était un équipementier automobile japonais. Il était spécialisé dans les systèmes de sécurité et structures associées : coussins gonflables de sécurité (« airbags »), ceintures de sécurité, volants, protections pour enfants. Takata fut membre de l'association européenne des équipementiers automobiles, le CLEPA.
L'entreprise a fabriqué des millions d'airbags contenant des capsules métalliques explosives de nitrate d'ammonium, défectueuses, qui, depuis 2016, ont tué au moins seize personnes en France (dont quatorze en outre-mer, où l'humidité accélère la dégradation des capsules). Takata a été accusée d'avoir caché les résultats de tests de ses airbags pendant des années, ce qui a permis l'installation de près de d'airbags dangereux dans les véhicules de nombreux pays, chez plus de trente constructeurs et dans des centaines de modèles de voitures. En 2017, Takata s'est déclaré en faillite après avoir été condamnée à verser une amende de plus d'un milliard de dollars. Ce scandale a été la cause du plus grand rappel de voitures jamais effectué.
En France, ces rappels ont été tardifs et incomplets, laissant en 2024 plus d'un demi-million de véhicules encore équipés de ces airbags dangereux..
Histoire Takata est fondée en 1933 dans la préfecture de Shiga, au Japon, par Takezo Takada pour produire des suspentes de parachute. Durant les , la compagnie se lance dans le développement des ceintures de sécurité pour automobiles qu'elle commercialise à partir des . Lors de ses recherches, Takata construit le premier banc d'essai de choc automobile au monde.
Durant les , elle met sur le marché un siège auto pour enfant. La décennie suivante, la compagnie devient Takata Corporation et commence à vendre ses ceintures sur les marchés nord-américains, coréens et irlandais. Dans les années suivantes, elle devient internationale. En 1995, Takata est au cœur d'un important rappel d'automobiles lié à la défaillance de ceintures de sécurité.
En 2000, Takata Corporation achète un concurrent allemand, Petri AG, qui devient une filiale de la compagnie sous le nom de Takata-Petri, puis Takata AG en 2012.. Cette filiale produit également des volants et des composants en plastique pour l'automobile et d'autres secteurs.
Affaire des airbags défectueux Selon les autorités américaines, l’équipementier nippon a, pendant plus d’une décennie, dissimulé l’existence d’un défaut majeur dans ses airbags : Takata utilisait un agent chimique, le nitrate d'ammonium contenu dans une capsule métallique de mauvaise qualitéSelon un porte-parole de Citroën, il s’agirait de propergol à l’état gazeux, voir ., pour gonfler les coussins de sécurité en cas de choc. Mais cette capsule pouvait se détériorer et exploser de façon impromptue et dangereuse voire mortelle après avoir été longtemps exposée à la chaleur ou à l'humidité, en projetant des fragments métalliques sur le conducteur ou le passager.. Entre 2013 et 2016, une vingtaine de personnes ont péri à travers le monde dans des accidents de la route liés aux airbags de Takata, dont onze aux États-Unis. Cette affaire conduit l'agence de la sécurité routière américaine (NHTSA) à ordonner le rappel de de ces airbags, qui ont été utilisés à grande échelle par de nombreux constructeurs.
En 2013 et 2014, Takata est une nouvelle fois la cause principale de rappel massif d'automobiles, de l'ordre de de véhicules liés à des problèmes sur ses airbags. Ainsi en , FCA a fait un rappel de de véhicules, juste après que Ford a, lui aussi, rappelé « Takata : 3,3 millions de véhicules supplémentaires rappelés pour airbag défectueux », Le Monde, 20 décembre 2014.. En , Honda annonce arrêter de se fournir chez Takata à la suite de cette affaire, qui a provoqué à ce moment-là huit morts. L'arrêt de cette collaboration fait suite à l'annonce de la condamnation de Takata à payer une amende d'au moins de dollars dans le cadre de cette affaireYann Rousseau, « Honda lâche finalement Takata, le fabricant d’airbags « explosifs » », Les Échos, 4 novembre 2015.. Au total en 2015, on compterait près de de véhicules rappelés dans le cadre de cet incident« Lâché de toutes parts, le fabricant d'airbags Takata chute de 24 % », La Tribune, 5 novembre 2015..
En , l'autorité de régulation américaine NHTSA annonce que 35 à de véhicules supplémentaires. doivent être rappelés dans le cadre de cette affaire, faisant monter le nombre de rappel à de véhicules rien que pour les États-Unis.. La défaillance de ces airbags est la cause de la mort de quinze personnes dans le monde dont onze aux États-Unis et plus de .
À la suite de cette annonce, des analystes s'inquiètent de l'avenir de l'entreprise.. En , le Japon demande un rappel de sept millions de véhicules supplémentaires, amenant le chiffre des rappels de véhicules dans cette affaire au Japon à Hisako Ueno, « Japan Recalls 7 Million More Cars With Takata Airbags », 27 mai 2016..
