Francis Joyon, né le à Hanches (Eure-et-Loir), est un navigateur français revendiquant être un « Beauceron sur la mer ».. Il commence sa carrière de coureur au large en 1988 et participe à sa première Route du Rhum en 1990. En 2000, il remporte sa première grande épreuve à l'occasion de la Transat anglaise.

En 2004, il est le premier marin à boucler sans escale un tour du monde sur multicoque en solitaire. En 2008, il reprend le record à Ellen MacArthur et devient le détenteur du record du tour du monde à la voile en solitaire en , sur le trimaran Idec, avant que ce record ne soit battu en 2016, le jour de Noël par Thomas Coville sur Sodebo Ultim' qui boucle son tour du monde en moins de cinquante jour, puis, en 2017, par François Gabart qui l’établit en . Il remporte ensuite de nombreux records océaniques, devenant l'un des meilleurs spécialistes.

Le , Francis Joyon et ses cinq hommes d'équipage s'emparent du record du tour du monde à la voile en équipage en sur le trimaran Ultime IDEC Sport. Il s'empare ainsi du Trophée Jules-Verne, détenu jusqu'alors par Loïck Peyron et ses treize membres d'équipage sur Maxi Banque Populaire V améliorant au passage la marque de plus de quatre jours. Ce record est battu en 2026 par Thomas Coville à bord de Sodebo Ultim 3 en .

Le , au terme d'une arrivée très serrée avec François Gabart, qu'il dépasse à la sortie du canal des Saintes, il remporte la Route du Rhum pour sa septième participation, avec sept minutes d'avance sur son poursuivant.

Biographie

Débuts sur la Route du Rhum et victoire sur la transat anglaise (1988-2003) Francis Joyon naît à Hanches, village près d'Épernon où il fait ses classes à la communale.. Enfant, il est proche de la nature qu'il découvre dans la vallée de la Drouette. Moniteur aux Glénans et convoyeur, il forge son expérience sur des voiliers disparates. Sa vie change quand, dans le port de la Trinité-sur-Mer, il décide de réhabiliter les deux flotteurs du catamaran Elf Aquitaine.. Il est inconcevable pour lui que ces deux pièces majeures d'un voilier puissent agoniser dans le port. En rachetant d'autres pièces de récupération, Joyon fabrique ainsi un nouveau bateau sans démarcher des sponsors.

En 1990, il participe pour la première fois à la Route du Rhum à bord du trimaran BPO (Banque-Populaire de l'Ouest) dont les pièces et la fabrication sont issues de divers autres voiliers.. Son bateau mesure de long. Malgré la limitation de taille de les organisateurs autorise les bateaux un peu plus grand mais plus anciens à prendre le départ sur dérogation. Néanmoins, les officiels annoncent quelques jours avant le départ que la dérogation n'est plus effective. Francis Joyon est alors contraint de couper les flotteurs de son bateau pour le raccourcir. Malgré ce contretemps, le Français prend part à la course et termine à la dixième place en Guadeloupe..

De 1988 à 2000, il demeure dans l'étrave de la victoire. Sur son premier bateau puis sur Banque populaire, racheté sans voiles ni mâture en s'endettant, il collectionne les places d'honneur et les podiums dans les plus grandes courses comme la Route de la découverte, la Route du Rhum, la course de l'Europe, la Transat anglaise, la Transat Jacques-Vabre, Québec-Saint-Malo ou encore la Route des Phares.

En 2000, sa première victoire est liée à son Eure-et-Loir natale. Se retrouvant sans partenaires après son divorce avec la Banque populaire, le Conseil général d'Eure-et-Loir sponsorise durant quatre ans son trimaran aidé par le . Le départ de la Transat anglaise est donné à Plymouth.. Durant les trois premiers jours, Joyon n'est pas loin d'Alain Gautier qui domine la course. Lors d'une nuit de tempête, l'Eurélien prend la tête. Après avoir conservé la tête devant Franck Cammas, Marc Guillemot et Gautier, Joyon bat le record de l'épreuve en 9 jours 23 heures et 21 minutes.

En 2002, Francis Joyon est au départ de la Route du Rhum.. Mais le golfe de Gascogne lui est fatal. Il passe plusieurs heures dans sa cabine en attendant les sauveteurs. Ensuite, lui et Eure-et-Loir enchaînent les succès notamment au Tour de l'Île de Wight (2001, 2003 et 2004) puis un autre à la Fastnet Race (2001).

