Le PBKDF2 (abréviation de ) est une fonction de dérivation de clé, appartenant à la famille des normes , plus précisément PKCS #5 v2.0. Cette norme a également été publiée dans la RFC 2898. Elle succède au PBKDF1, qui pouvait produire des clés n'allant que jusqu'à 160 bits.

Cette norme est aujourd'hui utilisée pour le hachage de mot de passe (associé à des fonctions comme SHA-256) ou la génération de clé de chiffrement de données.

Concept Le PBKDF2 applique une fonction choisie par l'utilisateur (fonction de hachage, de chiffrement ou un HMAC) à un mot de passe ou une phrase secrète avec un sel et répète cette opération plusieurs fois afin de générer une clé, qui peut être ensuite utilisée pour chiffrer un quelconque contenu.

Cette génération rajoute du temps de calcul qui complique le cassage du mot de passe, notamment par force brute. À la publication de la norme, en 2000, le nombre d'itérations recommandées était de . Ce paramètre est prévu pour être augmenté au fur et à mesure que les processeurs s'améliorent et deviennent plus performants. En 2025, l'OWASP recommande 600 000 itérations pour l'algorithme PBKDF2-HMAC-SHA256. Le sel ajouté permet d'éviter l'utilisation de et donc limite les attaques sur plusieurs mots de passe en simultané.

Fonction de dérivation

La fonction a cinq paramètres en entrée :

DK = PBKDF2(PRF, Password, Salt, c, dkLen)

PRF est la fonction pseudo-aléatoire à utiliser à chaque itération Password est la chaîne à partir de laquelle il faut dériver la clé Salt est le sel pour la fonction cryptographique c est le nombre d'itérations à effectuer dkLen est la taille de clé désirée

Le résultat DK est notre clé dérivée.

On prend tout d'abord la taille , qui correspond à la taille, en bits, de sortie de la fonction . Puis chaque bloc de bits de la clé est calculé :

DK = T1 || T2 || ... || Tdklen/hlen Ti = F(Password, Salt, c, i)

La fonction est la combinaison de itérations de la fonction avec des XOR. La première itération utilise le mot de passe et le sel concaténé avec le nombre d'itérations . Ensuite, la fonction prend le mot de passe original comme clé et le résultat de l'itération précédente en sel. On obtient le schéma suivant :

F(Password, Salt, c, i) = U1 ^ U2 ^ ... ^ Uc

U1 = PRF(Password, Salt || INT_32_BE(i)) U2 = PRF(Password, U1) ... Uc = PRF(Password, Uc-1)

Par exemple, le WPA2 utilise :

DK = PBKDF2(HMAC−SHA1, passphrase, ssid, 4096, 256)

Utilisations Plusieurs applications utilisent cette fonction pour dériver leur clé de chiffrement de bout-en-bout tout en garantissant à l'utilisateur une synchronisation des données entre appareils, tels que Bitwarden, Standard Notes ou encore le gestionnaire de mots de passe 1Password.

Notes et références

Annexes Articles connexes Argon2 Bcrypt

Catégorie:Standard en sécurité informatique