L'église Saint-Denis est une église catholique paroissiale située au Thillay, dans le Val-d'Oise, en France. La paroisse n'est pas attestée avant le , et l'on ignore les circonstances de sa fondation. L'église actuelle date presque entièrement du , et est représentative de la reconstruction après la Guerre de Cent Ans. La date de la première consécration en 1545 est cohérente avec l'architecture gothique flamboyante assagie et quelque peu répétitive qui domine dans l'édifice. La date de la seconde consécration en 1583 pourrait correspondre au parachèvement du voûtement d'ogives, comme le donnent à penser les clés de voûte Renaissance richement ouvragées. Ce sont pratiquement les seuls éléments qui ont fait l'objet d'un effort décoratif. Dans son ensemble, l'église est bien bâtie et très homogène, mais d'une facture très simple. Son plan irrégulier avec un unique bas-côté au nord et une courte chapelle au sud, et les quelques éléments anciens de son mobilier, ajoutent à son intérêt. L'église Saint-Denis a été inscrite aux monuments historiques par arrêté du .. Elle fait partie d'un regroupement paroissial avec Fontenay-en-Parisis, Goussainville et Vaud'herland. Les messes dominicales sont célébrées en principe tous les dimanches à 9 h 30.
Localisation
L'église est située en France, en région Île-de-France et dans le département français du Val-d'Oise, en pays de France, la commune du Thillay, au sud de la ville, rue de Paris. La rue, qui est le principal axe de communication nord-sud du centre-ville, passe obliquement devant le chevet de l'église dans un sens nord-est - sud-ouest. Elle laisse ainsi libre un parvis triangulaire au sud de l'église. Peu de place reste entre la façade occidentale et l'alignement de maisons lui faisant face. En revanche, une vaste pelouse précède l'élévation septentrionale. Des places de parking existent autour, accessibles depuis la rue de la Vieille-Bauné. C'est depuis ici que s'offre une belle perspective de vue sur l'église Saint-Denis, depuis qu'elle a été dégagée des bâtiments mitoyens en 1874..
Historique thumb|left|Vue depuis le nord-est. thumb|Vestiges de la croix de cimetière. thumb|Retable de la Vierge (milieu ).
L'abbaye de Saint-Denis acquiert une partie significative des droits de champart du Thillay en 1248, et y achète également des cens en 1251. L'église du Thillay est mentionnée pour la première fois dans un acte de 1273, par lequel l'abbaye de Saint-Denis achète trois sols de cens et un chapon de rente avec un demi-arpent de terre, . Bien que l'église soit en plus placée sous l'invocation de saint Denis de Paris, il est peu probable que l'abbaye de Saint-Denis soit le fondateur de la paroisse. On peut tout au plus affirmer l'existence de relations très anciennes. En effet, depuis le , tous les pouillés indiquent invariablement l'évêque de Paris comme collateur de la cure. L'abbaye de Saint-Denis n'est pas le principal seigneur du Thillay. La grosse dîme est partagée entre le curé du Thillay et plusieurs établissements religieux, à savoir les chanoines de Saint-Denis-du-Pas, à Paris ; les Bons-hommes de Vincennes ; et la maladrerie de Fontenay-sous-Vincennes. Sous l'Ancien Régime, la paroisse dépend du doyenné de Montmorency du diocèse de Paris. Selon Charles Huet, Germain de Marle, prévôt des marchands de Paris de 1526 à 1527, serait à l'origine de la construction de l'église actuelle. Le même auteur indique une première dédicace en 1545, dont l'abbé Lebeuf ne parle pas. L'église n'est certainement pas encore achevée ; puisque le vaisseau central et le bas-côté sont homogènes et affichent le style gothique flamboyant, ce doivent être les voûtes d'ogives qui sont construites ultérieurement. Leurs clés de voûte sont de style Renaissance. Le , une nouvelle dédicace est célébrée par l'évêque de Digne, Henri le Meignen, mandataire de l'évêque de Paris. Par la suite, le seigneur Nicolas Girard, mort en 1612, fait bâtir la chapelle seigneuriale au sud des dernières travées de la nef. Elle est dédiée à saint Nicolas, son patron personnel...
Par le Concordat de 1801, les paroisses du diocèse de Paris comprises dans le département de Seine-et-Oise sont définitivement regroupées dans le diocèse de Versailles, le diocèse de Paris se limitant désormais au seul département de la Seine. En 1838, la préfecture approuve un devis estimatif pour la réfection de la toiture. À une période indéterminée du , un lambris est posée dans l'ancienne chapelle seigneuriale. La vétusté de la tribune ressort d'un document de 1863 ; elle est plus tard supprimée. Il est également fait état de réparations et embellissements qui restent à préciser. En 1874, l'église est dégagée de bâtis existants (sauf à l'angle nord-est au carrefour entre les rues de Paris et de la Vieille-Bauné, où trois maisons sont encore visibles sur une photo aérienne de 1989). Les vieux vitraux sont déposés en 1876, et remplacées par de nouvelles verrières sortant de l'atelier de Charles Lévêque, peintre verrier à Beauvais. L'église Saint-Denis est inscrite aux monuments historiques par arrêté du . La réorganisation des départements d'Île-de-France entraîne l'érection du nouveau diocèse de Pontoise en 1966, dont Le Thillay fait désormais partie. La paroisse forme aujourd'hui un regroupement avec Fontenay-en-Parisis, Goussainville et Vaud'herland. Les messes dominicales sont célébrées en l'église Saint-Denis le dimanche à 9 h 30, avec certaines restrictions pendant les mois de juillet et août.
