Jean-Marc Vallée, né le à Montréal (Québec) et mort le à Berthier-sur-Mer (Québec)., est un réalisateur, scénariste et monteur québécois.
Biographie Jeunesse Jean-Marc Vallée naît dans le quartier Rosemont à Montréal, où il grandit avec ses deux frères Stéphane Tousignant et Gérald Vallée, ainsi que sa sœur Marie-Josée Vallée. Leur père était discothécaire à la radio de CKAC. tandis que sa mère reste à la maison pour s’occuper de la famille. Il termine ses études secondaires au Collège Jean-Eudes en 1979, et poursuit ensuite ses études en cinéma au Collège Ahuntsic puis à l'Université de Montréal.
Les débuts : vidéoclips et courts-métrages Parmi les premières œuvres les plus connues de Vallée figurent cinq vidéoclips écrits et réalisés en . Ces vidéoclips faisaient partie d'un projet des Productions Perfo 30 visant à produire 30 vidéoclips en 30 jours pour un budget total ne dépassant pas dollars canadiens. Les Productions Perfo 30 sont fondées plus tôt cette année-là, en , par André Fortin, Martin-Éric Ouellette et Martin Saint-Pierre, qui ont produit ensemble un total de 32 vidéoclips, tous réalisés au cours du mois d', alors que le montage s'étend jusqu'à . Vallée réalise les clips suivants: My Chick Is In My Bed de Wild Touch, Odeline de Glockenspiel, Don't Talk To Strangers de Park Avenue, Angel's Angel's Evolution et The Splice Of Life de New News. D'abord présentés devant la presse locale au Spectrum de Montréal le , puis au grand public le , ils sont ensuite diffusés à la télévision canadienne sur Much Music.
Dans les années 1990, Jean-Marc réalise un nombre important de courts-métrages, qui suscitent l'intérêt du public et de la critique. En 1992, il sort Stéréotypes, une comédie fantastique inspirée des films classiques américains, et reçoit de nombreux prix lors de plusieurs événements, dont celui du Meilleur espoir en réalisation aux Rendez-vous du cinéma québécois en 1993.
Vallée adopte ensuite un ton plus personnel dans Les Fleurs magiques en 1995, qui met en vedette le jeune Marc-André Grondin qui incarne DJ, un jeune garçon qui doit composer avec les problèmes d'alcool de son père. Le film repart avec la statuette du meilleur court-métrage au prix Génie en 1996.. Il s'ensuit ensuite Les mots magiques en 1998, qui nous plonge dans l'histoire d'un trentenaire (Richard Robitaille) qui décide de confronter son père alcoolique (Robert Gravel). Le film remportera le titre du meilleur court-métrage à la première cérémonie des prix Jutra en 1999. Vallée prévoit d'en faire une trilogie avec Les Temps magiques, mais le troisième opus ne verra jamais le jour.
1995-2005: La reconnaissance Liste noire (1995) Il réalise et assure le montage de son premier long-métrage Liste noire en 1995, thriller à la sauce Hollywood qui met en vedette Michel Côté dans le rôle d'un juge, qui se verra remettre une liste de noms de magistrats qui ont retenu les services d'une prostituée incarnée par Geneviève Brouillette. Cette année-là, le film devient le plus rentable de l'histoire au Québec avec plus de en salle et récolte à lui seul neuf nominations aux prix Génie, dont celles du meilleur film et de la meilleure réalisation. Distribué dans plusieurs pays sous le nom de Black List, dont la France, le film attire l'attention de Hollywood, au point de mener le cinéaste aux États-Unis pendant une dizaine d'années.
Carrière canadienne et américaine Dans la foulée du succès de Liste noire, Vallée s'installe à Los Angeles où il réalise Los Locos (1997), un western écrit par et avec Mario Van Peebles, et Loser Love (1999). Après ces deux productions à petit budget, il réalise deux épisodes de la série télévisée anglo-canadienne The Secret Adventures of Jules Verne (2000), mettant en vedette Michel Courtemanche dans le rôle de Passepartout.
