Les attentats de en France sont une série d'attaques terroristes islamistes qui se déroulent entre les et en Île-de-France, notamment à Paris. Ils visent la rédaction du journal Charlie Hebdo, des policiers et des clients d'une supérette casher. Dix-sept personnes sont tuées et leurs trois assassins sont abattus par les forces de l'ordre.

Les événements débutent le par l'attentat contre Charlie Hebdo, une tuerie au siège de ce célèbre journal satirique dans la capitale française : deux djihadistes français, Chérif et Saïd Kouachi, assassinent onze personnes et en blessent onze autres, avant de tuer, durant leur fuite, un policier déjà blessé et à terre. Les frères Kouachi sont abattus deux jours plus tard par le Groupe d'intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN) dans une imprimerie où ils se sont retranchés, à Dammartin-en-Goële, au nord-est de Paris. L'attentat est alors revendiqué par Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), basé au Yémen.

Le , Amedy Coulibaly, un Français proche des frères Kouachi, tue par balle tirée dans le dos une policière municipale, et blesse grièvement un employé municipal à Montrouge, dans la banlieue sud de Paris. Le lendemain, il prend en otage les clients d'une supérette casher à la porte de Vincennes dans l'est de la capitale, et en tue quatre. Il est finalement abattu lors d'un assaut de l'unité d'élite Recherche, assistance, intervention, dissuasion (RAID) et de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI). Il affirme agir au nom de l'organisation djihadiste de l'État islamique. qui ne revendique pas son acte.. Ses actions sont coordonnées avec celles des frères Kouachi..

Le retentissement de ces événements est considérable, aussi bien en France qu'à l'étranger : plus de quatre millions de personnes manifestent lors des « marches républicaines » des et sur tout le territoire français, quarante-quatre chefs d'État et de gouvernement. défilent à Paris le en compagnie de plus d'un million et demi de personnes. De nombreux rassemblements de solidarité ont par ailleurs lieu un peu partout dans le monde les jours suivant les attentats. Après le et pour une durée indéterminée., dans le cadre de l'opération Sentinelle, près de sont déployés en France pour sécuriser sensibles (lieux de culte, écoles, représentations diplomatiques et consulaires, organes de presse). Le , la Belgique prend également les mêmes mesures en déployant des militaires afin de sécuriser les points sensibles du territoire dans le cadre de l'opération Vigilant Guardian, équivalent belge de l'opération Sentinelle française.

Le procès des attentats de janvier 2015 se tient fin 2020.

Contexte

Charlie Hebdo est un journal satirique français qui publie de nombreuses caricatures d'hommes politiques ou de religieux de toutes confessions, et couvre des événements liés à l'actualité nationale et internationale. Parmi les caricatures, la publication de celles du prophète de l'islam produit de vives réactions dans le monde musulman, en particulier à cause de l'aniconisme« Dans quelles conditions l'islam autorise-t-il la représentation du Prophète ? », Le Monde, 15 janvier 2015.« Peut-on représenter Mahomet dans l’islam ? », Reza Vassaf, Lyon Capitale, 22 janvier 2015.« Le personnage en « une » de « Charlie Hebdo » n'est pas le Prophète ! », Le Monde Afrique, 20 janvier 2015.. Certains djihadistes menacent d'attaquer les auteurs et éditeurs de telles caricatures.

Les attaques sont perpétrées par des individus qui se réclament d'Al-Qaïda ou de l'organisation djihadiste de l'État islamique, et issus de quartiers dits « sensibles ». Chérif et Saïd Kouachi ont grandi sans véritable structure familiale, confiés à plusieurs foyers successifs à la suite du décès de leur père, puis de leur mère. Les terroristes sont issus de familles aux revenus faibles, ayant émigré durant les années 1960-1970. Ils ont grandi dans des quartiers à haut taux de chômage et aux opportunités de travail réduites.. Petits délinquants locaux, ils s'opposent à l'intervention occidentale en Afghanistan et en Irak et participent activement aux émeutes de 2005 dans les banlieues françaises. L'expérience de la prison et de l'exclusion économique contribue à les radicaliser.

Déroulement Tuerie au siège de Charlie Hebdo

Le vers , deux hommes cagoulés et lourdement armés pénètrent dans l'immeuble qui abrite les locaux du journal Charlie Hebdo au de la rue Nicolas-Appert dans le . Ils y tuent onze personnes : un agent de maintenance dans le hall de l'immeuble puis dix personnes collaborant au journal ou invitées par ce dernierLes personnes assassinées dans les bureaux du journal sont plus précisément : huit membres de la rédaction, un invité de celle-ci et un policier chargé de la protection du directeur de la publication. Les noms des victimes figurent dans l'article détaillé sur l'attentat. à la conférence de rédactionQui s'y tient ce matin du mercredi depuis .. L'opération commando dure environ cinq minutes. Onze autres personnes sont blessées à des degrés divers. En quittant l'immeuble pour la rue, les deux assassins s'exclament .. Les policiers, alertés par le voisinage qui a entendu les tirs, commencent à arriver à proximité des lieux. Ainsi, dès le début de leur fuite, les assaillants se heurtent successivement à trois patrouilles de police : devant la puissance de feu des tueurs, la première patrouille en voiture recule, la deuxième à vélo est contrainte de s'abriter ; la troisième composée de deux policiers à vélo circulant sur le boulevard Richard-Lenoir tente de stopper la fuite mais, rapidement, un des deux policiers (Ahmed Merabet) est blessé et tombe au sol où, quelques secondes plus tard, il est tué d'une balle dans la tête tirée à bout portant.

