vignette|400px|Exemple de mise en pages : titres en gras, texte justifié sur trois colonnes, vignettes alignées à droite avec habillage (aperçu de la mise en page des articles et illustrations dans le Nouveau Dictionnaire Larousse de 1899). La mise en pages, ou mise en page, est l'opération de disposition graphique d'un contenu informationnel dans un espace donné (feuille de papier, planche de bande dessinée, pages web). Cette opération succède au travail de collecte et de composition du contenu (composition de texte « au kilomètre », collection des composants) et précède souvent le travail d'impression. Elle peut précéder la composition si elle est prédéfinie (dimensions des colonnes, styles du texte, placement des illustrations).
Elle vise à représenter le contenu (textes, s, animations…) de manière hiérarchique et harmonieuse (équilibre des zones, des couleurs et des espaces, contrastes), afin de faciliter un parcours de lecture à plusieurs niveaux, avec un souci constant d'ergonomie.
Elle comprend le choix : des polices de caractères ; de la typographie ; de la mise en forme et des espacements ; du titrage et des lettrines ; des illustrations et de leur habillage.
Elle peut utiliser un thème en rapport avec le contenu (par exemple une numérotation de page en forme de perles pour un document sur les colliers, ou un filigrane d'une encyclopédie sur le fond d'un article encyclopédique…).
Historique vignette|150px|Mise en page manuscrite.
La mise en page des documents a subi plusieurs transformations avec la multiplicité des supports d’écriture qui sont apparus au cours de l’histoire. En effet, depuis l'apparition de l'écriture, de nombreux procédés ont été mis au point pour réaliser des textes longs : codification de tablettes d'argile pour en comprendre la succession, liens reliant des planchettes de bois, assemblage de feuilles de papyrus formant le rouleau qui reste longtemps la forme la plus répandue.
Le parchemin s'enroule aussi à ses débuts. Plus mince, plus souple et résistant que le papyrus, il provoque l'émergence d'une nouvelle organisation : le codex, ancêtre du livre actuel. D'abord marginal, il se trouve en situation de monopole dès le . Désormais, les feuilles sont pliées, assemblées en cahiers reliés à leur tour. L'écriture devient possible sur les deux faces (deux fois plus qu'un rouleau de papyrus). Depuis l'époque des tablettes d'argile jusqu'à l'apparition du codex, la mise en page était effectuée à la main par les copistes dans les livres, intégrant les enluminures, les marges, les titres, le texte principal, les gloses, les notes et jusqu’aux appels de pages à l’usage des relieurs mais aussi pour faciliter la lecture, cette préparation étant préalable à l’écriture de chaque page : elle était alors déjà considérée comme un art à part entière.
L'arrivée de l'imprimerie a apporté de nouvelles méthodes et règles : la composition en plomb perdait en fantaisie et en liberté, mais gagnait en rigueur et en lisibilité. Pratiquée empiriquement, la mise en page a bénéficié d’une longue expérience qui n’a jamais interdit la fantaisie. Ce n’est qu’au , notamment avec les théoriciens du Bauhaus, tels Jan Tschichold, et leurs successeurs, que la mise en page fait l’objet d’une étude spécifique. Des tendances et des écoles apparaissent, comme la typographie suisse des années 1960, toute en rigueur et clarté, qui prône l’usage des linéales sans capitales, des compositions en colonnes alignées « au fer », etc. bien illustrée par le changement de formule de la revue mensuelle Réalités
Enfin, avec l'avènement de l'informatique, la publication assistée par ordinateur (PAO) permet des variations à l'infini.
Méthodes de mise en page vignette|Deux typomètres en matière plastique, années 1980. Pour la mise en page d'un texte dans un journal, un livre, et d'autres types de publications, un gabarit est choisi : des lignes de repère horizontales et verticales sont placées sur l'espace généralement rectangulaire de la page, définissant des blocs dans lesquels du texte ou des images viendront se positionner.
D'autres blocs que ceux définis par le gabarit peuvent évidemment être choisis pour le texte, et les illustrations peuvent venir soit à l'arrière du texte (un effet de filigrane doit être appliqué afin de garder un niveau de contraste permettant une lecture facile du texte), soit entre deux lignes de texte (en espaçant ces lignes d'une hauteur équivalente à la hauteur de l'image), soit en habillage rapproché : le texte épouse avec un certain espacement les bordures latérales de l'image.
Avant l’informatique, la mise en page manuelle impose le calcul de la longueur et de l’encombrement du texte : le calibrage. Il se base sur le nombre de signes du manuscrit, et la comparaison avec des modèles de typographie qui permettent pour la police choisie de déterminer le corps en fonction de la place disponible, ou inversement, l’encombrement en fonction du corps. Le typomètre est l’outil de base. Le texte est alors envoyé à la composition avec toutes les indications nécessaires et revient, pour l’impression typographique, sous forme de blocs de caractères assemblés, auxquels s’ajoutent les clichés des illustrations ; pour l’impression offset, les textes composés arrivent sous forme de tirages papier ou de films, qui seront découpés et collés selon le gabarit prédéfini, avec les autres éléments graphiques (illustrations, photographies) pour constituer le document final qui sera imprimé.
Voir Maquette.
Facteurs influençant les choix de la mise en page Papier ou numérique Le passage au numérique a significativement modifié la manière dont l'information est organisée sur un document. Les possibilités de mise en page offertes par les logiciels d’édition de texte diffèrent de celles que les scripteurs peuvent réaliser manuellement. En effet, les pratiques d'écriture manuelle ont été profondément transformées par les supports numériques.
