Les élections régionales de 2015 à Hambourg () se tiennent le , afin d'élire les de la du Bürgerschaft de Hambourg pour un mandat de cinq ans.
Contexte À la suite de la rupture de la première « coalition noire-verte » de l'histoire allemande en , le premier bourgmestre chrétien-démocrate Christoph Ahlhaus avait convoqué des élections anticipées le .
Au cours de ce scrutin, le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD), dans l'opposition depuis 2001 après avoir passé quarante-quatre ans au pouvoir, remporte 48,4 % des suffrages exprimés. Cette progression de l'ordre de quatorze points lui donne 62 députés sur 121 au Bürgerschaft. Il s'agit du meilleur résultat pour une force politique à Hambourg depuis le scrutin de . Jamais depuis vingt ans ne s'était tant approché de la barre des 50 % des voix. En outre, cela faisait cinq ans qu'en Allemagne, un parti n'avait plus remporté de majorité absolue dans une élection régionale.
À l'inverse, l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU), qui dirigeait le gouvernement local depuis 2001, s'effondre littéralement. Avec 21,9 % des voix seulement, elle perd vingt-et-un points par rapport à 2008, réalisant le pire score de son histoire, tout en tombant pour la première fois sous le seuil des 25 % des suffrages. Elle doit donc se contenter de 28 sièges, comptant ainsi moins de 30 élus pour la première fois. L'Alliance 90 / Les Verts (Grünen), qui gouvernait avec la CDU, ne pâtit nullement de cette coalition, puisqu'elle progresse d'un point et demi, totalisant effectivement 11,2 % des suffrages et 14 parlementaires.
Outre les chrétiens-démocrates, la seconde surprise de cette élection vient du Parti libéral-démocrate (FDP), qui réussit, dans un contexte national difficile pour les libéraux, à faire son retour au Bürgerschaft après sept années d'absence. Le FDP parvient à s'adjuger 6,7 % des voix exprimées, ce qui lui accorde 9 élus. Il passe donc juste devant Die Linke, le parti de la gauche radicale qui conserve sa représentation parlementaire avec une absolue stabilité : 6,4 % et 8 sièges.
Conséquence de ces résultats, le chef de file des sociaux-démocrates et ancien ministre fédéral du Travail Olaf Scholz, 52 ans, est investi au poste de premier bourgmestre de la ville libre et hanséatique de Hambourg. Il constitue alors son gouvernement, dont cinq des dix membres sont des femmes.
Le , le Bürgerschaft approuve deux importantes modifications de la législation électorale. Sur proposition du groupe CDU, il décide d'un allongement de la durée de la législature de quatre à cinq ans, laissant Brême comme le dernier Land dont le mandat des parlementaires s'étend sur quatre années. Sur l'idée du groupe Grünen, il adopte un abaissement à 16 ans de l'ouverture du droit de vote, suivant en cela l'exemple du Brandebourg et de Brême. Ces deux changements entreront en vigueur aux élections de 2015.
Au cours de la législature sont survenues les élections fédérales du 22 septembre 2013. À cette occasion, le SPD s'est maintenu avec une infime avance comme la première force politique de la ville-Land, s'adjugeant 32,4 % des voix, contre 32,1 % à la CDU. Toujours troisièmes, les Grünen se maintiennent au-dessus des 10 %, avec un résultat de 12,7 %. En perte de plus de huit points, le FDP tombe à 4,8 %, assez loin derrière la Linke qui s'accorde 8,8 %. Il reste de plus talonné par l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), qui pointe à 4,2 %.
Mode de scrutin Le Bürgerschaft est constitué de (, MdHB) élus pour une législature de cinq ans au suffrage universel direct et suivant le scrutin proportionnel de Sainte-Laguë par les résidents hambourgeois âgés de et plus.
Chaque électeur dispose de dix voix, selon le principe du : les cinq premières () lui permettent de voter pour un ou plusieurs candidats de sa circonscription, le Land comptant pourvoyant chacune entre trois et cinq sièges ; les cinq autres () lui permettent de voter pour une ou plusieurs listes de candidats ou un ou plusieurs candidats au niveau de la ville. Au total, sont élus dans le cadre des circonscriptions.
