thumb|Statue de Béatrix de Gâvre dans la cour du vieux château de Laval.

L'histoire du textile à Laval s’étend de l'époque gallo-romaine à nos jours.

La ville, dans le département de Mayenne en France, se développe autour du château des ducs de Laval, principalement grâce à l'industrie textile, les toiles de lin de Laval sont exportées dans toute l'Europe et même vers l'Amérique aux . À tel point qu'au , le comte de Laval, Guy XIX de Laval, a conféré le monopole de la production, de la vente et de l'exportation du textile aux Lavallois. La Révolution française et l'Empire porteront un coup fatal à cette réussite. Cette industrie ne verra son déclin arriver qu'au début de la révolution industrielle au avec la mécanisation des métiers à tisser. Plusieurs des dernières usines textiles de Laval ont fermé ses portes au début des années 2000.

Origine Dès la période gallo-romaine, on utilisait le lin et le chanvre. Et c'est à partir du que l'on s'est mis à l'exploiter dans le secteur du textile en Mayenne. L'activité est devenue la principale source de revenus de Laval et de la Mayenne.

Le Clerc du Flecheray indiqueDescription du comté de Laval, etc., p. 67. qu'à une époque reculée, les Lavallois se livraient à la fabrication de serges et autres étoffes de laineOn en peut juger par les statuts de cette manufacture qui sont les plus anciens de tous ceux que les comtes de Laval paraissent avoir faits.. Cette branche d'industrie devait même avoir une grande importanceSi l'on compare le prix des fermages des moulins draps, de cette époque, avec celui des fermages des moulins à blé de la ville de Laval. Les comptes de l’année 1400 et des années suivantes font connaitre que les moulins à draps étaient affermés 276 livres par an, pendant que les trois moulins à blé de la ville, les trois moulins de Bellaillé et les deux moulins de Barbé n'étaient affermés que 192 livres 3 sous.. Cette manufacture perdit beaucoup de sa valeur par l'introduction des fabriques de toiles, dans les dernières années du et le commencement du .

Les débuts de la toile La tradition indique que Béatrix de Gavre, épouse de Guy IX de Laval, Comte de Laval, fait venir du Comté de Flandre des ouvriers tisserandsLes Berset vinrent, dit-on, des Flandres, en 1290, à la suite de Béatrix de Gavre, lorsqu'elle épousa Guy IX de Laval. Ce qui est certain, c'est qu'on trouve leur famille installée dès cette époque à Laval, où leur postérité s'est continuée jusqu'au . Les Armes des Berset étaient: d'azur à la bande de gueules chargée d'une rangée de losanges d'argent, accomp. en chef de trois étoiles d'or en orle et en pointe d'un lion d'argent. qu'elle fixa à Laval. Le titre de sire de GavreGavere est une commune de Flandre-Orientale liée au comté d'Alost, à ne pas confondre avec Le Gâvre, près de Nantes. était réservé selon la coutume familiale à l'héritier présomptif du chef de la Maison de Laval. Les ouvriers flamands enseignent le secret du blanchissage. Ce transfert de technologie serait l’origine du développement de la culture du lin et du textile en Mayenne.

L'industrie de la toile de lin est probablement très ancienne, et faussement attribuée à cette tradition.

On trouve au le personnage de Jean Courte : Il s'était adonné au commerce maritime et avait dans sa jeunesse fait de longs voyages sur mer, d'où il avait rapporté de grandes richesses. Guy XIV de Laval l'avait envoyé en Hollande pour y étudier l'industrie de la culture des lins et du tissage de la toile. Il avait amené avec lui des ouvriers tisserands et introduisit ainsi de grandes améliorations dans la fabrique de Laval. Il rejoint à la fin de sa vie le Couvent des Jacobins de Laval, peu après sa création.

Ceux-ci introduisirent ou perfectionnèrent la technique du tissage de la toile. Elle apprit aux habitants à cultiver et à travailler le lin qui croissait spontanément dans la région. Laval ne tarda pas à rivaliser avec les villes les plus commerçantes. Sa renommée fut bientôt rendue fameuse par la qualité de ses toiles. Les marais qui entouraient la ville cédèrent la place à cette nouvelle industrie. Pour loger ouvriers et marchands, de grands faubourgs se construisirent. Les bords de la Mayenne se couvrirent de blanchisseries. L'art textile représentait déjà l'activité principale de l'économie locale.

