Combava est le nom du Citrus hystrix, agrume de l'ex-sous-genre Papeda.. Il désigne l'arbre, le fruit et l'aromate.
Le nom combava (ou cumbava, cumbaba, makrut, citron combera, combawa) provient des anciennes cartes maritimes où l'île indonésienne de Sumbawa, à l’est de Bali dans l'archipel de la Sonde (mer des Moluques), est nommée Combava par les marins occidentaux. L'arbre est originaire de ces îles. On le retrouve parfois sous le nom de citron kaffir - terme utilisé en anglais - notamment lorsque l'on désigne ses feuilles.
Historique Le premier, G. E. Rumphius (1628-1702) a dessiné un combava en provenance d'Amboine (Indonésie). Pierre Sonnerat (1748-1814) en a collecté des spécimens en 1771-1772 et il figure dans l'Encyclopédie Méthodique de Lamarck (1796). Le portugais utilise également le mot combava (Amboine était portugaise au ) pour désigner la plante et son fruit.
La plante a été introduite à l'île Maurice, par Pierre Poivre à la fin du . En 1808, M. Rolland pépiniériste à Nîmes l'achète à un capitaine de navire qui l'avait apportée de l'Ile de France. Elle figure au catalogue du jardin botanique de Montpellier de 1813 où Augustin de Candolle mentionne sa provenance. Il la décrit sans en voir la floraison sous le nom de Citrus hystrix ainsi que le rapporte Ernst Gottlieb von Steudel en 1821. En 1819 Loiseleur Deslongchamps donne une description dans le tome 7 du Nouveau Duhamel: vignette|Le citronnier hérisson du Nouveau Duhamel avec enracinement d'un feuille. En 1816, le combava était cultivé vendu par la pépinière Audibert, près de Tarascon. En 1825, Gaetano Savi l'acquiert à son tour et l'introduit au jardin botanique de Pise. Sa présence à La Réunion est relatée depuis son introduction. En 1902, La Réunion envoie de la « très bonne » liqueur de combava à l'Exposition Coloniale. Le mot combava entre visiblement dans le français dans la décennie 80 du pour devenir fréquent au ..
Jusqu'à la publication d'Henri Chapot (1952), Le Combava, Citrus de la Réunion et de Madagascar, la systématique est confuse, y compris l'orthographe longtemps Combara chez Rafinesque, Guillaumin, Swingle, jusqu'à l'adoption de Combava par Paul Hubert en 1912. Risso et Poiteau (1818) en faisaient une variété de Limettier doux. Le combava est longtemps confondu avec Citrus macroptera dont il est génétiquement très proche.
Le combava apparaît dans les textes anglophones sous le nom de kaffir lime en 1868, à Ceylan où frotter ses jambes avec son jus prévient des morsures de sangsues. La dénomination est également incertaine dans cette langue : en 1871, la nomme : lime douce des Moluques et ajoute qu'elle est cultivée en Inde.
Dénomination vignette|285x285px|Ailes ovales de la feuille de combava comparée à d'autres agrumes dont C. micrantha dont le gout est réputé proche Le nom binomial Citrus hystrix donné par De Candolle signifie agrume épineux, hystrix est le nom latin du porc-épic chez Pline. Il existe de nombreux synonymes dont Citrus combara Raf...
L'anglais est fréquent. En 2014, une campagne fut menée aux États-Unis pour que cesse l'usage de ce nom au profit de ceux de k-lime ou de makrut lime. Kafir, de l'arabe , infidèle, est méprisant, offensant et raciste en Afrique du Sud où il désignait les Noirs de la Cafrerie.. Elle est parvenue à augmenter l'usage de makrut mais kaffir lime reste de loin le terme usuel.. Ce nom évoque le néerlandais , qui donne l'allemand , le hongrois . Selon certains auteurs l'origine serait un terme neutre: le portugais , introduit dans cette langue au , qui désignait simplement les habitants de la Cafrerie ou encore les bantous..
Makrut provient du thaï . Le caractère piquant de la plante n'a pas échappé au chinois : , littéralement flèche/feuille/orange (fruit), épée/feuille/orange et frelon orange, il est produit dans le Yunnan et le Guangdong..
