Le théâtre européen de la Seconde Guerre mondiale est le principal théâtre militaire pendant la Seconde Guerre mondiale. La zone géographique est le lieu de violents combats à travers toute l'Europe pendant près de six ans, commençant par l'invasion de la Pologne par l'Allemagne le et s'achevant par la conquête de la majeure partie de l'Europe occidentale par les Alliés occidentaux, l'Union soviétique conquérant la majeure partie de l'Europe de l'Est, aboutissant à la capitulation inconditionnelle du Troisième Reich le (Jour de la Victoire en Europe). Les puissances alliées ont combattu les puissances de l'Axe sur deux fronts majeurs (le front oriental et le front occidental) ainsi que dans une offensive de bombardement stratégique et sur le théâtre adjacent de la Méditerranée et du Moyen-Orient.
Événements précédents
L'Allemagne est vaincue lors de la Première Guerre mondiale et le traité de Versailles impose des conditions punitives au pays, notamment d'importantes réparations financières, la perte de territoire (certaines seulement temporairement), la culpabilité de guerre, l'affaiblissement économique et la limitation d'une force militaire. L'Allemagne est humiliée devant le monde entier, devant payer de très importantes réparations de guerre. De nombreux Allemands imputent l'effondrement économique d'après-guerre de leur pays aux conditions du traité et ces ressentiments contribueront à l'instabilité politique, permettant à Adolf Hitler et à son parti nazi d'accéder au pouvoir.
Après avoir quitté la Société des Nations, Hitler et l'Italie fasciste de Mussolini forment l'union des forces de l'Axe, en vertu d'un traité connu sous le nom de pacte d'acier. En , l'empire du Japon, sous le gouvernement de Hideki Tōjō, rejoint l'Axe Rome-Berlin à la suite du pacte tripartite. Le Japon et l'Allemagne avaient déjà signé le pacte anti-Komintern en 1939, pour contrer la menace perçue du communisme de l'Union soviétique. D'autres puissances plus petites rejoindront également les forces de l'Axe tout au long de la guerre.
Déclenchement de la guerre en Europe
Bien qu'ennemis jurés, l'Allemagne et l'Union soviétique signent un pacte de non-agression (le pacte Molotov-Ribbentrop) comprenant une clause secrète partageant la Pologne, les républiques baltes et la Finlande entre les deux sphères d'influence. Ce rapprochement s'est effectué à la suite des accords de Munich de 1938, qui a permis à Hitler d'annexer les régions tchécoslovaques peuplées majoritairement d'Allemands (la Tchécoslovaquie était un pays allié des français et des soviétiques et la seule démocratie présidentielle restante en Europe centrale).
La guerre à grande échelle en Europe débute à l'aube du , lorsque l'Allemagne met en application la soi-disant tactique Blitzkrieg pour envahir la Pologne, à laquelle le Royaume-Uni et la France avaient promis une protection et des garanties d'indépendance. Le , la Grande-Bretagne et la France déclarent la guerre à l'Allemagne, les autres alliés suivront rapidement. Des troupes britanniques sont envoyées en France ; cependant, ni les troupes françaises ni britanniques n'apportent d'aide significative aux Polonais lors de la campagne de Pologne, et la frontière franco-allemande, à l'exception de l'offensive de la Sarre, reste en grande partie calme.
Le , les forces soviétiques se joignent à l'invasion de la Pologne, tout en restant neutres vis-à-vis des puissances occidentales. Le gouvernement polonais évacue le pays pour la Roumanie. La Pologne tombent en cinq semaines, ses dernières grandes unités opérationnelles se rendant le après la bataille de Kock. À la fin de la campagne de septembre de Pologne, Hitler propose un traité de paix à la Grande-Bretagne et à la France sur la base d'une reconnaissance de la domination continentale européenne allemande. Le , le Royaume-Uni refuse formellement.