Développement après la Guerre de Cent Ans Le comté de Laval, si souvent le théâtre des guerres que la France avait soutenues contre les Anglais, jouissait de la paix. Peu à peu, les gentilshommes, qui avaient pendant les guerres habité l'intérieur de la ville, le quittent pour retourner à leurs châteaux. Les bourgeois abandonnent leurs anciennes demeures du Bourg-Hersent et du Marchis et viennent bâtir au-dedans des murs.

Les habitants de Laval mettent ce temps à profit. Le commerce devient pour eux une source de richessesEt quand Angloys furent dehors, Chascun se mit en ses effortsDe bastir et marchanderEt en biens super abunder.Plus n'estoit nouvelle de guerre.Puys, peu à peu, bourgeoys et marchants, Gentilzhommes, qui, tous tenoient les champs, Firent, en Laval, maintes maisons construireEn plusieurs plans que chasçun fist eslire. Guillaume Le Doyen..

Le travail de la toile

Le travail de la toile était en partie substitué à la fabrication des draps. Cette branche de l'industrie primitive fut rejetée à un rang très-secondaire par une invention nouvelle, dont tirèrent de grands bénéfices les commerçants qui l'exploitèrent les premiers. Quelques marchands lavallois trouvèrent le secret de donner une éclatante blancheur aux toiles qui jusque-là s'étaient vendues écrues.

D'après Charles Maucourt de Bourjolly, les plus anciennes des blanchisseries furent établies dans les prairies de BotzSituées au nord du ruisseau de Saint-Etienne., et elles remonteraient, suivant cet auteur, à l'annee 1484. Il est quasiment certain que leur existence est bien antérieure. À cette époque, elles étaient en pleine activité et leurs proprietaires avaient déjà acquis des grandes richesses.

Bientôt des jardins et des vergers voisins de la rivière furent achetés à grand prix pour en créer de nouvelles. Il y en eut tout le long de la rive gauche de la Mayenne. Il est raconté que le comte de Laval avait donnéLe Clerc du Flecheray, Description du comté de Laval, p. 68. pour cet objet les terrains qui se trouvaient en face des fenêtresCouanier de Launay, Histoire de Laval, p. 85. de son château. D'autres se placèrent près de Penlivard et de Chanteloup.

Botz La plus considérable blanchisserie était à la Maillarderie, qui appartenait alors à la paroisse de Changé. On en comptait cinq autres qui ont subsisté, au moins jusqu'auElles sont indiquées sur le plan de la ville de Laval de 1754 - Ce plan a ete reproduit dans la Notice historique sur les grands travaux exécutés à Laval, etc., par Gustave Vigneron. milieu du . C'étaient les suivantes : les blanchisseries de la Loge des Champs, du Pin-Gelé, de la Grange, nommée plus tard le Grand-Dôme, de la Peslardière et du Petit-DômeArchives de M. Le Segretain, Titres du Grand-Dome..

Un de ces gros négociants était un membre de la famille Duchemin, l'une des plus considérables à cette époque et qui, avec le temps, acquit d'immenses richesses.

Rive gauche de la Mayenne Les principales lavanderiesArchives de M. Roger du Bourg, Généalogies manuscrites, etc. - Projet d'aveu à rendre au comte de Laval par le seigneur de Poligné. (Cabinet de Louis Garnier, architecte à Laval) situées sur la rive gauche de la Mayenne et sur la paroisse de Saint-Vénérand, avec le nom de leurs proprietaires étaient: 1. la lavanderie de la Chafesnerie, à Jean de la Porte et à Paul Pelisson; 2. celle du pre Mangeotin, à Paul Pelisson et à Perrine, sa femme; 3. la lavanderie de la Guérinière, situee à la Crossardiere et aux environs de la rue de Botz, à Paul Pelisson, Michel Piau et Francois Hamard; 4. les lavanderies Huttin, à Paul Pelisson ; 5. la lavanderie de la Barberie, pres le Pont-de-Mayenne, à la famille Duchemin ; 6. la lavanderie de la Place, près la croix Laisix, le pré au Cornu et le pré au Lièvre, à Pierre Duchemin, sieur de la Babiniere; 7. les lavanderies de la BourdonniereAppelé au , le Fresne et du pré Bigot, appartenant à Jacques Hoisnard, du chef de sa femme Antoinette Duchemin.

