Les manifestations des 10 et , également appelées « marches républicaines », sont un ensemble de rassemblements qui se déroulent sur le territoire français en réaction aux attentats djihadistes des 7, 8 et 9 janvier 2015 qui ont coûté la vie à dix-sept personnes. À la suite du retentissement considérable de ces événements, aussi bien en France qu'à l'étranger, quarante-quatre dirigeants de divers pays participent au cortège parisien du , tandis qu'au moins deux-cent-soixante-cinq villes françaises dénombrent au moins mille personnes à leur manifestation, selon un décompte du journal Le Monde..

Le nombre total de manifestants à travers la France est estimé par le ministère de l'Intérieur à plus de quatre millions sur les deux journées, dont plus d'un million et demi le dimanche à Paris, ce qui en fait le plus important rassemblement de l'histoire moderne du pays.. Parallèlement, de nombreuses manifestations et rassemblements de soutien ont eu lieu dans le monde, avec en particulier à Montréal.

Contexte

Les attentats de en France sont une série de trois actions terroristes qui se sont déroulées entre les 7 et en Île-de-France, visant un journal, des journalistes, des policiers et des personnes juives : dix-sept personnes ont été assassinées et trois terroristes tués par les forces de l'ordre.

Le , vers , douze personnes, dont huit membres de la rédaction du journal Charlie Hebdo, un invité de la rédaction, un agent de maintenance, et deux policiers, sont tués par Chérif et Saïd Kouachi, deux anciens membres de la filière djihadiste dite qui se réclament d'Al-Qaïda dans la péninsule Arabique. La ligne éditoriale de Charlie Hebdo — et le soutien qu'il avait apporté au Jyllands-Posten en reproduisant les caricatures de Mahomet du journal danois — avaient fait de l'hebdomadaire satirique une cible privilégiée pour les terroristes islamistes.

Le , une policière municipale de Montrouge est tuée par Amedy Coulibaly, un complice des frères Kouachi ; le lendemain, le même individu, qui se réclame de l'État islamique, attaque une supérette cachère porte de Vincennes, à Paris, tuant quatre personnes et en prenant plus de dix autres en otage. Les frères Kouachi — qui se sont retranchés dans une imprimerie en Seine-et-Marne, où il a été dit un temps qu'ils auraient pris un otage — et Coulibaly sont, chacun de leur côté, abattus par les forces de l'ordre le , en fin d'après-midi.

10 janvier 2015

International Bruxelles : Amsterdam : () New York : San Francisco : 500 Boston :

11 janvier 2015 Les diverses manifestations organisées à travers la France ont rassemblé quatre millions de personnes, la plus grande manifestation jamais recensée en France selon le ministère de l'Intérieur« La France dans la rue pour défendre la liberté », lemonde.fr, 11 janvier 2015..

Il y a eu plus de à Paris., et chose unique dans l'histoire, il y eut en fait tant de personnes présentes dans les rues qu'il ne fut pas possible de précisément bien compter le nombre total de participants, les systèmes classiques de comptabilisation furent dépassés.

Paris Parcours vignette|droite|Vers 17 h30, manifestants de la Marche républicaine hissés sur Le Triomphe de la République, dans le square de la place de la NationPhoto devenue symbole de la Marche : « Le crayon guidant le peuple » prise vers 17 h, « Charlie Hebdo : le crayon guidant le peuple : décryptage d'une photo culte », L'Obs, 13 janvier 2015.. vignette|droite|Panneau syncrétique rappelant les victimes de Charlie-Hebdo, du magasin Hyper Cacher et de la police. vignette|Marche républicaine à Paris, un crayon géant en hommage à Charlie-Hebdo, aux dessinateurs, à la liberté d'expression contre le terrorisme. Le cortège parisien va de la place de la République en direction de la place de la Nation, via le boulevard Voltaire. Le défilé passe à cinq-cents mètres du lieu de l'attentat contre Charlie Hebdo. Un deuxième itinéraire passe par le boulevard de Ménilmontant puis l'avenue Philippe-Auguste.. Un troisième itinéraire passe par la place de la Bastille via le boulevard des Filles-du-Calvaire.