Les fuyards repartent immédiatement, passent par la place du Colonel-Fabien et, après avoir endommagé leur voiture sur la rue de Meaux, ils l'abandonnent et obligent un conducteur à leur céder son véhicule. Les policiers perdent leur trace vers la porte de Pantin. Mais, en abandonnant leur voiture, les tueurs ont laissé de nombreuses informationsNotamment la carte d’identité du probable conducteur et principal tueur Saïd Kouachi. qui, dans la soirée, permettent à la police d’identifier les suspects et de lancer un avis de recherche général. Une « chasse à l'homme » est alors lancée au niveau national qui met à contribution l’ensemble des forces de police et de gendarmerie. Le plan Vigipirate est placé à son niveau maximum dans la région Île-de-France.

Fusillade à Fontenay-aux-Roses Amedy Coulibaly est suspecté d'être le responsable de l'agression d'un joggeur le à à Fontenay-aux-Roses, ville où il réside... La victime est grièvement blessée par plusieurs tirs d'arme automatique.. Le , le parquet de Paris, qui s’est saisi de l’enquête sur l’agression du joggeur, a annoncé dans un communiqué qu'un lien est fait entre la prise d’otages de vendredi dans l’hypermarché casher dans l’Est de Paris et l’agression du joggeur, grâce aux et au pistolet Tokarev retrouvé dans le magasin casher où Amedy Coulibaly effectue un jour plus tard une prise d'otages.. Selon la victime, l'agresseur serait de type européen, donc l'affaire reste très floue..

Fusillade à Montrouge Alors que les regards restent braqués sur la traque des deux suspects de Charlie Hebdo, une fusillade survient à Montrouge le autour de .. Appelés pour un banal accrochage entre deux véhicules, une jeune stagiaire de la police municipale et un agent de la voirie sont pris pour cible par un individu masqué portant un gilet pare-balles et armé d'un fusil d'assaut Kalachnikov et d'une arme de poing, qui est plus tard identifié comme étant Amedy Coulibaly.. La jeune policière, Clarissa Jean-Philippe« Clarissa Jean-Philippe jeune policière tuée par Coulibaly », Ouest-France, 10 janvier 2015., touchée dans le dos, succombe à ses blessures tandis que l'agent de voirie est gravement blessé. Le tireur prend alors la fuite, laissant derrière lui sa cagoule : cela permet le lendemain aux forces de l'ordre d'identifier formellement Coulibaly grâce à son ADN« Quatre otages tués à Paris dans une supérette casher », Libération, 9 janvier 2015.. Quelques minutes plus tard, les secours et les policiers de la BRI arrivent sur place. Le lieu de la fusillade, vers le 70 rue Pierre-Brossolette, est à proximité de l'école-synagogue Yaguel Yaacov, située au 90 rue Gabriel-Péri. Le , Robert Badinter et François Hollande lors de l'hommage qu'il a rendu aux policiers tués ont indiqué que l'hypothèse qui ressort de l'enquête en cours est que la cible initiale de Coulibaly aurait pu être cette école juive..

Amedy Coulibaly est également l'auteur de l'explosion d'une voiture le au soir à Villejuif..

Assaut de Dammartin-en-Goële

Le jeudi , vers , les deux fugitifs de Charlie Hebdo sont aperçus dans une station service dans les environs de Villers-Cotterêts dans l'Aisne... À la suite de cette information, le niveau « Alerte Attentat » du plan Vigipirate est étendu à la Picardie.. Aussitôt, un énorme dispositif de recherche se met en place : des barrages sont dressés tandis que les policiers du GIPN aidés de ceux de la BRI ainsi que par le GIGN inspectent les maisons de plusieurs villes des environs, Corcy et Longpont, ainsi que les bois environnants. Aux alentours de , les effectifs de recherches sont allégés, mais celles-ci se poursuivent.

Le au matin, deux jours après avoir commis l'attentat au siège de Charlie Hebdo, les frères Chérif et Saïd Kouachi sortent d'un bois dans la matinée et braquent un automobiliste à Nanteuil-le-Haudouin puis prennent la direction de Paris. Cependant ils tombent bientôt sur une patrouille de gendarmerie à Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne). Des échanges de tirs ont lieu et Said Kouachi est légèrement blessé à la gorge par un d’un gendarme.. Les terroristes prennent la fuite et se retranchent vers dans une imprimerie où ils prennent en otage le gérant de l'entreprise mais finissent par le relâcher à .. Ce dernier explique que les deux forcenés possèdent des kalachnikovs, un lance-roquettes et des cocktails Molotov..

Deux employés sont présents dans l'imprimerie au moment où les terroristes font irruption dans le bâtiment. Le premier réussit à s'enfuir. Le second, Lilian, , parvient à se cacher sous un évier dans la salle de restauration de l'entreprise. Il n'est pas découvert par les djihadistes et pendant plusieurs heures il parvient à échanger des SMS avec le GIGN.

Les forces de gendarmerie et de police se déploient autour de l'entreprise et dans toute la ville, tandis que plusieurs hélicoptères survolent la zone. Située en zone gendarmerie, l'affaire est prise en charge par cette dernière et notamment par le GIGN qui, pendant plusieurs heures, tente d'entrer en contact avec les frères Kouachi. Ces derniers refusent de répondre. Le GIGN communique cependant par SMS avec l'employé caché dans l’imprimerie qui fournit notamment des indications sur l'intérieur de l'imprimerie, la position des frères Kouachi ainsi que la teneur de leurs discussions.

Prise d'otages du magasin Hyper Cacher de la porte de Vincennes

vignette|droite|Le magasin Hyper Cacher de la porte de Vincennes, le lendemain de la prise d'otages, le . vignette|L'Hyper Cacher alors qu'il porte encore les stigmates des fusillades du 9 janvier 2015.