Le but étant de fournir un document lisible et bien structuré, la prise en considération du mode d’édition du texte (édition manuelle ou édition numérique) est primordiale pour faire les bons choix de la mise en page.
Ainsi, améliorer la mise en page, c’est respecter certaines règles graphiques (pour les textes écrits à la main) et typographiques (pour les textes imprimés). Par exemple, pour un texte manuscrit, il faut éviter de trop serrer les lettres et les mots. L’aération de la page à travers les marges et les alinéas est fortement recommandée. La mise en valeur de certaines parties du texte manuscrit peut être faite par un soulignement. Cependant, pour un texte imprimé, nous disposons d’une grande variété de polices de caractère, de signes typographiques et d'alignement dont le choix dépendra du type de texte à écrire (informatif, incitatifManuel d'appui à la rédaction de mémoires et de thèses, Éditions Le Manuscrit, 2004, .…).
Le type du document La mise en forme dépend aussi du type du document à écrire. Quelle que soit la langue dans laquelle le texte est écrit, numérique ou manuscrit, il existe des normes qui définissent la mise en page de certains types de documents. Tel est le cas des documents formels : ils obéissent tous à des normes prédéfinies qui permettent de les identifier avant même de lire leur contenu. Dans ce contexte, on peut citer l’exemple de la lettre. La lettre est un document qui doit obéir à une certaine structure de base dans les différentes langues et cultures« Savoir reconnaître et écrire une lettre personnelle / une lettre administrative », fiche méthode de français pour élèves de , Lelivrescolaire.fr.. Cela dit, tout autre document informel laisse une marge de liberté par rapport au choix de la mise en page. Les livres Des livres format de poche aux encyclopédies. La presse Quotidiens et hebdomadaires. Les magazines illustrés La mise en pages comprend alors un titre, des sous-titres, du texte, des légendes et des photos.
Jean-Louis Swiners en a proposé en 1965 une classificationJ. L. Swiners, « Problèmes du photojournalisme contemporain. 2 - De la mise en page comme moyen d’expression » dans : Techniques graphiques, , juillet/août 1965, .. Il distinguait alors les mises en page pour donner à voir et celles pour donner à penser.
Parmi les premières, on trouverait selon lui : Les mises en page « commerciales » : vignette lustrative (qui donne du lustre) Une mise en page « typographique » : facilité matérielle, facilité intellectuelle, facilité esthétique Les mises en page « illustratives » : soit explicative ou pédagogique, soit confirmative ou rhétorique Les mises en page « esthétiques » : académique, hyperbolique, novatrice Alors que les secondes seraient constituées de: Les mises en page « sémiologiques » : la mise en page musico-cinémato-graphique, la mise en page symbolique et la mise en page sémantique
Les bandes dessinées Avec des mises en page très différentes suivant que ce sont des bandes dessinées franco-belges, des comics, des mangas, etc. Les documents pédagogiques Par exemple, les documents pédagogiques, qui doivent respecter une certaine organisation pour faciliter l’apprentissage (les livres de cours, les tutoriels…). Deux éléments indispensables dans la mise en forme de ce type de document sont la table des matières , qui facilitent l’accès aux différentes parties du documentChristian Vandendorpe, Du papyrus à l’hypertexte. Essai sur les mutations, . du texte et de la lecture. La hiérarchisation du contenu ainsi que la clarté de la police d'écriture et des illustrations sont aussi des éléments importants qui permettent de faciliter l’apprentissage. La mise en page est également un élément constitutif du texte poétique. Elle met en valeur l'aspect visuel, ou même pictural, du texte. Le choix de la typographie et la présence d’interlignes qui marquent le début et la fin des strophes participent au sens du poème et permettent d’identifier le type du texte sans lire son contenu.
Sens de l'écriture La direction de l’écriture est également l’un des facteurs qui influencent la mise en page de documents. De nos jours, dans les langues sémitiques (hébreu, arabe, syriaque), l’alphabet est écrit en lignes horizontales, de droite à gauche, alors que dans les langues occidentales (grec, latin, russe), l’alphabet est écrit en lignes horizontales dirigées de la gauche vers la droite.
De ce fait, la mise en page et la hiérarchie du texte dans ces deux types d’écritures sont présentées d’une façon qui leur est propre. Certaines préférences par rapport à la disposition des différents éléments (images, titres, paragraphes…) sur le support d’écriture ont été mises en place pour les deux types d’écritures. Pour les langues sémitiques, il est préférable que les illustrations soient placées à gauche et que la partie textuelle soit placée à droite pour des raisons d’ergonomie. Cependant, pour les langues occidentales, il est préférable que le contenu textuel soit placé à gauche et que toutes les illustrations accompagnant le texte soient placées à droite, ceci afin que les débuts de lignes soient tous alignés, facilitant ainsi la lecturePhilippe Bobichon, Le lexicon : Mise en page et mise en texte des manuscrits hébreux, grecs, latins, romans et arabes, Paris, Aedilis, 2008..
Mise en page des documents numériques
Outils d'édition De très nombreux outils permettent de mettre en page du contenu numérique, qu'il soit textuel ou multimédia. En général, ces logiciels sont orientés vers la production d'un type de document particulier ; on peut citer par exemple les suites LibreOffice ou Microsoft Office qui suivent une logique bureautique, ou encore Dreamweaver qui est orienté vers la publication web.
Nomenclature selon la logique d'édition Logiciels WYSIWYG