Jonathan Graine d'Amour est une création artistique et éducative créée au château des Vaux, une des maisons d'accueil, d'éducation, et de formation d'Apprentis d'Auteuil en Eure-et-Loir. C'était une activité éducative interne ayant pour objet le montage et la présentation d'une comédie musicale par et pour les jeunes de la maison. Ce projet réalisé sous l'impulsion de Jean Maupoint, alors directeur du Château des Vaux, visait à fédérer la communauté éducative et les jeunes autour d'une réalisation commune. La comédie musicale Jonathan Graine d'Amour est créée le au Château des Vaux. Patrice Hervé et Alain Pignel ont assuré l'écriture du scénario et la mise en scène. Le spectacle fut joué pendant 6 ans dans différents endroits du monde. Le parcours de ce spectacle amateur est original et singulier par l'ampleur, l'engouement et le rayonnement dont il fut l'objet.

L'aventure De 1986 à 1992, près de 600 jeunes d'Apprentis d'Auteuil vont parcourir les routes de France et même d'Europe pour présenter leur comédie musicaleJonathan Graine d'Amour. ; ils dansent, chantent, jouent la comédie, font de la musique, et assurent la technique son, l’éclairage et tout ce qui est inhérent à tout spectacle.

Dans les plus grandes salles de France, et aussi hors de France, ou sous leur grand chapiteau, des milliers de spectateurs se déplaceront pour voir ce spectacle tout au long des six années où il se produira. En 1989, une séance exceptionnelle a lieu à Castel Gandolfo pour le Pape Jean-Paul II..

Ce spectacle est une aventure à vocation pédagogique et éducative pour des jeunes adolescents en difficultés qui sont accueillis, éduqués, formés à Apprentis d'Auteuil, fondation reconnue d'utilité publique en 1929, et acteur majeur reconnu dans le paysage du secteur social français.

Ce spectacle amateur est une véritable gageure par le parcours étonnant qui fut le sien. Conçu comme un spectacle pédagogique à vocation interne, celui-ci est sorti presque immédiatement de son cadre initial pour répondre à des demandes de représentations afin d'animer diverses manifestations publiques.

Synopsis Jonathan est un jeune qui arrive sur terre avec un regard naïf et pur. Il découvre la société et les gens qui la composent. Interrogatif, il cherche sa place, il essaie vraiment de rencontrer et de comprendre ces gens, certes en quête d'amour, mais tellement maladroits pour le trouver. L'amour partagé lui donnera le courage d'affronter son destin, il posera alors ouvertement ses questions. Ce qui lui vaudra immédiatement un rejet massif de la part de la société, qui le conduira jusqu'à la mort. Il fallait ce sacrifice pour qu'une renaissance soit possible et que le message de Jonathan puisse enfin être entendu.

Genre Dans la veine de "Godspell", Jonathan Graine d'Amour propose une mise en scène moderne et dynamique, pleine de lumières et de musiques. D'un rythme soutenu, c'est un spectacle de danse, de musique, d'interventions parlées ou chantées, de situations où l'on voit réunis avec gravité ou humour tous les grands problèmes de notre époque : la solitude, l'éducation, la reconnaissance de l'homme, le rejet des marginaux, la violence, le pouvoir, l'extrémisme religieux, le racisme...

Scénario-Livret-Mise en scène Patrice Hervé et Alain Pignel ont écrit le scénario de ce spectacle pour le proposer aux jeunes accueillis à Apprentis d'Auteuil. Le livret a été finalisé au cours des premières répétitions, et quelquefois en fonction de la personnalité de tel ou tel acteur, et aussi en fonction des grands thèmes d'actualité qui étaient dans l'air à l'époque, ou qui étaient discutés dans les foyers de vie et en classe. Le scénario, la mise en scène, et le livret original ont parfois très légèrement évolué, notamment pour s'adapter aux contraintes du Cirque d'Hiver, pour se stabiliser ensuite.

