La chronologie du projet de barrage de Sivens relate chronologiquement les différents événements associés au projet de barrage de Sivens : des premières études à l'enquête publique, puis la contestation avec divers recours en justice, l'occupation du site et la manifestation du 25 octobre 2014 qui donne lieu à de violents affrontements entre certains activistes et les forces de l'ordre, et aboutit à la mort du manifestant Rémi Fraisse. Ce dramatique événement est suivi de la suspension des travaux et de discussions entre les différents acteurs pour définir les modalités de poursuite ou non du projet de barrage. En juillet 2016, le tribunal administratif annule les autorisations du projet. Chronologie 1989-2025 du projet de barrage de Sivens.|vignette|upright=2
Période 1969-1989 : projets privés divers Selon Lucien Lacoste, conseiller municipal de Lisle-sur-Tarn, le tout premier projet est privé et remonte à 1969. Un promoteur souhaitait alors construire un complexe touristique de comprenant, entre autres, un grand lac de plus de de long, un héliport, un hippodrome et diverses structures. Ce projet n’a pas abouti..
En , le conseil général du Tarn achète la forêt de Sivens qui englobe une partie de la vallée du Tescou.. Puis en 1978, un deuxième projet de retenue à des fins agricoles lancée par un groupe d’agriculteurs avorte rapidement. Cette idée est relancée en 1983, encadrée cette fois par la chambre d’agriculture, l’Agence de l’eau d’Adour-Garonne et des techniciens de la compagnie d'aménagement des coteaux de Gascogne (CACG) mais, faute de pouvoir pénétrer sur les terrains pour faire des relevés, le projet est une nouvelle fois abandonné.
Période 1989-2014 Études préalables (1989-2006) En 1989 est lancée l'étude de faisabilité de la retenue de Sivens dans sa forme actuelle, conduite par la CACG avec le soutien financier du conseil général du Tarn. De 1999 à 2003, ce dernier apporte également son soutien aux études géotechniques complémentaires et à l’étude d’avant-projet sommaire réalisée par la CACG, ..
En 2002, le conseil général acquiert la propriété « Métairie neuve » pour constituer un portefeuille foncier pour ce projet.
Le plan de gestion des étiages du Tescou (PGE), qui va servir de référence au projet, est réalisé sous maîtrise d’ouvrage du département de Tarn-et-Garonne en 2003. Il présente trois scénarios possibles de retour à l’équilibre. Ce plan est approuvé par la commission de planification de l’Agence de l’Eau d'Adour-Garonne le , et par le préfet de Tarn-et-Garonne coordonnateur de bassin le , diapo .
En 2002-2004, divers sites de retenue en travers du cours d’eau ont été identifiés. Le site de Sivens est choisi par comparaison avec trois autres sites de barrage en travers du cours d’eau relativement proches, qui n'ont pas été retenus pour des raisons de disponibilité foncière, d'impact sur les milieux naturels et les habitats d'espèces, et enfin d'effets sur les activités humaines, .
2007 Attribution de la concession d'aménagement Le conseil général du Tarn publie le un avis d'appel d'offres pour le choix d'un concessionnaire pour l'aménagement du barrage de Sivens. Le marché, d'une durée de à compter de la date d'attribution, porte sur la réalisation de l'opération par le concessionnaire. À ce titre, celui-ci doit d'une part définir dans son offre le montant des travaux de l'ouvrage et le coût de la prestation apportée au concédant (maîtrise d'œuvre, étude d'impact, frais d'acquisition des terrains...), et d'autre part rechercher les différents concours financiers sur fonds publics (Agence de l'eau, État, région, conseils généraux...), sachant que ceux-ci devront être égaux à 80 % du montant total de l'opération (la charge résiduelle imputable au département du Tarn ne devant pas excéder 20 % du montant global de l'opération).. Le marché est attribué le à la compagnie d'aménagement des coteaux de Gascogne pour un montant de .
Entretien du Tescou Le Syndicat Mixte d’Entretien du Tescou est créé en septembre 2007 et devient fonctionnel à partir de septembre 2008, .. Il a pour objet la maîtrise d’ouvrage des études et travaux relatifs à la gestion du Tescou et du Tescounet, l'entretien et restauration des berges et du lit et la gestion et surveillance de ces cours d’eau. Il regroupe les communes de Varennes (Tarn-et-Garonne), du Born (Haute-Garonne), de Lisle-sur-Tarn (Tarn), de Gaillac (Tarn), les communautés de communes du Quercy vert (Tarn-et-Garonne), du pays salvagnacois (Tarn), de Vére Grésigne (Tarn) et la Communauté d'agglomération du Grand Montauban (Tarn-et-Garonne)..
2008 Le contrat de concession est signé le .., ..
Les différentes études ayant permis de dresser l'état initial du site sont réalisées entre mars et juillet 2008. L'étude de la végétation dans et aux abords de l’emprise du projet est réalisée entre mars et juin 2008, celle des insectes de mai à juillet 2008, ., des amphibiens entre mars et mai 2008, ., des reptiles entre avril et juin 2008, ., des oiseaux entre mars et juin 2008, .. Une étude hydrologique est réalisée en septembre 2008, ..
Après analyse de différentes variantes d’implantation intégrant les contraintes environnementales, les études de faisabilité puis d’avant projet concluent en 2008 à la faisabilité d’un projet d'.
2009 Le décembre 2009, le projet est confirmé dans le schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (Sdage) du bassin Adour-Garonne. Il fixe en particulier un point nodal de gestion des débits sur le Tescou, à Saint Nauphary, auquel est affectée la valeur de référence pour le Tescou de en débit objectif d’étiage (DOE) et de en débit de crise, ..
