († 397) qui introduisit cette hiérarchie, donc dans le rite ambrosien. D'une part, il importa la schola de l'Église en Orient, aux églises de MilanL'établissement de la schola dans les cathédrales de Milan au fut scientifiquement confirmé d'après les études des bâtiments. Parfois, l'architecture suggère qu'il s'agissait du double chœur. Ce dernier était la tradition ancienne de l'église d'Orient. (Dom Jean Claire, Saint Ambroise et la psalmodie, Études grégoriennes, tome XXXIV 2007, )). Si l'on ignore quand ce système fut adopté à Rome, c'est-à-dire dans le rite romain, faute de document sûr, il est possible que l'animateur fût futur pape († 432). Car il est certain qu'avant son élection, celui-ci avait séjourné à Milan, chez saint Ambroise, et qu'il s'était aperçu que cet évêque de Milan fit chanter l'hymne Veni redemptor gentium.

thumb|upright=0.8|Certes, le pape saint Grégoire n'est plus le créateur du chant grégorien ni le fondateur de la schola. Néanmoins, il est vrai qu'il fit améliorer considérablement ceux qui concernaient la liturgie y compris la musique liturgique. Sous le pontificat de saint († 604), ce système était effectivement établi. Il est certain que ce pape réorganisa la schola papale déjà existante, notamment celle de Latranhttp://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/entretien_avec_un_moine_sur_le_chant_gregorien.asp. Toutefois, à force du scandale des solistes, il lui fallut en 595 interdire aux diacres de chanter le morceau très orné du chant papal, chant vieux-romain, avec un décret. En effet, ces solistes avaient tendance à oublier leur autre devoir important, distribution pour les pauvres« Depuis quelque temps, dans notre sainte Église de Rome à la tête de laquelle il a plu à la divine Providence de me placer, une habitude tout à fait condamnable a été prise qui consiste à choisir des chantres pour le service de l'autel. Mais ces chantres, promus diacres, n'accomplissent de service qu'en chantant, tandis que, dans le même temps, ils laissent à l'abandon le ministère de la Parole et la charge de la distribution des aumônes. Il en résulte, la plupart du temps, que, pour promouvoir aux ordres sacrés on recherchait les jolies voix, et on négligeait de rechercher des personnes menant une vie convenable à cet état. Le chantre, devenu diacre, charmait certes les fidèles par sa voix, mais irritait Dieu par sa conduite. C'est pourquoi j'ordonne par le présent décret que, dans l'Église romaine, il soit interdit aux ministres d'autel sacré de chanter, mais qu'ils se contentent de lire l'Évangile à la messe. J'ordonne que le chant des psaumes et la proclamation d'autres lectures soient accomplis par les sous-diacres à moins que l'on ne soit forcé de recourir à des clercs appartenant aux ordres mineurs. Que ceux qui voudraient s'opposer à cette décision soient anathèmes. » http://palmus.free.fr/session_2004.pdf Daniel Saulnier, Session de chant grégorien II, , septembre 2004.

Cette structure ou hiérarchie d'après la connaissance musicale subit, à partir de la Renaissance jusqu'ici, plusieurs bouleversements. La décadence s'était déjà amorcée au Moyen Âge :

Cérémonial de thumb|upright=0.8|Le premier cérémonial de l'Église fut publié en 1600 sous le pontificat de , après plus de 30 ans de rédaction.

À la suite du concile de Trente, le premier cérémonial de l'Église fut édité et publié en 1600. Il s'agit du dit cérémonial de dans lequel le chant grégorien était identifié en tant que chant liturgique par excellence. Toutefois, ce cérémonial se caractérisait notamment de l'alternation admise entre le chant et l'orgue. Aussi était-il possible que presque la moitié de texte ne soit pas chantée d'après ce guide liturgique, en dépit de la gravité amplifiée de la célébration. Le livre Fiori musicali de Girolamo Frescobaldi est un témoignage de la manière de liturgie romaine, selon la réforme après le concile. Des organistes français tel Guillaume-Gabriel Nivers suivaient cette nouvelle façon.