Musique Certaines musiques sont composées pour l'occasion, elles sont dues à : Franck Colignon et Alain Pignel pour "Je suis seul ce soir", "Je suis né un jour", Franck Colignon et Vincent Martin pour certaines illustrations musicales et les musiques de transition. D'autres musiques sont utilisées dans le spectacle, ce sont des adaptations et arrangements de musiques existantes illustrant le propos et intégrées à la comédie musicale, elles sont dues (pour les principales) à : Franck Colignon "Introduction" et "La danse de la vie", Vangélis Papathanassiou "La Naissance", Maxime Le Forestier "Ça sert à quoi tout ça", Hugues Aufray "Tendez-lui la main", Mannick "Le Goëland", Michel Fugain "Dis oui au maître", À noter également une adaptation originale d'"Amazing Grace", qui commence comme un hymne funèbre et se termine sur un rythme jazzy.

La troupe Chaque représentation met en scène une centaine de jeunes de 12 à 20 ans, et une quinzaine d'adultes, éducateurs ou animateurs, répartis dans divers groupes : chant, orchestre, danse, scène, technique. Venus d'horizons très divers, ces jeunes, souvent privés de milieu familial normal, sont accueillis, éduqués, et scolarisés au sein des foyers d'accueil, d'éducation et de formation d'Apprentis d'Auteuil installés au Château des Vaux en Eure-et-Loir. Au fil du temps, les jeunes évoluent dans le spectacle... ils jouent plusieurs rôles; abordent plusieurs disciplines, sont remplacés par d'autres. Au total et participants ont construit cette aventure. Le projet institutionnel Monter un spectacle et le produire en tournée avec un groupe de 100 à 170 personnes est ambitieux. C'est toute la maison qui s'engage dans ce projet institutionnel . C'est ainsi que Jonathan Graine d'Amour devient : un prolongement de l'action éducative conduite au sein de la maison. Chaque tournée est accompagnée de son directeur Jean Maupoint, mais aussi de son adjoint à l'éducatif Bernard Busnel pour l'organisation de la prise en charge éducative et des déplacements des jeunes au jour le jour. une pédagogie à part entière par les différents ateliers : musique, danse, chant, chorégraphie, technique son et lumière, mais aussi par la participation des ateliers d'apprentissage du Lycée Professionnel et Technologique dans la réalisation d'équipements techniques en lien avec le spectacle et les tournées. une dynamique éducative et pédagogique conduisant les jeunes vers une meilleure réussite personnelle, que l'on retrouve, entre autres, dans leurs résultats aux examensLes résultats aux examens des jeunes ayant participé à Jonathan Graine d'Amour, pour les CAP, BEP, BAC Technologique, Brevet Des Collèges, Diplôme de Fin d'Etudes Obligatoires, sont environ supérieurs de 40% à la moyenne générale de l'établissement (37% Bac, 39% BEP, 38% CAP, 89 % BDC, 0%DEFO, étude portant sur 161 Jeunes). comme le montre l'étude universitaireMémoire de fin d'études en sciences de l'éducation, département de sciences humaines. effectué sous la direction d'Éric Bebarbieux de l'université Bordeaux II. Le spectacle nécessite l'engagement des services généraux de l'établissement (lingerie, cuisine, personnel de service et d'entretien, secrétariat, ...), conduit par René Vignol, adjoint.

Médias Durant les 6 années d'existence le spectacle a bénéficié d'une importante couverture médiatique; tel le récit de Gérard Marin du Figaro du intitulé "La Chanson des Mal-Aimés", celui du journal La Croix du 8 et intitulé "Rencontre avec Jonathan Graine d'Amour", ou de France-Soir du affichant à la Une "Raymond Devos avec ses petits protégés", et de nombreux soutiens, on y trouve entre autres : Jean-Michel Di Falco , Alain Calmat, Hervé Vilard, Francis Lalanne, etc.

Outre les articles de presse et passages télévisés régionaux, le spectacle fit l'objet de diffusions dans les journaux et émissions télévisés, notamment sur Antenne 2 avec le reportage de Jean-Claude Darrigaud effectué le , mais aussi dans les émissions : "La Marche du siècle" de Jean-Marie Cavada, "Bonjour la France, Bonjour l'Europe" présentée par Jean Offredo, "Le Jour du Seigneur", "Avis de recherche" d'Hervé Vilard, et celui d'Hugues Aufray" présentés par Patrick Sabatier, ainsi que "Sacrée Soirée" spéciale Thierry le Luron de Jean-Pierre Foucault. Le spectacle fut aussi l'objet d'interviews et de chroniques : sur RTL (Père Jean-Michel Di Falco), France Inter (Jean-Louis Askéro, et Chroniques sauvages (Robert Arnaut), et sur les radios locales.

