La collégiale Saint-Michel de Laval ou collégiale Saint-Michel du Cimetière-Dieu était située à Laval en Mayenne. Après le rétablissement du culte en 1800, les jésuites acquirent les bâtiments en 1816 par souscription publique. La collégiale fut démolie en 1968, pour établir un supermarché. Suivant Charles Maignan, sa désignation provient soit d'une référence au Mont-Saint-Michel, ou encore de l'archange Saint-Michel, l'ange de la victoire. Ses armes étaient d'azur à un Saint Michel d'or, terrassant un diable de même.

Histoire Chapelains du

À la fin du , un terrain est affecté sous le nom de Cimetière-Dieu aux sépultures des pauvres de la Maison-Dieu Saint-Julien. Ce terrain est sur le fief de Jean Ouvrouin, seigneur de Poligné. Les Ouvrouin sont une famille puissante originaire de Laval. L'éloignement des cimetières de Notre-Dame de Pritz et de Saint-Melaine et le voisinage du terrain que Jehan Ouvrouin concédait, rendit bientôt ce dernier commun à toute la ville. Sa destination première pour l'usage seulement des pauvres défunts de l'Hôtel-Dieu, lui avait fait donner le nom de Cimetière-Dieu.

L'éloignement de l'église paroissiale de Saint-Melaine de Laval engagea Jehan Ouvrouin à construire dans ce lieu une chapelle dans laquelle on pût célébrer la messe. Le terrain est mentionné dans un mémoire du juge de Laval () comme ayant fondé à la fin du la première chapelle de Saint-Michel. Pour que le public pût en profiter, il la fit édifier en dehors de l'enceinte de sa demeure, dans le cimetière même, sur le bord du chemin qui conduisait à Saint-Melaine. Il la mit sous l'invocation de l'archange Saint- Michel, nom qu'elle conserva même lorsqu'elle fut élevée au titre de collégiale. Il la dota d'un revenu suffisant pour l'entretien d'un chapelain.

Guillaume Ouvrouin, évêque de Rennes, demande à être enterré dans la chapelle du Cimetière-Dieu, construite par son père et dotée par lui de quatre chapellenies. Guillaume Ouvrouin, évêque de Léon, fonde deux autres chapellenies, dont il paye, en 1366, au roi Charles V de France, l'indemnité due pour le fonds du premier et des deux derniers de ces bénéficesLes quatre chapellenies, dont l'une en l'honneur de la bienheureuse Vierge Marie, pour laquelle il assura un revenu de trente livres, une autre en l'honneur de l'apôtre Saint Pierre, son patron ; la troisième, de l'apôtre Saint André et la dernière pour les défunts. À chacune de ces trois dernières, il assigna un revenu de vingt livres. Il donna à la chapellenie de la Sainte Vierge la prééminence sur les autres, et ordonna que le chapelain célébrât par semaine cinq messes, une de la bienheureuse Vierge, une des anges et les autres pour les morts, lui laissant chaque année « une robe convenable à son état, qui lui sera donnée par son frère ou ses héritiers sur les biens qu'il laissera. » . Le chapelain de Saint-Pierre devait dire par semaine quatre messes en l'honneur du saint apôtre, et une pour les morts ; quant au chapelain de Saint-André, il devait dire quatre messes de ce saint et une du Saint-Esprit. Ces bénéfices ne pouvaient être donnés qu'à des prêtres qui ne jouissaient encore d'aucun autre : « nulla alia bénéficia ecclesiastica obtinentibus » sans pouvoir en faire remplir les charges par d'autres « qui tenebuntur in dictis capellaniis desservire ac personnaliter residere. » Ils ne pouvaient se faire dispenser par L'évoque même, à moins d'affaires de La plus grande importance..

Jean Ouvrouin, frère aîné et exécuteur testamentaire de l'évêque de Léon, laisse, par son testament et en exécution de celui de Guillaume, 70 livres de rente pour que les sept chapelles soient érigées en autant de canonicats, et la chapelle elle-même en église collégiale. Le fils de ce Jean Ouvrouin, nommé en quelques titres René, laisse, aussi par testament, 30 livres de rente.

Fondation de la Collégiale

Jeanne Ouvrouin, dame des Hoches et de Poligné, fille de Jean et sœur de René, leur principale héritière, fut appelée à son accomplissement, « désireuse, elle-même, d'accroître le service divin dans la ville de Laval, où il n'y avait qu'un collège et une grande multitude de peuple »Jeanne aurait eu l'intention de placer dans son château de Poligné le collège qu'elle voulait fonder. Elle en fut empêchée par les guerres qui dans ce temps désolaient la région. Elle préféra le placer près de la ville, où un refuge lui était assuré en cas de surprise, en attendant que des temps plus tranquilles lui permissent de le transférer près d'elle. L'exemple des chanoines des Trois-Maries, chassés de Montsûrs par les Anglais, était tout récent sous ses yeux. .