Records successifs (2004-2014) Il bat, en 2004 avec son nouveau trimaran géant, le record du tour du monde en solitaire, en , , .. Il améliore de 20 jours le précédent record et devient aussi le premier marin au monde à boucler un tour du monde sur multicoque sans escale... Il barre le trimaran de Idec (ancien Sport Élec d'Olivier de Kersauson), et a réalisé une moyenne de . Cet exploit est reconnu internationalement ; lors de la conférence de presse Rodney Pattisson, double champion olympique anglais de voile, lui offre une de ses médailles d'or en lui disant : Le livre d'or 2004 Voile, Édition SOLAR, .. Quelques mois plus tard, Ellen MacArthur bat ce record.

Le , Francis Joyon bat le record de la traversée de l'Atlantique nord à la voile en solitaire, toujours sur Idec avec un temps de .. Il bat le record établi par Laurent Bourgnon, onze ans plus tôt. Pendant cette traversée, il bat également le record de la plus grande distance sur 24h en solitaire en parcourant lors de la journée du . Le , lors du convoyage retour vers sa base, Idec sous pilote automatique et voilure réduite s'échoue sur les rochers de la pointe de Penmarch. ; Francis Joyon, épuisé par son record dormait à ce moment-là et n'a pas senti la défaillance du pilote automatique. Le trimaran n'a pu être récupéré.

vignette|Francis Joyon au mouillage devant Brest, avant de rejoindre le port, le dimanche .

Toujours sponsorisé par le groupe IDEC, il fait construire en 2006 un nouveau trimaran de , sur les plans de Nigel Irens, et construit chez Marsaudon Composites à Lorient. Le vendredi à (heure française), à bord du nouveau trimaran Idec, il s'élance de Brest dans une nouvelle tentative de record du tour du monde à la voile en solitaire. Pour battre le record d'Ellen MacArthur, Francis Joyon doit revenir avant le dimanche à (HF). En cours de route, il établit plusieurs nouveaux record intermédiaires... Il atteint l'équateur en 6 jours 16 heures et 58 minutes, soit dix heures de moins que le temps dOrange II en équipage dans le trophée Jules-Verne. En franchissant ensuite, le , à , heure française, la longitude exacte du cap de Bonne-Espérance, il établit en 15 jours 7 heures 16 minutes un record sur la distance Brest-Bonne-Espérance. Ce chrono exceptionnel fait de lui le skipper le plus rapide de tous les temps en solitaire sur cette distance. C'est aussi une performance plus rapide que les temps établis en 2002 et 2003 par les multicoques géant Orange I et Géronimo pourtant maniés en équipage. Seul Orange 2, le maxi catamaran de Bruno Peyron et son équipage ; détenteur du Trophée Jules-Verne ; aura fait mieux en 2005 avec un temps de 14 jours 5 heures 21 minutes. Le à UTC, il établit un nouveau record de distance à la voile en 24 heures parcourue en solitaire en multicoque, avec le chiffre colossal de parcourus à la moyenne horaire de . Le dimanche à TU, Francis Joyon coupe à bord d'IDEC la longitude Cap Leeuwin. Il établit sur la distance cap de Bonne-Espérance-cap Leeuwin un nouveau temps de référence en 7 jours 8 heures et 12 minutes. Il améliore de le temps réalisé en 2005 par le trimaran Orange 2 mené en équipage et de trois jours celui d'Ellen MacArthur en 2004. Il établit les records intermédiaires à la voile en solitaire dans les océans Indien et Pacifique, parcours Équateur-Équateur.. Le à UTC, il coupe la ligne d'arrivée à l'entrée du goulet de Brest. Il bat ainsi le Record du tour du monde à la voile en solitaire en 57 jours 13 heures 34 minutes 6 secondes.. Il pulvérise le précédent record d'Ellen MacArthur de 14 jours 44 minutes 27 secondes et établit le deuxième meilleur chrono de tous les temps derrière le maxi catamaran Orange II, skippé par Bruno Peyron et ses quatorze hommes d'équipage.. Il est le seul à l'avoir battu à deux reprises.

Il est désigné Marin de l'année 2008 par la Fédération française de voile, le .

En 2010, Francis Joyon complète son palmarès avec une deuxième place à la route du Rhum..

