La pêche minotière est une pêche industrielle intensive destinée à alimenter les filières industrielles par des petits poissons pélagiques de faible valeur commerciale, que l'on transformera en farines et huiles de poisson principalement pour l'aquaculture (qui compense l'effondrement des stocks de poissons sauvages d'intérêt commercialCahu C (2013, April) Les grands défis de l'aquaculture en France et dans le monde. In Annales des Mines-Responsabilité et environnement (No. 2, ). ESKA.), l'aviculture (poule domestique) et l'élevage porcin, et secondairement pour d'autres types de nourritures animales (chat, bovins...). C'est une forme de pêche qui contribue au phénomène de surpêcheAcadémie des sciences (2003) Exploitation et surexploitation des ressources marines vivantes. Tec & Doc, 2003..
En Europe, d'après les données disponibles au début des années 2000, les records de pêche minotière étaient alors au Danemark (85 %/) et aux Pays-Bas (10 %/) et concernaient le sprat, le lançon et le tacaud norvégiens.
Espèces minotières recherchées Dans le monde, l'anchois péruvien, le capelan et le merlan bleu font partie des espèces les plus exploitées par la pêche minotière, qui les prélève par milliards pour alimenter notamment l'aquaculture. En Europe le sprat, le lançon et le tacaud norvégien dominent pour l'Europe du Nord.
Gouvernance Une partie des pêcheries à vocation minotière est désormais gérée par un système de quotas dont l'objectif est de limiter les risques de surpêche.
Problèmes et limites
La pêche minotière prélève de grandes quantités de petits poissons qui devraient normalement alimenter d'autres poissons et cétacés. Elle peut ainsi indirectement aggraver les effets de la surpêche des espèces d'intérêt commercialAntoine, L., & Larnaud, P. (2003). Prospective sectorielle-Pêche et transformation des produits, Ifremer, Rapport publié en novembre 2003. (voir notamment page 6/48 ).
Au rythme de croissance de l'aquaculture, la pêche minotière ne peut suffire aux besoins en protéine de l'aquacultureGilbert, H., Grasteau, S., & Dupont-Nivet, M. (2014, April). Utilisation de l'aliment et génétique : quelques challenges et perspectives dans un contexte d'évolution des ressources alimentaires. In Séminaire du Département de Génétique Animale (p. np).. D'autres sources de protéines (algues, ressources agricole, insectes-aliments, résidus agroalimentaires...) sont explorées comme substituts, y compris en France avec l'aide de l'INRA et d'IfremerMedale, F., & Kaushik, S. (2008). Évolution des recherches en nutrition piscicole à l’INRA: substitution des produits d’origine marine dans l’alimentation des poissons d’élevage. INRA Prod. Anim, 21(1), 87-94..
Les poissons carnivores d'élevage acceptent mal les protéines végétales. Une partie de la pisciculture pourrait donc à l'avenir faire appel à des poissons choisis ou sélectionnés pour leur capacité à accepter des nourritures d'origine végétale, dans le cadre d'une agriculture à haute performance environnementaleDupont-Nivet, M., Médale, F., Vandeputte, M., & Palavas, I. (2010). Sélection de poissons adaptés aux aliments végétaux..
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes
Pêche (halieutique) Surpêche Ressources halieutiques Pêche durable Farine de poisson Farine animale
Lien externe
Bibliographie Antoine, L., & Larnaud, P. (2003). Prospective sectorielle-Pêche et transformation des produits, Ifremer, Rapport publié en . Gros, P. (2010, March). Vers une pêche et une aquaculture viables dans un monde changeant. In Aliments de demain et santé: réalités et fantasmes, École du Val-de-Grâce, Paris. Médale, F., & Kaushik, S. (2009). http://www.jle.com/fr/revues/agr/e-docs/les_sources_proteiques_dans_les_aliments_pour_les_poissons_delevage_281467/article.phtml?tab=download&pj_key=doc_attach_14389 Les sources protéiques dans les aliments pour les poissons d’élevage]. Cahiers Agricultures, 18(2), 103-111.
Catégorie:Technique de pêche