Dispositif de sécurité La forte concentration de population attendue et la présence de nombreux chefs d'État et de gouvernement du monde entier, fait de la manifestation de Paris un événement à hauts risques. Au total, en tenue sont mobilisés pour cette journée. Ils sont épaulés par , et par plusieurs centaines de policiers en civil. Des tireurs d'élite sont positionnés sur les toits de Paris. En privé, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve fait part à François Hollande de ses préoccupations quant à l'encadrement de la manifestation..

Le syndicat des transports d'Île-de-France annonce la gratuité des transports pour se rendre au rassemblement républicain le dimanche « Transports gratuits pour aller à la manif du 11 janvier », Le journal des deux rives, 10 janvier 2015.. La RATP signale que, sur instruction de la préfecture de Police, les stations suivantes sont fermées dès dix heures : lignes 3, 5, 8, 9 et 11 : République ; Ligne 3 : Temple, Parmentier ; Ligne 5 : Oberkampf, Bréguet Sabin, Richard-Lenoir ; Ligne 8 : Filles du Calvaire, Saint-Sébastien - Froissart, Chemin Vert ; Ligne 9 : Oberkampf, Saint-Ambroise, Voltaire, Charonne, Rue des Boulets.

En milieu d'après-midi, la RATP annonce, sur instruction de la préfecture de Police, la fermeture de la station Nation. La station Strasbourg Saint-Denis est également fermée. La marche républicaine se déroule finalement sans encombre. vignette|gauche|Scène de la manifestation parisienne, avec des banderoles de dessins de presse et d'expression.

Polémiques et controverses Dès le début de l'organisation de ces manifestations, plusieurs voix s'élèvent contre des formes « d'union sacrée » et les « récupérations » et risques de dérives que celles-ci annonceraient. Le dessinateur Luz trouve l'ampleur du soutien envers Charlie Hebdo, mais se dit étranger au ton des hommages comme à l'usage de La Marseillaise lors des manifestations, qui lui paraissent en contradiction avec l'esprit du journal. Il souligne à ce titre le danger de transformer en un journal qui n'a jamais eu cette vocation, et le profit que peuvent tirer les politiques de l' : pour lui, .. Une controverse naît également concernant l'éventuelle participation d'élus Front national à la marche parisienne. : une majorité des dirigeants des partis de gauche est hostile à la présence du FN, tandis que l'UMP ne s'y oppose pas, au nom de l'union nationale. Le PS est lui-même divisé : son premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, contredit ainsi l'avis de la majorité des cadres du parti en déclarant que . Certains responsables socialistes redoutent que l'exclusion du FN donne à ce parti l'occasion de se poser en victime« L’union nationale se brise sur la question du FN », Le Monde, 9 janvier 2015.. Le président de la République François Hollande déclare que .. Marine Le Pen appelle ses partisans à manifester en province mais pas à Paris, dénonçant qui ont exclu le Front national de la marche parisienne, et opposant à la classe politique qui a le cortège parisien« Marine Le Pen appelle ses partisans à manifester partout, sauf à Paris », Le Monde, 10 janvier 2015.. Elle-même manifeste le à Beaucaire, dont la municipalité a été gagnée par le FN lors des élections municipales de 2014« À Beaucaire, la marche républicaine réunit avant tout des frontistes », Le Monde, 12 janvier 2015.. De son côté, Jean-Marie Le Pen, président d'honneur du Front national, juge la manifestation et dénonce les responsables politiques présents lors de la manifestation comme des ., semant l'embarras au sein de la direction du FN..

