Helène Aylon, née Helene Greenfield le à Brooklyn (New York, États-Unis) et morte le du Covid-19, est une artiste multimédia et une écoféministe américaine Debra Nussbaum Cohen, "The Liberation of Helène Aylon", Forward (13 juillet 2012). Helène Aylon, Whatever Is Contained Must Be Released: My Jewish Orthodox Girlhood, My Life as a Feminist Artist (New York : Feminist Press, 2012)..

On distingue trois périodes dans son œuvre : le process art (années 1970), l'« art anti-nucléaire » (années 1980), et (années 1990 et au début des années 2000). Ce dernier est un commentaire féministe sur la Bible hébraïque et d'autres traditions établies. En 2012, Helène Aylon a publié « Tout ce qui Est Contenu Doit Être Publié : Mon enfance de fille Juive Orthodoxe, Ma Vie en tant qu'Artiste Féministe »..

Biographie

Premières années et éducation Vivant à Brooklyn, Helène Aylon reçoit une éducation juive orthodoxe ; elle s'exprime aisément en hébreu Gloria Feman Orenstein, "Torah Study, Feminism and Spiritual Quest in the Work of Five American Jewish Women Artists", Nashim: A Journal of Jewish Women's Studies & Gender Issues 14 (automne 2007): 97–130.. Elle fréquente l'école primaire pour les filles à Shulamith et la high school de Midrasha. Helène Aylon, cependant, voulait à l'origine fréquenter la à Manhattan. Tout en fréquentant l'école secondaire, elle se fiance à un étudiant d'une école de rabbins du nom de Mandel H. Fisch (né en 1926). Ils se marient en 1949 "Helène Aylon, Bucking the Bridal Bridle", Washington Post, 30 décembre 2001. Dinitia Smith, "Artist Challenges Ancient Marital Rituals", Chicago Tribune (25 juillet 2001).. Helène Aylon rejoint aussitôt Montréal, où son mari officie comme rabbin. Après deux ans, elle donne naissance à un fils, Nathaniel Fisch, suivi d'une fille, Renée Emouna. Le couple retourne ensuite à Brooklyn. En 1956, Mandel Fisch découvre qu'il a un cancer, et meurt cinq ans après le diagnostic. Helène Aylon a alors .

Avant la mort de son mari, Helène Aylon s'inscrit comme étudiante en art à Brooklyn College, où elle suit l'enseignement d'Ad Reinhardt. Après avoir terminé ses études, elle est chargée de peindre une fresque murale pour le centre d'emploi des jeunes à Brooklyn, dans le quartier de Bedford-Stuyvesant. Photographiée pour illustrer un article de journal, elle indique que son nom est Helène Aylon, utilisant l'équivalent hébreu de son prénom. Par la suite, elle enseigne à l'université de San Francisco et la California College of the Arts à Oakland Leslie Katz, "Pen in Hand, Artist Highlights Disturbing Torah Verses", Jewish Bulletin of Northern California (6 September 1996)..

Le premier travail remarquable d'Aylon, Rauch (Spirit, Wind, Breath)« Rauch (Esprit, Vent, Souffle) ». (1965), est une fresque murale de , commandée pour l'ancienne bibliothèque de la synagogue à l'Aéroport International JFK, et qui tente de dépeindre le judaïsme à travers les yeux des femmes Alison Gass, "The Art and Spirituality of Helène Aylon", Bridges 8 (Spring 200): 12–18..

Process art La première exploration du process art par Helène Aylon se déroule en Californie dans les années 1970. Elle crée une série d'œuvres intitulée « Tableaux Qui Changent avec le Temps ». (1974-1977), qui contient , , , et . Pour l'ensemble de ces travaux, l'artiste utilise de l'huile sur du papier, qui se transforme lentement lorsque l'huile se déplace, laissant une grande place au hasard. En 1978, elle commence à travailler sur une série appelée « Les Fracas »., pour laquelle elle verse de l'huile de lin sur de grands panneaux qu'elle installe à plat sur le plancher de l'atelier, ce qui permet à l'huile de sécher en superficie. Ensuite, elle incline les panneaux de sorte que l'huile, sous l'effet de la gravité, forme en dessous de la surface une poche, qui va ensuite se rompre. Cette technique est basée sur le hasard. Les œuvres ont un aspect complètement différent de leur état d'origine Barbara Cavaliere, « Helène Aylon », Arts Magazine (mai 1979): 29–30.. Helène Aylon décrit ce travail comme .

