vignette |Une partie des microplastiques provient de la fragmentation des macrodéchets de plastiques. S'y ajoutent les microbilles qui ont déjà la taille du plancton et peuvent donc être ingérées par de petits animaux (crustacés, escargots aquatiques, moules, huîtres, poissons). vignette |Petits morceaux de polyéthylène trouvé dans une pâte dentifrice. Des microbilles de polyéthylène ou des microplastiques sont ajoutés par leurs fabricants à certains dentifrices, respectivement comme abrasif de la plaque dentaire et exfoliant de la gencive ; et/ou comme colorantNorth Sea Foundation, Marine Conservation Society, Seas At Risk & Plastic Soup Foundation, Micro plastics in personal care sue, Position paper, août 2012.. vignette |Les bâches plastiques dégradées peuvent être source de microplastiques.Les microplastiques sont les petites particules (< ) de matière plastique dispersées dans l'environnement. Ce sont des fragments d'objets en plastique, contenant du plastique (par exemple les pneus) ou de microbilles de plastique (de plus en plus utilisées par l'industrie et dans les cosmétiques depuis quelques années)Moore C.J (2008), Synthetic polymers in the marine environment: A rapidly increasing, long-term threat, Environmental Research, 108(2), ., ou des fibres synthétiques (abondamment retrouvées dans les boues d'épuration qui sont épandues sur les solsZubris K.A.V. et Richards B.K. (2005), Synthetic fibers as an indicator of land application of sludge, Environmental Pollution, 138(2), 201-211, résumé.) microscopique ou nanométrique, notamment issus de la dégradation de macroplastiques par photooxydation, action mécanique ou biodégradation..

Ils s'accumulent de manière préoccupante dans les sols., les cours d'eau, les lacs et l'environnement marin et sont retrouvés dans les boissons en bouteille plastique et dans divers aliments (bivalves filtreurs et produits de la pêche notamment). ; ils ont en quelques décennies contaminé tous les océans et les espèces marines à tous les échelons de la chaîne alimentaire, d'un pôle à l'autre, jusque dans les grands fondsChelsea M. Rochman, Microplastics research—from sink to source, Science, 6 avril 2018, , , , . et la production de plastique continue à augmenter, ils ont doublé depuis 2000 et devraient doubler à nouveau avant 2050.. En 2018, ils sont retrouvés (associés à des produits chimiques persistants) dans presque tous les échantillons de neige et d'eau collectés par Greenpeace en Antarctique, même dans les zones les plus reculéesL'Antarctique est pollué par les microplastiques, révèle Greenpeace, brève du 7 juin 2018.. En 2019, dans une zone isolée et protégée des Pyrénées françaises () à d'altitude, étaient trouvés en moyenne morceaux de plastique par mètre carré..

La plupart des microplastiques contenus dans l'eau potable (en bouteilles ou du réseau) sont inférieurs à 20 µm et échappent ainsi aux procédures de détection définies par la directive européenne 2020/2184...