En , Takata est en discussion avec un équipementier canadien, Piston Group, pour lui vendre ses activités d'aménagement intérieur des véhicules, contenus dans sa filiale Irvin Automotive« Detroit auto supplier buys Takata automotive interiors unit », Reuters, 28 septembre 2016..
Début 2017, Takata contrôle un cinquième du marché mondial des ceintures de sécurité et airbags pour l'industrie automobile..
2017 : faillite En , Takata plaide coupable de fraude aux États-Unis et signe un accord avec l'autorité régulatrice américaine pour mettre fin à ses poursuites contre une amende d'un milliard de dollars« Airbags défectueux : un milliard de dollars d’amende pour Takata aux États-Unis », Le Monde, 13 janvier 2017..
Takata a déposé le bilan le et la société a conclu un accord de reprise par l'équipementier américain contre d'euros« Le numéro 2 mondial de l'airbag, Takata, a déposé le bilan », Le Monde, 26 juin 2017.Naomi Tajitsu, « Japanese airbag maker Takata files for bankruptcy, gets Chinese backing », Reuters, 26 juin 2017.. En 2021, la NHTSA a ordonné aux constructeurs automobiles Ford et Mazda de rappeler près de trois millions de véhicules en raison de leurs airbags défectueux fabriqués par Takata. ; en , la NHTSA ouvre ..
Depuis 2017 : suite de l'affaire des airbags défectueux En , le groupe Stellantis réalise un premier rappel concernant une défectuosité des airbags de marque Takata. L’affaire revient sur le devant de la scène en puis en avec de nouveaux rappels. Au total, plus de doivent repasser à l’atelier, principalement des C3 II et DS 3 I..
L'Europe n'est initialement pas censée être concernée car le problème est identifié dans les usines américaines et non dans les usines européennes. L'Europe continentale n'a pas été la première concernée car le problème se pose d'abord dans les territoires où le climat est plus propice aux défectuosités de ces airbags (États-Unis, Malaisie). En France, en une huitaine d'années, quinze personnes sont décédées, dont quatorze en Outre-Merhttps://www.ouest-france.fr/economie/automobile/airbag-defectueux-comment-savoir-si-mon-vehicule-est-concerne-par-les-rappels-5b06cec4-cdb0-11ef-8d90-909e2a097509. Une centaine de marques automobiles ont été concernées en France et en Europe ; elles ont commencé leurs vagues de rappels dans les régions les plus exposées : Outre-mer, Sud de l'Europe, Sud de la France métropolitaine (notamment le Pays basque)https://www.largus.fr/actualite-automobile/airbags-takata-la-liste-des-marques-et-des-modeles-touches-par-des-rappels-en-europe-30034443.html
Le nombre de cas documentés de morts par explosion de cartouche d'airbag était de 24 au moins, selon une étude de D. C. de Viano.. De premiers cas de morts par explosion de cartouche d'airbag Takata en Chine ont été décrits en 2024.. Dans certains pays (Chine, Corée, Japon, Australie), des mesures de rappel ont été imposées aux constructeurs, BFMTV, janvier 2025..
En , 2,3 millions d'airbags sont encore estimés défectueux pour le seul territoire français et doivent engendrer des remplacements massifs en raison de leur dangerosité. Volkswagen, concerné, a même demandé à 250 000 clients un stop drive car conduire leur voiture serait devenu trop dangereux. En , c'est au tour de Toyota et Mercedes-Benz de demander un stop drive à des milliers de véhicules français afin de changer les airbags défectueux. À la suite d'un nouvel accident mortel (conductrice de 36 ans tuée par l'explosion de son airbag le à Reims) et à d'autres accidents similaires, le , le ministère des Transports ordonne l'immobilisation de 800 000 véhicules supplémentaires défectueux, portant à 1,7 million le nombre total de véhicules interdits de circuler en France pour ce motif. Parallèlement, supplémentaires doivent être rappelés (sans obligation d'immobilisation immédiate), portant le nombre total de véhicule devant être rappelés à 2,5 millions. Le ministre des Transports (Philippe Tabarot) a annoncé un futur arrêté qui garantira aux automobilistes concernés un véhicule de remplacement ou une prise en charge de location. Une mission d’inspection, lancée en , doit prochainement rendre ses conclusions dans l'année, et une information judiciaire a été ouverte en avril pour centraliser les enquêtes liées aux décès causés par explosions de cartouches d'airbags.
Pour rappel, tout véhicule envoyé à la casse pour être recyclé doit passer par un centre VHU agréé (Véhicule Hors d'Usage), où la réglementation (européenne et française notamment) impose de neutraliser tous les composants dangereux : les airbags doivent être identifiés (code barre), stockés dans un contenant adapté puis envoyés vers un centre agréé, accompagnés d’un bordereau de suivi des déchets avant délivrance d’un certificat de destruction (déclenchée de manière contrôlée) avant toute opération de compactage ou de broyage du véhicule. Cependant, il ne semble pas y avoir de traçabilité publique systématique sur le traitement des airbags dans les casses de véhicules. Un recyclage en produits de bagagerie est possible.
Notes et références Notes
Références
Liens externes
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