L'église Saint-Pierre est une église catholique paroissiale située à Duvy, en France. C'est, depuis les remaniements à la fin du , une église à double vaisseau se terminant par un chevet plat, qui est majoritairement de style gothique flamboyant. Son architecture est assez rustique. Seulement le collatéral est voûté. L'église possède l'un des clochers romans les plus anciens de la région, qui remonte à la fin du . Il occupe une position inhabituelle devant le chevet, et sa base n'est pas visible depuis l'intérieur de l'église. Le portail des alentours de 1160 est caché par un porche ; un second portail assez remarquable de style flamboyant est aujourd'hui bouché. L'édifice a été inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du , y compris le cimetière qui l'entoure., et bénéficié d'une restauration complète à la fin du et au début du . Son ensemble de mobilier des est encore presque au complet, et confère à l'église un cachet d'authenticité devenu rare aujourd'hui. Depuis la Révolution française, Duvy est rattaché à la paroisse de Crépy-en-Valois. Les messes dominicales sont célébrées en l'église Saint-Pierre irrégulièrement, environ une fois par trimestre.
Localisation thumb|upright|left|Vue depuis le village. thumb|upright|left|Bas-relief de saint Pierre sur la chaire à prêcher. thumb|upright|left|Blason du pape sur la chaire à prêcher, en référence à saint Pierre.
L'église Saint-Pierre est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans le Valois, au début de la vallée Sainte-Marie, ruisseau affluente de l'Automne, à l'est de Crépy-en-Valois, sur la commune de Duvy. L'église est bâtie sur le plateau agricole qui domine le village à l'est, près du coteau qui descend vers la cuvette où se concentrent la plupart des maisons du village. L'accès s'effectue par la rue de l'Église, qui se débranche de la RD 1324 à l'entrée sud du village, en venant de Crépy, ou directement par un escalier en venant du centre du village. Au sud de l'église, part un chemin rural qui passe devant le chevet, c'est-à-dire, derrière le clocher. L'élévation méridionale donne sur un terrain municipal accessible depuis le chemin signalé. Pour entrer dans l'église, il faut passer par le cimetière, qui se situe devant la façade occidentale, et au nord de l'édifice. Il est entièrement dégagé d'autres bâtiments, et bien visible de tous les côtés.
Historique
La paroisse est au titre de saint Pierre. L'on ignore tout sur ses origines. Sa fondation devrait au moins remonter à la fin du , quand l'église actuelle est construite selon la datation établie par Dominique Vermand. L'église comporte alors une courte nef unique de de longueur, et un clocher carré à l'est de la nef. L'existence d'une abside n'a pas pu être confirmée lors des fouilles entreprises en 2004. Sous tout l'Ancien Régime, la paroisse relève du doyenné de Crépy du diocèse de Senlis. Le collateur de la cure est le chapitre de la cathédrale Notre-Dame de Senlis. La grosse dîme est partagée pour moitié entre le chapitre et le chapelain titulaire de la chapelle Saint-Jean dans la ..Cf. la plaque explicative accrochée à côté du porche..
Au cours du Moyen Âge, l'église est agrandie à deux reprises. Dans un premier temps, vers 1160 environ, la nef est agrandie vers l'ouest, et reçoit à cette occasion un nouveau portail. Dans un deuxième temps, vers 1250 environ, une chapelle dédiée à la Vierge Marie est ajoutée au nord de la partie ancienne de la nef, et la partie antérieure de la nef est munie de deux bas-côtés de deux travées. Sans certitude, le clocher est exhaussé d'un étage ; Dominique Vermand estime que cette modification est beaucoup plus récente. L'église a durement à souffrir de la Guerre de Cent Ans. Vers la fin du , le bas-côté nord est remplacé par un nouveau collatéral aussi élevé que la nef, avec un second portail à l'ouest. La chapelle de la Vierge est remaniée. Ces travaux se font dans le style gothique flamboyant. Ultérieurement, sans doute après le milieu du , le bas-côté sud est démoli et ne pas remplacé. N'en reste qu'un pan du mur occidental. La nef est fermée au sud par un mur ajouré de deux baies en plein cintre. À une période indéterminée, le portail occidental de la nef est défiguré par un porche, et le portail du collatéral est bouché. Une sacristie est construite dans l'angle entre clocher et chapelle de la Vierge. Elle est remaniée au ..
Après la Révolution française, le siège épiscopal de Senlis n'est plus pourvu. La paroisse de Duvy est supprimée, et rattachée à celle de Crépy-en-Valois. Au moment du Concordat de 1801, le territoire correspondant au département de l'Oise est tout en entier incorporé dans le diocèse d'Amiens. Parmi les trois diocèses qui se partagent le territoire avant la Révolution, seul le diocèse de Beauvais est rétabli en 1822. Depuis cette date, Duvy en fait partie. Pendant les années 1830, Louis Graves observe encore quelques fragments de vitraux, qui ont à présent disparu. L'église est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du , y compris le cimetière qui l'entoure. Elle bénéficie de deux importantes campagnes de restauration à la fin du et au début du . Cette restauration concerne également la plus grande partie du mobilier, qui est encore au complet et date essentiellement des . Comme le souligne Dominique Vermand, cet ensemble de mobilier confère à l'église . Dans les environs, les églises d'Auger-Saint-Vincent, Ormoy-Villers et Rocquemont sont dans le même cas, mais seulement l'église de Rocquemont est intégralement restaurée. L'église Saint-Pierre de Duvy est aujourd'hui affiliée à la communauté d'Auger-Saint-Vincent de la paroisse Saint-Sébastien de Crépy-en-Valois, et accueille des célébrations eucharistiques environ tous les deux mois, le dimanche à 9 h 30..