Leurs impacts (locaux et globaux, immédiats et/ou différés) ne sont étudiés que depuis le début des années 2000 et sont encore mal cernés, pour la santé humaine et environnementale. Micro- et nanoplastiques ont des effets indirects complexes (en se dégradant, et notamment via la contamination des océans), et des effets directs ( on en trouve dans tous les organes humains vitaux, par exemple dans les plaques d'athéromes chez plus de la moitié des patients qui en ont, et ces derniers risquent plus que ceux qui n'en ont pas de faire un AVC ou un infarctus ; et jusque dans le cerveau humain.). Un rapportBoucher J. et Friot D. (2017), Primary microplastics in the oceans Complete Title: Primary microplastics in the oceans: a global evaluation of sources, IUCN, Global Marine and Polar Programme, Gland (Suisse), 43 p. : ill., cartes . (2017) de l'UICN juge urgent de gérer et réduire les macrodéchets plastiques, même si une gestion totalement efficace ne réglerait que la partie émergée du problème. Les appels à interdire les microbilles dans les cosmétiques sont bienvenus, note l'UICN, mais celles-ci ne sont que 2 % de la source des microplastiques primaires visibles. L'UICN, et en France l'IGEDD appellent urgemment la R&D des entreprises, l'écoconception et la législation à évoluer pour prendre en compte la production primaire de microplastiques et ceux, secondairement, issus du lavage des textiles synthétiques multipliés par la fast fashion ; voir aussi le rapport (26 février 2024) de l'Inspection générale de l'environnement et du développement durable., l'usure des pneus et des peintures routières, invitant les consommateurs à agir en choisissant des produits naturels plutôt que synthétiques. Ils se dégradent en nanoplastiques, invisibles et méconnusGigault, J., Pedrono, B., Maxit, B. et Ter Halle, A. (2016). Marine plastic litter: the unanalyzed nano-fraction. Environmental Science: Nano, 3(2), 346-350, lire en ligne., mais une étude a déjà en 2014 montré qu'ils inhibent la croissance d'une espèce d'algue verte, , ainsi que la reproduction d'un petit crustacé, le Daphnia magnaBesseling, E., Wang, B., Lürling, M. et Koelmans, A. A. (2014), Nanoplastic affects growth of S. obliquus and reproduction of D. magna, Environ. Sci. Technol., 48(20), 12336-12343, résumé..

Avant le quatrième sommet mondial des océans (Bali, ), une campagne mondiale () a invité les gouvernements et les entreprises à interdire les microplastiques dans les produits cosmétiques, à taxer les sacs en plastique et à limiter l'utilisation d'autres articles jetables. Seuls dix pays se sont alors engagés à agirNature, Space tourists, nerve agent and the queen of carbon, The week in science: 24 February–1 March 2017, .. Cinq ans plus tard, les accords issus de One Ocean Summit () redemandent de limiter la pollution des océans par le plastique et un traité international de l'ONU sur la pollution plastique se négocie à Genève du 5 au ), après des discussions freinées par des pays producteurs de pétrole et de plastique (Arabie saoudite, Iran, Russie et Chine, qui veulent limiter le traité au recyclage et à la consommation, en s'opposant aux restrictions sur la production et certains produits chimiques).

Définitions Le terme « microplastique » apparaît en 2004 pour décrire les petites particules de plastiques.. Il désigne habituellement les particules de plastique dont la taille est inférieure à .. (consulté le 4 mai 2025). Plus précisément, il peut désigner les « particules solides synthétiques ou matrices polymères, de forme régulière ou irrégulière et de taille comprise entre et , d'origine primaire ou secondaire, qui sont insolubles dans l'eau ».

Concernant la taille, la limite supérieur de est effectivement la plus répandue, NOAA Technical Memorandum NOS-OR&R-39., bien que la limite de ait parfois été utiliséeBrowne, Mark A., Ingested microscopic plastic translocates to the circulatory system of the mussel, Mytilus edulis (L.), Environ. Sci. Technol., 42(13), , 2008.. La limite inférieure de tend à s'imposer avec le développement des techniques permettant l'identification de particules de cette taille..

Les « nanoplastiques » désignent des particules de plus petite taille que les microplastiques. Ceux-ci pourraient poser des problèmes sanitaires et environnementaux différents, en raison des propriétés particulières des nanoparticules.

On distingue les microplastiques primaires et secondaires. Ces derniers sont issus de la dégradation de plus grands morceaux de plastiques sous l'effet conjugué de l'oxygène, des UV, de la chaleur, d'actions mécaniques ou de l'activité biologique..

