Les relations entre la Bretagne et le Japon s'inscrivent dans le cadre des relations entre la France et le Japon, et sont actives principalement dans les domaines culturels et économiques depuis le début du , avec un renforcement des relations à partir des années 1970.
Histoire Premiers contacts indirects dès le Les premiers contacts entre le Japon et la Bretagne s'opèrent de façon indirecte. Au , le président de Robien possède ainsi quelques objets venant de ce pays dans son cabinet de curiosités, obtenu après un passage par la Chine ou la Hollande, et dont l'origine est dès le départ bien identifiée. Son neveu Pierre-Louis-Achille De Robien, chef de comptoir à Canton pour la Compagnie française des Indes orientales, lui fournit aussi quelques pièces, ainsi qu'au fils de celui-ci.
Des biens venant du Japon transitent à la même époque dans les ports bretons. L'ambassade du roi de Siam en 1686 comporte quelques pièces japonaises à destination du roi de France. Quelques laques venant du Japon sont aussi obtenues par des marchands français, et transitent lors du par les ports de Lorient et Port-Louis.
Échanges militaires à partir de la fin du vignette|Le parc Verny à Yokosuka. Le Japon cherchant à moderniser sa flotte militaire dans la seconde moitié du fait appel à un ingénieur maritime de Brest, Léonce Verny. Après avoir recruté trois ouvriers de l'Arsenal de Brest en 1866, il se rend avec eux à Yokosuka où il participe à la création d'un arsenal moderne, et où l'un d'eux reste jusqu'en 1874. Plus tard en un officier japonais visite l'arsenal de Lorient, toujours dans le cadre d'échanges technologiques militaires« Lorient. Officier japonais », dans La Dépêche de Brest, le 31 octobre 1906, consulté sur www.ladepechedebrest.fr le 8 décembre 2014.
Yves Le Prieur, fait voler le premier avion au Japon en 1909, et est le premier français à pratiquer le judo.
Le frère du shogun, Tokugawa Akitake est présent en France dans le cadre de l'exposition universelle de 1867 la même année, et se rend en Bretagne en où il visite Brest et son arrière-pays quelques jours, avant de se rendre à Nantes et de s'arrêter brièvement à Lorient. Le cousin de l'empereur Meiji, le prince Fushimi, visite lui Brest en 1909..
Le japonisme et premiers échanges artistiques
Le courant pictural du japonisme connait un développement important à Paris dans les années 1870, et les réalisations de Hokusai jouissent d'une grande popularité dans le milieu artistique. Des peintres, aidés par le développement du chemin de fer en Bretagne à la même époque, vont utiliser les paysages de la région pour leurs productions artistiques, en y appliquant les techniques de ce courant. Gauguin, Sérusier, ou encore Rivière réalisent à l'époque des toiles de ce type.
Les fonds artistiques de l'amiral Jean-Baptiste Cécille contenant de nombreuses pièces japonaises, légués à l'origine à la ville de Rouen, sont acquis par le musée des beaux-arts de Brest en 1914, et enrichis par son gendre Danguillecourt, puis par le conservateur du musée. L'importance de ceux-ci motive le don par le musée de la Marine de nouvelles œuvres japonaises en 1924.
Ukiyo-e bretonnes vignette|redresse|La Bretonne, sōsaku hanga de Yamamoto Kanae. La technique de l'ukiyo-e se répand en Bretagne par plusieurs biais à partir des années 1900. Certains artistes comme Mathurin Méheut ou Carl Moser en reprennent la technique de gravure sur bois, ainsi que les thèmes (labeur populaire...). Géo-Fourrier, établis à Quimper, poursuit le mouvement en faisant éditer de 1936 à 1939 à Tokyo chez Takamizawa Mokuhansha plusieurs de ses estampes.
Des maitres japonais se déplacent aussi dans la péninsule. Yamamoto Kanae visite le Finistère en 1913, d'où il tire son inspiration pour cinq réalisations majeures, dont la réalisation s'étale de 1913 à 1920, et qui compte parmi les œuvres majeures du mouvement des sōsaku hanga. Kiyoshi Hasegawa, qui grave dès 1913 des motifs néo-celtiques pour la revue Seihai, se rend lui à Quimper en 1920, séjour qui lui fournit l'inspiration pour plusieurs œuvres.