Développement du commerce Le faubourg du pont de Mayenne se peuplait de négociants attirés par la qualité des eaux de la rivière propres au blanchiment de la toile. Ce quartier, devenu un des plus populeux de la ville, n'était, dans ce temps, que vastes prairies portant le nom de Fief du pont de Mayenne, et qu'un seigneur de Laval avait acquises par échange. Le commerce y déployait ses richesses par une industrie apportée dans le passé et devenue si profitable.

Des traites de commerce existaient à cette époque entre les ducs de Bretagne et l'Espagne. Une association d'amitié et d'intérêt avait eu lieu entre les négociants de Nantes et ceux de Bilbao. Charles VIII, étant à Nantes, la confirma en 1494. Les Espagnols pour les relations de commerce, ne se bornaient plus à venir à Nantes traiter avec les correspondants des marchands de Laval; ils remontaient jusqu'à Laval pour y faire leurs achats: Dont il demouroit grans argens Qui soustenoient beaucoup de gens.. Guillaume Le Doyen, notes de Louis Morin de la Beauluère, p. 28)..

Le faubourg du Pont-de-Mayenne s'était successivement accru sur la rive gauche de la Mayenne; de nombreux hôtels, établis par de riches négociants, l'embellissaient : il était devenu une partie notable de la ville. Sa seule église paroissiale n'était encore que celle du prieuré de Saint-Melaine, qui restait isolée dans la campagne, loin du centre d'habitation que l'industrie réunissait.

Aspects religieux C'est en 1485 que le comte de Gavre, frappé des inconvénients qui résultaient pour les habitants du Pont-de-Mayenne de l'éloignement de leur église de Saint-Melaine, les engagea à aviser aux moyens d'élever une église plus rapprochée des bords de la Mayenne, partant plus facilement accessible à ses nombreux paroissiens. L'église de l'antique prieuré de Saint-Melaine servait d'église romanes. Elle devenait trop éloignée du nouveau centre de populationCouanier de Launay indique qu’Il fallait traverser la chênaie de la Coconnière, où les fâcheuses rencontres n'étaient pas rares. Une fois, pendant l'office, des malfaiteurs avaient pénétré dans le faubourg, en avaient pillé les maisons et s'étaient retirés, emmenant plusieurs prisonniers. Avec une église plus centrale, pareil malheur ne pourrait plus arriver. ; elle était remplacée par un nouvel édifice religieux, qui sera l'église Saint-Vénérand de Laval.

En 1499, l'église de Saint-Vénérand s'achevait peu à peu. Les marchands du Pont-de-Mayenne qu'enrichissait le commerce avec l'Espagne et qui se trouvaient maintenant trop heureux D'éviter la paine D'aller jusques à Sainct-Melaine et rivalisaient de zèle pour orner leur nouvelle église paroissiale d'autels, de chapelles, de vitraux.

Fortunes

La fortune a favorisé les travaux des habitants. Un commerce prospère les a enrichis. Ils achètent des terres et y font construire des habitations. Chaque semaine, le négociant va à ses champs, et revient le samedi à la ville, veiller aux affaires de son commerce qu'il a laissé pendant son absence à un serviteur fidèle. Guillaume Le Doyen, laissant aussi soupçonner que les bourgeois lavallois de n'être pas ennemis de la bonne chère, et ajoute que d'autres soins les rappellent encore à la ville ; c'est pour y trouver, dit-il du poisson de mer sur leur table. Le luxe augmenta en proportion de l'aisance générale. Il n'y avait néanmoins ni chapeliers, ni chaussetiers: Mais les haulx bonnets et jacquettes Pour lors si avoicnt leurs requestes; Pallctocz, pourpoints abourrés Estoient sur espaulles fourrés. Chapperons rons avoient les femmes; Hault couëffées si estoient les dammes; Cornectes de deux doiz avoient; Large tissu aussi portoient; Grant collet fourré sur l'espaulle