Lors du dépouillement, l'intégralité des sièges est répartie proportionnellement aux secondes voix entre les partis ayant remporté au moins 5 % des suffrages exprimés au niveau du Land. Si un parti a remporté des mandats de circonscription selon les règles du scrutin majoritaire plurinominal, ses sièges sont d'abord pourvus par ceux-ci. Les sièges restants sont attribués aux candidats de la liste municipale, en tenant compte du nombre de suffrages reçus personnellement par chacun d'eux.
Dans le cas où un parti obtient plus de mandats de circonscriptions que la proportionnelle ne lui en attribue, il conserve ces mandats supplémentaires et la taille du Bürgerschaft est augmentée par des mandats complémentaires distribués aux autres partis pour rétablir une composition proportionnelle aux secondes voix. Si un parti obtient des mandats de circonscription sans franchir le seuil électoral municipal, il conserve ces sièges mais la taille du Bürgerschaft n'est pas réajustée avec des mandats complémentaires.
Principales forces Parti Idéologie Chef de file Résultats de 2011 Parti social-démocrate d'Allemagne Centre gaucheSocial-démocratie, troisième voie, progressisme Olaf Scholz(Premier bourgmestre) 48,4 % des voix Union chrétienne-démocrate d'Allemagne Centre droitDémocratie chrétienne, conservatisme, libéralisme Dietrich Wersich 21,9 % des voix Alliance 90 / Les Verts Centre gaucheÉcologie, progressisme Katharina Fegebank 11,2 % des voix Parti libéral-démocrate Centre droitLibéralisme, social-libéralisme Katja Suding 6,7 % des voix La Gauche Extrême gauche à gaucheSocialisme démocratique, anticapitalisme, populisme Dora Heyenn 6,4 % des voix Alternative pour l'Allemagne DroiteNational-conservatisme, souverainisme, euroscepticisme Jörn Kruse Pas créé
Sondages +Sondages pour les élections régionales de 2015 à HambourgInstitutDate Forschungsgruppe Wahlen 12/02/2015 17 % 47 % 12 % 6 % 8,5 % 5 % Forschungsgruppe Wahlen 06/02/2015 19 % 45 % 11 % 6 % 9,5 % 5 % INSA 05/02/2015 18 % 46 % 11 % 5,5 % 9 % 5,5 % Infratest dimap 29/01/2015 20 % 44 % 13 % 5 % 9 % 6 % INSA 14/01/2015 23 % 42 % 14 % 4 % 7 % 6 % Infratest dimap 14/01/2015 22 % 43 % 14 % 4 % 7 % 5 % Mafo 15/12/2014 22 % 42 % 14 % 2 % 8 % 6 % Infratest dimap 11/12/2014 24 % 43 % 14 % 2 % 9 % 4 % GESS 08/11/2014 27 % 45 % 11 % 2 % 7 % 4 % Mafo 09/05/2014 22,6 % 38,5 % 13,7 % 2,9 % 7,8 % 5,8 % GESS 15/02/2014 24 % 48 % 11 % 3 % 8 % –
Résultats Voix et sièges +Résultats des élections régionales de 2015 à HambourgFichier:HH Landtagswahl 2015.svgPartisCirconscriptionsListeTotalsièges +/- Votes % Sièges+/−Votes +/−% SiègesParti social-démocrate d'Allemagne (SPD)41,023545,642358Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU)19,661815,90220Alliance 90 / Les Verts (Grünen)14,691312,26215Die Linke (Linke)9,2848,51711Parti libéral-démocrate (FDP)6,3417,4389Alternative pour l'Allemagne (AfD)6,1806,0988Parti des pirates (PIRATEN)1,8601,5500Die PARTEI (PARTEI)0,1500,9000Nouveaux Libéraux (Liberale)0,5200Parti écologiste-démocrate (ÖDP)0,0900,3900Parti des retraités d'Allemagne (RENTNER)0,2800Liste citoyenne de Hambourg (HHBL)0,2100Autres0,4500Total100100Votes valides97,1597,19Votes blancs et nuls2,852,81Total10071100 -50121Abstentions43,5043,50Inscrits/Participation56,5056,50
Conséquences Le SPD ayant perdu sa majorité absolue, il se tourne vers l'Alliance 90 / Les Vert pour constituer une coalition rouge-verte, qui permet à Olaf Scholz d'être reconduit dans ses fonctions de premier maire le .
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Élections régionales de 2011 à Hambourg Élections régionales de 2015 à Brême
Catégorie:Élection à Hambourg Hambourg Catégorie:Politique en février 2015