Voyageurs bretons au Japon
Plusieurs artistes bretons se rendent dans l'archipel dans les années 1910. Mathurin Méheut y séjourne quelques mois en 1914 grâce à une bourse d'Albert Kahn. Dans ses carnets de voyages, il relève un certain nombre de ressemblances entre les paysages de la Bretagne et ceux du JaponMégalithes bretons et pierres sacrés japonaises, pardons et processions de mikoshi, pêche et agriculture.... À Kyoto son intérêt est tourné vers l'artisanat local (porcelaines, laques, gravure sur bois...), et est guidé par Kanokogi Takeshirō, un peintre ayant visité la Bretagne lors de ses études en France. De cette expérience il tire plusieurs réalisations dans la région, comme des miniatures pour le céramiste Henriot, ou des décorations intérieures et extérieurs de la villa « Le Carhuel » d'Étables-sur-Mer.
Le photographe lorrain Francis Hennequin fréquente lui la région de nombreuses années où s'est implanté sa famille, et y réalise plus de montrant des paysages bretons. Il se rend au Japon en 1912, y photographie de manière similaire des sujets proches de ses sujets bretons : bateaux, personnes en costumes, sanctuaires religieux.
De la Première à la Seconde Guerres mondiales vignette|Arrivée du I-8 à Brest, France Plusieurs escadres japonaises visitent la région lors de cette période, souvent accompagnées de délégations diplomatiques. Une première escadre fait escale à Brest en 1907. D'autres y suivent en , en , et en 1936. Lors de la seconde guerre mondiale, trois sous-marins japonais, les I-30, I-8, et I-29 passent par les bases de sous-marins de Brest et de Lorient entre 1942 et 1944..
Nagata Maru coulé au large d'Ouessant le , 5 marins enterrés au carré militaire de Brest-Kerfautras..
Implantations économiques à partir des années 1980 Dans les années 1980, des entreprises japonaises cherchent à implanter des centres de production en Europe pour éviter un surcout causé par les barrières douanières alors en place à l'époque. La présence à Rennes du CCET, un centre de recherche de bonne réputation actif dans les télécommunications, convainc Canon d'implanter une usine à Liffré en 1983Stéphane Vernay, Vincent Chamaret, « Investissement. Pourquoi le Japon s'intéresse à l'Ille-et-Vilaine », dans ouestfrance-entreprises.fr le 18 janvier 2013, consulté sur www.entreprises.ouest-france.fr le 9 décembre 2014, et Mitsubishi opère une usine de téléphones portables à Vitré de 1991 à 2003..
thumb|Jean-Yves Le Drian, alors ministre des Affaires étrangères, avec le premier ministre japonais Shinzō Abe. Lors de ses mandats à la tête la région, il œuvre pour développer les relations avec le Japon et s'y rend tous les ans pour rencontrer des acteurs économiques locaux.. Les implantations en région Bretagne augmentent, jusqu'à représenter indirects (dont 1000 directs) au milieu des années 1990, plaçant la région au troisième rang hors Île-de-France (derrière l'Alsace et le Nord-Pas-de-Calais) des régions françaises dans ce domaine*. En 1997, toutes les implantations sont concentrées en Ille-et-Vilaine. Cette expansion est favorisée par le conseil régional de Bretagne qui à partir de 2004 conduit annuellement des missions économiques dans l'archipel. Une diversification des activités s'opère à la même époque. Initialement concentrées dans l'électronique, elles se développent dans l'agro-alimentaire (Nissui à Kervignac en 2008Stanislas Du Guerny, « Le japonais Nissui s'amarre à l'Europe », dans L'usine nouvelle, le 31 janvier 2008, consulté sur www.usinenouvelle.com le 9 décembre 2014, Makurazaki à Concarneau en 2013), pour représenter sur en 2014, plaçant la région à la seconde place des investissements japonais en France, derrière l'Île-de-France. Le pays est en 2011 le premier investisseur étranger dans la région« La région du soleil levant », dans 20 Minutes, le 28 mars 2012, consulté sur www.20minutes.fr le 9 décembre 2014.