En 1970 et 1972, Helène Aylon expose dans la Max Hutchinson Gallery de SoHo ; en 1975 et 1979, ses sont présentés dans la Betty Parsons Gallery, dans la Susan Caldwell Gallery, au MIT, et au musée d'Oakland.

Art anti-nucléaire et éco-activiste Dans les années 1980, Helène Aylon, se déclare éco-féministe. Elle commence à créer des œuvres anti-nucléaires et liée à l'éco-activisme, dont « Ambulance de la Terre ». Michael Wise, "Double Yentls, Chanel Kippahs and P.C. Torahs: The Times are Changing the Jewish Museum", Forward ( juillet 1994).. Il s'agit d'une « ambulance » (un van U-Haul reconverti) qui symbolise une tentative de sauver le monde d'une guerre nucléaire. À l'aide de , Helène Aylon réunit des déchets des bases nucléaires du strategic Air Command, de mines d'uranium, et de réacteurs nucléaires situés un peu partout aux États-Unis. Après avoir placé les déchets dans des taies d'oreiller, elle les utilise dans une exposition publique devant l'Organisation des Nations unies au cours de la deuxième Session spéciale sur le désarmement nucléaire le . Devant un groupe de spectateurs, les taies d'oreiller ont été transportées au bas des marches du sur des brancards. En 1992, pour célébrer la fin de la guerre froide, Helène Aylon installe une ambulance remplie de graines au « Brooklyn Bridge Anchorage », un espace alternatif de New York. Des taies d'oreiller utilisées pour de précédents projets sont suspendues autour de l'installation. Par la suite, pour « Pont de nœud »., Helène Aylon crée des chaînes de taies d'oreiller nouées, sur lesquelles sont inscrits des rêves et des cauchemars au sujet de la guerre nucléaire, et qui sont exposées autour de la façade du Knoxville Museum of Art en 1993, du Berkeley Art Museum en 1995, et de l' en 2006 Roberta Smith, "When the Medium Doesn't Agree With the Message", New York Times (28 août 1992)..

En 1985, Helène Aylon voyage au Japon pour marquer le du bombardement atomique de Hiroshima et Nagasaki. Des sacs flottants de graines, de céréales, de gousses et de bambou ont été déposés au fil des cours d'eau traversant ces deux villes Benjamin Genocchio, "Magic Ambulance Seeks End to Warfare", New York Times (15 janvier 2006).. En 1995, une vidéo d'Helène Aylon sur « deux sacs en route » vers Hiroshima et Nagasaki a été montré sur le de Sony sur Times Square.

The G-d Project Dans les années 1960, Helène Aylon commence à développer le concept d'un judaïsme réformé qui rejette les notions patriarcales des cinq livres de Moïse Rolando Matalon and Helène Aylon, "A Conversation between Artist Helène Aylon and Rabbi Rolando Matalon", Bridges 8 (Spring 2000): 19–24.. Dans les années 1990, Helène Aylon travaille sur , un projet en neuf parties dont la réalisation s'est étendue sur deux décennies et qui reprend ses réflexions des années 1960. La première œuvre du projet, , présente les cinq livres de Moïse, en anglais et en hébreu, qui sont placés sur des supports de velours. Chaque page est recouverte de parchemin translucide. Le son du froissement de pages de parchemin qu'on tourne a été enregistré et diffusé en boucle pendant l'exposition Ilana Stanger, "Liberating God: Artist Helène Aylon Edits Genesis with Her Pink Magic Marker", Lilith (31 October 1996).. Helène Aylon place les de la Torah sur des tablettes de verre le long d'un mur, à côté des cinq livres de Moïse, et utilise un surligneur rose pour marquer des phrases qui, selon elle, véhiculent des attitudes patriarcales. Elle met également en exergue des mots ou des phrases qui expriment la vengeance, la tromperie, la cruauté et la misogynie, qui sont faussement attribués à Dieu Max Halpern, "Five Artists—Five Faiths: Spirituality in Contemporary Art: Aukland Art Museum", Art Paper 29, no. 1 (January/February 2005):42.. Le travail a tout d'abord été exposé dans au Armand Hammer Museum of Art  en . Au cours de l'exposition, Helène Aylon invite officiellement les rabbins de la région à venir voir son travail et en discuter Christopher Knight, "Too Jewish? Good Query", LA Times (4 February 1997)..