On retrouve Joyon en 2013 avec des nouveaux records en solitaire sur la Route de la découverte puis sur la traversée de l'Atlantique nord à la voile.

Record sur le Trophée Jules-Verne et victoire sur la Route du Rhum avec IDEC Sport (depuis 2015) En 2015, il réalise un nouveau record sur la traversée de l'océan Indien. En fin d'année, le , il part pour le Trophée Jules-Verne sur IDEC Sport.. Il coupe la ligne d'arrivée à Ouessant après 47 jours, 14 heures, 47 minutes et 38 secondes, réalisant ainsi la troisième meilleure performance de tous les temps sur le Trophée Jules-Verne, améliorant de dix-sept heures le record du bateau (établi avec Franck Cammas et ses neuf hommes d'équipage en 2010, contre cinq pour Joyon). Il s'exprime sur sa traversée : Le , il repart sur IDEC Sport pour le Trophée Jules-Verne, mais une avarie contraint le trimaran à faire demi-tour le .. Il repart, le , avec Sébastien Audigane, Clément Surtel, Gwénolé Gahinet, Alex Pella et Bernard Stamm ; améliore à cinq reprises les différents passages intermédiaires et remporte finalement le Trophée en passant la ligne le , bouclant la circumnavigation en 40 jours, 23 heures, 30 minutes et 30 secondes...

En 2018, Francis Joyon s'aligne sur la Route du Rhum à la barre d'IDEC Sport, multicoque de la catégorie Ultime double tenant du titre.. La course vire rapidement à l'hécatombe, si bien qu'il est en duel avec François Gabart sur Macif pour la victoire.. Alors qu'il avait de retard sur François Gabart avant d'arriver à la Tête à l'Anglais le vendredi après-midi précédant l'arrivée, Joyon parvient à dépasser Gabart dans la sortie du canal des Saintes à seulement de la ligne d'arrivée puis à franchir cette dernière en tête, devant son adversaire.... Francis Joyon remporte ainsi sa première Route du Rhum à l’âge de et pour ce qui est sa .. Il établit au passage un nouveau record du parcours..

Sur les pontons, il déclare : Concernant les derniers milles nautiques, il ajoute : Enfin, il s'exprime sur sa course et sur la manière dont il a navigué :

Palmarès Records en solitaire sur multicoque 2004 : Record du tour du monde à la voile : 72 j 22 h 54 min et 22 s (et premier marin à boucler -sans escale- un tour du monde en solitaire sur multicoque; auparavant Colas, Monnet et Kersauson avaient dû faire escale). Temps battu depuis par Ellen MacArthur en 2005 et par Francis Joyon lui-même en 2008. Record sur la Route de la découverte, (Cadix–San Salvador) : 11 j 3 h 17 min et 20 s Amélioré par Thomas Coville en 2005 puis par Francis Joyon, à nouveau, en 2008. 2005 : Record de distance à la voile en 24 heures : 542,7 milles. Record de la traversée de l'Atlantique nord à la voile, (New York – Cap Lizard) : 6 j 4 h 1 min et 37 s Battu par Thomas Coville, en 2008, en 5 j 19 h 29 min et 20 s. 2007 : Record de la traversée de la Manche : 6 h 23 min et 36 s (record en cours) Record de distance à la voile en 24 heures : 616,07 milles. Record Brest–Équateur à la voile (meilleur temps que les bateaux en équipage) : 6 j 16 h et 58 min Record Cap de Bonne-Espérance–Cap Leeuwin à la voile (meilleur temps que les bateaux en équipage) : 7 j 8 h et 12 min Record de l'océan Indien à la voile : 9 j 12 h et 3 min Record Brest–Cap de Bonne-Espérance à la voile : 15 j 7 h et 16 minBrest-Cap de Bonne-Espérance à la voile : temps derrière Orange 2, maxi catamaran de Bruno Peyron en 2004 avec un temps de 14 jours, 5 heures, 21 minutes. Record de l'océan Pacifique à la voile : 10 j 14 h et 25 min 2008 : Record du tour du monde à la voile : 57 j 13 h 34 min et 6 s. Record sur la Route de la découverte, (Cadix–San Salvador) : 9 j 20 h 35 min et 3 s. Il améliore de plus d'une journée ce propre record en 2013. 2009 :