Le secteur de l'ostréiculture voit plusieurs échanges être mis en œuvre. Des naissains venant des régions du Tōhoku et de Hiroshima sont importés dans les années 1970 pour faire face à des pertes importantes en Bretagne en raison d'une épidémie. Après le séisme de 2011 qui ravage le littoral oriental du Tōhoku, des naissains sont fournis par les ostréiculteurs bretons pour reconstituer les stocks japonais....
En 2013, quatorze entreprises du département ont été fondées avec l'aide de capitaux japonais.
En 2022, une délégation d’élus bretons, emmenée par Loïg Chesnais-Girard, s’attache principalement à consolider les liens économiques avec les entreprises japonaises implantées en Bretagne. Les investissements japonais en Bretagne représentent 3 000 emplois directs.
Rennes accueille le centre franco-japonais de management. vignette|Une crêperie à Harajuku.
Culture L'écrivain André Suarès découvre la Bretagne à la fin du . Également passionné par l'art japonais, il décrit dans le Livre de l'émeraude les paysages bretons comme il décrirait des tableaux de Hokusai. Le chapitre de son livre s'intitule d'ailleurs "Estampe dans le goût du Japon". "Dans le contexte artistique et littéraire de la fin du , le vert émeraude est parmi les couleurs représentatives de l'estampe japonaise", écrit Le livre de l'émeraude, l'ukiyô-e d'un voyage en Bretagne, revue Hopala! n° 42, p. 45.
Arrivé à l'université de Rennes pour y étudier le français au début des années 1970, l'étudiant japonais se met à apprendre le breton. Il s'installe à Landeleau, y devient maçon. Makoto écrit deux pièces en breton: An houlenn (La Vague) et Ar Vro na ra ket erc'h enni (Le pays où il ne neige pas, publié dans le n° 10 de la revue Sav Breizh) et des poèmes: Peder mogedenn (Quatre fumées), dans la revue Al Liamm. Il publie aussi des contes traduites du japonais: Marvailhoù ar Sav-heol (Contes du soleil levant) . Il reste présent dans le souvenir de ceux qui l'ont connu pour sa maîtrise remarquable du breton populaire, dont une archive télévisuelle témoigne.
Lors d'une restauration en 1993, la Chapelle de Bethléem est dotée d'une gargouille représentant Goldorak.
Le , le Studio Ghibli annonce officiellement que Cécile Corbel cosigne le thème musical de son film Arrietty : Le Petit Monde des Chapardeurs, sorti en 2010 au Japon« La Bretonne crée la musique d'un dessin animé japonais », Ouest-France, 13 février 2010.
La série d'expositions temporaires « Bretagne-Japon 2012 » est organisée dans des musées de la région Bretagne en 2012, mettant en avant des œuvres japonaises et leurs influences sur la production artistique bretonne. La manifestation est accompagnée d'un colloque international... Plusieurs expositions temporaires suivent les années suivantes dans des musées japonais, mettant en avant la représentation de la Bretagne dans la peinture : Le organise une exposition sur en 2015., suivi en 2023 par l'exposition au Musée national de l'Art occidental à Tokyo., et la même année l'exposition itinérante organisé au à Tokyo, et dans quatre autres villes...
Alain Kervern traduit plusieurs livres sur la poésie japonaise du japonais vers le français et le breton.
Une île de la ville de Nantes accueille le jardin japonais de l'Île de Versailles, un parc public thématique de style japonaisLe Monde: Nantes révèle sa vraie natureLe Figaro: Cinq bonnes raisons de passer un week-end à Nantes.
Nolwenn Korbell sort en 2026 la chanson Kintsugi, titré en référence de l'art éponyme.
Le nom de la série de jeux vidéos japonais Ys est une référence à la légende éponyme.
Jumelages thumb|Plaque de rue du square de Sendai, à Rennes. Plusieurs villes vont l'objet de jumelages, dont Rennes et Sendai depuis 1967., Brest et Yokosuka depuis 1970., Nantes et Niigata depuis 2009., et entre Landerneau et Imadate de 1993 à 2012Pacte d'amitié : Imadate n'est plus, dans Le Télégramme, le 20 août 2013, consulté sur www.letelegramme.fr le 9 décembre 2014