Par lettres du , Jeanne Ouvrouin convertit les quatre chapellenies « ordonnées être desservies en la chapelle Saint-Michel, construite par révérendère en Dieu Ouvrouin, évêque de Rennes et les deux ordonnées par Ouvrouïn, évêque de Léon, pour être desservies dans la même église, ainsi que celle fondée par son père, en autant de prébendes » auxquelles elle en ajouta une huitièmeSe réservant comme dame de Poligné, et à ses héritiers à cette terre, « toutes et quantes fois » les prébendes viendront à vaquer, le droit de patronage et présentation, elle en donna la collation à révérend-père en Dieu l'évêque du Mans et à ses successeurs. . Jeanne obligea les chanoines à être continuellement sur les lieux, « et au cas qu'ils n'y feront résidence continuelle et perpétuelle L'espace de deux mois, ils perdront incontinent leurs chanoineries et seront privés de leurs prébendes et Le patron ourra ou présenter d'autres. » Elle fit construire pour chaque chanoine une maison autour du Cimetière-Dieu, assez près delà chapelle, et donna à chacun une portion de jardin clos de murs, contiguë à la maison qu'ils habitaient.. Elle met à exécution la volonté de ses aïeux en établissant, par acte du , une huitième chapelle, et en présentant requête à Adam Châtelain, évêque du Mans, pour l'érection des huit chapelles en canonicats pour huit prêtres séculiers, dont la présentation était, par l'acte de fondationLes biens affectés à la fondation de ces huit prébendes sacerdotales étaient à charge de l'office divin et consistaient en : 1° Les métairies de la Saulaie en Montflours ; les Onglées, la Chopinière et la Jambelière en Bonchamp ; la Corpochère en Sacé ; la Mautruère et la Noëguin en Louverné ; la Rouabière en la Bazouge-de-Chemeré ; la Réauté et la Chaloperie en Saint-Ceneré ; la Gandonnière en Montigné ; la Brezate en Courbeveille ; le Bas-Besnard en Astillé, le Grand-Etricher en Bazougers ; la Rommeraye en Arquenay ; la Chabossière et Chevaigné ou Grand-Juigné en Changé; le Pinçon et la Haye en Ahuillé; la Cressonnière en Saint-Jean-sur-Mayenne ; Saint-Melaine en Laval, et la Tisonnière en Avesnières. 2° Les closeries de la Fuye en Laval ; la Grange en Bazougers ; la Gaulerie en Cossé; la Bizardière en Bonchamp ; la Trigonnerie en Saint-Germain-le-Fouilloux ; Fresneau en Saint-Germain-de-l'Hommel ; le champ de la Croix-Couverte, les bois et pré du Laurier et le pré de la Blanchardière en Laval. 3° En 33 septiers de seigle (le septier faisait 8 boisseaux) sur les villages des Graveux en Bonchamp, de la Moutonnière, la Carrée et la Fauconnière en Grenoux ; sur le lieu et le village de la Valette en Argentré, le lieu et le moulin du Raffray, et la métairie de la Sellerie en Montigné. 4° Et en 14 boisseaux de froment sur la closerie de la Maison-Neuve en Saint-Berthevin. Le boisseau valait alors 2 sols. , réservée au seigneur et propriétaire du fief et manoir de Poligné, et le droit de collation au seigneur évêque du Mans.

Le suivant, , évêque du Mans, après une enquête faite sur les lieux par Jacques de Vernay, licencié es lois, qu'il qualifie de son fidèle conseiller, érigea par décret obtenu le l'église de Saint-Michel en collégiale et les chapelains reçurent le titre de chanoines. Il s'agit de la deuxième collégiale crée à Laval, après la Collégiale Saint-Tugal de Laval. Les chapelains obtinrent, en 1446, du roi Louis XI de France, étant à Orléans, des lettres-patentes de confirmation : on lui paya pour indemnité la somme de 200 écus d'orMémoire de Me Touschard..

Jeanne imposa aux chapelains de Saint-Michel de nombreuses constitutions en les érigeant en collégiale. Avec les devoirs qu'elle leur imposa, l'acte contient une longue énumération des rentes et biens fonds dont cette pieuse dame les dota pour leur entretien et leurs honoraires, pour obéir aux volontés qui lui ont été laissées par ses aïeux Le revenu se montait à cent livres par anTitres de fondation. Décret d'Adam Chastelain.. Jeanne Ouvrouin augmenta, par un testament du , la fondation de Saint-Michel d'une nouvelle chapellenie, qu'elle chargea de trois messes par semaineElle s'en réserva la présentation en donnant la collation à l'évêque du Mans. Ce chapelain, d'après la volonté de la testatrice, fut chargé de l'office de sacristain ou « ségrétain. » Jean d'Hierray, évêque du Mans, approuva cette nouvelle fondation le 7 janvier 1446. Elle légua au chapitre une somme de quarante livres pour employer en ornements et réparations de la chapelle et pour faire chasubles et dalmatiques, étoles « fanons et chapes, toutes et chacune ses robes de soie qui lui sont demeurées de son très cher et honoré époux Mr des Roches et de son frère le seigneur de Poligné, excepté un dais blanc qu'elle donne à l'église de la Sainte-Trinité de Laval pour être employé en une chapelle. » Elle donna au Cimetière-Dieu « un bréviaire en une colonne, non noté, à être attaché et enchainé en la dite » église et un autre bréviaire noté, un bon et beau, qui est à l'usage de Léon en Bretaigne comme semble, sauf aux bénéficiers en la dite église à le échanger avec un autre et convertir qui soit à l'usage du Mans ». Jeanne Ouvrouin meurt avant le . Dans son testamentDaté du février 1422., elle demande à être inhumée près de Guillaume Ouvrouin dans l'église qu'elle voulait estre accrue et allongée.

Conflits