En 1997, elle achève « La section des femmes »., la deuxième œuvre de The G-d Project, qui est dédiée aux femmes dont les démêlés avec leur mari ne leur permettent pas de bénéficier d'un divorce religieux, ce qui rend leur remariage impossible. Y sont inclus des textes de la Torah qui parlent des femmes, de « l'impureté » et « la virginité ».

En 1998, Helène Aylon crée la troisième œuvre de la série, « Mes carnets de notes »., qui se compose de 54 carnets de notes vides de , qui forment un groupe de colonnes. Les blocs-notes fermés, avec leur couverture sombre, forment des colonnes noires ; ouverts, ils forment des colonnes blanches. En transparence, des photos d'une école juive pour filles prises par Helène Aylon sont projetées à travers les carnets de notes Ruth Ost, "About the Cover: Helène Aylon's My 54 Notebooks", Cross Currents 48, no. 2 (Summer 1998): 248.. L’œuvre est et se veut une protestation contre le manque de scolarisation de participation à l'éducation des femmes. Elle fait également allusion aux enseignantes de l'école qu'Helène Aylon a fréquenté, qui ne pouvaient enseigner que des commentaires faits par des rabbins de sexe masculin Grace Glueck, "Creative Souls who Keep the Faith or Challenge its Influence", New York Times(21 avril 2000)..

En 1999, Helène Aylon crée « Épilogue : seule avec ma mère »., la quatrième œuvre de la série. Elle est constituée d'une alcôve d'environ deux mètres de large avec un banc, en face d'un support où deux bibles sont fixées de manière qu'elle ne puisse se fermer Matthew Baigell (2006).. Dans les bibles, les bénédictions et les malédictions des derniers chapitres du Deutéronome sont mis en évidence. Ceci est accompagné de la diffusion de l'enregistrement d'une conversation entre Helène Aylon et sa mère, à qui l'installation est dédiée.

En 1999, Helène Aylon crée « Ma chambre nuptiale : Mon contrat de mariage »., la cinquième œuvre de la série. C'est un simple lit avec un couvre-lit blanc, qu'Helène Aylon a fabriqué à partir de mouchoirs et de houppa. Autour, il y a quatre colonnes sur lesquelles des photographies qui montrent l'artiste dans sa robe de mariée sont projetées. Derrière la tête de lit, Helène Aylon écrit des citations du Lévitique concernant et de des femmes. L’œuvre est conçue comme une observation sur les contraintes religieuses et maritales ressenties par les femmes.

Helène Aylon crée également « Ma chambre nuptiale : mon lit de mariage/mes jours propres ». (2000 - 2001), la sixième œuvre de la série "Feminist Art Topics: Marriage/Weddings". "HelèneAylon.com - The G-D Project".. Elle projette des images mouvantes sur un drap blanc pour représenter l'« impureté » menstruelle, tandis qu'une cascade de voix enregistrées décompte le temps d'attente entre les périodes et les bains rituels "Jewish Women's Archive - Sculpture"..

En 2002, Helène Aylon achève « La partitiion est en place, mais le service ne peut pas commencer »., la septième œuvre de la série. Dans ce travail, il y a un mur fait de tsitsits et de grandes photocopies du Mur des Lamentations. Il s'agit d'une observation sur la différence de traitement entre les fidèles selon leur sexe dans l'Église juive Orthodoxe et au Mur des lamentations. Comme le note Helène Aylon,

Helène Aylon crée également « Lutteuses ». (1980, 2005), la huitième œuvre de la série. Elle contient des photos à grande échelle de vastes paysages, Aylon y figurant en tout petit, à la recherche de ses ancêtres. En 2005, elle ajoute "Wrestlers". ce nom est Hashemshela, qui, selon Helène Aylon signifie , en hébreu. Aylon a dédié Wrestlers à Ana Mendieta.