Malgré la campagne rapide à l'est, le long de la frontière franco-allemande, la guerre s'installe dans le temps. Cette période où les hostilités se réduisent à quelques escarmouches entre les grandes puissances dure jusqu'au et est communément appelée la drôle de guerre.
L'Allemagne et l'URSS se partagent l'Europe du Nord
vignette|Soldats finlandais pendant la guerre d'Hiver. Cependant, plusieurs autres pays sont entraînés dans le conflit à cette époque. Le , les trois républiques baltes estiment qu'ils n'ont pas d'autre choix que d'autoriser des bases et des troupes soviétiques sur leur territoire. Voulant annexer la Finlande, l'Union soviétique propose un accord d'union qui est rejeté. Face à cette réponse, l'URSS attaque le pays le , qui débute la guerre d'Hiver. Après cinq mois de durs combats, les Finlandais ne sont repoussés que d'une bande de terre bordant la Russie, et malgré la supériorité numérique soviétique, l'Union soviétique échoue à traverser la défense finlandaise. Lors du traité de paix de Moscou le , la Finlande cède 10 % des zones industrialisées (Carélie et Salla), dont certains territoires toujours tenus par l'armée finlandaise.
Pendant ce temps, en Scandinavie occidentale, l'Allemagne envahit le Danemark et la Norvège en . En réponse, la Grande-Bretagne occupe les îles Féroé (un territoire danois) et envahit l'Islande (une nation souveraine avec le roi du Danemark comme monarque). La Suède a su rester neutre. Les États baltes sont occupées par l'armée soviétique en et finalement annexées à l'Union soviétique en .
La guerre arrive à l'Ouest
vignette|Troupes allemandes défilant à Paris après la chute de la France. Le , la drôle de guerre s'achève par une vaste invasion allemande des pays neutres que représentent la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg. La France est ensuite envahie le , les forces allemandes contournant les fortifications françaises de la ligne Maginot, dans les Ardennes, le long de la frontière avec l'Allemagne. Les Français ont laissé cette zone moins bien défendue, estimant que son terrain est impraticable pour les chars et autres véhicules. La plupart des forces alliées stationnent en Flandre, anticipant une répétition du plan Schlieffen de la Première Guerre mondiale, avant d'être isolées du continent français. C'est pour cette raison, ajoutée à la supériorité des communications et des tactiques allemandes, que la bataille de France s'achève en un temps éclair, n'ayant duré que six semaines. Le , l'Italie déclare la guerre à la France et au Royaume-Uni mais n'obtient aucun succès significatif dans cette campagne. Le gouvernement français fuit Paris avant la reddition du pays le . Afin d'aggraver l'humiliation du peuple français et du pays lui-même, Hitler fait signer l'acte de capitulation dans la forêt de Compiègne, dans le même wagon de l'Armistice où la capitulation allemande avait été signée en 1918. La capitulation divise la France en deux parties principales ; la partie nord sous contrôle allemand, et une partie sud sous contrôle français, basée à Vichy, siège du nouveau régime de Vichy, un État collaborateur de l'Allemagne nazie. De nombreux soldats français, ainsi que ceux d'autres pays occupés, fuient en Grande-Bretagne. Le général de Gaulle s'autoproclame chef légitime de la France libre et promet de continuer la lutte. À la suite de la victoire rapide et inattendue, Hitler a promu 12 généraux au grade de Field marshal au cours de la cérémonie des Generalfeldmarschall de 1940.
Viatcheslav Molotov, le ministre de la Politique étrangère de l'URSS, qui était lié au traité de non-agression soviéto-allemand, félicite les Allemands : « Nous adressons les félicitations les plus cordiales du gouvernement soviétique à l'occasion du splendide succès de la Wehrmacht allemande ». Les chars de Guderian qui mènent une percée jusqu'à la mer près d'Abbeville sont alimentés par du carburant soviétique ; les bombes allemandes ayant rasé Rotterdam furent conçues de pyroxyline soviétique ; les douilles de balles ayant fauché les soldats alliés se retirant de Dunkerque furent coulées en alliage de cupronickel soviétique МОЗАИКА ДОМА НАШЕГО.
