Ixcanul (aussi Ixcanul Volcano) est un film franco-guatémaltèque, écrit et réalisé par Jayro Bustamante, et sorti en 2015. Il introduit le spectateur dans le quotidien, puis dans le drame d'une famille de paysans ne parlant que le cakchiquel, et vivant hors du temps sur le flanc d'un volcan.
Le film reçoit l'Ours d'argent « prix Alfred-Bauer » au international du film de Berlin (2015). Il est sélectionné comme entrée guatémaltèque dans la course à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère 2016.
Synopsis Sur les pentes d'un volcan (, en cakchiquel« Ixcanul : au pied du volcan maya », sur lavoixdunord.fr, 25 novembre 2015 (consulté le 29 novembre 2015).), une plantation de café emploie des paysans pauvres et sans terre pour des salaires misérables. Le contremaître Ignacio est le seul à parler espagnol. Les autres paysans ne connaissent que le kaqchikel, une langue maya.
Ignacio, veuf d'une trentaine d'années qui a trois enfants, veut épouser María, , la fille de Manuel, un de ses employés de confiance. La famille de Manuel doit être chassée par le propriétaire, car le lopin qu'elle est chargée de cultiver, infesté de serpents, est inexploitable. Mais tout va s'arranger si María épouse le contremaître. Un repas de fiançailles est organisé au domicile de la jeune fille, parée pour la circonstance. Ignacio annonce qu'il doit s'absenter quelque temps. À son retour, il épousera María.
Mais María ne s'intéresse qu'à un garçon de son âge, Pepe, prêt à céder au mirage nord-américain. La frontière mexicaine se trouve . Pepe veut traverser à pied un désert, à la nage deux fleuves, remonter tout le Mexique pour aller tenter sa chance aux États-Unis. Un soir de beuverie masculine, María s'offre à lui dans l'espoir qu'il l'emmène.
Le garçon part sans la prévenir. María reste donc sur la plantation, partageant les travaux quotidiens de la famille. Au bain, sa mère découvre sa grossesse. Elle la pousse à avorter. Mais aucune offrande au volcan, aucune technique féminine d'avortement ne donne de résultat. Le père finit par être informé. Cette grossesse est une catastrophe, car ni les rites traditionnels ni le poison importé des États-Unis n'ont réussi à venir à bout des serpentsOlivier Grinnaert, « Ixcanul », sur lepasseurcritique.com, 29 novembre 2015 (consulté le 30 novembre 2015).. La trahison de la parole donnée à Ignacio signifie donc la perte d'emploi et de logement. Il ne reste plus qu'à partir, et à errer de ferme en ferme.
La tradition prétend que les femmes enceintes font fuir les serpents. María insiste pour tenter l'expérience. Durant la cérémonie, elle est mordue par un serpent. Les parents font l'impossible pour sauver leur fille enceinte. Ils la conduisent dans une brouette chez Ignacio, qui les emmène tous dans son véhicule à l'hôpital. María est sauvée, mais pas son enfant.
L'enfant est enterré religieusement dans la plantation. María se remet très difficilement de ces traumatismes. Angoissée, elle creuse la tombe, elle en sort le cercueil fourni par l'hôpital. Celui-ci ne contient qu'une brique. La famille porte plainte. Mais Ignacio, qui a déjà joué un rôle crapuleux à l'hôpital en tant qu'interprète, rend opaque la communication avec les policiers, qui ne parlent qu'espagnol. Pour eux, María est la première suspecte : elle a vendu son enfant, puisque, à l'hôpital, à demi consciente, guidée par la main de sa mère, elle a apposé l'empreinte de son doigt au bas d'un formulaire en espagnol dont Ignacio a caché la teneur. Les traductions d'Ignacio restant mensongères, les trois membres de la famille ne comprennent rien à ce que disent les policiers, qui eux-mêmes n'entendent pas leur pathétique prière : qu'on leur restitue leur enfant.