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
Orientée à peu près régulièrement avec une déviation de l'axe de l'édifice de 8° vers le sud-est du côté du chevet, l'église répond à un plan dissymétrique. Elle se compose d'une nef de cinq travées, accompagnée d'un unique bas-côté au nord ; d'un clocher au sud de la première travée de la nef ; de la chapelle Saint-Nicolas au sud des deux dernières travées de la nef ; et d'un chœur de deux travées, soit une travée droite et une abside à trois pans. La sacristie occupe l'angle entre le collatéral nord et le chœur. Elle est extérieurement homogène avec le collatéral, mais ne possède que deux petites fenêtres superposées à l'est. Le plan de l'édifice suggère que seulement une seconde et une troisième travée du bas-côté sud manquent à sa symétrie, mais la base du clocher sert de porche et ne communique avec l'intérieur de l'église que par une porte, et la chapelle du sud n'est pas stylistiquement homogène avec le bas-côté nord. La longueur intérieure du vaisseau central est de , dont pour la nef (idem pour le bas-côté) et pour le chœur. La largeur du vaisseau central est de entre les murs gouttereaux, et celle du bas-côté est de entre le mur gouttereau nord et les piliers des grandes arcades. La largeur cumulée des deux vaisseaux varie entre à l'ouest et à l'est. L'extension de la chapelle Saint-Nicolas est de en largeur et de en profondeur. L'ensemble des travées est voûté d'ogives. La toiture actuelle date de 1838 ; elle recouvre à la fois la nef et le bas-côté, la chapelle du sud étant pourvue d'un deu toit en pavillon. La couverture est réalisée en tuiles mécaniques, sauf pour la flèche du clocher, qui est revêtue d'ardoise. L'on accède à l'église par le portail à l'est du clocher, le portail occidental étant condamné.
Intérieur Vaisseau central thumb|upright|Nef, vue vers l'est. thumb|upright|, élévation nord. thumb|upright|Nef, vue vers l'ouest. thumb|upright|Nef, extrémité occidentale.
Selon le baron Ferdinand de Guilhermy, .. La hauteur des piliers du vaisseau central est médiocre, et ne dépasse guère la largeur, soit environ. Cette faible hauteur exagère visuellement la profondeur de l'édifice, et n'empêche pourtant pas une importante portion de murs nus au-dessus des grandes arcades du nord. De ce fait, le bas-côté porte bien son nom. La proportion entre largeur et hauteur y est la même. L'architecture ne fait pas preuve de beaucoup de recherche, à l'exception des clés de voûte et des culs-de-lampe au droit du mur du bas-côté. L'on remarque notamment que les piliers des grandes arcades sont dépourvus de bases moulurées, et reposent directement sur les socles retaillés pour gagner de la place au sol, et que les fenêtres latérales en plein cintre ne sont pas entourées de moulures et dépourvues de remplage. Avec les églises voisines de La Chapelle-en-Serval, Survilliers et Vineuil-Saint-Firmin, dans l'ancien diocèse de Senlis, elle est (Dominique Vermand.). L'absence de bas-côté au sud est une particularité de l'église du Thillay, qui se rencontre aussi à Villiers-Adam, et permet l'éclairage direct du vaisseau central par des fenêtres, qui est loin d'être la règle dans les églises rurales du . Charles Huet commet une distraction en disant que , car sauf au niveau du clocher, chaque travée comporte une fenêtre vers le sud, même la quatrième et la cinquième travée, au-dessus des arcades ouvrant sur la chapelle Saint-Nicolas.
Les voûtes de la nef sont en arc brisé, sauf les formerets des trois premières travées, qui sont en plein cintre. Les ogives et arc-doubleaux affectent un profil prismatique aigu, caractéristique de l'architecture flamboyante à son apogée. Il contraste avec les clés de voûte pendantes, qui sont sculptées de motifs de la Renaissance. L'explication pourrait être la potentielle interruption du chantier avant la construction des voûtes, qui se devine de la double dédicade de l'église en 1545 et 1583, et qui semble être confirmée par la rupture dans le profil des formerets au sud, près de leur retombée. La première clé est formée par quatre losanges superposés, dont le dernier est cerné d'un rang d'oves. Une rosace figure au centre. La seconde clé est également de plan losangé, et l'on y retrouve le motif des oves dans l'échine entre les deux plans du carré. Une sorte de boule garnie de feuilles plates schématisées est suspendue sous la clé. La troisième clé se compose essentiellement d'un édicule cubique agrémenté de quatre niches simples, dont les statuettes sculptées en bas-relief forment corps avec la clé. Les clés des trois travées suivantes sont de petits temples renversés sur plan circulaire, dont l'un est garnie de coquilles Saint-Jacques. Les dessous des clés sont décorés de culs-de-lampe décorés de deux rangs d'oves ou de feuillages, ainsi que d'un bourgeon. Il paraît que la troisième clé se terminait pareillement. Dans l'abside, l'on voit quatre bustes humains séparés par des lyres. Ces quatre dernières clés sont d'une facture recherchée, et Charles Huet parle de petites chefs-d'œuvre, mais elles n'atteignent pas la qualité d'exécution des clés de la troisième travée du nord de l'église Saint-Justin de Louvres et de la chapelle seigneuriale de l'église Saint-Quentin de Valmondois, réputées pour leurs édicules à statuettes. Toutes les voûtes sont établies sur des croisées d'ogives simples, et les nervures pénètrent directement dans les demi-piliers cylindriques engagés dans le mur méridional ou les ondulations dans le mur septentrional, sans interposition de chapiteaux. Cette disposition est caractéristique de la période flamboyante. Au sud, les piliers descendent directement jusqu'au sol, même devant les grandes arcades vers la chapelle Saint-Nicolas, qui ont dû être percées après coup. Au nord, les renflements s'arrêtent au niveau d'une série de moulures que les piliers y portent en guise de chapiteau (sauf les deux derniers).