C.R.A.Z.Y. (2005) À partir de 1995, Jean-Marc s'attaque au projet cinématographique C.R.A.Z.Y. qui raconte l'histoire d'une famille québécoise des années 1970 et de ses cinq enfants. Voulant d'abord tourner le film aux États-Unis, son ami et collaborateur Michel Côté le convainc de le produire au Québec. Le film nous plonge dans la relation d'un père (Côté) avec son fils Zachary Beaulieu (Marc-André Grondin), qui se découvre homosexuel. L’histoire est inspirée de celle de François Boulay, coscénariste du film, et Vallée met cinq années à écrire le scénario, dont une à temps plein.. Il confie à son plus jeune fils Émile Vallée le rôle de Zachary enfant. Le film est présenté en première mondial au Festival international du film de Toronto et se voit récompensé dans la catégorie Meilleur long-métrage canadien. À sa sortie en 2005, le film connaît un succès en salle au Québec et gagne plusieurs prix dont dix prix Génie et quatorze prix Jutra. Sur un budget total de 6,5 millions de dollars, sont consacrés à l'acquisition des droits musicaux. Vallée choisit de couper une partie de son propre salaire pour gonfler le budget associé à la trame sonore. C.R.A.Z.Y. est le film québécois qui compte le plus d'entrées en salle au Québec pendant l'année 2005 et récolte 6 millions de dollars au box-office. On estime qu'un peu plus d'un Québécois sur huit l'a vu en salle. Cette année-là, le film est envoyé aux Oscars pour représenter le Canada dans la catégorie Meilleur film en langue étrangère, et ne sera finalement pas retenu dans la sélection finale.
2009-2015: Le succès international The Young Victoria (2009) À la suite de son succès, Graham King et Martin Scorsese le repèrent et lui confient le script d'un projet développé par la société de production de Scorsese, une réinterprétation romancée des années de jeune femme de la reine Victoria du Royaume-Uni et de sa relation avec le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha. Ce drame historique, intitulé Victoria : Les Jeunes Années d'une reine, avec Emily Blunt dans le rôle-titre, reçoit trois nominations aux Oscars du cinéma 2009, et remporte la statuette des meilleurs costumes.
Café de Flore (2011) vignette|droite|Le cinéaste à la première de Dallas Buyers Club, au TIFF 2013. Vallée profite de cette reconnaissance internationale pour monter un projet plus personnel, qu'il écrit et réalise. Sorti en 2011, le drame Café de Flore met en vedette l'actrice française Vanessa Paradis, ainsi que les acteurs québécois Evelyne Brochu, Kevin Parent et Hélène Florent. L'histoire se déroule dans les années 1960 et 2010 et raconte les destins croisés de Jacqueline, la mère française d'un enfant trisomique qui refuse d'envoyer son fils en établissement spécialisé, et d'Antoine, un DJ montréalais, perdu dans un triangle amoureux. Cette coproduction franco-canadienne, à défaut de convaincre commercialement, est très bien reçue par la critique anglophone. Le film repartira avec treize nominations aux prix Génie, et Vanessa Paradis se verra récompenser comme Meilleure actrice aux prix Génie, prix Jutra et au Vancouver Film Critics Circle.
Dallas Buyers Club (2013) En 2013, Jean-Marc Vallée nous dévoile Dallas Buyers Club, mettant en vedette Matthew McConaughey, Jared Leto et Jennifer Garner. Le film est basé sur l'histoire vraie de Ron Woodroof (McConaughey), un électricien texan diagnostiqué avec le VIH/sida au milieu des années 1980, à une époque où les traitements faisaient l'objet de peu de recherches, alors que la maladie était fortement stigmatisée. Condamné à 30 jours de vie restante, Woodroof fait entrer clandestinement au Texas des médicaments pharmaceutiques non approuvés pour traiter ses symptômes, et commence à les distribuer à d'autres personnes atteintes du sida en créant le "Dallas Buyers Club", qui révolutionnera les traitements de la maladie. Alors qu'il tourne en Louisiane avec un mince budget de 5 millions de dollars et une équipe réduite, Vallée s'allie avec le directeur de la photographie Yves Bélanger en prenant la décision de laisser tomber l'éclairage artificiel et d'expérimenter un éclairage venant uniquement d’éléments de décor naturel, en utilisant l’Alexa, une caméra numérique plus compacte et requérant moins de lumière. Le film est acclamé par la critique et reçoit six nominations aux Oscars 2014, dont celui du meilleur film. Les deux acteurs masculins remportent chacun une statuette pour Meilleur acteur principal et Meilleur acteur de soutien. Jean-Marc se voit nommé pour l'Oscar du Meilleur montage, sous le pseudonyme de John Mac McMurphy.