Quelque temps plus tard, Ignacio revient auprès du père de María, lui remet un peu d'argent. Puis, sa mère habille María pour la cérémonie…
Analyse
Le récit est basé sur une histoire vraieJayro Bustamante, interrogé par Yannick Vely, « Escaladez le volcan d'Ixcanul », sur parismatch.com, 24 novembre 2015 (consulté le 30 novembre 2015).. Médecin, la mère de Jayro Bustamante la découvre en vaccinant des populations dans les montagnes« Ixcanul, d'amour et de lave à la Cinémathèque », sur ladepeche.fr, 27 mars 2015 (consulté le 2015..
, l'œuvre met en scène de pauvres Guatémaltèques de l'ethnie cakchiquel, isolés hors du temps et ne comprenant pas un mot d'espagnol. Leur mode de vie, leurs vêtements restent dans la tradition maya, et l'imagerie catholique peine à imposer son vernis sur les croyances ancestrales.
Le drame terrible se situe au cœur de problèmes de réforme agraire, de minorité nationale, de minorité linguistique, de genre, de discrimination, d'égalité sociale Enrique Planas, « Jayro Bustamante: entrevista al director de la cinta "Ixcanul" », sur elcomercio.pe, 14 août 2015 (consulté le 4 décembre 2015). — Helen Umaña, « “Ixcanul” o el poder del signo estético », sur elperiodico.com.gt, 21 septembre 2015 (consulté le 30 novembre 2015).… Mais le film ne propose pas d'analyse, et encore moins de solution. Il montre la réalité, laissant le spectateur libre de l'interpréter.
Et, s'il est d'une grande précision ethnographique, il n'est pas un documentaire. Il fait vivre des humains attachants, aux prises avec leurs soucis et leurs sentiments — et notamment avec l'amour maternel :
Fiche technique thumb|alt=Portrait de trois quarts, souriant.|right|upright=1|Le réalisateur Jayro Bustamante.
Titre original : Ixcanul Titre français : Ixcanul Réalisation : Jayro Bustamante Scénario : Jayro Bustamante Musique : Pascual Reyes Photographie : Luis Armando Arteaga « Luis Armando Arteaga », sur imdb.com, 2015 (consulté le 30 novembre 2015). Montage : César Díaz Décors : Pilar Peredo Costumes : Sofia Lantan Son : Eduardo Cáceres Mixage : Julien Cloquet Maquillage : Aiko Satô Production : Jayro Bustamante, Inés Nofuentes (productrice exécutive), Marina Peralta, Pilar Peredo, Edgard Tenembaum « Full Cast & Crew », sur imdb.com, 2015 (consulté le 27 novembre 2015). Sociétés de production : La Casa de Producción (Guatemala) et Tu Vas Voir Productions (France, coproducteur) « Company Credits », sur imdb.com, 2015 (consulté le 29 novembre 2015). Sociétés de distribution : ARP Sélection (France), Espace Sarou (Japon), Kino Lorber (États-Unis, tous médias) Pays d'origine : Guatemala, France Langue : cakchiquel, espagnol Format : couleur Genre : drame Durée : 100 minutes Sortie en salle : « Ixcanul está en casa », sur elperiodico.com.gt, 24 août 2015 (consulté le 27 novembre 2015).
: « Ixcanul », sur allocine.fr (consulté le 28 novembre 2015).
Distribution
Les comédiens sont amateurs. María Telón (la mère) et Marvin Coroy (Pepe) jouent dans une troupe de théâtre kaqchikel de Santa María de Jesús. Les autres acteurs sont recrutés sur une place de marché.
María Mercedes Coroy : María, la fille María Telón : Juana, la mère Manuel Antún : Manuel, le père Justo Lorenzo : Ignacio, le contremaître Marvin Coroy : Pepe, l'amant de María Leo Antún : le guide spirituel Fernando Martinez : le policier
Réalisation Lieux du tournage thumb|alt=La silhouette bleutée du volcan se détache derrière un premier plan de cimes d'arbres.|right|upright=1|Le volcan Pacaya.