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église. thumb|Nef, vue vers l'est. thumb|Chœur liturgique ; le clocher se situe derrière le retable.
Régulièrement orientée, l'église répond à un plan assez simple à deux vaisseaux se terminant par un chevet plat, qui contraste avec la complexité de sa structure, et avec ce que suggèrent les élévations extérieures. En effet, la base du clocher et l'annexe contenant la sacristie, à l'angle nord-est de l'édifice, ne sont pas visibles depuis l'intérieur ; et malgré l'appartenance de la nef à deux campagnes de construction, l'intérieur paraît homogène. Quatre fenêtres éclairent la nef depuis le sud et donnent à penser que la nef comporterait quatre travées, mais les grandes arcades la faisant communiquer avec le collatéral nord sont au nombre de trois. Le collatéral compte effectivement trois travées voûtées d'ogives. La nef est recouverte d'un plafond lambrissé en cintre surbaissé. La subdivision visuelle entre nef et chœur s'opère par une clôture liturgique en fer forgé. On accède à l'église par le portail occidental de la nef : le portail occidental du collatéral a été bouché. La structure des toitures comporte un toit à deux rampants pour la nef, avec des pignons à l'ouest et à l'est, et trois toits en bâtière pour le collatéral, dont chacune des trois travées est munie d'un pignon indépendant du côté nord. Le clocher est en bâtière. Partout l'ardoise est utilisée comme élément de couverture.
Intérieur Nef
La nef est une vaste salle rectangulaire. Les murs gouttereaux sont moins élevés que la nef est large. Six rangs de bancs à quatre places de front trouvent place de part et d'autre de la large allée centrale. Ensuite, la grille en fer forgé et deux marches d'escalier marquent la limite entre la partie de la nef ajoutée vers 1160 et le chœur liturgique, qui correspond à la nef primitive de la fin du . L'on note que cette limite ne coïncide pas avec l'un des piliers des grandes arcades au nord, et que la grille traverse la seconde arcade, en se poursuivant jusqu'au mur septentrional du collatéral. La finesse de la grille n'en fait pas un obstacle visuel ; elle meuble en même temps l'espace et évite que la monotonie ne s'installe. Dans la plupart des églises, les grilles ont été supprimées ; on peut encore en trouver à Rocquemont et Saint-Prix (Val-d'Oise). Dans le chœur, une quarantaine de chaises et des stalles permettent d'augmenter la capacité d'accueil. L'ancien maître-autel a été supprimé afin de gagner de la place, et le nouvel autel de la réforme liturgique du concile Vatican II est placé à peu de distance du chevet, sur un piédestal de faibles dimensions. L'architecture se réduisant à la plus simple expression, l'ambiance de l'espace intérieur est largement déterminée par le mobilier, les matériaux et les teintes. Le dallage du sol est réalisé en pierre de liais, et comporte quelques plaques funéraires. Les murs sont enduits, non peints, et affichent une teinte chaude entre blanc cassé et ocre. Le lambris du plafond est composé de planches panachées, et inclut les parties hautes des murs latéraux. Les bancs de fidèles sont anciens et en bois sombre, tout comme la chaire à prêcher, les boiseries qui habillent les allèges dans le chœur, et le haut retable du maître-autel.
Le portail, en anse de panier, est surmonté d'un arc de décharge en tiers-point. En haut du mur, le jour entre par une baie en plein cintre assez grande et légèrement ébrasée, qui s'ouvre au-dessus d'un long glacis. Cette baie date de l'agrandissement de la nef vers 1160. Les deux fenêtres au sud de la nef ont approximativement les mêmes dimensions et la même forme, mais n'ont pas de glacis. Avec le mur méridional de cette partie du vaisseau central, elles datent de l'époque moderne, et se substituent aux grandes arcades communiquant jadis avec le bas-côté sud. L'on ignore la période de sa démolition. Par la suite, les grandes arcades ont pu être provisoirement fermées par des murs munies de fenêtres, comme encore aujourd'hui à Cramoisy, Mogneville et Rieux (nef désaffectée au culte). Les deux fenêtres en tiers-point au sud du chœur sont toutes les deux différentes, bien que très rapprochées. La largeur et le tracé de l'arc sont identiques, mais la première fenêtre est plus haute et entourée de deux gorges, ce qui évoque la période flamboyante. Le collatéral nord a reçu sa forme actuelle à la période flamboyante, et plus précisément à la fin du selon Dominique Vermand. La seconde fenêtre n'est pas entourée de moulures. Trois grandes arcades en tiers-point s'ouvrent sur le bas-côté. La dernière est aussi haute que le mur, et les deux précédentes sont légèrement plus basses, comme à Ormoy-Villers, Rocquemont et Saintines, autres cas d'arcades percées après coup. Mais contrairement à ces exemples ou les arcades très basses de Saint-Vaast-de-Longmont, la mouluration n'est pas complètement absente : Les arêtes sont garnies d'un fin tore dégagé. Les tailloirs, chapiteaux et colonnettes font défaut.
Collatéral thumb|Collatéral nord, vue vers l'ouest. thumb|Collatéral nord, vue vers l'ouest.