Le boulevard de l'Hôpital est un boulevard du arrondissement de Paris qui longe aussi le .
Situation et accès Long de , il part de la gare de Paris-Austerlitz, en prolongement du pont d'Austerlitz, et monte en pente douce vers la place d'Italie qu'il rejoint à l'angle de la mairie d'arrondissement. Il dessert le Jardin des plantes et l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Il suit le parcours de la ligne 5 du métro sur quatre stations.
Le boulevard est un important axe de circulation automobile, bordé d'établissements publics : commissariat général du , École nationale supérieure d'arts et métiers (ENSAM) au , Maison des sciences économiques qui s'ajoutent à ceux déjà cités. Il comporte assez peu de commerces et d'activités de loisir en dehors des boutiques de proximité et des brasseries proches de la gare de Paris-Austerlitz. Le campus principal de l'ENSAM est le centre d'enseignement et de recherche (CER) le plus important de France : il accueille 950 élèves de dernière année« Centres et instituts », www.ensam.fr..
Origine du nom Cette voie porte ce nom en raison de son voisinage de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière.
Historique Le boulevard de l'Hôpital est l'un des « boulevards du Midi » de Louis XIV, dont la construction devait compléter la ceinture de boulevards déjà réalisée sur la rive droite. Le tracé envisagé par Pierre Bullet vers 1670, symétrique de celui des boulevards du nord en cours d'aménagement, aboutissait au bord de la Seine près de la porte Saint-Bernard. Ce tracé fut déplacé à l'est du jardin du Roi (actuel jardin des Plantes) par un arrêt du . Une allée reliant le Jardin du Roi à la Seine fut aménagée en 1687 à l'emplacement de la partie basse, orientale, de l'actuel Jardin des plantes, à l'ouest du futur boulevard de l'Hôpital, nommée « desserte du Jardin-du-Roi » ou « rue du rempart Saint-Victor »Sa partie ouest correspond actuellement à la moitié ouest de la rue Buffon : Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Éditions de Minuit.. Un chantier et dépôt de bois se trouvait en 1735 dans ce secteur, jusqu'à ce que Buffon rachète ce terrain pour agrandir le jardin du roi jusqu'à la Seine. En 1752, le bureau de la ville décida de paver et de planter d'arbres un large chemin de terre, qui existait partiellement à cette date, correspondant au boulevard de l'Hôpital, et parfois appelé « route de Fontainebleau »Jacques Hillairet, Op. cit., et .. Par ailleurs, l'ensemble du projet des « boulevards du Midi » est relancé par un arrêt du .
Les travaux ont avancé lentement et le boulevard a finalement ouvert dans les années 1760 : c'était alors un itinéraire bien plus commode pour les cavaliers et les véhicules que celui, datant de l'antiquité, qui correspond à l'étroite et encombrée rue Mouffetard. C'est ce parcours qu'évoque Gustave Flaubert dans L'Éducation sentimentale :
La partie située du côté des numéros impairs entre la rue Pinel et la rue Fagon marquait la limite des abattoirs de Villejuif.
Au , le boulevard était loin d'être animé, mais pas aussi désert que les autres « boulevards du Midi ». Un guide de 1828 indique que « sur le boulevard de l’Hôpital, le mouvement de population recommence un peu ; on trouve des promeneurs, de jolis cafés et de beaux restaurants avec jardinsRichard, Le Véritable Conducteur parisien, éditeur Roy et Compagnie, 1828, . ».
Victor Hugo évoque le boulevard en 1823 dans Les Misérables : « Il y a quarante ans, le promeneur solitaire qui s’aventurait dans les pays perdus de la Salpêtrière, et qui montait par le boulevard jusque vers la barrière d’Italie, arrivait à des endroits où l’on eût pu dire que Paris disparaissait. Ce n’était pas la solitude, il y avait des passants ; ce n’était pas la campagne, il y avait des maisons et des rues ; ce n’était pas une ville, les rues avaient des ornières comme les grandes routes et l’herbe y poussait ; ce n’était pas un village, les maisons étaient trop hautes. Qu’était-ce donc ? C’était un lieu habité où il n’y avait personne, c’était un lieu désert où il y avait quelqu’un ; c’était un boulevard de la grande ville, une rue de Paris, plus farouche la nuit qu’une forêt, plus morne le jour qu’un cimetière »Les Misérables, livre quatrième : La Masure Gorbeau, chapitre I : « Maître Gorbeau »..