En indonésien (pays d'origine) , jeruk purut à Java, juuk purut à Bali, lime purut en Malaisie. En 1811, Gallesio décrit des agrumes d'Amboine (n° VI et VII) à la feuille à pétiole ailé très prononcé dont le n°VII nommé lemon purrut, djura purrut. Il le rapporche de lemo agrestis ou papeda que Rumphius a trouvé à Amboine. Miquel en 1859 crée l'espèce C. papeda à partir de Limo agrestis vel Papeda Rumph. et Loosjes en 1876 nomme Djěrouk pourout le C. papeda Miq.. Il s'ensuit jusqu'à nos jours une confusion autour d'un genre ou sous genre papeda fourre tout d'agrumes amères. qui regrouperait le Combava, C. micrantha et de nombreux agrumes japonais.
C. hystrix est assimilé à C. micrantha., papeda est coupé en C. cavaleriei et C. hystrix, Swingle (1943) crée lui aussi 2 sous genres de papeda, le papeda avec Citrus latipes et C. ichangesis et le sous-genre papedocitrus avec C. hystrix, C. macroptera, C. micrantha et C. celebica. Il lui reste le nom de Mauricius papeda. Peter Jansen Wester qui a été le premier à décrire de visu les agrumes philippins (1915), donne à C. hystrix le rang d'espèce avec 2 représentants: Cabuyao = C. histrix et Cabuyao C. histrix var. torosa cabuyao.vignette|262x262px|Jeune feuille de combava
Description gauche|vignette|Jeune arbre combava en pot, Jardin botanique de la reine Sirikit, Thaïlande L'arbre de petite taille (3 à 6 m. de haut, 2.5 à 3 m. de large) est épineux, ses feuilles (7.5–10 cm de long) ont le pétiole largement ailé des papeda.
Les fleurs sont petites, parfumées, blanches avec un calice cuspidé à 4 lobes, blanc à frange violette, 4 ou 5 pétales ovales-oblongs, blanc jaunâtre teinté de rose et 24 à 30 étamines. Le fruit est sphérique (diamètre de 4 à ) avec une écorce grumeleuse épaisse caractéristique et un bec très net. Cette écorce est vert foncé à l'état immature quand il est commercialisé; elle vire au vert jaunâtre à maturité. La chair est vert jaunâtre et très acide. Il est parfois confondu avec la bergamote (fruit du bergamotier) dont le goût est totalement différent.Le fruit et la feuille sont riches d'une huile essentielle fortement parfumée, d'un parfum rappelant la citronnelle. « Le fruit globuleux est verruqueux et a quelque peu l'odeur de mélisse» écrit le Bulletin du Jardin colonial et des jardins d'essai des colonies françaises de 1911.
Le combava n'est pas une plante domestiquée, mais une plante sauvage cultivée dont il existe des hybrides et mutants naturels
Phylogénie Dans une analyse en composantes principales des génomes de 92 agrumes, une équipe franco-brésilienne (2019) situe le combava à proximité de kumquat marumi (Fortunella japonica); du citronnier épineux (Poncirus trifoliata) et du buis de Chine (Severina buxifolia), proche du primitif cédrat dont il constitue un cluster distinct aux côtés du macroptère (Citrus macroptera). Dans sa thèse (2022) P. Tiyara analyse de 5 marqueurs ISSR d'une collection d'agrumes indonésiens, ils distinguent 2 groupes: le premier autour de C. jambhiri qui est différent du second Nasnaran (C. amblycarpa) et combavas (C. hystrix). vignette|Phylogénie du combava chez Wan Shuan Lee et al. (2025) sur la base du plastome complet En 2024 le plastome complet de C.hystrix (159 893 pb) est publié par une équipe malaise. Il contient 132 gènes, dont 87 gènes à séquence codante. L'analyse phylogénétique de la séquence complète montre une relation étroite avec C. aurantiifolia, dans le clade commun avec C. micrantha (agrume sauvage des Philippines).
Hybrides et cultivars
Jeruk purut Manis (combava doux) est une espèce endémique de la province d'Aceh, districts de Gunci et Banda Baro, en voie d'extinction. La morphologie des deux plantes est différente (tige, branche et structure de la feuille) avec un coefficient de similarité faible. Les différentes publications académiques supposent un degré de parenté éloignée.