Wild (2014) À la suite du succès de Dallas Buyers Club, Vallée officialise son contrat en afin de réaliser le drame de survie Wild, l'adaptation cinématographique du récit du même nom de Cheryl Strayed écrit par Nick Hornby. Encore une fois, le réalisateur fait équipe avec le directeur photo Yves Bélanger et mise uniquement sur la lumière naturelle, en équipe réduite. Projeté en première mondiale le au Festival du film de Telluride, le film met en vedette Reese Witherspoon dans le rôle de Cheryl Strayed, aux côtés de Laura Dern, Thomas Sadoski et Gaby Hoffmann. Strayed entame une randonnée en solitaire de sur le Pacific Crest Trail pour se remettre d'une tragédie personnelle. Le film reçoit deux nominations aux Oscars 2015, dans les catégories Meilleure actrice principale (Reese Witherspoon) et Meilleure actrice de soutien (Laura Dern).
Demolition (2015) En , Jean-Marc Vallée est approché pour réaliser et coproduire Demolition, un drame consacré à la crise identitaire d'un trentenaire veuf, avec Jake Gyllenhaal, Naomi Watts, Chris Cooper et Judah Lewis. Les tournages débutent dans la ville de New York en . Le film est finalement présenté en première mondiale au Festival international du film de Toronto 2015. Moins bien compris, Demolition divise la critique et échoue commercialement.
En , Jean-Marc Vallée est salué par le Centre national des Arts, afin de souligner l’ensemble de son œuvre et sa contribution exceptionnelle aux arts du spectacle.
2017-2019: Les séries à HBO Big Little Lies (2017-2019) Vallée rebondit vers la télévision et signe les sept épisodes de la série évènement de la chaîne HBO, Big Little Lies. L'écriture est assurée par David Edward Kelley, et l'interprétation principale portée par une distribution quatre étoiles: Nicole Kidman, Reese Witherspoon, Shailene Woodley et Laura Dern. Le programme est lancé fin et rencontre un immense succès populaire et critique, en récoltant plusieurs prix et nominations aux Golden Globes et aux Emmy Awards. Pressenti pour réaliser la deuxième saison, Jean-Marc Vallée décline, étant déjà sous contrat pour la minisérie Sharp Objects. Il œuvre toutefois à titre de producteur exécutif sous la bannière Crazyrose, en compagnie de son complice Nathan Rose. La production décide de confier la réalisation des sept épisodes à Andrea Arnold. Une fois les tournages terminés, HBO et le producteur David E. Kelley ne semblent pas satisfaits du montage chapeauté par Arnold et convainquent Vallée de revenir. La post-production de Big Little Lies est ensuite transférée de Londres à Montréal par HBO, laissant au réalisateur le soin de monter les images d’Arnold. La production en profite alors pour ajouter 17 jours de tournage supplémentaires, cette fois-ci réalisés par Vallée. À la suite de cette discorde, Arnold ne souhaite plus poursuivre son implication dans le projet. À la suite de l'enquête du média Indiewire parue en ligne le , le réalisateur se retrouve en pleine controverse, alors qu'on accuse HBO et Vallée d'avoir écarté cavalièrement la réalisatrice Andrea Arnold. Dans une entrevue accordée à la journaliste Pénélope McQuade en , Vallée dément les hypothèses avancées par Indiewire, qui lui prête de mauvaises intentions. Les nouveaux épisodes deviennent disponibles sur HBO et HBO Canada en et sont très bien accueillis par le public et la critique.
Sharp Objects (2018)