Le , l'URSS accorde une pleine reconnaissance diplomatique au gouvernement vichyste situé en zone non occupée en FranceThe Isolation of the Revolution.
La chute de la France isole un peu plus la Grande-Bretagne et les forces du Commonwealth. Le Premier ministre britannique, Neville Chamberlain, démissionne pendant la campagne et est remplacé par Winston Churchill. Une grande partie de l'armée britannique échappe à la capture du port de Dunkerque, dans le nord de la France, où des centaines (voire des milliers) de minuscules navires civils sont utilisés pour le transport des troupes des plages vers les navires de guerre en attente. Plusieurs hauts commandants allemands, par exemple, les généraux Erich von Manstein et Heinz Guderian, ainsi que l'amiral Karl Dönitz, ont considéré l'incapacité du haut commandement allemand à ordonner un assaut rapide sur Dunkerque pour éliminer le BEF comme l'une des principales erreurs que les Allemands aient faite sur le front occidental durant la Seconde Guerre mondiale. Plus tard, de nombreuses troupes évacuées formeront une partie importante et le centre de l'armée qui débarqua en Normandie le jour J.
Les Britanniques rejettent plusieurs tentatives allemandes secrètes de négociation de paix. L'Allemagne masse son armée de l'air dans le nord de la France occupée par les Allemands pour préparer la voie à une éventuelle invasion, nom de code opération Seelöwe (« Lion de mer »), estimant que la supériorité aérienne est essentielle pour l'invasion. Les opérations de la Luftwaffe contre la Royal Air Force sont connues sous le nom de bataille d'Angleterre. Initialement, la Luftwaffe se concentre sur la destruction des bases et des avions de la RAF au sol et dans les airs, se tournant ensuite vers une campagne de bombardement des grandes villes industrielles britanniques sous le nom de Blitz. Constatant leur incapacité à vaincre la chasse adverse et la destruction quotidienne des barges de débarquement dans les ports de la Manche, Adolf Hitler reconnait son échec et renonce le à son projet d'invasion.
Pendant le Blitz, tous les principaux sites industriels, cathédrales et politiques de Grande-Bretagne ont été lourdement bombardés. Londres a particulièrement souffert, étant bombardée chaque nuit pendant plusieurs mois. D'autres cibles comprennent Birmingham et Coventry, et des villes stratégiquement importantes, telles que la base navale de Plymouth et le port de Kingston upon Hull. En l'absence de forces terrestres en conflit direct en Europe, la guerre aérienne attire l'attention du monde entier alors même que les unités navales livrent la bataille de l'Atlantique et qu'un certain nombre de raids commandos britanniques touchent des cibles en Europe occupée.
Guerre aérienne
vignette| Supermarine Spitfire de la RAF, abondamment utilisé aux côtés du Hawker Hurricane pendant la bataille d'Angleterre. La guerre aérienne sur le théâtre européen débute en 1939.
Les attentes d'avant-guerre selon lesquelles supposent que des vagues de bombardiers frappant les villes ennemies provoqueraient une panique de masse et l'effondrement rapide de l'ennemi. En conséquence, la Royal Air Force avait constitué une importante force de bombardiers stratégiques. En revanche, la doctrine de l'armée de l'air allemande nazie était presque totalement consacrée au soutien de l'armée. Par conséquent, les bombardiers allemands étaient plus petits que leurs équivalents britanniques, et l'Allemagne ne développera jamais de bombardier lourd équivalent à l'Avro Lancaster britannique ou au Boeing B-17 Flying Fortress américain, avec seulement le Heinkel He 177 A de taille similaire mis en production et rendu opérationnel pour de telles tâches au sein de la Luftwaffe au cours des dernières années de guerre.