2010 Saisie pour avis le 4 mars 2010 par la DDT, l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (ONEMA) émet un avis sur le projet de barrage le sur le volet milieux aquatiques et zones humides. Il rappelle que le projet est inscrit dans le plan de gestion des étiages et dans le programme de mesures associé à la masse d'eau dans le SDAGE (Pre-1-1-02), mais signale que des éléments nouveaux sont apparus lors des études environnementales conduisant à identifier le bassin du Tescou en tant que milieux selon la définition du SDAGE 2010-2015. Considérant que ces éléments ne sont pas suffisamment pris en compte, il émet un avis défavorable, arguant que le projet n'est pas compatible avec plusieurs dispositions du programme de mesures, du SDAGE, mais aussi au regard du code de l'Environnement. Il demande des compléments d'études pour rendre admissible le projet..
Un complément d'étude est ainsi fait en juin 2010 pour mieux caractériser les zones humides selon les exigences de l'arrêté du précisant les critères de définition et de délimitation des zones humides modifié par l'arrêté du octobre 2009 modifiant l’arrêté du 24 juin 2008 précisant les critères de définition et de délimitation des zones humides en application des articles L. 214-7-1 et R. 211-108 du code de l'environnement précisant les critères de définition et de délimitation des zones humides.
2011 Organisation de la contestation Si le projet est contesté par certains depuis le début, la contestation se structure à partir de 2011 avec la création, d'abord informelle, du Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet. L'objectif de ce collectif est de protéger et de dénoncer un projet inadapté, dont le coût environnemental et financier est très élevé, au profit de pratiques agricoles qui, selon le collectif, sont une impasse pour les agriculteurs comme pour la société dans son ensemble.. Une des premières manifestations du collectif de sauvegarde de la zone humide du Testet est l'organisation le d'une randonnée-découverte pour découvrir l'intérêt écologique et paysager du site et affirmer la volonté de le sauvegarder., suivie d'une présence avec banderole dans la gare de Lisle-sur-Tarn le pour obtenir un rendez-vous avec le président du conseil général en vue de ..
2012 Légalisation du collectif d'opposition Si les actions du collectif d'associations s'opposant au projet de barrage commencent dès début 2011, l'association n'a une existence légale qu'à partir de juin 2012. L'association est déclarée en préfecture le 16 juin 2012 et l'avis de création est publié le 30 juin 2012. L'objet du collectif décrit dans l'avis de publication est de .. Le collectif regroupe les cinq associations : la Fédération Départementale de Protection de l’Environnement (UPNET), Lisle environnement, Lisle rando, le Sepra Rabastens et Nature et Progrès..
Le collectif renouvelle ses demandes : avoir connaissance du dossier d'enquête, que l'enquête publique soit déplacée au mois de septembre et qu'un échange contradictoire s'instaure entre ceux qui ont voté le projet et le collectif qui présentera ses arguments
Enquête publique Le le concessionnaire dépose en préfecture pour le compte du conseil général du Tarn, les dossiers de déclaration d'intérêt général et de demande d'autorisation de travaux au titre des articles L214-1 à 214-6 du Code de l'environnement. Une consultation administrative des services de l'État est ensuite diligentée par la direction départementale des territoires (DDT). La DDT émet un avis favorable le , et la DREAL le ..
Du lundi 3 septembre au mardi ont lieu les enquêtes publiques préalables à la déclaration d'utilité publique des travaux et mesures compensatoires, à la cessibilité des terrains et à l'autorisation des travaux sur le territoire des communes de La Sauzière-Saint-Jean, Lisle-sur-Tarn, Montdurausse, Puycelsi, Salvagnac dans le département du Tarn, et de Monclar-de-Quercy dans le département de Tarn-et-Garonne.. Le 10 septembre, une réunion d’information et d’échange avec le public est organisée par la commission d’enquête et rassemble environ , divisées entre partisans et opposants au projet. Mettant en parallèle l'ensemble des effets négatifs et positifs du projet, la commission émet le un avis favorable au projet assorti de réserves, cet avis favorable étant en particulier subordonné à l’avis favorable de la Commission nationale, saisie de la demande de dérogation relative à la destruction d’espèces faunistiques et floristiques protégées.
Le le conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques (CODERST) se prononce à son tour favorablement sur l'aspect loi sur l'eau du projet. Lors de l'examen du projet, il est rappelé que le projet s'inscrit dans les orientations E du schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (|SDAGE) "maîtriser la gestion quantitative de l'eau dans la perspective du changement climatique" et C "gérer durablement les eaux souterraines, préserver et restaurer les fonctionnalités des milieux aquatiques humides". Certains membres font toutefois observer qu'il parait prématuré de se prononcer avant l'avis du conseil national de protection de la nature (CNPN). Deux membres du CODERST expriment un avis défavorable : l'association de protection de la nature et de la défense de l'environnement (UPNET) et la fédération de la pêche..
2013 Déclaration de projet et avis divers Le , le conseil général du Tarn vote en commission permanente une déclaration de projet dans laquelle il présente les engagements du département par rapport au projet, en application de la loi du , dite « loi de démocratie de proximité », qui a créé une nouvelle étape d’information du public sur les projets donnant lieu à enquête publique en raison de leur impact sur l’environnement., .. Il confirme ainsi , précise que la réalisation de ce projet s’accompagnera d’un plan d’économie d’eau et de bon usage de l’eau en association avec la profession agricole, et rappelle les objectifs du projet concernant les débits d'étiage, la régulation des prélèvements, la mise en œuvre d'une tarification adaptée et la contribution au Plan Climat Énergie du Tarn, ..