Microplastiques primaires

Le lavage des vêtements et tissus synthétiquesBrowne, M. A., Crump, P., Niven, S. J., Teuten, E., Tonkin, A., Galloway, T. et Thompson, R. (2011), Accumulation of microplastic on shorelines woldwide: sources and sinks, Environ. Sci. Technol., 45(21), 9175-9179, et la conduite sur route, sont deux sources de pollution de l'océan mondial qui avaient été sous-estimées. Les textiles synthétiques sont la principale source primaire de microplastique en Asie, alors qu'il s'agit de la pollution routière par les pneus en Amériques, Europe et Asie centrale. vignette|L'usure des pneumatiques par abrasion sur la route est responsable d'importantes émissions de microplastiques (42 % en Europe). Le trafic routier (cf. usure des pneumatiques, des freins et des peintures routières, par des véhicules de plus en plus lourds), crée des micro- et nanoplastiques dispersés par l'air et le ruissellement.. L'usure des pneus comptent pour 42 % des microplastiques trouvés dans l'eau provenant du continent Européen. Les analyses de l'eau du lac d'Annecy montrent une pollution due aux pneus ; on retrouve même ce type de polluants dans des échantillons d'eau potable... Une étude publiée en 2025 sur la pollution de l'air de la ville de Leipzig a démontré que les micro- et nanoparticules de plastique (polymères) venant des pneus dominaient les échantillons collectés à hauteur de 65 %.

vignette|Les vêtements en matières synthétiques sont responsable de pollution aux micro-plastiques, La pollution issue de leur lavage des textiles compte pour 29 % de la pollution aux microplastiques en Europe.

Une partie importante des fibres synthétiques de moins de en suspension dans l'eau et trouvées dans l'estomac de nombreux animaux provient de l'usure ou de la fragmentation des fils synthétiques, de textiles synthétiques et aussi de la dégradation de textiles non tissés. Ils sont notamment introduits dans l'eau via les lessives domestiques ou industriellesAccumulation of Microplastic on Shorelines Woldwide: Sources and Sinks, Environ. Sci. Technol. 45 (21): 9175–9179, (consulté le 27 janvier 2012).. En Europe, les résidus issus du lavage des textiles comptent pour 29 % de la pollution au microplastiques.

Ces particules invisibles à l'œil nu constituent en 2017 jusqu'à un tiers (15 à 31 %) des de tonnes déchets marins en plastique et autres polymères rejetées par an, selon un rapport ayant porté sur sept régions géographiques marines (publié le par l'UICN). Ils sont devenus la première source de microplastiques dans les régions du monde développé bénéficiant d'une gestion efficace des macrodéchets (comme en Amérique du Nord et en Europe).vignette |Après le lavage, ces paillettes de plastique finiront dans l'égout et probablement dans un cours d'eau ou la mer. Les cosmétiques compteraient pour 10 % de la pollution aux microplastiques en Europe.Plus en amont, des produits de soins quotidiens (dentifrices, maquillages…) contiennent et libèrent aussi des microplastiques qui sont envoyés via les eaux grises vers les réseaux d'assainissement, pour en partie contaminer les eaux résiduaires et/ou les boues d'épuration, souvent épandues sur les sols agricoles. Ces produits cosmétiques et de soin comptent en Europe pour 10 % de la pollution des eaux.

Les microplastiques, quand ils ne résultent pas de la fragmentation de plastiques, sont nativement conçus et fabriqués pour répondre à certaines fonctions, par exemple : des abrasifs industriels ; des produits cosmétiques : exfoliants, paillettes. ; des précurseurs pour la plasturgie (pellets dits de résine ou larmes de sirène) ; des charges ( billes de polystyrène expansé ajoutées à la terre par les horticulteurs, microbilles ajoutées à d'autres matériaux plastiques ou aux cosmétiques pour les alléger ou les texturer) ; des microbilles creuses isolantes, ou élastiques et amortissant les chocs, etc. La poussière domestique compterait pour 19 % de la pollution aux microplastiques dans les eaux européennes.

Microplastiques secondaires Sources

Les pluies d'orages, les inondations et grands tsunamis dispersent de grandes quantités de plastiques en mer. Localement l'érosion d'anciens sites d'enfouissement en libère également. Les rotofils et certaines machines à nettoyer les sols urbains (balayeuses…) perdent aussi des fibres ou fragments de plastique.