Ce document pontifical fut publié après plus de 30 ans de préparation, en respectant les vœux du concile. Ainsi, ce dernier demandait que le credo soit entièrement chanté, sans aucun accompagnement de l'orgue. C'est exactement ce que le cérémonial conservait. Le livre poursuivait le double objectif du concile : la Contre-Réforme ainsi que la Réforme catholique.

Par ailleurs, le document n'était autre qu'un grand guide liturgique qui laissait aux églises nationales et locales la liberté permettant de compléter les règles et de garder les coutumes régionales.

Polyphonie thumb|Kyrie elei - - - son à 4 voix (chœur) dans K 427 de Mozart (1782).|220x220px Après la publication du dit cérémonial de Clément VIII, la polyphonie connut son immense évolution. Il est normal que le pape distinguât et appréciât cette musique liturgique tout comme le chant grégorien dans son motu proprio Inter pastoralis officii sollicitudes en 1903Article 4.

François-Joseph Gossec ainsi que François-André Danican Philidor composèrent leurs Te Deum en 1779 et 1786 pour le Concert Spirituel à Paris, et non pour la liturgie.

Après le concile La principale discipline du concile était la participation active des fidèleschapitres 30, 31, 48 et 100. C'est un développement de l'idée de saint Ambroise de Milan ainsi que de saint Thomas d'Aquin alors que ces saints ne supprimèrent pas de rôle de la schola ni du soliste. Le concile soulignait l'avantage des hymnes versifiées, à savoir pièces composées notamment par ces deux saints. Souvent, les hymnes sont si simples que l'on peut les chanter très facilement. De plus, la répétition d'une même mélodie pour toutes les strophes contribue à mémoriser la mélodie et encore le texte. Dorénavant, tous les offices peuvent se commencer avec une hymne.

Il est certain que le concile voulait conserver la dignité de l'art sacréchapitre 122. Toutefois, en supprimant la hiérarchie de trois niveaux, la pratique musicale de l'Église devint en fait assez simple. Une fois que le média musical s'était énormément développé, cela provoqua une difficulté considérable. Les jeunes fidèles connaissant l'évolution de la musique pop ne peuvent pas trouver la musicalité équivalente dans la musique liturgique actuelle de l'Églisehttp://news.stanford.edu/news/2007/october3/mahrtsr-100307.html. En qualité de président de la Consociatio internationalis musicæ sacræ créée en 1963 par le pape , Louis Hage précisait :

Cohérence dans la célébration en grégorien Dom Ferretti affirme constater une cohérence entre la liturgie romaine et le répertoire grégorien. Dans son livre, il en expliquait avec le triple style mélodique du chant grégorien :

C'est pourquoi, à nouveau, le remplacement de l'ordinaire de messe (Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus et Agnus Dei) par celui du chant grégorien « qui garde une structure accessible à l'ensemble du peuple fidèle » est proposé, afin de rétablir la qualité de célébration, par Dom Hervé Courau, abbé et musicologue grégorien auprès de l'abbaye Notre-Dame de Triors.

Articles connexes Rite romain Chant grégorien, Latinité du chant grégorien Docta Sanctorum Patrum, Cérémonial de , Inter pastoralis officii sollicitudes Schola cantorum (chœur papal), Soliste Jubilus, Mélisme du chant grégorien, Polyphonie

Références bibliographiques Eugène Cardine, Vue d'ensemble sur le chant grégorien, Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 2002 31 p.

Hervé Courau, Chant Grégorien et participation active, Pierre Téqui, Paris 2004 48 p.

Daniel Saulnier, Le chant grégorien, Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 2003 129 p.

Denise Launay, La musique religieuse en France du Concile de Trente à 1804, Société française de musicologie et Éditions Klincksieck, Paris 1993 583 p.

Sacrosanctum concilium (Constitution sur la sainte liturgie), Vatican 1963

Notes et références

Bibliographie complémentaire Daniel Saulnier, Session de chant grégorien I, Au commencement était la Parole, session inter-monastique tenue à l'abbaye Saint-Martin de Ligugé, les -

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