Vers 1850 c'était le lieu du marché aux chevaux, près de l'asile de la Salpêtrière. La peintre animalière Rosa Bonheur avait reçu l'autorisation préfectorale de s'habiller en homme pour pouvoir s'y installer et croquer les scènes. Dans le tableau du Metropolitan Museum, l'hôpital y est visible dans le fond à gauche.
Dans les projets de rénovation de Paris de l'après-guerre (plan d'urbanisme directeur de 1959), le boulevard de l'Hôpital devait être intégré dans une autoroute urbaine traversant Paris du sud au nord, qui aurait rejoint le boulevard Richard-Lenoir sur la rive droite. Ce plan n'a jamais été mis en œuvre, de sorte que le tracé du boulevard n'a guère évolué depuis les origines.
Le 23 mai 1918, durant la première Guerre mondiale, les du boulevard de l'Hôpital situés à proximité de l'usine d'automobiles Delahaye, rue Pirandello, usine qui travaillait alors pour l'armement, sont touchées lors d'un raid effectué par des zeppelins et des avions allemandsExelsior du 8 janvier 1919 : Carte et liste officielles des bombes d'avions et de zeppelins lancées sur Paris et la banlieue et numérotées suivant leur ordre et leur date de chute.
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire non numéroté - début des numéros pairs : extrémité orientale du Jardin des plantes de Paris. : gare d'Austerlitz. : Gang Recording Studio. : bureau de poste. : lieu où exerça le journaliste et avocat Ralph Messac de 1986 à 1992. : lieu de naissance de l'homme politique Jacques Chaban Delmas. à 83 : hôpitaux de la Salpêtrière et de la Pitié-Salpêtrière. : emplacement de l'ancienne Maison Vaysset (« Vaysset, bougnat, vend du bon vin »), aujourd'hui restaurant asiatique. : église Saint-Marcel, construite en 1856 pour remplacer un édifice plus ancien. L’église actuelle, due à Daniel Michelin, est inaugurée en 1966. Deux cloches proviennent du théâtre de la Ville - Sarah Bernhardt. L’ancien presbytère subsiste dans le jardin, à l’arrière de l’édifice.. : à l’arrière des bâtiments, étaient situés les moulins à vent, appelés le moulin Vieux et le moulin Neuf. Ils ont donné le nom au village des Deux-Moulins. : la barrière des Deux-Moulins, du mur des Fermiers généraux, était située à l'angle de la rue Duméril. : l'une des entrées du jardin d'immeubles du boulevard de l'Hôpital. : immeubles-cité de Joseph Charlet et Étienne Perrin, construits entre 1922 et 1926. La cité s’étend sur 4070 m et comprend 408 logements desservis par 5 cours. Plaque rendant hommage au résistant Robert Andrezowski. fusillé le et à dix habitants de la cité « déportés et assassinés à Auschwitz parce que nés Juifs ». : École nationale supérieure d'arts et métiers, construite en 1910 par Georges Roussi, à l'emplacement des « abattoirs de Villejuif » détruits en 1907-1908. : siège de la Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs. : HBM de Henri Sauvage (1909).. : sculpture représentant Joséphine Baker en uniforme de l'armée de l'air française (signée C215).
Notes et références
Voir aussi Bibliographie .
Articles connexes Liste des voies du de Paris Liste des voies du de Paris Liste des rues de Paris Quartier du Jardin-des-Plantes Quartier de la Salpêtrière
Liens externes
Carte interactive des voies de Paris sur le site de la direction de l'urbanisme de la Ville de Paris
Catégorie:Boulevard dans le 5e arrondissement de Paris Catégorie:Boulevard dans le 13e arrondissement de Paris