Olivier Besancenot, de son côté, dénonce l' des attentats et annonce que le Nouveau Parti anticapitaliste ne participera pas aux manifestations aux côtés des partis de gouvernement., de même que Lutte ouvrière, qui refuse de participer à l'union nationale.. L'attitude des formations membres du Front de gauche est plus contrastée : Jean-Luc Mélenchon (proche du dessinateur Charb, assassiné lors des attentats) et son parti, le Parti de gauche participent aux manifestations du , mais se tiennent à l'écart des cortèges des autres formations politiques, dont ils dénoncent les manœuvres de récupération. Le Parti communiste français, dont le secrétaire national Pierre Laurent avait dans un premier temps appelé à l'unité nationale, appelle lui aussi à la méfiance face aux instrumentalisations. Une autre des composantes du Front de gauche, le mouvement Ensemble dirigé par Clémentine Autain, refuse quant à lui de signer l'appel commun à manifester, en arguant que « Marche républicaine : la gauche radicale fait bande à part », Le Monde, 12 janvier 2015..

Plusieurs dirigeants ou représentants de chef d'État étrangers présents à la marche républicaine de Paris ont été présentés comme étant peu sensibles aux libertés individuelles et au droit de la presse dans leur paysJulien Pruvost, « La liberté de la presse n'a pas que des amis dans le défilé parisien », liberation.fr, 11 janvier 2015.... Ainsi, les noms d'Ali Bongo., Viktor Orban, Sergueï Lavrov (ministre des Affaires étrangères russe), Ahmet Davutoğlu (Premier ministre turc), Ramtane Lamamra (ministre des Affaires étrangères algérien), Sameh Choukry (ministre des Affaires étrangères égyptien), Boni Yayi ou encore (roi de Jordanie) ont été cités.

Des voix s'élèvent en France et en particulier aux États-Unis« New York Daily News to Obama : ‘You let the world down’ », Le Washington Post citant la une du New York Daily News, 12 janvier 2015. sur le fait qu'aucun haut responsable du gouvernement américain n'a participé à la manifestation. De nombreux médias américains fustigent cette absence alors même que ces attentats ont eu un fort retentissement populaire aux États-Unis, de nombreuses personnalités apportant leur soutien aux manifestants.. Si John Kerry, secrétaire d'État des États-Unis, n'était pas présent, il s'est rendu en France la semaine suivante pour . Il a également salué l'engagement du pays pour la liberté d'expression, qu'il considère comme « John Kerry à Paris : « Nous partageons la douleur » du peuple français », Le Monde, 16 janvier 2015..

Autres villes En France

400px|Localisations.

Des centaines de villes à travers l'Hexagone notent plus de mille participants« Carte : où les quatre millions de Français ont manifesté contre le terrorisme », Le Monde, 11 janvier 2015...

Ailleurs dans le monde vignette|Ambassade de France en Allemagne.

Personnalités vignette|Élus locaux à Lyon. France Politiques Suivant l'ordre protocolaire :

Partis Les partis politiques sont représentés. :

La présidente du Front national, Marine Le Pen, manifeste à Beaucaire..

Religieux et communautés vignette|Représentants albanais des communautés sunnite, orthodoxe, bektachi et catholique ( Lucjan Avgustini) lors de la manifestation du à Paris. Des responsables religieux sont présents : culte catholique : , représentant la Conférence des évêques de France, , évêque de Pontoise, , représentant de la Conférence épiscopale d'Albanie ; culte israélite et Juifs laïcs : Roger Cukierman, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (organe représentatif laïc), Moché Lewin, directeur exécutif de la Conférence des rabbins européens, Joël Mergui, président du Consistoire central israélite de France ; culte musulman : Dalil Boubakeur, président du Conseil français du culte musulman et recteur de la Grande Mosquée de Paris, Hassen Chalghoumi, président de l'association culturelle des musulmans de Drancy, Mohammed Moussaoui, président de l'Union des mosquées de France., Edmond Brahimaj, chef spirituel bektachi.

défile à Ajaccio..

Culture

Syndicats Les représentants de la CFDT Laurent Berger et de FO Jean-Claude Mailly, ainsi que du MEDEF Pierre Gattaz et Laurence Parisot participent à la marche.

Organisations diverses