Monte Sumbawa est une variété typique de la région de Sumbawa largement utilisé dans la cuisine locale. L'HE est majoritairement composée de linalol () avec des aromatiques mineurs spécifiques.
Utilisations vignette|Utilisations alimentaires du combava chez Rahmat Budiarto et al. (2024)
Parties de la plante utilisées
La feuille de combava (parfois feuille de citron kaffir) est un condiment usuel dans la cuisine de l'Asie méridionale, et du sud de l'océan Indien, dont les Mascareignes, aux Philippines, en Indonésie, en Malaisie, en Thaïlande, au Cambodge, au Viêt Nam, etc... Depuis la décennie 2010, son utilisation est devenue fréquente en Grande-Bretagne sous l'influence du green curry du chef Jamie Oliver largement médiatisé, et de par le monde chez les restaurants thaïlandais.. Le fruit est utilisé pour son zeste, pour son jus, et aussi entier confit. À la Réunion, il est essentiel pour la préparation du rougail tomates qui accompagne les carrys. vignette|Les feuilles fraiches, puissamment aromatiques, s'utilisent crues ou dans les cuissons. La principale utilisation de la feuille et du fruit du combava est comme aromate en cuisine. En Indonésie à l'est de Java, le est une sauce épicée aux arachides et au combava, en Thaïlande les Tom Yum se font au combava. Les industries développent des gâteaux et les desserts avec des extraits de combava comme exhausteurs d'arômes.
Utilisation pharmaceutique En médecine traditionnelle asiatique, les extraits de combava sont utilisés en cas d'affection pulmonaire et de maux d'estomac.. L'huile essentielle est stimulante : en aromathérapie, elle soulage la dépression et le stress ; les compresses des massages thaïlandais contiennent du combava. Margaret Landon (1949) parle d'un bain rituel thaï dans l'eau chaude avec des feuilles de combava.
L'extrait de combava a montré (2005, 2017) une activité anti-proliférative de cancers humains ou murins, la concentration inhibitrice médiane IC50 mesurée sur des cellules de carcinome de la bouche humaines leucémiques du rat était légèrement supérieure pour le fruit que pour la feuille.. Une brève communication japonaise (2009) avait signalé la présence dans les feuilles (y compris après 10 min. de cuisson) de deux dérivés de la furanocoumarine, l'époxypeucedanine et l'époxybergamottine qui sont des anti-mutations, ils inhibent l'enzyme hépatique (cytochrome P450) qui active le mutagène.left|160px|thumb|Écorce sèche de combava à Madagascar
Depuis 2017, les publications académiques se multiplient sur une capacité antioxydante de la feuille, du zeste et du jus, antidiabétique et hépato-protectrice : chez le rat, l'extrait de feuille de combava réduit considérablement l'hépato-toxicité du paracétamol.. Chez le rat hypercholestérolémique l'extrait alcoolique de zeste réduit sensiblement la cholestérolémie totale. Certains de ses composés phytochimiques soumis à des études précliniques montrent des effets antibactériens, antifongiques, anticancéreux (dont le cancer du sein triple négatif), chimiopréventifs, antioxydants, anticholinestérases, cardio et hépatoprotecteurs (2013). Parmi les composés bioactifs importants de C. hystrix sont les coumarines, les flavonoïdes, les acides phénoliques et les terpénoïdes, la que la bergamottine est un composé coumarinique à fort potentiel en médecine (Abirami et al. 2014 )https://www.researchgate.net/profile/Abirami-Arumugam-2/publication/303227547_The_medicinal_and_nutritional_role_of_underutilized_citrus_fruit_Citrus_hystrix_Kaffir_lime_a_review/links/5ff94c12299bf1408880fc8f/The-medicinal-and-nutritional-role-of-underutilized-citrus-fruit-Citrus-hystrix-Kaffir-lime-a-review.pdf.
Une publication indonésienne (2020) montre que le jus a un pouvoir anti-oxydant (flavonoïdes et vitamine C) du même ordre que le jus d'orange. Une publication thaïlandaise fait état la même année de la découverte d'un puissant anti-inflammatoire - l'agrostophillinol - dans la feuille. In vitro sur des cellules humaines les extraits de combava protègent de la sénescence neuronale induite par le glucose et améliorent les fonctions des cellules neuronales. vignette|Feuilles fraiches
Utilisation antibactérienne et fongicide
Antibactérien