Le film est tourné dans le sud du Guatemala, sur le flanc du volcan Pacaya, près de la petite ville de San Vicente Pacaya.
Accueil
Critique critique-film.fr : lepasseurcritique.com : Le Monde : Le Monde : La Vie :
En salle
Le cinéma du Guatemala est peu connu en France. Il n'existe que depuis le milieu des années 2000. Des œuvres de Julio Hernández Cordón « Julio Hernández Cordón », sur imdb.com (consulté le 30 novembre 2015). et de Sergio Ramírez « Distance », sur vlaff.org (consulté le 30 novembre 2015). sont projetées dans des festivals, mais Ixcanul est le premier film guatémaltèque présenté dans les salles françaises« Ixcanul », sur critique-film.fr, 22 novembre 2015 (consulté le 30 novembre 2015)..
Distinctions Festival international du film de Flandre-Gand 2015 : Grand Prix du meilleur film et prix du Jeune Jury Ana Lucía Ola, « Ixcanul gana dos premios en festival de cine en Bélgica », sur prensalibre.com, 21 octobre 2015 (consulté le 28 novembre 2015). Festival international du film de Berlin 2015 : Ours d'argent « prix Alfred-Bauer » John Hecht, « Guatemalan filmmaker Jayro Bustamante is on a winning streak, with recent victories at Berlin and Guadalajara », sur hollywoodreporter.com, 17 mars 2015 (consulté le 28 novembre 2015).. Ce prix récompense le film le plus novateur — sur le plan de la forme ou du fond. Festival international du film de Guadalajara 2015 : prix du Meilleur Film Festival international du film de Carthagène 2015 : prix du Meilleur Film Festival Cinélatino de Toulouse 2015 : prix du Public et prix du meilleur premier film du Syndicat français de la critique de cinéma et des films de télévision AFP, « "Ixcanul" triunfa en el Festival de Cinelatino en Toulouse, Francia », sur soy502.com, 28 mars 2015 (consulté le 28 novembre 2015). — « Toulouse », sur semainedelacritique.com, 2015 (consulté le 29 novembre 2015). de Marzamemi 2015 : prix du Meilleur Film Ana Lucía Ola, « Ixcanul gana como mejor película en festival de cine italiano », sur prensalibre.com, 28 juillet 2015 (consulté le 28 novembre 2015). Festival d'Oslo 2015 : prix du Jury du meilleur film « "Ixcanul" triunfa en Noruega y cosecha su vigésimo reconocimiento », sur soy502.com, 17 octobre 2015 (consulté le 28 novembre 2015). Festival du nouveau cinéma de Montréal 2015 : prix d'Interprétation féminine pour María Mercedes Coroy Gaby Girón, « "Ixcanul" gana premios dos días seguidos, en Noruega y Montreal », sur soy502.com, 18 octobre 2015 (consulté le 28 novembre 2015). de Teplice 2015 : Ange bleu du meilleur film, et Ange bleu de la meilleure actrice pour María Telón « Ixcanul Wins Art Film Fest », sur filmneweurope.com, 29 juin 2015 (consulté le 29 novembre 2015).. Festival du film de Philadelphie 2015 : prix du Meilleur long métrage « Dos premios más para Ixcanul », sur prensalibre.com, 31 octobre 2015 (consulté le 28 novembre 2015). Festival international du film de Kiev Molodist 2015 : prix du Meilleur long métrage
Le film est choisi par le Guatemala pour le représenter dans la course à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère 2016« Oscars 2016 : les 54 prétendants à la statuette du meilleur film étranger », sur lesinrocks.com, 28 septembre 2015 (consulté le 2015)..
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Ariane Allard, « Au-delà du volcan », Positif, 657, Paris, Institut Lumière/Actes Sud , , ,
Liens externes
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