Un livre intitulé "Jonathan Graine d'Amour, l'Aventure..." de Patrice Hervé, préfacé par Jean Maupoint, publié en , raconte de façon détaillée cette aventure qui fut, en son temps, un "événement majeur"Selon les propos même de Jean Gosselin, alors directeur général à Apprentis d'Auteuil. pour la Fondation Apprentis d'Auteuil, mais aussi pour tous les jeunes et les adultes qui y participèrent.

Analyse Dans sa chronique du dimanche sur RTL suivant la représentation au Cirque d'HiverRTL le dimanche 15 février 1987., Jean-Michel Di Falco de Chrétiens-médias, parle d'un coup de cœur, d'un moment où l'on oublie tout pour vivre intensément l'instant présent. "On aimerait que ça dure toujours parce qu'on est bien" dit-il dans sa chronique dominicale.

Gérard MarinLe Figaro "La chansons des mal-aimés" Article de Gérard Marin du 17 février 1987., quant à lui, écrit :"À travers le message en chansons d'une jeunesse blessée mais debout, dressée, exigeante, contre les bastilles de l'égoïsme et du nihilisme, le rêve passait d'un monde moins inhumain, d'un futur plus fraternel. Le rêve...".

L'engouement pour ce spectacle amateur est bien résumé ici. Ce message lancé au monde par cette jeunesse touche au cœur, autant par les mots dits, que par la personnalité des jeunes qui les disent.

Gérard Marin écrit encore "...mais sur la piste la magie demeure, plus dense, plus rayonnante encore, grâce à toute une troupe de jeunes fauves en liberté qui, ivres du bonheur d'être là à chanter, à vider leur cœur, rugissaient de plaisir et griffaient nos consciences d'adultes sceptiques ou blasés".

Le côté "extra-ordinaire" de l'aventure vécue par ces jeunes les transforme de l'intérieur.

Dans son interview avec Dominique Quinio dans La CroixLa Croix l’événement, dimanche 8 et lundi 9 février, article de Dominique Quinio. le jeune interprétant le rôle principal de la comédie musicale dit: "L'expérience du spectacle m'a mûrit, m'a ouvert, Je m'exprime plus facilement". Et il explique : "Jonathan débarque sur la terre. Il ne connaît pas la vie, il cherche l'amitié. Il la trouve ; ça lui donne des forces pour supporter ce qu'il va vivre après"... L’interprète de Jonathan avoue qu'à la fin d'une des représentations déjà données de ce Gospel, il a eu envie de pleurer".

Le Pape Jean-Paul II à l'issue de la représentation dira : "Vous avez su présenter en style moderne le plus grand défi ou le plus grand paradoxe de l’histoire: la croix, symbole de toutes les formes de souffrances, peut conduire à la lumière et à la vie. Votre œuvre, ou mieux votre témoignage de jeunes a déjà rallumé l’espérance dans bien des cœurs. Je souhaiterais volontiers que d’autres jeunes à travers le monde, dans leur culture propre, réussissent un travail équivalent au vôtre, afin de déverrouiller partout les portes de l’espérance.".

C'est bien d'un témoignage de jeunes qu'il s'agit, témoignage qui exprime à la fois les interrogations d'une jeunesse face à la société mais aussi sur la capacité des jeunes à relever ce défi. Car le témoignage ne se situe pas que sur la scène, mais aussi sur l'ensemble de ce qu'il faudra mettre en œuvre pour conduire "leur témoignage de jeunes" bien au-delà des portes de leur établissement. C'est ainsi que le spectacle est devenu un projet global où l'engagement des jeunes est partout, sur scène, à la musique, dans la danse, dans le chant, mais aussi à la technique son, à la technique de la lumière, au montage et au démontage du chapiteau, et même jusqu'à la fabrication ou à l'adaptation dans les ateliers d'apprentissage d'une grande partie du matériel qu'ils utilisent au cours des tournées.

Représentations